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NÉPAL-TIBET

Au Népal et au Tibet, une crue de glace, d’eau et de boue fait près de 600 morts

Déclenchée, selon les premières analyses, par l’effondrement d’une partie d’un glacier, la catastrophe a aussi laissé près de 2 500 personnes disparues. Les secours restent entravés par les routes détruites et surveillent des retenues formées par les débris, qui pourraient provoquer une nouvelle vague.

359 sources · 91 médias · 8 min

Rappel des faits

Une masse d’eau, de glace, de roches et de boue a dévalé mercredi 26 août les vallées de la frontière entre le Népal et le Tibet, emportant des villages, des routes, des ponts et des installations hydroélectriques. Les derniers bilans officiels disponibles font état de 586 corps retrouvés, dont 579 au Népal et sept côté chinois. Près de 2 500 personnes sont portées disparues : 1 924 au Népal et 554 en Chine. Sept corps présumés de victimes ont également été repêchés en Inde, en aval.

La catastrophe a frappé les vallées de la Trishuli et de la Bhote Koshi, fréquentées par des randonneurs, des pèlerins et des ouvriers de chantiers hydroélectriques. Plus de 4 500 personnes ont été secourues au Népal, dont 129 étrangers. Parmi les disparus figurent au moins 517 étrangers côté népalais et quatre ressortissants français — trois femmes et un homme — selon le ministère français des Affaires étrangères. Des familles se rendent à Katmandou, où les hôpitaux affichent les noms et les photographies des personnes recherchées.

Les recherches sont ralenties par la destruction des voies d’accès, les pluies et la boue. Une centaine d’ouvriers ont été piégés dans un tunnel d’un chantier hydroélectrique dans le district de Rasuwa. L’armée népalaise a évacué 350 ouvriers et habitants du secteur et envoyé deux hélicoptères pour tenter de localiser les entrées du tunnel.

Les débris ont aussi barré des cours d’eau et formé plusieurs retenues en altitude. Après avoir été informée de la rupture ou du débordement d’une retenue côté tibétain, la police népalaise a demandé aux habitants et aux sauveteurs de gagner les hauteurs. Les autorités chinoises ont ensuite indiqué que le risque diminuait progressivement, permettant la reprise des secours dans la zone de Gyirong. La quantité d’eau accumulée et l’état des barrages naturels restent surveillés.

Les premières analyses de l’Institut d’études géologiques des États-Unis et des autorités chinoises et népalaises privilégient l’effondrement d’une partie d’un glacier à environ 5 200 mètres d’altitude. La chute aurait déclenché un déferlement d’eau, de glace et de débris assez puissant pour produire un signal équivalent à un séisme de magnitude 5,2. Des scientifiques soulignent que le réchauffement accélère la fonte des glaciers et du permafrost, mais le rôle précis du changement climatique dans cette catastrophe doit encore être établi. L’aide internationale s’organise avec du matériel, des fonds et des équipes proposées par plusieurs pays, tandis que Katmandou a d’abord demandé que les contributions passent par ses propres mécanismes de secours.

Une retenue formée par les débris interrompt les recherches dans les vallées sinistrées

La recherche des survivants a été brièvement interrompue vendredi lorsque l’eau a commencé à déborder d’une retenue formée par les débris de la coulée. La police népalaise a demandé aux équipes de secours et aux habitants de se mettre immédiatement à l’abri, alors que le débit de la rivière Bhotekoshi augmentait dans une zone déjà ravagée.

Côté tibétain, les autorités chinoises avaient évoqué un risque élevé de rupture. La retenue pouvait recevoir jusqu’à trois millions de mètres cubes d’eau supplémentaires en trois jours sous l’effet des pluies continues. Près de 700 pompiers, appuyés par des drones et des chiens de recherche, ont été déployés autour de Gyirong. Une équipe d’ingénieurs a utilisé des relevés aériens et une modélisation en trois dimensions pour surveiller le lac et étudier la possibilité de creuser un canal d’évacuation.

L’alerte népalaise a ensuite été levée, sans nouvelle crue majeure signalée. La télévision publique chinoise a affirmé que le niveau du lac avait baissé et que le risque diminuait progressivement. Les deux autorités ne décrivaient toutefois pas nécessairement la même retenue : les informations disponibles évoquaient plusieurs barrages naturels créés par les débris.

Les débris n’ont pas seulement provoqué la crue : en barrant les cours d’eau, ils ont créé de nouveaux barrages capables de transformer les opérations de secours en évacuations d’urgence.

