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CARTOGRAPHIE MONDIALE

L’ONU appelle à revoir les cartes du monde

L’Assemblée générale a adopté par 164 voix contre une, avec six abstentions, une résolution en faveur de cartes représentant mieux la superficie réelle des continents. La France privilégiera désormais des projections comme Equal Earth, tandis que les États-Unis dénoncent un « agenda idéologique ».

55 sources · 47 médias · 5 min

L’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution appelant les États et les organisations internationales à utiliser des cartes du monde plus fidèles à la taille réelle des continents. Porté par le Togo et l’Union africaine et coparrainé par la France, le texte a recueilli 164 voix, contre une seule — celle des États-Unis — et six abstentions.

La résolution encourage notamment le recours à la projection Equal Earth, qui respecte davantage les superficies continentales. Elle remet en question l’usage généralisé de la projection de Mercator, élaborée au XVIe siècle pour la navigation maritime. Celle-ci conserve les formes et les angles utiles aux navigateurs, mais agrandit visuellement les territoires situés aux hautes latitudes et réduit ceux proches de l’équateur. L’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie du Sud y apparaissent ainsi plus petites qu’elles ne le sont réellement.

Le texte n’est pas juridiquement contraignant et ne proscrit pas Mercator pour la navigation maritime ou aérienne. Il donne toutefois une portée internationale à la campagne diplomatique menée par le Togo et l’Union africaine pour modifier la représentation courante du monde. La France a annoncé que son ministère des Affaires étrangères n’utiliserait plus Mercator pour ses représentations générales du monde et privilégierait des cartes adaptées aux usages et plus fidèles aux superficies.

L’Afrique est quatorze fois plus vaste que le Groenland, malgré l’effet Mercator

Sur les cartes de type Mercator, l’Afrique peut sembler proche de la taille du Groenland. En réalité, le continent africain est environ quatorze fois plus vaste. La déformation vient du passage d’un globe terrestre à une surface plane : pour préserver les angles et les formes utiles à la navigation, la projection agrandit progressivement les régions situées vers les pôles et comprime les zones équatoriales.

La projection Equal Earth privilégie une autre propriété : elle conserve les rapports de superficie entre les continents tout en cherchant à maintenir des formes proches de celles observées sur un globe. L’Afrique, l’Amérique latine, l’Asie du Sud et l’Océanie y apparaissent donc davantage en proportion, tandis que l’Europe et l’Amérique du Nord occupent une place visuelle moins importante.

Aucune carte plane ne peut restituer simultanément et sans déformation toutes les propriétés d’une sphère. Le choix d’une projection dépend donc de l’usage. Mercator reste adaptée à certains besoins de navigation ; Equal Earth est présentée comme une option plus pertinente pour comparer les superficies continentales.

Le Togo défend une carte qui « façonne notre compréhension du monde »

Pour le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, les cartes « façonnent notre compréhension du monde ». Il estime qu’elles orientent l’éducation, nourrissent l’imaginaire et influencent les perceptions collectives. La résolution défendue par le Togo et l’Union africaine présente ainsi la réforme comme une question de rigueur scientifique et d’égale dignité entre les peuples.

La représentante américaine Yaryna Ferencevych a rejeté cette lecture. Les États-Unis, seuls à voter contre le texte, ont dénoncé un « agenda idéologique » et reproché à l’Assemblée générale de détourner son attention des questions de paix internationale, de prospérité et de relations entre les pays.

Le vote oppose donc deux usages du changement de carte. Les promoteurs du texte y voient une correction d’une représentation déséquilibrée, notamment au détriment de l’Afrique. Washington y voit une initiative symbolique sans rapport avec les priorités de l’organisation. La résolution ne tranche pas cette controverse par une obligation : elle encourage un changement de pratiques.

La France renonce à Mercator dans ses représentations générales du monde

Paris a coparrainé la résolution portée par le Togo et l’Union africaine, puis annoncé que le Quai d’Orsay n’utiliserait plus la projection de Mercator pour ses représentations générales du monde. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a reconnu que « changer de carte ne change évidemment pas le monde », tout en estimant que corriger une représentation déformée relevait d’un « acte de vérité ».

La décision intervient alors que la France cherche à renouer avec le continent africain, dans un contexte où son influence s’est érodée ces dernières années. Le choix de la carte prend ainsi une dimension diplomatique supplémentaire : il répond à la demande portée par les pays africains tout en permettant à Paris d’affirmer une lecture moins centrée sur les puissances occidentales.

Le changement annoncé concerne la représentation cartographique utilisée par le ministère. Il ne signifie pas la disparition de Mercator de tous les usages : la résolution de l’ONU n’a pas de caractère contraignant et la projection conserve sa fonction pour la navigation.

Le vocabulaire de l’« abandon » suggère un remplacement général, alors que la résolution recommande une évolution des usages sans valeur obligatoire et préserve la fonction de Mercator pour la navigation. La portée politique du geste est donc plus large que sa portée juridique.

Le Yak

Médianalyse du Yak

La couverture se concentre nettement sur le contraste visuel entre une Afrique agrandie et des États-Unis, une Europe ou un Groenland représentés comme plus réduits, ainsi que sur le vote solitaire de Washington. Ce cadrage rend immédiatement lisible la dimension géopolitique de la réforme.

La dimension symbolique domine la dimension technique. Les formules sur la « vraie taille » de l’Afrique et sur l’équité cartographique sont très visibles, tandis que la distinction entre une projection destinée à la navigation et une projection conçue pour comparer les superficies est davantage développée dans les articles qui expliquent le fonctionnement des cartes. La non-coercition de la résolution reste également en retrait derrière l’annonce d’un abandon de Mercator.

Deux lectures coexistent dans le traitement : une réforme présentée comme la correction d’un héritage cartographique déséquilibré, et une controverse diplomatique autour de son caractère jugé idéologique par les États-Unis. Les publications françaises ajoutent un troisième cadrage en reliant le choix de Paris à sa volonté de renouer avec l’Afrique.

Article généré par le Yak

LES SOURCES47 médias · 55 sources

Le Monde 2 articles

Le Figaro 1 article

Libération 2 articles

Le Nouvel Obs 1 article

L’Express 1 article

La Croix 1 article

HuffPost France 1 article

Franceinfo 2 articles

BFMTV 1 article

BFM 1 article

France 24 1 article

TV5MONDE 1 article

Le Progrès 1 article

Le Dauphiné Libéré 1 article

L’Est Républicain 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

L’Alsace 1 article

JSL 1 article

Le Bien Public 1 article

Le Temps 1 article

RTS 1 article

Radio-Canada 2 articles

LaPresse 2 articles

Agence Anadolu 3 articles

The Guardian 1 article

The New York Times 1 article

NPR 1 article

Al Jazeera English 1 article

South China Morning Post 1 article

Folha de S.Paulo 1 article

La Nación Argentina 1 article

El País 1 article

La Vanguardia 2 articles

Die Zeit 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 1 article

NRC 1 article

de Volkskrant 1 article

Der Standard 1 article

Politiken 1 article

Dagens Nyheter 1 article

Aftenposten 1 article

Helsingin Sanomat 1 article

Adevărul 1 article

La Tercera 1 article

The National 1 article

Dawn 1 article

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