TOUR EIFFEL
À la tour Eiffel, la grève après la mise à l’écart de salariées
Le monument parisien est resté fermé lundi 7 septembre après une mobilisation du personnel contre les consignes imposées lors de la visite privée d’une délégation hindoue. La direction reconnaît avoir accepté une demande visant à limiter les interactions avec les femmes et promet d’en tirer les conséquences.
34 sources · 27 médias · 4 min
La tour Eiffel est restée fermée toute la journée du lundi 7 septembre, après une grève déclenchée par ses salariés. Ils protestaient contre la mise à l’écart de femmes employées par le monument lors d’une visite privée organisée samedi 5 septembre pour une délégation du BAPS, une organisation religieuse hindoue.
D’après le personnel, certaines salariées ont été invitées à quitter leur poste ou à rester à l’écart, tandis que des hommes les ont remplacées à certains endroits. La Société d’exploitation de la tour Eiffel (SETE) a reconnu que la délégation avait demandé une visite limitant les « interactions avec les femmes » et admis que ces conditions « n’auraient pas dû être acceptées ». Elle a présenté ses excuses et annoncé qu’elle en tirerait les conséquences. Après une journée de discussions avec les représentants du personnel, le monument devait rouvrir mardi matin dans des conditions normales.
Des salariées priées de s’effacer, des hommes appelés à les remplacer
Dans un communiqué transmis par la CGT, le personnel décrit des consignes destinées à « s’invisibiliser » les femmes pendant la visite. Certaines auraient été invitées à quitter leur poste et à se rendre dans des locaux à l’écart. À certains points du parcours, elles auraient été remplacées par des hommes ; toutes les salariées auraient aussi reçu l’ordre de ne pas traverser certaines zones durant le passage de la délégation.
Les employés dénoncent des consignes professionnelles qui auraient conduit des femmes à être « écartées, remplacées et rendues invisibles en raison de leur sexe ». Ils jugent cette organisation contraire aux principes d’égalité et de non-discrimination défendus par la SETE. La direction a confirmé le cœur de la controverse en reconnaissant avoir accepté une demande visant à limiter les échanges avec les salariées, sans reprendre à son compte chaque détail du récit présenté par le personnel.
La direction promet de faire la lumière, les responsables politiques dénoncent les consignes
La fermeture de lundi a provoqué des réactions politiques au-delà de la tour Eiffel. Ariel Weil, président de la SETE et maire de Paris Centre, a déclaré que la pratique n’était pas acceptable et promis de faire la lumière sur les faits. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a annoncé une enquête dans les plus brefs délais et jugé inacceptable que les conditions demandées par la délégation aient pu être tolérées.
La ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a affirmé qu’en France la présence des femmes ne pouvait pas être limitée. Marine Le Pen, Gabriel Attal et Valérie Pécresse ont également dénoncé la demande. Cette dernière a indiqué avoir informé les représentants du BAPS en France qu’une telle pratique était contraire aux lois de la République. La direction et les élus du personnel se sont rencontrés lundi, tandis qu’une représentante des salariés annonçait la réouverture du monument mardi matin.
La crise ne porte pas seulement sur la demande formulée par les visiteurs, mais aussi sur la décision de la SETE de l’accepter. La fermeture du monument est ainsi devenue une contestation interne de la réponse apportée à cette demande, avant même que l’enquête annoncée n’établisse les responsabilités précises.
La délégation du BAPS venait inaugurer un temple près de Paris
La délégation reçue à la tour Eiffel appartenait au Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha, ou BAPS, un mouvement spirituel hindou implanté dans plusieurs dizaines de pays. Sa visite à Paris s’est déroulée à la veille de l’inauguration, à Bussy-Saint-Georges, en Seine-et-Marne, de son premier temple majeur en France. Une procession culturelle en bateau sur la Seine avait également été organisée le même jour par le mouvement.
Le BAPS est présenté comme l’un des principaux mouvements hindous au monde. Une partie de la diaspora indienne, notamment l’association Indian Alliance Paris, critique toutefois ses positions jugées conservatrices sur les questions de genre et voit dans l’inauguration du temple une offensive à caractère hindou-nationaliste. Ce contexte a donné une portée supplémentaire à la polémique née de la visite privée de la tour Eiffel.
Médianalyse du Yak
Dans la couverture observée, le vocabulaire de la discrimination et de l’invisibilisation domine nettement : les salariées écartées et la fermeture du monument constituent le principal point d’entrée. Les réactions politiques occupent ensuite une place importante, tandis que le fonctionnement du BAPS et le contexte de l’inauguration de son temple restent davantage traités comme un éclairage secondaire.
Deux cadrages coexistent. Une partie de la couverture insiste sur le sexisme du groupe visiteur, quand d’autres mettent surtout en avant la responsabilité de la direction, qui a reconnu avoir accepté des conditions inappropriées. Le sujet oscille ainsi entre le récit d’une discrimination lors d’une visite privée et une controverse sur les règles appliquées par un monument public.
Article généré par le Yak
LES SOURCES27 médias · 34 sources
Le Monde 1 article
Libération 1 article
Le Parisien 1 article
Le Nouvel Obs 1 article
L’Humanité 1 article
La Croix 1 article
HuffPost France 1 article
20 Minutes 1 article
Actu.fr 1 article
Franceinfo 2 articles
BFMTV 6 articles
- Femmes écartées lors de la visite de la tour Eiffel par une délégation: "C'est absolument inadmissible", selon Prisca Thevenot, députée "Renaissance" des Hauts-de-Seine
- Salariés de la tour Eiffel en grève: "Le monument sera ouvert à 9h30 demain matin", assure Diane Davoine, secrétaire du comité social et économique de la tour Eiffel
- "Totalement inacceptable", besoin de "clarté", "honte"... La classe politique s'insurge après l'éviction du personnel féminin de la tour Eiffel lors de la visite d'un groupe religieux hindou
- Femmes écartées lors de la visite de la tour Eiffel par une délégation: "Il faudra sanctionner les responsables", assure Barbara Gomes, adjointe au maire de Paris chargée de l'égalité femmes-hommes
- Femmes écartées lors de la visite d'une organisation religieuse hindoue: polémique à la Tour eiffel
- Marschall Truchot : Mais pourquoi la tour Eiffel est-elle fermée ? - 07/09