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NÉPAL-TIBET

Une crue dévastatrice fait au moins 165 morts à la frontière népalo-tibétaine

Une coulée d’eau, de boue et de roches a détruit des maisons, des routes et des ponts dans le nord du Népal ainsi qu’au poste-frontière tibétain de Gyirong. Des centaines de personnes restent portées disparues, dont 403 voyageurs recensés par les autorités népalaises.

227 sources · 86 médias

Rappel des faits

Au moins 165 personnes sont mortes après la crue soudaine qui a frappé mercredi 26 août la frontière entre le Népal et le Tibet chinois. La police népalaise a annoncé avoir retrouvé 162 corps au Népal, tandis que les autorités chinoises ont fait état de trois morts à Gyirong, un poste-frontière situé côté tibétain. Les recherches se poursuivent dans les vallées des rivières Lhende, Bhotekoshi et Trishuli.

Le torrent a emporté des maisons, des camions, des routes et des ponts dans les districts népalais de Rasuwa et de Nuwakot. Syabrubesi, point de départ du trek du Langtang, ainsi que les itinéraires empruntés par des pèlerins vers le mont Kailash Mansarovar, figurent parmi les zones touchées. Des vidéos de la police népalaise montrent une vague de boue traversant une vallée et engloutissant des bâtiments. À Gyirong, des images de vidéosurveillance montrent des personnes fuyant quelques secondes avant l’arrivée de la coulée.

Le ministère népalais du Tourisme a recensé 403 voyageurs portés disparus, dont 341 étrangers. Un décompte antérieur de l’Office du tourisme faisait état de 384 personnes, parmi lesquelles 291 étrangers et 93 Népalais. Les autorités vérifient encore ces listes. Des ressortissants indiens, britanniques, australiens, américains, malaisiens, canadiens, sud-coréens et d’autres nationalités figurent parmi les personnes recherchées.

L’armée népalaise a déployé des hélicoptères et évacué des habitants. La police a appelé les riverains des cours d’eau à gagner des zones sûres. La Chine a également engagé des moyens de recherche à Gyirong. Le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre indien Narendra Modi ont annoncé leur soutien aux opérations de secours.

La cause exacte de la crue reste à l’étude. L’Institut d’études géologiques des États-Unis et des chercheurs de l’ICIMOD privilégient l’hypothèse d’une avalanche de glace et de roches ayant obstrué la rivière Lhende avant de libérer brutalement une masse d’eau et de débris. Un séisme évoqué dans un premier temps par les autorités népalaises pourrait correspondre à l’effondrement glaciaire observé. Les scientifiques n’ont pas établi de lien définitif entre cet épisode et le changement climatique, même si le recul des glaciers et la fonte du permafrost accroissent les risques dans l’Himalaya.

Un effondrement glaciaire aurait bloqué la rivière Lhende

La crue n’aurait pas été provoquée par une simple montée progressive des eaux. Les premières analyses satellitaires et géologiques privilégient le scénario d’une avalanche de glace et de roches survenue en altitude, côté népalais. En tombant dans la vallée, cette masse aurait bloqué la rivière Lhende, un affluent de la Bhotekoshi, avant de céder et de propulser vers l’aval un torrent chargé de boue et de débris.

L’Institut d’études géologiques des États-Unis a d’abord relevé un événement sismique, ensuite évalué à une magnitude de 5,2, avant de l’interpréter comme la conséquence d’un effondrement glaciaire et d’une coulée de débris. Le ministre népalais des Affaires étrangères, Shishir Khanal, avait de son côté évoqué un séisme susceptible d’avoir provoqué un glissement de terrain et l’obstruction du lit d’une rivière.

Dans leur première analyse, les chercheurs de l’ICIMOD n’ont détecté aucune anomalie du côté chinois de la frontière. Ils estiment que l’avalanche s’est produite au Népal. L’absence de fortes précipitations juste avant la catastrophe a aussi surpris des hydrologues : une crue provoquée par un bouchon naturel peut se former sans laisser le temps aux dispositifs habituels d’alerte de fonctionner.

Un autre bouchon restant en place en amont, les autorités ont été averties du risque d’une nouvelle montée des eaux. Les scientifiques étudient également l’influence possible du réchauffement de l’Himalaya, mais aucun lien définitif n’a été établi pour cet événement précis.

Les routes coupées ralentissent les secours dans les vallées sinistrées

Les opérations de secours se déroulent dans des vallées où les routes, les ponts et plusieurs installations électriques ont été endommagés. L’armée népalaise a envoyé des hélicoptères et des équipes de recherche dans le district de Rasuwa, l’un des secteurs les plus touchés. Elle a déjà évacué 114 personnes. La Croix-Rouge achemine des couvertures, des trousses de premiers secours, des brancards et des housses mortuaires.

Les dégâts compliquent l’accès aux villages et l’identification des personnes disparues. La Nepal Electricity Authority a évalué à environ 430 mégawatts la capacité de production endommagée, en incluant des installations hydroélectriques et solaires. L’approvisionnement électrique est perturbé et plusieurs axes routiers restent fermés.

À Nuwakot, l’enseignant Suman Chalise a raconté avoir vu le courant emporter huit ou neuf camions, des maisons et des habitants. Raju Bhadel, 56 ans, a déclaré que la maison de son beau-frère avait été emportée : trois membres de la famille ont été secourus, mais son frère reste porté disparu. Des guides népalais ont également témoigné de la disparition de proches.

