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ALLEMAGNE

L’AfD gagne la Saxe-Anhalt et se rapproche du pouvoir régional

Avec 43,8 % des voix, le parti d’Ulrich Siegmund a infligé une défaite historique à la CDU de Friedrich Merz. Il lui manque trois sièges pour gouverner seul, mais cette victoire bouleverse déjà les équilibres allemands et inquiète au-delà des frontières.

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L’Alternative für Deutschland a remporté les élections régionales en Saxe-Anhalt avec 43,8 % des voix, selon les résultats provisoires, très loin devant la CDU, créditée de 17,2 %. Le parti d’extrême droite obtient 39 des 83 sièges du Parlement régional : il lui en manque trois pour atteindre la majorité absolue. Ulrich Siegmund, sa tête de liste âgée de 35 ans, peut donc prétendre conduire le premier gouvernement régional d’extrême droite en Allemagne depuis 1945, à condition de trouver des soutiens.

Le scrutin constitue aussi un revers majeur pour Friedrich Merz. Sous sa direction, la CDU réalise son plus mauvais résultat dans ce Land depuis des décennies, tandis que l’AfD devient la première force politique régionale. Elle veut désormais transformer sa victoire électorale en pouvoir exécutif, alors que la recherche d’une majorité met à l’épreuve le cordon sanitaire allemand.

Siegmund cherche les trois sièges qui manquent à l’AfD

Dès le lendemain du scrutin, Ulrich Siegmund a annoncé avoir engagé des discussions avec d’autres camps pour former un gouvernement régional. L’AfD refuse de se contenter d’un gouvernement minoritaire et cherche les trois élus nécessaires à une majorité stable.

La CDU exclut officiellement toute alliance avec l’extrême droite, mais Siegmund espère attirer des élus conservateurs. Une autre option passe par le BSW, le mouvement fondé par Sahra Wagenknecht, qui a franchi de peu le seuil des 5 % et dispose de cinq députés. Classé à gauche, le parti défend aussi des positions anti-immigration et prorusses. Son attitude pourrait donc décider de l’issue des négociations, sans que cela implique nécessairement une coalition formelle avec l’AfD.

Le dirigeant régional de la CDU, Sven Schulze, a reconnu que l’AfD disposait d’un « mandat pour gouverner ». La formation reste toutefois confrontée à une difficulté inédite : remporter largement une élection ne lui donne pas encore les moyens parlementaires de diriger seule le Land.

L’AfD a gagné le scrutin sans encore gagner le pouvoir. Avec 39 sièges sur 83, elle dispose d’une force politique considérable mais reste dépendante d’élus qu’elle dénonce habituellement. Le cordon sanitaire tient donc dans les déclarations officielles, tandis que la recherche des trois voix manquantes oblige déjà chaque parti à préciser jusqu’où il est prêt à aller.

Le Yak

Après la défaite, Merz refuse de renoncer à son cap

Friedrich Merz s’est dit « profondément choqué » par la victoire de l’AfD, tout en excluant de renoncer à ses fonctions. Après une réunion de la direction de la CDU, il a reconnu avoir une part de responsabilité dans la défaite de son parti et promis de poursuivre ses réformes, mais en les expliquant mieux.

« Abandonner n’est pas une option », a martelé le chancelier, qui entend conserver son cap et défendre la Loi fondamentale ainsi que l’ancrage européen de l’Allemagne. Il a aussi estimé que la progression de l’AfD changeait la donne dans tout le pays.

Le résultat fragilise sa position alors que la coalition gouvernementale est déjà traversée par des désaccords sur les réformes. Au sein du SPD, Bärbel Bas a reproché à la rhétorique du chancelier d’avoir créé de « l’inquiétude et de la méfiance » et proposé un débat avec les autres formations du gouvernement. Deux autres élections régionales prévues le 20 septembre, en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et à Berlin, seront suivies comme de nouveaux tests pour la coalition et la CDU.

En Saxe-Anhalt, l’AfD transforme le déclassement de l’Est en victoire

La Saxe-Anhalt cumule plusieurs fragilités mises en avant dans les analyses du scrutin : une population vieillissante, un territoire rural, un PIB par habitant inférieur à la moyenne allemande et un chômage supérieur à celui du pays. La désindustrialisation engagée après la réunification s’est prolongée avec la concurrence chinoise et l’affaiblissement de la demande intérieure. Le PIB du Land a reculé de 0,2 % en 2025, alors qu’il progressait de 0,2 % dans le reste de l’Allemagne.

L’AfD a aussi exploité la nostalgie de l’ancienne Allemagne de l’Est et le sentiment de déclassement qui demeure dans une partie de la population. Les enquêtes à la sortie des urnes placent la sécurité intérieure et l’immigration parmi les premières raisons avancées par ses électeurs, avec respectivement 24 % et 18 % des réponses dans une enquête citée par la presse italienne.

Le vote ne se résume toutefois pas à un rejet de l’immigration. Les analyses électorales soulignent également le poids des hommes, des ouvriers, des personnes économiquement défavorisées et des électeurs peu diplômés. Dans les plus petites communes, l’AfD a obtenu environ un vote sur deux, tandis que la mobilisation d’anciens abstentionnistes a contribué à son succès.

L’AfD veut faire de la Saxe-Anhalt un laboratoire politique

La conquête d’un Land donnerait à l’AfD des leviers concrets dans l’éducation, la culture, la police et la sécurité. Son programme régional prévoit notamment une politique migratoire très restrictive, la promotion d’une « révolution patriotique culturelle » dans les écoles et une remise en cause de la place accordée à la période nazie dans les programmes scolaires.

