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HÉBERGEMENT D’URGENCE

Le nombre d’enfants sans hébergement augmente malgré la promesse de « zéro enfant à la rue »

Au moins 2 355 enfants, dont 514 âgés de moins de trois ans, sont restés sans solution après un appel au 115. Le baromètre de l’Unicef France et de la Fédération des acteurs de la solidarité relève une hausse de 42 % depuis 2022.

23 sources · 21 médias

Rappel des faits

Au moins 2 355 enfants sont restés sans solution d’hébergement d’urgence après que leur famille a appelé le 115, le numéro d’urgence destiné aux personnes sans abri. Parmi eux, 514 ont moins de trois ans. Le nombre d’enfants concernés a augmenté de 9 % en un an et de 42 % depuis 2022, année où le gouvernement avait réaffirmé son objectif de « zéro enfant à la rue ».

Publié le 26 août 2026, à quelques jours de la rentrée scolaire, le baromètre de l’Unicef France et de la Fédération des acteurs de la solidarité alerte sur les conséquences du sans-abrisme pour les enfants : dégradation de la santé physique et mentale, isolement social, exposition à la violence et difficultés de scolarisation. Les deux organisations indiquent également que 14 enfants de moins de quatre ans et 12 adolescents âgés de 15 à 18 ans sont morts à la rue en 2025.

Le décompte ne couvre pas toutes les situations. Les familles qui ne parviennent pas à joindre le 115 ou renoncent à appeler, les mineurs non accompagnés sans abri et les familles vivant en squat ou en bidonville n’y figurent pas. L’Unicef France et la Fédération des acteurs de la solidarité demandent un « sursaut politique », un plan massif de production de logements sociaux et une priorité pour le sans-abrisme des enfants dans les politiques du logement et de l’hébergement.

2 355 enfants recensés, mais le 115 ne voit pas toutes les situations

Le chiffre de 2 355 enfants correspond aux mineurs restés sans solution après un appel au 115. Le baromètre de l’Unicef France et de la Fédération des acteurs de la solidarité précise que ce décompte n’est pas exhaustif : certaines familles ne joignent pas le numéro ou cessent de l’appeler. Les mineurs non accompagnés sans abri et les familles installées en squat ou en bidonville ne sont pas comptabilisés.

La hausse reste nette sur ce périmètre : 9 % en un an et 42 % depuis 2022. La promesse de parvenir à « zéro enfant à la rue » s’applique donc à un nombre de situations inférieur à la réalité du sans-abrisme.

Les 2 355 enfants recensés ne représentent pas tous ceux qui vivent sans toit : ils correspondent d’abord aux familles ayant appelé le 115 sans obtenir de place. Même limité à ce périmètre, le chiffre augmente depuis la promesse de 2022.

À Marseille, des familles ne signalent plus leur situation au 115

À Marseille, des familles à la rue n’appellent plus systématiquement le 115 faute de places d’hébergement d’urgence. Les associations locales font face à cette pénurie et redoutent de nouvelles fermetures pour des raisons économiques.

Lorsque les familles cessent d’appeler, elles accèdent plus difficilement aux dispositifs d’urgence et disparaissent des situations recensées par téléphone. Le phénomène réduit donc encore la visibilité du nombre d’enfants sans hébergement.

À la rentrée, parents et enseignants cherchent un toit pour des enfants sans domicile

À l’approche de la rentrée, des collectifs de parents et d’enseignants se mobilisent pour héberger des enfants sans domicile. Dans les établissements scolaires, cette solidarité tente de pallier les difficultés de scolarisation liées au sans-abrisme, signalées par le baromètre de l’Unicef France et de la Fédération des acteurs de la solidarité.

Les associations demandent une réponse qui ne repose pas sur ces solutions ponctuelles et plaident pour un plan massif de production de logements sociaux. Un rapport publié en juillet 2025 par trois inspections générales estimait que le programme français d’hébergement d’urgence souffrait d’une sous-budgétisation chronique et d’un déficit de pilotage, qui l’empêchaient de répondre à l’ensemble des demandes.

Médianalyse

Ce que montre la couverture médiatique

Dans les titres recensés, deux éléments reviennent le plus souvent : « plus de 2 300 enfants » et une hausse de « 42 % depuis 2022 ». Les articles relient généralement ces chiffres à la promesse de « zéro enfant à la rue ». Les médias locaux reprennent ce cadrage national, tandis que Franceinfo ajoute un angle de terrain à Marseille, où des familles cessent d’appeler le 115 faute de places. La dépêche de l’AFP, reprise notamment par TV5MONDE et plusieurs titres régionaux, contribue à uniformiser les chiffres et les réactions relayés.

Consulter les 23 sources médianalysées

Le Monde 2 articles

Le Figaro 1 article

Libération 1 article

Le Parisien 1 article

Le Nouvel Obs 1 article

L’Humanité 1 article

La Croix 2 articles

HuffPost France 1 article

Franceinfo 1 article

TV5MONDE 1 article

Le Progrès 1 article

Le Dauphiné Libéré 1 article

Midi Libre 1 article

La Montagne 1 article

France Bleu 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

L’Alsace 1 article

JSL 1 article

Le Bien Public 1 article

Agence Anadolu 1 article