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PRÉSIDENTIELLE 2027

La présidentielle de 2027 entre en campagne sans candidat commun dans aucun camp

À Blois, Châlons-en-Champagne et Sens, les prétendants ont repris le terrain à huit mois du scrutin. Marine Le Pen reste la candidate du RN, la gauche se divise autour de sa primaire et la droite comme le centre cherchent encore comment départager leurs candidats.

153 sources · 38 médias · 9 min

Rappel des faits

Les 28 et 29 août, la rentrée politique a lancé la campagne de la présidentielle de 2027. À la Foire de Châlons-en-Champagne, Jordan Bardella a répété qu’il serait « là quoi qu’il arrive » et qu’il mènerait campagne, tout en promettant de mettre « toute son énergie » au service de la candidature de Marine Le Pen. Elle reste la candidate du Rassemblement national, avec la perspective annoncée de voir Bardella devenir Premier ministre en cas de victoire.

À Blois, le Parti socialiste a tenu ses journées d’été sous la pression de la primaire social-démocrate prévue les 9, 10, 16 et 17 octobre. Olivier Faure, qui devrait se déclarer, a promis que le PS serait « au rendez-vous » et prédit l’effondrement du bloc central après dix ans de macronisme. Raphaël Glucksmann, déjà candidat à la primaire, défend une ligne distincte. Ségolène Royal maintient sa candidature, tandis que François Ruffin critique un scrutin dont il juge les conditions trop restrictives. François Hollande refuse de participer à la primaire et se réserve une réponse en décembre.

À Sens, le débat entre François Hollande et Édouard Philippe a opposé deux réponses au redressement financier. Les deux hommes s’accordent sur l’ampleur de l’effort à mener, mais divergent sur les moyens : Philippe défend la baisse de la dépense, tandis que Hollande assume une hausse des prélèvements, notamment sur les plus fortunés, combinée à des économies.

La droite et le centre cherchent eux aussi leur mode de départage. Édouard Philippe est candidat, Gabriel Attal entretient une candidature annoncée mais non officialisée, et David Lisnard réclame une primaire qui exclurait d’abord les macronistes. Dans les sondages évoqués pendant la rentrée, Marine Le Pen reste en tête dans les scénarios testés, Jean-Luc Mélenchon recule et Raphaël Glucksmann progresse légèrement. Les candidatures et les périmètres d’alliance restent donc ouverts dans les principaux camps.

Bardella se prépare pour Matignon et fait campagne pour Marine Le Pen

Jordan Bardella n’est pas candidat à l’Élysée, mais il s’est comporté à Châlons-en-Champagne comme l’un des visages de la campagne du RN. Accueilli par une foule venue demander des selfies et des dédicaces, le président du parti a déclaré qu’il serait « là quoi qu’il arrive » et qu’il mènerait campagne.

Il s’est aussi déclaré candidat au poste de Premier ministre pour porter le projet de « redressement national ». Marine Le Pen reste toutefois la candidate du RN. Bardella affirme que cette répartition ne pose pas de problème : elle porterait la conquête de l’Élysée, tandis qu’il mettrait son énergie au service de la victoire du parti.

Depuis la Foire de Châlons, il a défendu plusieurs propositions : un référendum sur l’immigration en cas de victoire, un plan de lutte contre le gaspillage de l’argent public et la suppression de 120 taxes et impôts. Le RN cherche aussi à rassurer sur sa politique économique, avec une règle limitant le déficit à 3 % du produit intérieur brut et l’objectif d’un budget de fonctionnement de l’État à l’équilibre.

La popularité de Bardella ne disparaît pas avec son retrait de la course présidentielle. Des visiteurs de la foire ont dit leur déception de ne pas le voir candidat, tout en se déclarant prêts à voter pour Marine Le Pen et à le voir entrer à Matignon.

Le RN a fixé le tandem Le Pen-Bardella sans régler la question du rôle présidentiel de Bardella : il promet Matignon tout en se présentant comme un acteur de la campagne pour l’Élysée.

Le Yak

À Blois, Faure et Glucksmann installent la bataille de la primaire

La primaire socialiste et démocratique, prévue en octobre, devait désigner un candidat à la gauche non mélenchoniste. Elle est déjà devenue le principal point de tension du Parti socialiste.

