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ASSEMBLÉE NATIONALE

La loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles arrive à l’Assemblée

Portée par une coalition féministe et soutenue par le gouvernement après l’affaire Lyhanna, la proposition de loi compte 69 articles. Examinée en commission spéciale avant son passage dans l’hémicycle au début d’octobre, elle suscite déjà une demande de financement à la hauteur de ses ambitions.

43 sources · 24 médias · 4 min

La proposition de loi dite « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles a entamé son parcours à l’Assemblée nationale. Porté par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez, le texte compte 69 articles et doit être examiné puis amendé par une commission spéciale avant un débat en séance publique prévu au début d’octobre.

Le texte reprend 140 propositions formulées par une coalition d’associations féministes et de défense des droits des enfants. Il couvre l’ensemble de la prise en charge des violences, de la prévention à la réparation, en passant par la police, la justice, l’école, la santé, le travail, l’enfance et le numérique. Le gouvernement s’en est saisi dans le sillage de l’affaire Lyhanna, une collégienne de 11 ans retrouvée morte et violée dans le Gers en juin.

L’entrée du texte au Parlement ouvre une nouvelle phase pour les associations qui le portent. Elles ont repris leurs rassemblements devant les tribunaux dans plusieurs villes pour maintenir la pression sur les députés. La suite dépendra des débats en commission, puis de l’examen dans l’hémicycle.

Inceste, enquêtes obligatoires et juridictions spécialisées au menu de la proposition de loi

La proposition de loi entend modifier plusieurs étapes de la prise en charge des violences sexistes et sexuelles. Elle prévoit notamment de reconnaître l’inceste comme un crime à part entière, d’imposer certains actes d’enquête, de repérer plus tôt les victimes et de créer des juridictions spécialisées.

Le délai de prescription et l’organisation de ces futures juridictions figurent parmi les sujets qui doivent encore être discutés par les députés. Le texte prévoit aussi des mesures de prévention et de sanction, dans une approche qui dépasse le seul fonctionnement de la justice et concerne l’école, la santé, le travail, l’enfance et le numérique.

L’association Face à l’inceste présente déjà la définition de l’inceste comme une étape importante. Ces dispositions devront toutefois encore être débattues et amendées au Parlement.

Les associations réclament jusqu’à 3 milliards d’euros par an pour appliquer la loi

À Paris comme dans les rassemblements organisés devant des tribunaux, les manifestants demandent que la future loi soit accompagnée de moyens humains et financiers. Les associations qui défendent le texte réclament jusqu’à 3 milliards d’euros par an pour financer son application.

La question budgétaire est devenue l’un des points de tension de l’examen parlementaire. Des députés de la commission spéciale, dont Constance de Pélichy, ont annoncé vouloir en faire un axe central des discussions. Le coût estimé de la refonte envisagée de la police, de la justice et de la prévention est lui aussi avancé à hauteur de 3 milliards d’euros annuels.

Les associations redoutent que la discussion budgétaire de l’automne et la fin de la session parlementaire, prévue en février avant l’élection présidentielle, ne ralentissent l’examen et l’adoption du texte.

Le texte couvre presque toute la chaîne, de la prévention à la réparation, mais la mobilisation se concentre déjà sur une condition d’application très concrète : les 69 articles doivent être accompagnés de plusieurs milliards d’euros par an. Le débat porte donc autant sur les mesures annoncées que sur les moyens de les mettre en œuvre.

Le Yak

Le féminisme intersectionnel critique une loi jugée trop punitive

Le soutien à une loi intégrale ne fait pas disparaître les critiques au sein du mouvement féministe. Des militantes se réclamant du féminisme intersectionnel jugent le texte à la fois trop peu transformateur pour être pleinement efficace et trop punitif pour ne pas présenter de danger.

Elles contestent aussi une approche qui ne prendrait pas suffisamment en compte la diversité des femmes concernées. Le financement les inquiète également : à leurs yeux, une loi ambitieuse ne suffira pas si les moyens nécessaires à sa mise en œuvre ne suivent pas.

Ces critiques alimentent le débat sur l’équilibre entre prévention, accompagnement des victimes et réponse pénale.

De Strasbourg aux Outre-mer, les mobilisations locales veulent peser sur le texte

La reprise des rassemblements ne s’est pas limitée à Paris. Des mobilisations ont eu lieu devant les tribunaux de nombreuses villes, notamment à Strasbourg, Haguenau, Dijon, Digne-les-Bains, Toulouse, Perpignan et Besançon. En Alsace, environ 200 personnes se sont réunies à Strasbourg et une trentaine à Haguenau. À Dijon, le rassemblement doit être reconduit chaque semaine.

Les territoires ultramarins demandent eux aussi à être pris en compte dans la future loi. Le député socialiste de Guadeloupe Christian Baptiste, rapporteur d’une commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales, fait partie des parlementaires appelés à suivre son examen.

Ces mobilisations locales prolongent la pression exercée sur l’Assemblée au moment où le texte entre dans sa phase parlementaire.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, l’arrivée du texte à l’Assemblée et le chiffre de 69 articles dominent nettement. La séquence est souvent présentée comme celle d’une loi globale, soutenue par les associations et relancée après l’affaire Lyhanna.

Un deuxième cadrage revient avec force : celui d’une mobilisation destinée à « maintenir la pression ». Les rassemblements devant les tribunaux donnent une dimension nationale et concrète à l’examen parlementaire, tandis que les publications locales rendent visibles les mobilisations ville par ville.

La couverture fait aussi apparaître une tension entre l’ambition du texte et ses conditions d’application. Les mesures judiciaires et la reconnaissance de l’inceste sont très présentes, mais la demande de 3 milliards d’euros annuels et les critiques du féminisme intersectionnel rappellent que le financement et le choix de la réponse pénale sont des débats à part entière.

Article généré par le Yak

LES SOURCES24 médias · 43 sources

Le Monde 3 articles

Le Figaro 3 articles

Le Parisien 1 article

Le Nouvel Obs 1 article

L’Humanité 1 article

La Croix 2 articles

Actu.fr 1 article

Franceinfo 6 articles

BFMTV 3 articles

France 24 1 article

RMC 3 articles

La Dépêche du Midi 1 article

Le Progrès 1 article

Midi Libre 1 article

La Provence 1 article

France Bleu 4 articles

DNA 2 articles

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

L’Alsace 2 articles

JSL 1 article

Le Bien Public 1 article

La Nouvelle République 1 article

La 1ère 1 article

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