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TOUR EIFFEL

À la tour Eiffel, des salariées écartées lors d’une visite hindoue

Des employées ont été invitées à quitter leur poste ou à éviter certaines zones lors de la venue d’une délégation liée au BAPS. Une grève a entraîné la fermeture du monument pendant une journée, tandis que deux enquêtes doivent établir la chaîne de décision.

98 sources · 58 médias · 4 min

Samedi 5 septembre, lors de la visite privée d’une délégation d’environ 100 personnes liée au mouvement hindou BAPS, des salariées de la tour Eiffel et d’entreprises prestataires ont été écartées de certaines zones du monument. D’après le personnel, certaines ont dû quitter leur poste, d’autres ont été remplacées par des hommes, tandis que les femmes recevaient la consigne de ne pas traverser certains espaces pendant la visite. La Société d’exploitation de la tour Eiffel a reconnu que la délégation avait demandé à limiter les « interactions avec les femmes » et que ces conditions n’auraient pas dû être acceptées.

La colère des employés a entraîné une grève le lundi 7 septembre et la fermeture du monument pendant la journée. La tour Eiffel a rouvert le mardi matin à 9 h 30. Le BAPS a présenté ses « sincères excuses » aux personnes qui auraient pu être blessées ou gênées, tout en affirmant qu’à sa connaissance personne n’avait été privé d’accès au site. La Ville de Paris et la société d’exploitation ont annoncé deux enquêtes pour déterminer comment cette organisation avait été décidée et les responsabilités de chacun.

La Ville de Paris et la société d’exploitation enquêtent sur les consignes

Emmanuel Grégoire a annoncé l’ouverture de deux enquêtes après avoir rencontré les organisations syndicales de la tour Eiffel. La première sera menée pour la Société d’exploitation de la tour Eiffel par un intervenant extérieur. La seconde sera conduite par la Ville de Paris, propriétaire à 99 % de la société d’exploitation, afin de reconstituer la chaîne de décision.

Emmanuel Grégoire a qualifié la mise à l’écart des salariées de « décision absurde, inique et inacceptable ». Les conclusions devaient être rendues sous sept jours. Ariel Weil, président de la société d’exploitation, a lui aussi promis que l’enquête établirait les responsabilités et a jugé l’éviction du personnel féminin « évidemment inacceptable ». Les salariés demandent qu’un cadre soit fixé afin qu’une telle situation ne se reproduise pas.

Le BAPS présente ses excuses mais nie avoir demandé d’écarter les femmes

Le mouvement Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha, ou BAPS, a présenté des excuses après la polémique, mais sa version ne recouvre pas entièrement celle de la société d’exploitation et des salariés. Dans un message diffusé par le BAPS de Paris, l’organisation affirme qu’à sa connaissance « à aucun moment l’accès à la tour Eiffel n’a été refusé à qui que ce soit » et indique ne pas avoir demandé de traitement différencié entre les femmes et les hommes.

La société d’exploitation a pourtant reconnu qu’une demande visant à limiter les interactions avec les femmes avait été formulée et acceptée. Présent dans 45 pays, le BAPS est décrit dans plusieurs publications comme un mouvement hindou conservateur et nationaliste, proche du Premier ministre indien Narendra Modi. Son implantation française a également été évoquée après l’inauguration, le 6 septembre à Bussy-Saint-Georges, d’un temple majeur présenté par l’organisation comme un emblème de la culture indienne et de l’hindouisme.

Le décalage porte moins sur l’accès général au monument que sur les conditions imposées au personnel : le BAPS nie avoir voulu interdire l’accès aux femmes, tandis que la société d’exploitation reconnaît une demande visant à réduire les interactions avec elles et que les salariés décrivent des postes vidés ou occupés par des hommes. Les enquêtes doivent donc établir comment une consigne liée à la visite a été transformée en mesure appliquée aux employées.

Le Yak

De la majorité au RN, les responsables politiques condamnent l’éviction des salariées

La mise à l’écart des salariées a suscité des réactions jusque dans la campagne présidentielle. La ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a déclaré : « En France, on ne demande pas aux femmes de s’effacer. Aucun dogme, aucune religion n’est supérieure aux lois de la République. » Gabriel Attal a estimé qu’aucune culture, croyance ou religion ne pouvait dicter aux femmes leur place. François Hollande, Valérie Pécresse et plusieurs responsables de gauche ont également condamné la décision.

Le Rassemblement national a dénoncé le même épisode. Marine Le Pen a affirmé que la France n’accepterait jamais que la présence des femmes soit « limitée », tandis que des députés du parti ont parlé d’une attaque contre leur liberté. Libération a toutefois replacé cette mobilisation dans le contexte des prises de position variables du RN sur la défense des droits des femmes.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, les femmes « invisibilisées », « cachées » ou « écartées » constituent l’image dominante. La grève et la fermeture d’un monument mondialement identifié ont renforcé la portée symbolique de l’épisode, tandis que les réactions politiques l’ont rapidement relié aux valeurs républicaines et à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Deux cadrages coexistent autour du BAPS. Les publications généralistes reviennent sur son implantation, son conservatisme et ses liens avec l’Inde de Narendra Modi ; certaines unes et certains titres emploient des qualifications plus accusatoires, comme « secte ». Les excuses du mouvement et son démenti sur un traitement différencié restent souvent relégués après le récit de l’éviction.

La responsabilité concrète de la société d’exploitation est moins stabilisée que la condamnation de principe. La reconnaissance d’une demande de limitation des interactions, son acceptation et l’absence de responsable désigné ont déplacé une partie de l’attention vers les deux enquêtes et la chaîne de décision.

Article généré par le Yak

LES SOURCES58 médias · 98 sources

Le Monde 2 articles

Le Figaro 1 article

Libération 2 articles

Le Parisien 5 articles

Le Nouvel Obs 2 articles

L’Humanité 2 articles

Valeurs Actuelles 1 article

La Croix 1 article

HuffPost France 2 articles

20 Minutes 2 articles

Actu.fr 2 articles

Franceinfo 6 articles

BFMTV 8 articles

France 24 4 articles

Euronews FR 1 article

RMC 4 articles

TV5MONDE 2 articles

Public Sénat 1 article

Ouest-France 1 article

La Dépêche du Midi 2 articles

Le Progrès 2 articles

Le Dauphiné Libéré 2 articles

Nice-Matin 1 article

L’Indépendant 1 article

Midi Libre 1 article

La Montagne 1 article

France Bleu 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

L’Alsace 1 article

JSL 2 articles

Le Bien Public 2 articles

RFI 1 article

Le Temps 1 article

La Dernière Heure 1 article

Radio-Canada 1 article

LaPresse 2 articles

Agence Anadolu 1 article

BBC News 1 article

The New York Times 1 article

The Washington Post 1 article

CBC News 1 article

Al Jazeera English 3 articles

The Hindu 2 articles

Folha de S.Paulo 1 article

El País 1 article

La Vanguardia 2 articles

Frankfurter Allgemeine Zeitung 1 article

La Repubblica 1 article

De Standaard 1 article

The Irish Times 1 article

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Dagens Nyheter 1 article

Aftenposten 1 article

Telex 1 article

Adevărul 1 article

Dawn 1 article

Le JDD 1 article

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