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ÉTATS-UNIS — PROTECTION DES MINEURS

Meta accepte de verser jusqu’à 16,7 milliards de dollars pour mettre fin aux poursuites sur l’addiction des adolescents

Accusé d’avoir conçu Instagram et Facebook pour retenir l’attention des plus jeunes, le groupe va aussi imposer aux mineurs des limites d’usage, un blocage nocturne et de nouvelles restrictions sur ses plateformes.

93 sources · 64 médias

Rappel des faits

Meta a conclu mercredi 26 août 2026 un accord amiable avec plusieurs dizaines d’États américains pour mettre fin aux poursuites l’accusant d’avoir favorisé l’addiction des mineurs à Instagram et Facebook. Le règlement prévoit un versement pouvant atteindre environ 16,7 milliards de dollars. Le groupe devra également modifier ses plateformes pour les adolescents. L’accord doit encore être approuvé par une juge fédérale d’Oakland, en Californie.

Dans les six mois, les utilisateurs âgés de 13 à 17 ans seront limités par défaut à deux heures par jour sur Instagram et Facebook cumulés. Les deux applications seront bloquées entre minuit et 6 heures, à l’exception de la messagerie. Les notifications seront désactivées pendant la nuit et les heures de classe. Les compteurs de « likes » seront masqués et les filtres reproduisant des effets de chirurgie esthétique interdits. Un parent pourra assouplir certaines restrictions après avoir relié son compte à celui de l’adolescent.

Le procès avait commencé le 18 août et devait durer plusieurs semaines. Les procureurs généraux de 29 États, rejoints par d’autres États et territoires, reprochaient à Meta d’avoir conçu des services addictifs, d’avoir minimisé leurs effets sur les enfants et d’avoir recueilli les données d’utilisateurs de moins de 13 ans sans consentement parental. Meta conteste ces accusations et l’accord ne vaut pas reconnaissance de responsabilité.

Le texte met fin à une quinzaine de procédures engagées devant des tribunaux d’État, mais il ne règle pas les plaintes déposées par des familles et des districts scolaires. Le Nouveau-Mexique et la Floride ont choisi de poursuivre leurs actions. La juge Yvonne Gonzalez Rogers a notamment relevé la difficulté de vérifier qu’un adulte présenté comme « parent superviseur » est bien le responsable légal de l’adolescent.

Meta plafonnera à deux heures l’usage quotidien d’Instagram et Facebook par les ados

Le règlement transforme en réglages par défaut plusieurs protections qui dépendaient auparavant de l’utilisateur ou de sa famille. Pour les 13-17 ans, Instagram et Facebook seront plafonnés à deux heures d’utilisation cumulée par jour. De minuit à 6 heures, les applications seront verrouillées, mais la messagerie restera accessible.

Les notifications seront coupées de 22 heures à 7 heures ainsi que durant les heures de classe. Les compteurs de « likes » disparaîtront de l’affichage et les filtres imitant la chirurgie esthétique ne pourront pas être réactivés. Les parents pourront lever certaines limites grâce à un compte relié à celui de leur enfant, mais pas l’interdiction des filtres de beauté.

Meta avait déjà lancé en 2024 les « comptes ados », avec des restrictions activées automatiquement. Le nouvel accord étend et formalise ces garde-fous pour les utilisateurs mineurs concernés aux États-Unis.

Adam Mosseri reconnaît que l’outil de pause d’Instagram était presque inutilisé

À la barre, Adam Mosseri a reconnu que la fonction « Take a break », présentée par Instagram comme un outil de protection des adolescents, n’était activée que par 1 à 2 % des mineurs. Un ancien analyste de l’équipe consacrée au bien-être des utilisateurs a évoqué un taux de 0,2 % pour les adolescents qui suivaient effectivement le rappel de pause.

Mosseri avait écrit en 2021 que plus de 90 % des adolescents ayant activé ces rappels les conservaient. Il a admis que Meta connaissait le faible taux d’activation, mais ne l’avait pas chiffré dans cette communication. La supervision parentale, elle aussi, était adoptée par moins de 1 % des adolescents.

