JUSTICE À PARIS
Au procès Aramburu, Le Priol reconnaît les tirs et invoque la légitime défense
Quatre ans après la mort par balles de l’ancien international argentin, Loïk Le Priol et Romain Bouvier comparaissent devant la cour d’assises de Paris. Les débats doivent notamment déterminer si les tirs relevaient de la légitime défense ou d’un assassinat prémédité.
61 sources · 32 médias · 4 min
Le procès de l’assassinat de Federico Martín Aramburu s’est ouvert le 7 septembre 2026 devant la cour d’assises de Paris. L’ancien international argentin de rugby avait été tué par balles le 19 mars 2022, au petit matin, après une altercation dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés. Quatre personnes comparaissent dans ce dossier, dont Loïk Le Priol et Romain Bouvier, deux anciens membres ou sympathisants du Groupe union défense, une organisation d’extrême droite radicale.
Loïk Le Priol a reconnu être l’auteur des tirs mortels, mais conteste avoir voulu tuer Federico Martín Aramburu. Il affirme avoir tiré pour se défendre. Romain Bouvier est poursuivi pour son rôle dans les faits, notamment au titre d’une tentative d’assassinat. Les deux principaux accusés contestent les qualifications criminelles et toute préméditation. Les débats, prévus pour durer environ trois semaines, portent sur l’altercation initiale, les tirs, la traque qui a suivi, ainsi que sur le profil des accusés et les éléments matériels saisis pendant l’enquête.
Le Priol reconnaît les tirs et maintient sa version de la légitime défense
Devant les assises, Loïk Le Priol a déclaré être « l’auteur de la mort de Federico Martín Aramburu ». Il reconnaît avoir tiré sur l’ancien rugbyman argentin, tout en affirmant qu’il n’avait pas l’intention de le tuer. Sa défense repose sur la légitime défense : il dit avoir tiré pour se protéger au cours de la confrontation.
Romain Bouvier a lui aussi exprimé des regrets, sans reconnaître les faits dans la qualification retenue par l’accusation. Les deux hommes ont déclaré qu’ils demanderaient pardon, tout en contestant la préméditation. Le procès devra ainsi distinguer la reconnaissance d’un geste mortel de l’intention homicide nécessaire pour établir l’assassinat.
Le Priol reconnaît le geste qui a tué Aramburu, mais conteste la qualification pénale fondée sur l’intention homicide : le procès devra donc distinguer un fait admis — les tirs — d’une volonté de tuer qui reste discutée.
Dix coups de feu et une poursuite : la nuit du 19 mars 2022 reconstituée aux assises
La soirée avait commencé par une altercation à la terrasse d’une brasserie du 6e arrondissement. Elle s’est transformée en poursuite dans les rues de Paris. Les récits de cette nuit évoquent dix coups de feu, dont six tirés en quelques secondes par Loïk Le Priol, ainsi que des violences visant l’ancien rugbyman et son ami Shaun Hegarty.
Des images de vidéosurveillance de la bagarre et de la scène ont été diffusées avant ou au début des débats. Elles doivent permettre à la cour de reconstituer les déplacements des protagonistes, l’enchaînement entre la dispute et les tirs, ainsi que la séquence au cours de laquelle Federico Martín Aramburu a été mortellement touché. L’accusation et la défense s’opposent sur cette chronologie : pour l’une, elle dépasse largement une simple rixe ; pour l’autre, elle s’inscrit dans une confrontation qui a dégénéré.
Armes et ouvrages radicaux : les perquisitions au centre de l’examen du profil des accusés
Le procès ne porte pas seulement sur la minute des tirs. Les débats doivent aussi examiner le parcours de Loïk Le Priol et de Romain Bouvier, leur proximité avec le GUD et leur passé marqué par un univers d’extrême droite radicale et un culte de la virilité.
Les perquisitions ont notamment mis au jour des armes, des munitions, du matériel de police et des ouvrages de littérature radicale, dont Mein Kampf. Ces éléments sont examinés par la cour alors qu’elle doit déterminer la nature exacte de l’affrontement et l’éventuelle préméditation. Le mobile raciste, évoqué après les faits en raison du profil des accusés et de propos rapportés, n’a pas été retenu dans les poursuites.
Les proches d’Aramburu rappellent l’homme derrière le joueur
Dans la salle d’audience, les proches de Federico Martín Aramburu ont entendu les premières déclarations des accusés. Sa mère, souffrante, n’a pas pu assister à l’ouverture du procès. Son épouse et ses amis étaient présents, dans une atmosphère décrite comme silencieuse et douloureuse.
L’ancien trois-quarts argentin, passé notamment par Biarritz et Perpignan, a laissé une forte empreinte dans le monde du rugby. Ses anciens coéquipiers, entraîneurs et amis le décrivent comme un homme disponible et attentif aux autres, au-delà de sa carrière internationale. À Biarritz, en Catalogne et en Argentine, les hommages restent associés au procès, qui ravive le souvenir d’un joueur mais aussi celui d’un proche très entouré.
