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ÉDUCATION NATIONALE

Au lycée, le téléphone portable devient interdit

La rentrée du 1er septembre 2026 ouvre une année scolaire marquée par l’extension de l’interdiction du téléphone au lycée. Dans plusieurs territoires, la reprise reste perturbée par une cyberattaque, la baisse des effectifs et des établissements fragilisés par les intempéries.

284 sources · 45 médias · 6 min

Rappel des faits

11 607 600 élèves ont repris le chemin de l’école, du collège et du lycée mardi 1er septembre 2026, dans 57 700 établissements. La principale nouveauté concerne les lycées : après le collège, l’usage du téléphone portable y est désormais interdit. Les modalités sont fixées par les établissements, qui peuvent prévoir des exceptions, notamment pour les élèves en situation de handicap ou certaines formations comme les classes préparatoires et les BTS.

La rentrée se déroule toutefois dans des conditions inégales. Une cyberattaque survenue à la fin de juillet prive encore les académies de Nantes et de Toulouse de leurs services numériques et de leurs applications. La reprise y s’effectue avec des documents papier et une organisation dégradée. Dans le même temps, la diminution du nombre d’élèves se poursuit et conduit l’Éducation nationale et les collectivités à revoir la carte scolaire, avec des fermetures de classes dans certains territoires et des ouvertures dans d’autres.

À Paris, Saint-Raphaël ou Moulins, les lycées appliquent l’interdiction du portable à leur manière

À la cité scolaire Maurice-Ravel, à Paris, des lycéens contestent une règle qui les prive d’un appareil qu’ils jugent utile pour gérer leur temps et leur quotidien. Dans d’autres établissements, la consigne est plus souple : au lycée Saint-Exupéry de Saint-Raphaël, les élèves doivent laisser leur téléphone éteint au fond du sac, sans collecte par l’établissement. Dans plusieurs lycées du Puy-de-Dôme, l’usage reste autorisé dans certains espaces extérieurs, tandis que des boîtes de dépôt ont été installées dans des classes à Moulins.

La loi entre donc en vigueur avec des applications locales différentes. Le ministre de l’Éducation nationale reconnaît que son respect sera difficile au début. Des syndicats la jugent même illusoire à mettre en œuvre immédiatement, en raison des moyens de collecte, des sanctions et des règlements intérieurs à adapter. Le gouvernement présente cette mesure comme une réponse à l’addiction aux écrans et à la perte d’attention ; des élèves y voient surtout une contrainte supplémentaire.

L’interdiction est nationale, mais son application ne l’est pas dans les faits : entre le téléphone laissé au fond du sac, la boîte de dépôt et les espaces où l’usage demeure permis, la rentrée sans portable prend des formes très différentes selon les lycées.

Le Yak

À Nantes et Toulouse, les établissements reprennent avec des documents papier

Dans les académies de Nantes et de Toulouse, les services informatiques et les applications de l’Éducation nationale n’ont pas été rétablis après la cyberattaque massive de la fin juillet. Les établissements concernés ont repris avec des documents papier et des solutions improvisées. Ailleurs, l’accès aux outils numériques a été rétabli.

Le rectorat de Nantes assure que la rentrée a bien lieu et que tout est mis en œuvre pour qu’un enseignant soit présent devant chaque élève. La panne touche encore les usages quotidiens des établissements, alors que la rentrée 2026 fait justement de la limitation du numérique l’une de ses thématiques centrales. Dans les deux académies, cette organisation impose un retour forcé au papier, contrairement à la plupart des autres territoires.

La baisse des effectifs entraîne fermetures et regroupements d’écoles

La diminution du nombre d’élèves se poursuit dans de nombreux territoires. À Paris, les écoles comptent déjà 30 000 élèves de moins qu’il y a dix ans et la baisse doit encore continuer. À Niort, 205 élèves ont disparu des effectifs de cette rentrée. À Vannes, plusieurs fusions d’écoles publiques sont annoncées, tandis qu’à Saint-Claude une nouvelle suppression d’école est envisagée.

Dans les zones rurales, la fermeture d’une classe peut bouleverser toute l’organisation locale. À Bellegarde-en-Marche et Saint-Silvain-Bellegarde, un regroupement pédagogique passe de trois à deux classes. À Lamargelle, 52 élèves sont répartis dans deux classes à quatre niveaux. À Lanobre, la fermeture d’une école historique augmente les effectifs de l’établissement restant.

La tendance n’est pourtant pas uniforme. La Corrèze compte 15 283 élèves dans ses écoles publiques et a obtenu quatre ouvertures de classe. Dans le Var, la direction académique estime que la baisse démographique permet d’améliorer le taux d’encadrement, même si les syndicats jugent ce progrès insuffisant. Le ministère et les collectivités cherchent à éviter que la contraction des effectifs ne transforme certains secteurs en déserts scolaires.

