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NÉPAL ET TIBET

Dans l’Himalaya, les secours cherchent les survivants sous la boue et dans les tunnels

Une masse de glace, de roche et de débris a balayé les vallées frontalières du Népal et du Tibet. Près de 800 morts et plus de 3 000 disparus sont recensés, tandis que la pluie, la montée des eaux et de nouveaux glissements de terrain entravent les recherches.

172 sources · 78 médias · 7 min

Rappel des faits

La catastrophe survenue le 26 août dans l’Himalaya a fait près de 800 morts et plus de 3 000 disparus au Népal et au Tibet. Le dernier bilan détaillé disponible fait état de 781 morts et 2 502 disparus côté népalais, ainsi que de 16 morts et 546 disparus côté chinois, soit 797 morts et 3 048 personnes toujours recherchées. Ces chiffres restent provisoires et évoluent avec les opérations de recherche.

Une masse de glace, de roche et de débris a déferlé dans les vallées frontalières, emportant des villages, des routes, des ponts et des bâtiments. Le village de Dhunge, qui comptait environ 150 familles, a été presque entièrement recouvert de boue. Des corps ont aussi été transportés très loin en aval, jusqu’au district de Chitwan, où les capacités des morgues ont été dépassées.

Les sauveteurs utilisent des hélicoptères, des foreuses, des pelleteuses et des drones, mais les routes et les communications ont été détruites. Les pluies et la hausse du débit de la Bhotekoshi ont plusieurs fois interrompu les opérations. Au Tibet, les secours ont été déplacés après la formation d’un nouveau lac provoqué par un glissement de terrain.

Au Népal, une centaine d’ouvriers pourraient encore être piégés dans les tunnels de chantiers hydroélectriques. L’armée a réussi à faire passer de l’air dans l’un des ouvrages et a ouvert plusieurs voies d’accès, sans obtenir immédiatement de contact avec les occupants. Les autorités estiment que la reconstruction coûtera plusieurs milliards de dollars. Onze centrales hydroélectriques et une centrale solaire, représentant 431,1 mégawatts, ont cessé de fonctionner.

Des experts relient la crue à l’effondrement d’un glacier. Le responsable de l’ONU Climat, Simon Stiell, estime que le réchauffement climatique rend ce type de catastrophe plus probable, plus fréquent et plus grave. Le ministre népalais des Affaires étrangères Shisir Khanal rappelle que son pays émet moins de 0,01 % des gaz à effet de serre, tout en figurant parmi les territoires les plus exposés.

Au Népal, les sauveteurs forent les tunnels où une centaine d’ouvriers pourraient être vivants

Les recherches se concentrent sur les chantiers hydroélectriques de Trishuli 3A et 3B. Une centaine d’ouvriers pourraient être retenus depuis la crue dans des galeries envahies par l’eau, la boue et les débris.

Environ 80 secouristes népalais travaillent avec des foreuses, des pelleteuses et des équipements hydrauliques. Des spécialistes venus d’Inde, de Chine et de Corée du Sud ont également apporté leur aide. Après une interruption provoquée par la pluie et la montée des eaux, les équipes ont ouvert plusieurs passages jusqu’à l’entrée d’un tunnel.

Un tuyau a été introduit pour acheminer de l’air. Des sauveteurs sont ensuite descendus dans l’ouvrage par une brèche, mais n’ont pas obtenu de réponse immédiate. Les opérations restent suspendues ou ralenties chaque fois que le niveau des rivières augmente ou qu’un nouveau glissement menace le secteur.

À Bharatpur, les familles identifient les morts sur écran avant les enterrements provisoires

À Bharatpur, les proches des disparus regardent défiler sur un écran les photographies de corps récupérés dans les rivières. La morgue locale ne peut accueillir qu’une vingtaine de dépouilles, alors que plus de 250 victimes ont été retrouvées dans le district de Chitwan, en aval de la zone sinistrée.