Médianalyse du Yak
La couverture se concentre fortement sur la parole de Loïk Le Priol, la légitime défense et la chronologie des tirs. Le procès est ainsi présenté à la fois comme une affaire criminelle très concrète — une dispute, une poursuite, des coups de feu — et comme un dossier lié à l’ultradroite, au passé militaire et aux armes des accusés.
Deux cadrages coexistent nettement. Certaines publications insistent sur la dimension politique ou idéologique du dossier, tandis que d’autres privilégient l’hypothèse d’une bagarre qui a dégénéré. Les médias locaux et spécialisés dans le rugby accordent parallèlement une place importante à la personnalité d’Aramburu, à ses clubs et à la douleur de ses proches, un angle moins visible dans les récits centrés sur les accusés.
Article généré par le Yak
LES SOURCES32 médias · 61 sources
Le Monde 1 article
Le Figaro 2 articles
- «Je suis l’auteur de la mort de Federico Martin Aramburu» : devant les assises, Loïk Le Priol assume le tir mortel mais nie toujours avoir voulu tuer le rugbyman argentin
- Assassinat de Federico Martin Aramburu : avant le procès, plongée dans l’engrenage mortifère qui a coûté la vie au rugbyman argentin
Libération 3 articles
- Assassinat de Federico Martín Aramburú : au premier jour du procès, les accusés tête basse, la fachosphère agitée en ligne
- Frontal, l’émission : quels sont les enjeux du procès de l’assassinat de Federico Martín Aramburú ?
- Assassinat d’Aramburú, victime de militants fascistes : «Mein Kampf», armes à feu et matériel de police… dans l’antre des accusés
Le Parisien 2 articles
Le Nouvel Obs 1 article
L’Humanité 2 articles
La Croix 1 article
HuffPost France 2 articles
20 Minutes 1 article
Franceinfo 5 articles
- Jugé pour l'assassinat du rugbyman Federico Martin Aramburu, Loïk Le Priol répète avoir "tiré" pour se "défendre"
- Sympathisants du GUD, passé militaire, culte viriliste… Qui sont les accusés jugés pour l'assassinat de l'ex-rugbyman Federico Martin Aramburu à Paris ?
- Procès de l’assassinat du joueur de rugby Federico Martín Aramburú : deux militants d’extrême droite risquent la prison à perpétuité
- "C'est une bagarre qui n'a aucune raison de déclencher la chasse à l'homme qui va se dérouler", selon l'avocat de la famille du rugbyman Federico Aramburu
- RECIT. Dix coups de feu portés en moins de 48 secondes : la nuit où l'ex-rugbyman Federico Martin Aramburu a été abattu à Paris par des membres de l'ultradroite
RMC 1 article
La Dépêche du Midi 5 articles
- Mort de Federico Aramburu : "J'ai tiré mais je conteste avoir voulu tuer" : au premier jour de leur procès, Loïk Le Priol et Romain Bouvier persistent et nient toute préméditation
- DIRECT. Mort de Federico Aramburu : "Je suis l'auteur mais j'ai toujours dit vouloir me défendre", lance Loïk Le Priol qui assure qu'il ne "cessera jamais de demander pardon"
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- Mort de Federico Aramburu : isolement, téléphone en cellule, lectures et travail sur son dossier... Ce que l’on sait de la détention de Loïk Le Priol
- Mort du rugbyman Federico Martin Aramburu : "On est d’ici, nous", pourquoi le mobile raciste n'a-t-il pas été retenu par la justice ?
Le Progrès 2 articles
Le Dauphiné Libéré 2 articles
Nice-Matin 1 article
L’Est Républicain 1 article
L’Indépendant 8 articles
- Assassinat d’Aramburu : au premier jour de procès, les accusés contestent les faits face à la douleur silencieuse de l’épouse et des amis
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- Procès de l'assassinat d'Aramburu : "Pour moi, ce n'était pas envisageable et ça ne l'est toujours pas..." : Comme Thomas Lièvremont, Biarritz n’oublie pas Federico Martin-Aramburu
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- VIDEO – Procès de l’assassinat d’Aramburu : les terribles images de la vidéosurveillance du bar la nuit du meurtre
Midi Libre 1 article
La Montagne 1 article
France Bleu 3 articles
- Militants d'extrême droite, ultraviolents : qui sont les accusés jugés pour l'assassinat de Federico Martin Aramburu ?
- VIDÉO - Assassinat de Federico Martin Aramburu : des images de l'altercation la nuit du drame diffusées avant le procès
- Assassinat de Federico Martin Aramburu : le procès de deux militants d'ultradroite s'ouvre ce lundi à Paris