Au Porge et à Pomas, les écoles rouvrent après des sinistres

Au Porge, en Gironde, 248 enfants ont retrouvé leur école après les mégafeux qui ont détruit 183 maisons et ravagé 7 000 hectares dans la commune. La rentrée a été préparée pour être « la plus normale possible », mais des cellules d’écoute psychologique accueillent les élèves et les enseignants se tiennent prêts à recueillir des paroles difficiles.

À Pomas, dans l’Aude, les 90 écoliers ont pris le car vers une école provisoire aménagée dans un centre aéré, une semaine après qu’une tornade a lourdement endommagé le village et les bâtiments scolaires. Une cellule d’écoute et des psychologues doivent rester présents plusieurs semaines. Les autorités espèrent installer des bâtiments provisoires à Pomas au début de 2027, avant une reconstruction qui pourrait durer plusieurs années.

Ailleurs, les communes ont adapté les locaux aux fortes chaleurs et aux épisodes météorologiques. Des brasseurs d’air ont été installés dans seize classes à Figeac, des écoles ont été climatisées à Menton et Châteauneuf-les-Martigues, et des travaux d’isolation ou de rénovation thermique ont été menés à Salon-de-Provence.

Éducation financière, questionnaire sur les violences et fin de l’expérimentation de l’uniforme

Les élèves de 4e doivent bénéficier cette année de deux heures d’éducation économique, budgétaire et financière. Du CM1 à la terminale, une cérémonie commémorative est également prévue autour du 11 novembre. Le questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire, distribué en novembre, doit inclure des questions sur les violences sexistes et sexuelles, avec la possibilité pour les élèves de rester anonymes.

L’année marque aussi la fin de l’expérimentation de la tenue scolaire commune. Lancée en 2024, elle ne sera pas reconduite à la rentrée 2026. Le bilan officiel est décrit comme contrasté, tandis que les collectivités ne bénéficient plus du même soutien financier de l’État. À Nice, la rentrée a parallèlement été marquée par la controverse autour de la volonté d’Éric Ciotti d’organiser des levées de drapeau et le chant de La Marseillaise dans les écoles. Le ministre de l’Éducation nationale a contesté la compétence de la ville pour imposer ce dispositif.

Article généré par le Yak

Médianalyse du Yak

L’interdiction du téléphone domine nettement la couverture de la rentrée. La séquence est souvent personnalisée autour d’Emmanuel Macron, dont le déplacement en Lozère et les déclarations aux lycéens occupent une place importante. Les reportages locaux privilégient, eux, les réactions des élèves et les modalités concrètes de dépôt des appareils.

Deux rentrées coexistent dans la couverture. Les publications nationales insistent sur les nouvelles règles et les annonces ministérielles ; les médias locaux racontent surtout les effets matériels de la reprise : classes fermées ou surchargées, écoles provisoires, climatisation, travaux et transports. La baisse démographique, appelée à modifier durablement l’organisation scolaire, reste moins visible que la polémique sur le portable.

Le traitement oscille entre le récit rituel des retrouvailles et celui d’une institution sous tension. Les images de cours d’école et les témoignages d’enfants côtoient les sujets sur la cyberattaque, le recrutement des enseignants, les grèves et les difficultés d’inclusion. La rentrée est ainsi présentée à la fois comme un retour à la normale et comme un test concret des capacités d’adaptation des établissements.

LES SOURCES45 médias · 284 sources

Le Monde 5 articles

Le Figaro 4 articles

Libération 4 articles

Le Parisien 10 articles

Le Nouvel Obs 2 articles

L’Express 1 article

La Croix 4 articles

Atlantico 1 article

HuffPost France 4 articles

20 Minutes 3 articles

Actu.fr 13 articles

Franceinfo 9 articles

BFMTV 16 articles

France 24 6 articles

Euronews FR 2 articles

RMC 12 articles

TV5MONDE 1 article

Public Sénat 2 articles

Ouest-France 2 articles

La Dépêche du Midi 2 articles

Le Progrès 4 articles

Le Dauphiné Libéré 3 articles

Nice-Matin 21 articles

L’Est Républicain 2 articles

L’Indépendant 2 articles

Midi Libre 13 articles

La Provence 47 articles

La Montagne 39 articles

France Bleu 6 articles

DNA 4 articles

Le Républicain Lorrain 5 articles

Vosges Matin 4 articles

L’Alsace 3 articles

JSL 3 articles

Le Bien Public 5 articles

La Nouvelle République 7 articles

La Nouvelle République des Pyrénées 1 article

La 1ère 1 article

Courrier International 1 article

RFI 2 articles

Agence Anadolu 1 article

El País 2 articles

The Irish Times 1 article

Telex 1 article

Adevărul 3 articles

À propos

Comprendre la médianalyse

Yaktu rassemble plusieurs traitements médiatiques d’un même sujet pour en faire apparaître les faits établis, les faits partagés mais aussi en retire l'opinion afin de laisser place simplement au fait et juste au fait. Le Yak analyse aussi les différences de traitement dans la médianalyse du Yak, présent dans chaque article. Dans nos dossiers, toutes les sources mobilisées sont présentées en bas de page afin de permettre aux lecteur.rices d'aller plus loin s'il/elle le désire.

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