La décomposition rend de nombreuses identifications impossibles à l’œil nu. Les autorités photographient les corps, enregistrent les informations disponibles et prélèvent un échantillon d’ADN. Seules quelques victimes avaient pu être identifiées dans les premiers jours, et des erreurs de reconnaissance ont déjà été signalées lors de la consultation des images.

Pour des raisons de santé publique, le Népal a commencé à enterrer des victimes non identifiées. Ces inhumations sont présentées comme provisoires : les prélèvements doivent permettre aux familles d’obtenir ultérieurement une confirmation scientifique, puis de récupérer les corps pour les rites funéraires hindous. Le pays a demandé des kits ADN et des unités réfrigérées supplémentaires.

La Bhotekoshi monte à nouveau et force les secours à gagner les hauteurs

La catastrophe menace encore les habitants des vallées. Après de nouvelles pluies, le débit de la rivière Bhotekoshi a augmenté dans le district de Rasuwa. Les autorités népalaises ont demandé aux équipes de secours de faire preuve de prudence, et certains habitants ont rejoint des zones plus élevées.

Le risque vient aussi des retenues d’eau formées par les glissements de terrain. Au Tibet, un premier lac de barrage naturel s’était progressivement vidé, mais des drones ont ensuite détecté un nouveau glissement à 2,8 kilomètres en aval, créant une autre retenue. Les secouristes chinois ont été déplacés vers un lieu sûr.

Cette menace complique les recherches dans les villages déjà détruits et autour des tunnels hydroélectriques. Chaque reprise des opérations doit être précédée d’une vérification du niveau des eaux et de la stabilité des pentes.

Au Népal, une alerte évacue 900 élèves et relance la demande d’un dispositif national

Quelques minutes ont suffi à sauver 900 enfants d’une école népalaise. Après avoir reçu des avertissements sur la montée des eaux, le directeur Rajendra Dawadi a interrompu les cours et ordonné l’évacuation vers les hauteurs. Peu après, la crue a englouti les bâtiments voisins.

Cet épisode contraste avec l’ampleur des dégâts dans les vallées isolées, où les routes, les télécommunications et les dispositifs de secours ont été balayés. Trois mois avant la catastrophe, des experts népalais et chinois s’étaient réunis à Katmandou pour discuter des risques liés aux crues et aux glaciers. Des experts népalais avaient alors demandé à la Chine un système d’alerte précoce.

Les autorités népalaises ont également sollicité une aide internationale spécialisée pour les secours dans les tunnels, les analyses ADN et l’identification médico-légale. Les États-Unis ont porté leur aide à 3,6 millions de dollars, l’Inde a envoyé 68,5 tonnes de matériel et une expertise pour les tunnels, tandis que la Chine a mobilisé plus de 2 100 secouristes et annoncé une enveloppe de 220 millions de yuans pour les opérations de secours.

L’évacuation des 900 élèves montre ce qu’une alerte reçue à temps peut permettre. Mais cet épisode ponctuel ne remplace pas un système couvrant des vallées entières : trois mois avant la catastrophe, le Népal demandait déjà à la Chine de renforcer cette surveillance.

Le Yak

Au Tibet, la destruction du poste-frontière de Gyirong complique les échanges avec le Népal

La coulée a détruit le poste-frontière de Gyirong, au Tibet, un passage essentiel entre la Chine et le Népal. La zone devait accueillir une ligne de chemin de fer liée aux « nouvelles routes de la soie » chinoises, ce qui ajoute un enjeu pour les infrastructures et les échanges régionaux.

Les autorités chinoises ont annoncé 16 morts et 546 disparus sur leur territoire, dont 261 ressortissants étrangers originaires de 23 pays. Les informations disponibles sur le versant tibétain restent toutefois limitées par la géographie, la destruction des communications et le contrôle exercé sur les médias.

La Chine a qualifié la catastrophe de désastre transfrontalier particulièrement difficile. De son côté, la mise à l’écart de certaines images et la faible quantité de témoignages accessibles ont alimenté les critiques sur la visibilité de la catastrophe au Tibet.