Côté chinois, près de 800 secouristes, 150 véhicules, des chiens renifleurs et des vedettes ont été mobilisés à Gyirong. Les autorités chinoises ont ordonné l’évacuation des habitants menacés et appelé à renforcer la surveillance des cours d’eau pour prévenir une nouvelle catastrophe.

403 voyageurs sont recherchés, dont 341 étrangers

Les secteurs frappés par la crue accueillaient de nombreux voyageurs. Le premier recensement fourni par les agences de voyage et les entreprises du tourisme a identifié 403 touristes portés disparus, dont 341 étrangers. Un décompte distinct de l’Office du tourisme népalais faisait état de 384 personnes, dont 291 étrangers et 93 Népalais. Les autorités vérifient encore les listes et les lieux où se trouvaient ces voyageurs.

La plupart des personnes recherchées seraient liées aux itinéraires du trek du Langtang et au pèlerinage hindou vers le mont Kailash Mansarovar. Au moins 142 ressortissants indiens figurent dans les listes communiquées par l’Office du tourisme. Des Britanniques, des Australiens, des Américains, des Malaisiens, des Canadiens, des Sud-Coréens et des ressortissants d’autres pays sont également recherchés. Trente-trois Britanniques, dont une adolescente de 13 ans, ont notamment été signalés disparus.

Des travailleurs étrangers présents sur des chantiers hydroélectriques ont aussi perdu le contact avec leurs proches. La Corée du Sud a signalé huit employés portés disparus et dix autres mis à l’abri. Au Canada, 24 ressortissants figurent parmi les personnes recherchées. La France a recensé environ 80 ressortissants présents au Népal, sans qu’un lien avec les zones touchées soit établi pour chacun d’eux.

Les recherches se concentrent sur les bâtiments enfouis, les routes coupées et les berges des rivières. En juillet 2025, une catastrophe dans la même région avait déjà fait 11 morts et 11 disparus, avec environ 100 millions de dollars de dégâts, après le débordement d’un lac glaciaire. Le gouvernement népalais avait alors annoncé une coopération avec la Chine pour installer des systèmes d’alerte précoce.

Le nombre de voyageurs disparus est passé de 384 à 403 dans les décomptes officiels. Dans les zones coupées, cette variation traduit la difficulté à joindre les autorités locales et les familles, plus qu’une stabilisation du bilan.

Médianalyse

Ce que montre la couverture médiatique

Les titres consacrés à la catastrophe suivent la hausse du bilan, passé de 8 ou 19 morts dans les premières heures à 95, 160 puis 165. Ils reprennent aussi largement le chiffre de 384 touristes disparus, avant l’apparition du décompte de 403 voyageurs, dont 341 étrangers. Dans les articles, les médias français généralistes insistent surtout sur les images de la vague de boue, les touristes étrangers et les témoignages de rescapés. Les médias américains et britanniques accordent davantage de place à l’hypothèse de l’avalanche glaciaire et aux ressortissants recherchés. Les médias chinois se concentrent principalement sur les dégâts à Gyirong et les consignes de secours, sans publier d’abord de bilan humain détaillé.

Consulter les 227 sources médianalysées

Le Monde 5 articles

Le Figaro 3 articles

Libération 1 article

Le Parisien 7 articles

Le Nouvel Obs 1 article

L’Humanité 1 article

La Croix 1 article

HuffPost France 1 article

20 Minutes 2 articles

Actu.fr 1 article

Franceinfo 7 articles

BFMTV 13 articles

BFM 10 articles

France 24 6 articles

Euronews FR 2 articles

TV5MONDE 9 articles

Ouest-France 2 articles

La Dépêche du Midi 2 articles

Le Progrès 3 articles

Le Dauphiné Libéré 2 articles

Nice-Matin 1 article

L’Indépendant 1 article

Midi Libre 2 articles

La Montagne 2 articles

DNA 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 2 articles

L’Alsace 2 articles

JSL 3 articles

Le Bien Public 2 articles

La Nouvelle République 1 article

Courrier International 1 article

RFI 1 article

Mediapart 1 article

Le Temps 1 article

La Libre 1 article

La Dernière Heure 2 articles

RTS 1 article

Radio-Canada 4 articles

LaPresse 4 articles

Le Devoir 1 article

Agence Anadolu 3 articles

BBC News 4 articles

The Guardian 2 articles

Financial Times 1 article

The New York Times 6 articles

The Washington Post 1 article

NPR 2 articles

CBC News 1 article

The Globe and Mail 3 articles

Al Jazeera English 6 articles

South China Morning Post 3 articles

Channel NewsAsia 2 articles

The Hindu 15 articles

Folha de S.Paulo 3 articles

Daily Maverick 1 article

El País 2 articles

La Vanguardia 3 articles

Público 1 article

Die Zeit 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 3 articles

La Repubblica 5 articles

De Standaard 3 articles

De Tijd 1 article

NRC 2 articles

de Volkskrant 4 articles

The Irish Times 1 article

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Der Standard 1 article

Politiken 2 articles

Dagens Nyheter 2 articles

Aftenposten 2 articles

Helsingin Sanomat 1 article

Gazeta Wyborcza 1 article

Telex 3 articles

The Kyiv Independent 1 article

Vanguardia 1 article

El Tiempo 3 articles

La Tercera 4 articles

The National 2 articles

The Korea Herald 3 articles

Dawn 3 articles

Sciences et Avenir 1 article

Numerama 1 article

Le JDD 1 article

Mongabay 1 article