Le Yak

Dans un tunnel hydroélectrique, plus d’une centaine d’ouvriers restent difficiles à atteindre

Deux hélicoptères de l’armée népalaise ont été envoyés vers le chantier hydroélectrique de Trishuli 3A, dans le district de Rasuwa, où plus d’une centaine d’ouvriers restaient coincés dans un tunnel après la crue. Les entrées étaient difficiles à localiser sous la boue et les gravats, tandis que la météo compliquait les manœuvres.

L’armée avait déjà évacué 350 ouvriers et habitants du secteur dans des conditions qualifiées de très risquées. Deux personnes couvertes de boue ont été extraites d’un tunnel lors d’une opération filmée et diffusée par les forces népalaises. Les autorités ont aussi signalé la disparition de dizaines d’employés liés au chantier.

Pour les familles, l’attente se prolongeait sans contact. Sita Adhikari expliquait ne plus avoir parlé à son mari depuis le matin de la catastrophe et ne pas savoir où en étaient les tentatives de sauvetage. Le chantier concentre les difficultés de l’opération : accès coupés, entrées ensevelies et risque d’une nouvelle montée des eaux.

Quatre Français sont recherchés parmi les touristes et pèlerins portés disparus

Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé la disparition de quatre Français après la crue. Trois femmes âgées de 35, 38 et 47 ans et un homme de 46 ans figurent parmi les personnes recherchées. Trois d’entre eux rentraient d’un pèlerinage et se trouvaient près d’un poste-frontière emporté par les eaux. La France a indiqué travailler avec les autorités népalaises et se tenir prête à les aider.

Les Français ne sont qu’une partie des étrangers introuvables dans la région. Le Népal recensait 517 étrangers disparus, tandis que les autorités chinoises en comptaient 260 côté tibétain. Des ressortissants indiens, américains, britanniques, australiens, canadiens, ukrainiens, malaisiens et sud-coréens figurent également sur les listes. Des familles ont rejoint Katmandou pour tenter d’obtenir des nouvelles, alors que les communications avec les zones sinistrées ont été coupées.

La catastrophe a touché des voyageurs engagés sur les routes du mont Kailash, lieu de pèlerinage pour plusieurs religions, mais aussi des guides et des travailleurs de la région. Une survivante indienne a raconté que deux des trois cars de son groupe de 57 pèlerins avaient été emportés par la coulée. Les listes restent provisoires et évoluent au rythme des évacuations et de l’identification des victimes.

L’effondrement d’un glacier est privilégié, mais le rôle du climat reste à établir

Les premières images satellites et les données sismiques orientent les recherches vers l’effondrement d’une masse de glace et de roches à haute altitude, sur le versant népalais de l’Himalaya. Sa chute aurait libéré une masse d’eau et de débris dans un affluent de la Bhote Koshi, avant de grossir en descendant vers les vallées habitées. L’USGS a estimé que l’événement avait été assez puissant pour produire un signal équivalent à un séisme de magnitude 5,2.

Il ne s’agit pas d’une simple crue de mousson. La glace et les rochers ont obstrué les cours d’eau, arraché les infrastructures et créé de nouvelles retenues susceptibles de céder. Des spécialistes des risques glaciaires jugent très difficile de prévoir un effondrement de cette ampleur. Les lacs glaciaires peuvent être surveillés plus directement, mais les mouvements soudains d’une paroi ou d’un glacier laissent moins de temps pour évacuer.

Le réchauffement climatique accélère la fonte des glaciers et fragilise le permafrost, qui contribue habituellement à maintenir les roches en place. Plusieurs chercheurs appellent toutefois à distinguer cette tendance générale de l’attribution de l’événement précis du 26 août. Une étude scientifique doit encore déterminer le rôle exact du réchauffement dans l’effondrement.

L’aide internationale arrive au Népal, malgré les vallées encore coupées

L’aide extérieure a commencé à parvenir au Népal alors que des villages restent isolés par la destruction des routes et des ponts. L’Inde a envoyé près de 50 tonnes de matériel, comprenant des abris temporaires, des couvertures, des kits d’hygiène, des lampes et des médicaments. La Chine a proposé une aide financière et des fournitures à Katmandou, en plus de ses opérations de secours au Tibet.

L’ONU a débloqué deux millions de dollars pour les soins médicaux d’urgence, les abris et l’accès à l’eau. L’Organisation mondiale de la santé a fourni du matériel destiné à couvrir les besoins de 10 000 personnes pendant trois mois. L’Unicef estime que plus de 17 000 enfants ont besoin d’une aide humanitaire urgente, tandis que la Fédération internationale de la Croix-Rouge évalue à 93 000 le nombre de personnes touchées ou ayant un besoin important d’assistance.