Article généré par le Yak

Médianalyse

L’œil de Fokon

Dans les titres consacrés à la catastrophe, le bilan — près de 800 morts et plus de 3 000 disparus — et la course des secours dominent nettement. Les expressions « nouvelle montée des eaux », « course contre la montre », « villages engloutis » et « mer de boue » donnent au sujet une forte dimension d’urgence et de spectacle. Les prélèvements ADN, les enterrements provisoires et les 431,1 mégawatts de capacité électrique perdue apparaissent beaucoup moins souvent dans les titres.

Les titres et résumés déplacent progressivement l’attention : ils mettent d’abord en avant la violence de la crue et le nombre de victimes, puis les ouvriers piégés dans les tunnels, les familles à la recherche de leurs proches et la menace d’une nouvelle inondation. Les publications qui évoquent les conséquences humaines au long cours — identification des corps, besoin d’unités réfrigérées et retour dans les villages détruits — sont moins nombreuses que celles consacrées aux images de la catastrophe et aux opérations de sauvetage.

Les titres et résumés ne privilégient pas tous le même angle. Les titres anglophones accordent davantage de place aux ressortissants étrangers disparus et aux témoignages de familles, tandis que plusieurs médias indiens insistent sur l’aide technique et les travailleurs des centrales hydroélectriques. Certains titres français et européens développent la question climatique ou la préparation aux catastrophes. Les publications consacrées à la Chine et au Tibet mettent davantage en avant la censure, le contrôle de l’information et l’importance stratégique de Gyirong.

LES SOURCES78 médias · 172 sources

Le Monde 3 articles

Le Figaro 3 articles

Libération 3 articles

Le Parisien 2 articles

20 Minutes 1 article

Franceinfo 2 articles

BFMTV 6 articles

BFM 11 articles

France 24 5 articles

Euronews FR 1 article

RMC 2 articles

TV5MONDE 9 articles

Ouest-France 1 article

La Dépêche du Midi 1 article

Le Progrès 1 article

Le Dauphiné Libéré 1 article

Nice-Matin 1 article

L’Est Républicain 1 article

L’Indépendant 2 articles

Midi Libre 1 article

La Montagne 1 article

France Bleu 1 article

DNA 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

JSL 1 article

La Nouvelle République 2 articles

Courrier International 1 article

RFI 3 articles

Mediapart 1 article

Le Temps 1 article

La Libre 1 article

La Dernière Heure 1 article

RTS 1 article

Radio-Canada 3 articles

LaPresse 2 articles

Agence Anadolu 1 article

BBC News 1 article

The Guardian 6 articles

Financial Times 1 article

The New York Times 6 articles

The Washington Post 1 article

NPR 1 article

CBC News 1 article

The Globe and Mail 3 articles

Al Jazeera English 9 articles

South China Morning Post 2 articles

Channel NewsAsia 3 articles

The Hindu 13 articles

Folha de S.Paulo 1 article

Radio New Zealand 2 articles

The Guardian Australia 2 articles

El País 2 articles

La Vanguardia 2 articles

Público 1 article

Die Zeit 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 2 articles

De Standaard 1 article

De Tijd 1 article

de Volkskrant 3 articles

The Irish Times 1 article

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Der Standard 1 article

Politiken 1 article

Dagens Nyheter 2 articles

Aftenposten 1 article

Helsingin Sanomat 2 articles

Gazeta Wyborcza 1 article

Telex 1 article

Adevărul 3 articles

El Tiempo 1 article

La Tercera 2 articles

Premium Times 1 article

The National 3 articles

The Times of Israel 1 article

The Korea Herald 2 articles

Dawn 2 articles

Le JDD 1 article

À propos

Comprendre la médianalyse

Yaktu rassemble plusieurs traitements médiatiques d’un même sujet pour en faire apparaître les faits établis, les faits partagés mais aussi en retire l'opinion afin de laisser place simplement au fait et juste au fait. Le Yak analyse aussi les différences de traitement dans la médianalyse du Yak, présent dans chaque article. Dans nos dossiers, toutes les sources mobilisées sont présentées en bas de page afin de permettre aux lecteur.rices d'aller plus loin s'il/elle le désire.

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