Le parti veut aussi réduire la place de l’audiovisuel public, défendre l’école à la maison et mettre fin à ce qu’il présente comme une « culture de la culpabilité ». Des enseignants de Saxe-Anhalt ont exprimé leur inquiétude face à ces projets, qui accorderaient davantage de place aux grandes figures nationales, comme Bismarck.

Sur le plan économique, l’AfD promet un changement de cap dans un Land marqué par le vieillissement et le manque de main-d’œuvre. Or les analyses soulignent que les travailleurs étrangers sont importants pour l’avenir de cette région. Une politique migratoire restrictive pourrait donc entrer en tension avec les besoins démographiques et économiques mis en avant dans le débat régional.

Le RN se démarque d’une AfD applaudie par les droites radicales

En France, le résultat a suscité des réactions inquiètes à gauche, au centre et chez plusieurs responsables engagés dans la préparation de la présidentielle. Gabriel Attal l’a qualifié de « vrai signal d’alarme », tandis qu’Olivier Faure a appelé à une « mobilisation générale ». Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une « catastrophique démonstration de l’aveuglement des politiques européennes centristes ». Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a appelé à une réponse d’urgence contre la banalisation des idées d’extrême droite, tout en invitant à entendre le « cri de colère » des électeurs.

Le Rassemblement national, lui, est resté discret. Le parti français a rompu avec l’AfD au Parlement européen en 2024, après la radicalisation de la formation allemande et des propos jugés ambigus sur le nazisme. Sébastien Chenu a assuré que le RN ne ferait pas d’alliance avec elle. Reconquête, à l’inverse, a salué cette victoire.

Le succès a également été applaudi par des figures de la sphère MAGA, dont Elon Musk, ainsi que par Viktor Orban. Ces soutiens internationaux ont été repris par les dirigeants de l’AfD, qui présentent désormais la Saxe-Anhalt comme un point de départ vers les élections nationales et revendiquent un objectif d’au moins 40 % aux législatives de 2029.

Médianalyse du Yak

La couverture observée se concentre sur trois formules : victoire historique, choc pour Friedrich Merz et extrême droite aux portes du pouvoir. Le chiffre de 43,8 % et l’écart avec la CDU dominent les récits, tandis que la proximité avec la majorité absolue donne au scrutin une portée nationale et européenne.

La séquence est fortement personnalisée autour d’Ulrich Siegmund et de Friedrich Merz. Le premier est présenté comme un dirigeant jeune, souriant et efficace sur les réseaux sociaux ; le second comme un chancelier affaibli, confronté à la pire défaite de son parti depuis des décennies. Cette opposition entre ascension individuelle et déclassement gouvernemental rend le basculement électoral plus lisible, mais laisse parfois au second plan le rôle précis des institutions régionales.

Deux cadrages coexistent. Une partie de la couverture insiste sur la mémoire du nazisme, les inquiétudes des étrangers et la fragilisation du « Brandmauer ». D’autres publications privilégient les causes sociales et économiques du vote : désindustrialisation, stagnation, sentiment de déclassement et colère contre les partis traditionnels. Le BSW et les scénarios de majorité occupent ensuite une place croissante : l’attention se déplace du résultat vers la possibilité concrète d’un gouvernement AfD.

Article généré par le Yak

LES SOURCES82 médias · 347 sources

Le Monde 8 articles

Le Figaro 10 articles

Libération 11 articles

Le Parisien 7 articles

Le Nouvel Obs 6 articles

Le Point 3 articles

L’Express 2 articles

L’Humanité 5 articles

La Croix 5 articles

Atlantico 2 articles

HuffPost France 4 articles

20 Minutes 1 article

Franceinfo 14 articles

BFMTV 7 articles

BFM 13 articles

France 24 12 articles

Euronews FR 8 articles

RMC 4 articles

TV5MONDE 3 articles

Public Sénat 2 articles

Ouest-France 1 article

La Dépêche du Midi 3 articles

Le Progrès 2 articles

L’Est Républicain 1 article

L’Indépendant 1 article

La Montagne 1 article

DNA 3 articles

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

L’Alsace 2 articles

JSL 1 article

Le Bien Public 1 article

Courrier International 2 articles

RFI 7 articles

Le Temps 6 articles

La Libre 6 articles

La Dernière Heure 6 articles

RTS 2 articles

LaPresse 1 article

Le Devoir 1 article

Agence Anadolu 3 articles

BBC News 3 articles

The Guardian 7 articles

Financial Times 5 articles

The New York Times 5 articles

The Washington Post 1 article

NPR 1 article

The Globe and Mail 2 articles

Al Jazeera English 3 articles

The Hindu 1 article

Folha de S.Paulo 4 articles

Daily Maverick 1 article

El País 6 articles

La Vanguardia 6 articles

Público 1 article

Die Zeit 15 articles

Frankfurter Allgemeine Zeitung 34 articles

La Repubblica 1 article

De Standaard 7 articles

De Tijd 3 articles

NRC 4 articles

de Volkskrant 4 articles

The Irish Times 4 articles

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Der Standard 7 articles

Dagens Nyheter 2 articles

Aftenposten 3 articles

Helsingin Sanomat 2 articles

Gazeta Wyborcza 5 articles

Hospodářské noviny 2 articles

Telex 4 articles

Adevărul 6 articles

EUobserver 2 articles

Vanguardia 1 article

El Tiempo 3 articles

La Tercera 3 articles

The National 2 articles

The Times of Israel 1 article

The Korea Herald 1 article

Reporterre 1 article

Causeur 1 article

Le JDD 3 articles

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