ÉCONOMIE FRANÇAISE
Fitch maintient la note de la France malgré une croissance à l’arrêt
Après un recul du PIB au premier trimestre et une croissance nulle au deuxième, la France prépare son budget 2027 avec des prévisions de déficit public revues à la hausse, des taux d’intérêt plus élevés et une inflation remontée à 2,4 %. Fitch conserve pourtant la note A+ et sa perspective stable.
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Rappel des faits
L’économie française a calé au printemps. L’Insee a confirmé une croissance nulle au deuxième trimestre et révisé à -0,2 % la baisse du produit intérieur brut au premier, contre -0,1 % auparavant. La France échappe ainsi de peu à deux trimestres consécutifs de recul, qui auraient constitué une récession technique.
Cette révision intervient alors que le gouvernement prépare le budget 2027 et maintient sa prévision de croissance à 0,7 % pour 2026. Pour atteindre cet objectif, l’activité devrait progresser de 0,5 % au troisième trimestre comme au quatrième, une trajectoire jugée hautement improbable par les économistes. L’acquis de croissance, c’est-à-dire la hausse annuelle qui serait enregistrée si l’activité stagnait jusqu’à la fin de l’année, s’établit à 0,3 %.
Au deuxième trimestre, la consommation des ménages a augmenté de 0,3 %, après un recul de 0,3 % au trimestre précédent, tandis que l’investissement a baissé de 0,3 %. Les exportations ont rebondi de 2,9 %, notamment grâce à l’aéronautique. L’emploi salarié a toutefois reculé de 23 500 postes sur le trimestre, avec une baisse dans le secteur privé et une stagnation dans le secteur public. Le pouvoir d’achat par unité de consommation a diminué de 0,6 %.
L’inflation est également repartie à la hausse : les prix à la consommation ont augmenté de 2,4 % sur un an en août, après 2,1 % en juillet. L’énergie, dont les prix ont progressé de 16,7 %, explique principalement cette accélération. Les dépenses des ménages ont encore augmenté de 0,5 % en juillet, mais cette hausse a notamment été portée par le carburant.
Dans ce contexte, Fitch a maintenu la note de la dette française à A+, avec une perspective stable. L’agence a pris sa décision alors que les finances publiques restent sous surveillance et que les prévisions de déficit public pour 2026 et 2027 ont été revues à la hausse. Fitch met en avant la taille et la diversification de l’économie française, la solidité de son secteur bancaire et la diversité de sa base d’investisseurs. La décision ne règle pas le problème budgétaire : les taux d’intérêt montent et le coût de la dette pèse davantage sur les comptes publics.
Le gouvernement vise près de 2 milliards d’euros d’économies dans le travail et le social
Le gouvernement prépare près de 2 milliards d’euros d’économies dans le champ du travail et de la protection sociale. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a défendu cette orientation tout en estimant que les salariés devraient travailler davantage.
Le RSA et le minimum vieillesse seront indexés sur l’inflation, a assuré le ministre. Il a en revanche laissé entendre qu’une désindexation des pensions de retraite pourrait être envisagée. « L’indexation à 100 % sur l’inflation [des pensions de retraite], vous l’appliquez à 400 milliards, ça va vite », a-t-il déclaré.
Le prochain budget devra donc préserver certains minima face à la hausse des prix tout en réduisant d’autres dépenses sociales. Ces arbitrages interviennent alors que la croissance révisée à la baisse réduit les marges de manœuvre du gouvernement.
Le rendement de la dette italienne passe sous celui de la France
Le maintien de la note A+ par Fitch n’empêche pas le renchérissement du financement de la France. Les taux d’intérêt sont en hausse et le coût de la dette complique la réduction du déficit attendue dans les prochains budgets.
Le contraste est devenu visible avec l’Italie : le rendement de ses obligations d’État à dix ans est passé sous celui des obligations françaises. Les investisseurs jugent donc désormais moins risqué de prêter à l’Italie qu’à la France, une situation qui contraste avec l’image longtemps associée aux deux pays.