Raphaël Glucksmann, candidat de Place publique, est présenté comme le favori sur le papier. Il veut « chasser l’esprit de défaite de la gauche », défend une hausse de la fiscalité sur les méga-héritages au-delà de deux millions d’euros et refuse que l’effort budgétaire repose toujours sur les mêmes contribuables. Une partie des socialistes s’est rangée derrière lui.

Olivier Faure, sous pression, a consacré peu de temps au scrutin dans son discours de clôture, mais son entrée en lice paraît désormais probable. Il a défendu un socialisme écologique, un fonds national et européen pour investir dans la transition et la suspension des dividendes des entreprises qui ne s’engageraient pas dans leur transformation écologique. Il a aussi promis que le PS serait présent à la présidentielle et répété qu’un autre futur était possible.

Le désaccord porte aussi sur le périmètre et le coût du vote. François Ruffin, qui souhaitait une primaire plus large avec les Écologistes et les anciens Insoumis, a qualifié le processus de « suffrage censitaire », en référence à la participation demandée aux électeurs. Olivier Faure a rappelé qu’il avait défendu un tarif de deux euros, alors que le montant retenu est de 10 ou 15 euros. La concurrence entre les deux lignes est désormais installée.

Hollande refuse la primaire et attend décembre pour décider de son rôle

François Hollande a choisi une autre voie que les prétendants engagés dans la primaire. À Blois, l’ancien président a réuni ses soutiens et livré un discours de quasi-candidat, tout en confirmant qu’il ne participerait pas au scrutin socialiste et démocratique.

Il se présente comme un recours possible si la primaire ne permet pas à la gauche de faire émerger un candidat capable de progresser. Il attendra décembre pour déterminer « la meilleure façon de gagner » et dire s’il peut être utile dans la course à l’Élysée.

À Sens, où il a débattu avec Édouard Philippe, Hollande a défendu une ligne de rassemblement contre le Rassemblement national et La France insoumise, qu’il accuse de contribuer à la division du pays. Il a aussi estimé que la présidence concentrant tous les pouvoirs, telle qu’elle a fonctionné sous Emmanuel Macron, appartenait au passé.

Son positionnement divise les socialistes. Ses soutiens y voient une capacité de recours ; ses adversaires lui reprochent de rester à distance d’un scrutin auquel il pourrait être confronté. Olivier Faure a néanmoins rappelé qu’une candidature pouvait commencer très bas, en citant le parcours de Hollande, donné à 3 % avant son élection en 2012.

À Sens, Hollande et Philippe s’opposent sur les impôts et la dépense

Le débat de Sens a offert une confrontation directe entre François Hollande et Édouard Philippe, l’un encore en réflexion, l’autre déjà candidat à la présidentielle. Les deux hommes ont reconnu la gravité de la situation financière française, mais leurs réponses divergent nettement.

François Hollande estime qu’il faudra augmenter les prélèvements, notamment sur les plus fortunés, après dix ans de baisses d’impôts qu’il juge inconsidérées et non financées. Il propose de combiner cette hausse avec des économies. Édouard Philippe rejette cette réponse comme la pente habituelle du débat public français et veut réduire en priorité la dépense, en particulier la dépense sociale.

Les deux hommes se sont aussi opposés sur l’immigration légale. Philippe refuse un moratoire général et veut continuer à accueillir des étudiants étrangers et des salariés disposant de compétences nécessaires à la France.

Le débat a enfin servi de scène au rassemblement de la droite et du centre. Philippe a appelé sa famille politique à se réunir, tandis que Hollande a plaidé pour que les Français puissent s’unir sur l’essentiel. Tous deux ont ciblé le RN et LFI, mais leur échange a réinstallé une frontière politique entre une réponse de gauche par l’impôt et une réponse de droite par la réduction des dépenses.

Lisnard veut une primaire de la droite et du centre avant d’affronter les macronistes

David Lisnard a relancé à Cannes son appel à une primaire de la droite et du centre. Le maire de Cannes et candidat à la présidentielle veut une présélection qui permettrait d’« éliminer les macronistes » avant le premier tour.

Il refuse de gouverner avec ceux qui, selon lui, ont conduit le pays « dans le mur », mais se dit prêt à les affronter dans une compétition ouverte. Son projet reçoit le soutien public de Pierre Gattaz, ancien président de l’organisation patronale, qui assume des convergences avec ses positions.

