GOUVERNANCE DU FOOTBALL MONDIAL
La Fifa abandonne son projet commercial, mais Infantino reste contesté
Après le retrait du projet de filiale Fifa Forward Enterprise, l’UEFA prépare la levée de sa menace de boycott. Le retrait du soutien italien à Gianni Infantino montre toutefois que la crise de gouvernance reste ouverte avant l’élection de 2027.
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Rappel des faits
Gianni Infantino a obtenu un répit sans retrouver le calme. Le président de la Fifa a abandonné son projet de filiale commerciale et événementielle, Fifa Forward Enterprise, qui devait gérer et exploiter les droits commerciaux des principales compétitions de l’instance, avec la possibilité d’ouvrir son capital à des investisseurs privés. L’initiative, présentée comme un projet de vente de participations dans les tournois, avait provoqué la colère de l’UEFA.
L’instance européenne avait menacé de boycotter les compétitions de la Fifa. Elle prépare désormais le retrait de cette menace après avoir obtenu l’assurance qu’un projet comparable, notamment autour de la Coupe du monde, ne serait pas relancé. Les sélections européennes doivent ainsi pouvoir participer à la Coupe du monde féminine des moins de 20 ans. Les 55 fédérations membres de l’UEFA doivent encore examiner la situation lors d’une réunion prévue à Monaco, en marge du tirage au sort de la Ligue des champions.
Ce recul ne vaut pas soutien renouvelé à Infantino. Le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, continue de demander son départ, tandis que Claudius Schaefer, responsable des European Leagues, affirme que le président de la Fifa n’a pas d’avenir à la tête de l’institution. Le retrait de la Fédération italienne, annoncé le 26 août, renforce cette contestation : la FIGC ne soutiendra plus Infantino pour l’élection présidentielle de mars 2027. Son président, Giovanni Malago, a déclaré qu’il continuerait à travailler aux côtés de l’UEFA.
En France, la Fédération française de football n’a pas encore arrêté sa position. Son comité exécutif doit se réunir le 10 septembre pour se prononcer sur la réélection du président de la Fifa. Infantino peut encore compter sur des soutiens, notamment celui de Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football, ainsi que sur une lettre ouverte signée par les anciennes gloires Cafu, Javier Zanetti et Roberto Carlos. Son projet commercial est abandonné, mais la contestation politique de sa candidature se poursuit.
L’UEFA prépare la fin du boycott après le retrait du projet commercial de la Fifa
L’UEFA s’apprête à retirer sa menace de boycott des compétitions de la Fifa. Le retrait du projet Fifa Forward Enterprise et les garanties données pour empêcher une nouvelle tentative de vendre des participations dans les grands tournois ont répondu aux conditions posées par l’instance européenne.
La conséquence est concrète pour les équipes européennes : elles doivent pouvoir participer à la Coupe du monde féminine des moins de 20 ans. La décision politique doit encore être examinée par les 55 fédérations membres de l’UEFA à Monaco.
Le compromis ne règle pas le conflit sur la présidence de la Fifa. L’UEFA abandonne un moyen de pression immédiat, mais maintient sa contestation de la conduite de l’institution par Infantino.
Le boycott recule parce que le projet commercial a été retiré, pas parce que le désaccord sur Infantino est réglé. La levée de la menace reste soumise à l’examen des fédérations de l’UEFA.
L’Italie retire son soutien à Infantino, la France doit encore se prononcer
La Fédération italienne de football a retiré son soutien à Gianni Infantino pour l’élection à la présidence de la Fifa prévue en mars 2027. Giovanni Malago, le président de la FIGC, a indiqué que la fédération continuerait à travailler aux côtés de l’UEFA.
Cette décision intervient alors que l’UEFA s’apprête à renoncer au boycott des compétitions de la Fifa. Les deux dossiers sont donc dissociés : les fédérations européennes peuvent revenir dans les tournois sans reconduire leur appui au président sortant.
La Fédération française de football n’a pas encore arrêté sa position. Philippe Diallo a annoncé que la position officielle de la FFF serait arrêtée lors du comité exécutif du 10 septembre. L’Italie a tranché ; la France doit encore se positionner.
Claude Leroy demande aux fédérations africaines de ne plus soutenir Infantino
Claude Leroy a demandé aux présidents des fédérations africaines de ne plus soutenir Gianni Infantino. Lors de sa première conférence de presse comme sélectionneur de la République du Congo, il a accusé le président de la Fifa de parler davantage d’argent que de football et de détériorer le développement du football africain.
L’entraîneur a notamment critiqué la suppression du Championnat d’Afrique des nations, le CHAN, et le passage de la Coupe d’Afrique des nations à un rythme quadriennal. Il estime que ces décisions réduisent les occasions de développer les joueurs et les infrastructures sur le continent. Ces propos restent ceux de Claude Leroy : Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football, continue de soutenir Infantino, tandis que le président de la Fédération camerounaise a également défendu le bilan du dirigeant.
Une vingtaine de fédérations africaines ne soutiendraient toutefois plus Infantino, d’après une estimation rapportée par Jeune Afrique et reprise dans les éléments disponibles. Les pays cités comprennent notamment le Botswana, l’Eswatini, le Lesotho, la Namibie, le Zimbabwe, le Soudan du Sud, l’île Maurice, le Sénégal et la Gambie. Cafu, Javier Zanetti et Roberto Carlos ont de leur côté signé une lettre ouverte en soutien au président de la Fifa.
Médianalyse
Ce que montre la couverture médiatique
Les titres consacrés au sujet suivent principalement le même enchaînement : menace de boycott de l’UEFA, abandon du projet commercial de la Fifa, puis retrait du soutien italien. Les médias européens mettent surtout en avant le recul tactique de l’UEFA, tandis que les articles consacrés à l’Italie insistent sur l’isolement croissant d’Infantino. Ils maintiennent toutefois une distinction entre les deux dossiers : la levée du boycott est présentée comme probable ou imminente, alors que la contestation du président de la Fifa reste active.