Fitch conserve une perspective stable pour la France et souligne la solidité de son économie, de son secteur bancaire et de sa base d’investisseurs. Mais cette décision intervient alors que les prévisions de déficit public pour 2026 et 2027 sont revues à la hausse, à quelques semaines de la présentation des choix budgétaires.
La stabilité de Fitch n’empêche ni la hausse des taux ni le renchérissement du financement français : la note reste inchangée, mais la dette coûte davantage aux comptes publics.
Canicule et sécheresse font baisser les récoltes et monter les prix alimentaires
Les épisodes de chaleur et la sécheresse ont directement touché la production agricole. L’Insee a révisé ses chiffres de croissance en tenant compte d’une production agricole plus dégradée que prévu fin juillet.
Les pertes concernent notamment les fruits, les légumes et la betterave sucrière. À Rungis, l’offre de haricots verts, de salades, d’artichauts, de courgettes et de pommes a diminué : les produits sont plus rares, plus petits et plus chers. Des vendeurs et des clients d’un marché toulousain ont également constaté une hausse des prix après l’été caniculaire.
Les éleveurs doivent composer avec des prairies dégradées et puiser dans leurs stocks de fourrage pour l’hiver. La production de fourrage a baissé de 50 % dans la moitié des prairies, selon les éléments communiqués par le ministère de l’Agriculture. Des dérogations temporaires ont été accordées aux producteurs de plusieurs fromages d’appellation, dont l’Abondance, le Beaufort et le Comté, pour tenir compte des difficultés d’approvisionnement en alimentation animale.
Roland Lescure a qualifié ces chiffres de « premier impact concret de l’été horrible qu’on a vécu ». Le ministre a prévenu que les conséquences des canicules et de la sécheresse pèseraient aussi sur le troisième trimestre et seraient intégrées aux prévisions de Bercy.
Les dépenses des ménages augmentent de 0,5 % en juillet, tirées par le carburant
Les dépenses de consommation des ménages ont progressé de 0,5 % en juillet, pour le troisième mois consécutif. Cette hausse a été portée par les véhicules neufs, l’énergie, l’alimentation et le carburant.
Elle ne suffit pas à effacer le recul du pouvoir d’achat enregistré au deuxième trimestre : celui-ci a diminué de 0,6 % par unité de consommation. Dans le même temps, l’inflation a accéléré à 2,4 % sur un an en août, contre 2,1 % en juillet, principalement sous l’effet de l’énergie.
La hausse des prix ne se limite pas aux dépenses directement visibles. La réduction de la quantité contenue dans certains emballages, pratique connue sous le nom de « shrinkflation », complique aussi la mesure du prix réellement payé par les consommateurs. L’Insee cherche à en tenir compte dans ses calculs de l’inflation.
Article généré par le Yak
Médianalyse
L’œil de Fokon
Dans les titres observés, deux formules dominent : la « croissance nulle » et le maintien de la note A+ par Fitch. Elles opposent une économie française qui cale à une agence qui ne dégrade pas sa notation. Les conséquences budgétaires et le coût croissant de la dette apparaissent davantage dans les résumés et les titres de décryptage que dans les titres les plus courts.
L’expression « été horrible », reprise dans de nombreux titres, personnalise l’explication autour de la formule de Roland Lescure et rend les canicules immédiatement lisibles. Les résumés détaillés ajoutent d’autres facteurs : la baisse de l’investissement, les 23 500 emplois salariés perdus sur le trimestre, le recul de 0,6 % du pouvoir d’achat et le rebond de la consommation porté par le carburant.
Les titres nationaux privilégient la croissance, l’inflation et la notation souveraine. Les publications locales consacrées aux marchés et à l’agriculture donnent davantage de place aux fruits et légumes plus chers, aux récoltes réduites et aux difficultés des éleveurs. Les titres et résumés présentent ainsi le même épisode soit par ses indicateurs nationaux, soit par ses effets visibles sur l’alimentation et les producteurs.