Cette proposition se heurte à d’autres stratégies dans le bloc central. Édouard Philippe est déjà candidat, Gabriel Attal est pressé de clarifier ses intentions et des proches de l’ancien Premier ministre jugent qu’une primaire n’est ni possible ni souhaitable. Hervé Morin demande au contraire qu’un candidat soit choisi avant Noël et estime que ceux qui refuseraient une primaire porteraient une lourde responsabilité.

La question porte donc autant sur le périmètre de la famille politique que sur le nom du candidat : droite seule, droite et centre, ou ensemble du camp issu du macronisme.

Les sondages placent Le Pen en tête, tandis que Mélenchon recule et Glucksmann progresse

Les sondages cités pendant la rentrée donnent Marine Le Pen gagnante dans tous les scénarios de second tour étudiés. La candidate du RN reste également largement en tête des intentions de vote au premier tour.

À gauche, les dynamiques ne sont pas identiques. Jean-Luc Mélenchon recule dans l’étude Elabe évoquée le 29 août, tandis que Raphaël Glucksmann progresse légèrement. Olivier Faure est présenté autour de 5 % dans les intentions de vote rapportées pendant les journées d’été du PS.

Ces chiffres alimentent les stratégies sans régler la question des candidatures. Faure demande de ne pas écouter les sondages et rappelle que les rapports de force peuvent changer. Le RN souligne lui aussi que les enquêtes doivent être regardées avec distance, même si Marine Le Pen y occupe la première place.

À huit mois du scrutin, les investitures et les alliances restent ouvertes, tandis que les enquêtes citées donnent déjà un avantage net à Marine Le Pen.

Article généré par le Yak

Médianalyse

L’œil de Fokon

Dans les titres consacrés à la rentrée, les personnalités apparaissent plus souvent que les partis ou les règles de la primaire : « Bardella », « Faure », « Hollande » et « Philippe » servent de principales portes d’entrée. Les formules les plus visibles racontent une scène ou une confrontation — « Bardellamania », « choc des titans », « s’écharpent » — tandis que les conditions pratiques du scrutin social-démocrate apparaissent davantage dans les résumés.

Les titres et les résumés ne donnent pas le même poids aux camps. Le RN est surtout présenté à travers la popularité de Bardella, sa relation avec Marine Le Pen et ses déclarations de campagne. À gauche, les flux mettent en avant la rivalité entre Faure et Glucksmann ainsi que les critiques de Ruffin ; la position de Hollande comme recours est davantage expliquée dans des formats plus développés.

Les flux locaux privilégient la scène territoriale : la foule de Châlons, la campagne de Glucksmann dans le Var ou la rentrée de Lisnard à Cannes. Les flux nationaux insistent davantage sur les règles de sélection, les rapports de force et les sondages. Le débat de Sens est ainsi présenté soit comme une confrontation Hollande-Philippe, soit comme le retour du clivage droite-gauche.

Les sondages occupent une place visible dans les titres lorsqu’ils concernent Marine Le Pen, Mélenchon et Glucksmann. Les résumés ajoutent une limite importante : ces enquêtes mesurent un rapport de force à huit mois du scrutin, alors que plusieurs candidatures restent incomplètement arrêtées. Les flux associent donc une photographie chiffrée déjà lisible à une offre politique encore en formation.

LES SOURCES38 médias · 153 sources

Le Monde 6 articles

Le Figaro 10 articles

Libération 3 articles

Le Parisien 9 articles

Le Nouvel Obs 1 article

L’Humanité 1 article

HuffPost France 2 articles

20 Minutes 3 articles

Franceinfo 8 articles

BFMTV 48 articles

France 24 1 article

Euronews FR 1 article

RMC 2 articles

TV5MONDE 6 articles

Public Sénat 3 articles

La Dépêche du Midi 7 articles

Nice-Matin 4 articles

L’Est Républicain 2 articles

Midi Libre 2 articles

La Montagne 2 articles

DNA 1 article

Le Républicain Lorrain 2 articles

Vosges Matin 2 articles

L’Alsace 1 article

JSL 1 article

Le Bien Public 1 article

La Nouvelle République 4 articles

RFI 2 articles

Mediapart 2 articles

Le Temps 2 articles

La Libre 2 articles

La Dernière Heure 2 articles

Agence Anadolu 1 article

Financial Times 1 article

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Élucid 1 article

Arrêt sur images 1 article

Le JDD 5 articles

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