Des échanges internes présentés à l’audience indiquaient par ailleurs que Meta limitait les notifications faisant connaître ces outils afin de réduire leur effet sur le temps passé sur l’application. Le patron d’Instagram a défendu les changements introduits avec les comptes ados, tout en déclarant qu’il aurait souhaité qu’ils soient mis en place plus tôt. Le règlement intervient avant l’audition prévue de Mark Zuckerberg.

Le procès a surtout montré l’écart entre la protection affichée par Meta et l’usage réel de ses outils : l’option « faire une pause » restait activée par une infime minorité d’adolescents.

La part maximale de l’accord dépendra de mesures comparables chez TikTok et YouTube

Le montant annoncé ne sera pas entièrement dû dans tous les cas. Un peu plus de 12 milliards de dollars sont garantis et doivent être versés en dix annuités, jusqu’en 2035. Environ 5 milliards supplémentaires dépendent de l’adoption de règles et de paiements comparables par Snap, TikTok et YouTube, qui ne sont pas parties à l’accord.

Meta a soutenu que des restrictions appliquées à ses seules plateformes pourraient pousser les adolescents vers d’autres services. Le procureur général de Californie, Rob Bonta, a indiqué avoir eu des échanges avec TikTok sans en préciser le contenu.

Le règlement ne ferme pas l’ensemble du contentieux. Les plaintes collectives de familles et de districts scolaires restent ouvertes, tandis que le Nouveau-Mexique et la Floride maintiennent leurs propres poursuites. Le compromis américain ne s’applique par ailleurs qu’aux adolescents relevant des États et territoires signataires.

Médianalyse

Ce que montre la couverture médiatique

Les titres consacrés à l’accord varient fortement sur le montant, de 16 à 17, voire près de 18 milliards de dollars. Les articles détaillés convergent toutefois vers un maximum d’environ 16,7 milliards, dont une partie conditionnelle. La presse française met surtout en avant la somme et la limite de deux heures par jour, tandis que les médias anglophones insistent davantage sur le règlement judiciaire et les modifications imposées aux plateformes.

Consulter les 93 sources médianalysées

Le Monde 1 article

Le Figaro 3 articles

Libération 1 article

Le Parisien 3 articles

Le Nouvel Obs 1 article

L’Express 1 article

L’Humanité 1 article

La Croix 1 article

HuffPost France 2 articles

20 Minutes 1 article

Franceinfo 1 article

BFMTV 1 article

BFM 1 article

France 24 1 article

Euronews FR 1 article

TV5MONDE 1 article

La Dépêche du Midi 1 article

Le Progrès 1 article

Le Dauphiné Libéré 1 article

L’Indépendant 1 article

La Montagne 2 articles

Vosges Matin 1 article

L’Alsace 1 article

JSL 1 article

Le Bien Public 1 article

Courrier International 1 article

RFI 1 article

Mediapart 1 article

Le Temps 2 articles

La Libre 3 articles

RTS 1 article

Radio-Canada 2 articles

Le Devoir 1 article

BBC News 2 articles

Financial Times 1 article

NPR 1 article

CBC News 1 article

The Globe and Mail 1 article

Al Jazeera English 3 articles

South China Morning Post 1 article

Channel NewsAsia 4 articles

Folha de S.Paulo 4 articles

El País 2 articles

La Vanguardia 4 articles

Público 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 1 article

De Standaard 2 articles

De Tijd 1 article

NRC 1 article

de Volkskrant 1 article

The Irish Times 1 article

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Der Standard 2 articles

Politiken 1 article

Dagens Nyheter 1 article

Helsingin Sanomat 1 article

Hospodářské noviny 1 article

Telex 1 article

El Tiempo 2 articles

La Tercera 4 articles

Premium Times 1 article

The National 1 article

SBS News 1 article

Numerama 1 article