LES SOURCES34 médias · 69 sources
Le Monde 5 articles
- L’agence Fitch maintient la note de la dette de la France à A+ assortie d’une perspective stable
- Une croissance en panne et un déficit qui stagne compliquent encore un peu plus l’équation budgétaire du gouvernement
- La croissance de la France révisée à la baisse au premier trimestre : « le premier impact concret de l’été horrible qu’on a vécu », réagit Roland Lescure
- Budget 2027 : RSA et minimum vieillesse seront bien indexés sur l’inflation, assure Jean-Pierre Farandou
- Les producteurs de fromages s’inquiètent de l’avenir après un été caniculaire : « Si cela se répète l’an prochain, ce sera la catastrophe »
Le Figaro 11 articles
- Des fruits et légumes plus rares, plus petits et plus chers : à Rungis, l'impact de la sécheresse se fait sentir
- La croissance nulle au deuxième trimestre, ce coup dur qui vient encore compliquer la réduction du déficit en 2026
- Alors que la France attend la notation de l’agence Fitch, la Grèce et l’Italie regagnent la confiance des marchés
- «Shrinkflation» : comment l’État tente de repérer cette inflation déguisée qui rogne le pouvoir d’achat des Français
- L’agence de notation Fitch maintient la note A+ de la France et sa perspective stable
- Budget 2027 : RSA et minimum vieillesse seront bien indexés sur l'inflation, assure Jean-Pierre Farandou
- L’inflation monte encore, atteignant 2,4% en août après 2,1% en juillet, selon l’Insee
- PIB : une croissance finalement nulle au deuxième trimestre, revue à la baisse par l’Insee
- La consommation des ménages français expliquée en trois graphiques
- Visualisez l’évolution de l’inflation en France sur un an
- Notée par Fitch ce vendredi, la dette publique coûte toujours plus cher à la France
Libération 2 articles
Le Parisien 2 articles
L’Express 1 article
L’Humanité 1 article
20 Minutes 2 articles
Franceinfo 2 articles
BFMTV 4 articles
- L'Insee révise à la baisse la croissance française au 2e trimestre (après un recul de 0,2% au 1er trimestre)
- L'agence de notation Fitch maintient la note A+ de la France et sa perspective stable
- Prévisions de croissance à la baisse: "Ce sont les premières conséquences concrètes de l'été très difficile qu'on a vécu", affirme Roland Lescure
- Un PIB en baisse de 0,2% au premier trimestre et une croissance nulle au deuxième: Roland Lescure voit dans les derniers chiffres de l'Insee "le premier impact concret de l'été horrible qu'on a vécu"
Euronews FR 1 article
TV5MONDE 1 article
Public Sénat 1 article
Ouest-France 2 articles
La Dépêche du Midi 2 articles
- Fruits et légumes : les prix flambent après un été historiquement chaud, quelles réponses du gouvernement face à une crise qui pourrait se prolonger en 2027 ?
- "On est bien obligé de manger" : à Toulouse, clients et vendeurs du marché Cristal confrontés à la hausse des prix des fruits et légumes après la canicule
Le Progrès 2 articles
Le Dauphiné Libéré 2 articles
L’Est Républicain 1 article
Midi Libre 1 article
La Montagne 1 article
DNA 1 article
Le Républicain Lorrain 2 articles
Vosges Matin 2 articles
L’Alsace 1 article
JSL 2 articles
Le Bien Public 2 articles
Courrier International 1 article
RFI 1 article
La Libre 1 article
Agence Anadolu 6 articles
- France : la consommation des ménages augmente pour le troisième mois consécutif
- France : le gouvernement prépare de nouvelles aides face à la crise agricole liée aux épisodes de chaleur
- Emploi en France : recul chez les jeunes, progression chez les seniors
- France : le ministre du Travail annonce près de 2 milliards d’euros d’économies
- France : croissance nulle et net recul du pouvoir d’achat au deuxième trimestre
- France : l’inflation accélère à 2,4 % en août, portée par l’énergie