Plusieurs États ont proposé d’envoyer des équipes de recherche, notamment l’Inde, les États-Unis et la Corée du Sud. Le ministère népalais des Affaires étrangères a d’abord déclaré que le pays n’avait pas besoin d’aide étrangère pour ses opérations de recherche et souhaitait orienter les contributions financières vers un fonds désigné. Le Canada a annoncé cinq millions de dollars d’aide humanitaire et l’Australie 3,6 millions de dollars, tout en renforçant son dispositif consulaire.

Article généré par le Yak

Médianalyse

L’œil de Fokon

Dans les titres observés, le bilan humain et la menace d’une deuxième crue dominent nettement. Les chiffres « 579 morts », « 584 morts » ou « près de 600 morts » reviennent avec « 1 400 », puis « près de 2 500 disparus ». La remontée des bilans fait évoluer les titres, mais cette succession de nombres rend les comparaisons difficiles : les autorités népalaises et chinoises ne recensent pas toujours les mêmes zones ni les mêmes catégories de personnes.

Les titres de la presse française mettent souvent en avant les quatre Français disparus, les ouvriers coincés dans un tunnel et les témoignages de survivants. Les médias anglophones accordent davantage de place aux ressortissants étrangers par nationalité, aux familles venues chercher leurs proches et aux images satellites. Un même événement est ainsi présenté tantôt comme une catastrophe nationale népalaise, tantôt comme une crise internationale touchant touristes, pèlerins et travailleurs.

Dans les titres et les résumés observés, l’effondrement du glacier est souvent présenté comme l’explication principale. Les résumés ajoutent davantage de nuances sur le rôle du changement climatique et sur la difficulté de prévoir un effondrement brutal. Le titre simplifie donc la cause présumée, tandis que le développement disponible rappelle qu’il s’agit encore d’une attribution scientifique en cours d’étude.

Les flux consacrés au Tibet donnent moins de détails sur les victimes et les dégâts que ceux consacrés au Népal. Des titres de la BBC et du Guardian signalent que le contrôle de l’information en Chine limite l’accès aux images et l’évaluation de la catastrophe. Les titres chinois relayés dans les résumés insistent surtout sur les moyens de secours, les drones, les ingénieurs et la baisse progressive du risque lié au lac.

LES SOURCES91 médias · 359 sources

Le Monde 6 articles

Le Figaro 6 articles

Libération 6 articles

Le Parisien 5 articles

Le Nouvel Obs 2 articles

Le Point 1 article

L’Humanité 1 article

La Croix 3 articles

HuffPost France 1 article

20 Minutes 5 articles

Actu.fr 1 article

Franceinfo 12 articles

BFMTV 17 articles

BFM 11 articles

France 24 12 articles

Euronews FR 2 articles

RMC 6 articles

TV5MONDE 8 articles

Ouest-France 1 article

La Dépêche du Midi 2 articles

Le Progrès 1 article

Le Dauphiné Libéré 1 article

Nice-Matin 3 articles

L’Est Républicain 2 articles

L’Indépendant 2 articles

Midi Libre 6 articles

La Montagne 2 articles

France Bleu 3 articles

DNA 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

L’Alsace 1 article

JSL 2 articles

Le Bien Public 1 article

La Nouvelle République 1 article

Courrier International 4 articles

RFI 5 articles

Le Temps 2 articles

La Libre 3 articles

La Dernière Heure 1 article

RTS 3 articles

Radio-Canada 7 articles

LaPresse 4 articles

Le Devoir 1 article

Agence Anadolu 4 articles

BBC News 10 articles

The Guardian 13 articles

Financial Times 2 articles

The New York Times 14 articles

The Washington Post 1 article

NPR 3 articles

The Globe and Mail 6 articles

Al Jazeera English 12 articles

South China Morning Post 7 articles

Channel NewsAsia 12 articles

The Hindu 13 articles

Folha de S.Paulo 4 articles

Daily Maverick 2 articles

Radio New Zealand 6 articles

The Guardian Australia 2 articles

El País 3 articles

La Vanguardia 8 articles

Público 2 articles

Die Zeit 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 6 articles

La Repubblica 4 articles

De Standaard 6 articles

De Tijd 2 articles

NRC 1 article

de Volkskrant 5 articles

The Irish Times 1 article

Neue Zürcher Zeitung 3 articles

Der Standard 1 article

Politiken 2 articles

Dagens Nyheter 1 article

Aftenposten 2 articles

Helsingin Sanomat 3 articles

Gazeta Wyborcza 1 article

Hospodářské noviny 1 article

Telex 3 articles

Adevărul 1 article

Vanguardia 1 article

El Tiempo 4 articles

La Tercera 5 articles

The National 4 articles

The Times of Israel 1 article

The Korea Herald 4 articles

ANTARA News 1 article

Dawn 2 articles

Sciences et Avenir 2 articles

Mongabay 1 article

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