TOUR EIFFEL
À la tour Eiffel, des salariées écartées lors d’une visite hindoue
Des employées ont été invitées à quitter leur poste ou à éviter certaines zones lors de la venue d’une délégation liée au BAPS. Une grève a entraîné la fermeture du monument pendant une journée, tandis que deux enquêtes doivent établir la chaîne de décision.
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Samedi 5 septembre, lors de la visite privée d’une délégation d’environ 100 personnes liée au mouvement hindou BAPS, des salariées de la tour Eiffel et d’entreprises prestataires ont été écartées de certaines zones du monument. D’après le personnel, certaines ont dû quitter leur poste, d’autres ont été remplacées par des hommes, tandis que les femmes recevaient la consigne de ne pas traverser certains espaces pendant la visite. La Société d’exploitation de la tour Eiffel a reconnu que la délégation avait demandé à limiter les « interactions avec les femmes » et que ces conditions n’auraient pas dû être acceptées.
La colère des employés a entraîné une grève le lundi 7 septembre et la fermeture du monument pendant la journée. La tour Eiffel a rouvert le mardi matin à 9 h 30. Le BAPS a présenté ses « sincères excuses » aux personnes qui auraient pu être blessées ou gênées, tout en affirmant qu’à sa connaissance personne n’avait été privé d’accès au site. La Ville de Paris et la société d’exploitation ont annoncé deux enquêtes pour déterminer comment cette organisation avait été décidée et les responsabilités de chacun.
La Ville de Paris et la société d’exploitation enquêtent sur les consignes
Emmanuel Grégoire a annoncé l’ouverture de deux enquêtes après avoir rencontré les organisations syndicales de la tour Eiffel. La première sera menée pour la Société d’exploitation de la tour Eiffel par un intervenant extérieur. La seconde sera conduite par la Ville de Paris, propriétaire à 99 % de la société d’exploitation, afin de reconstituer la chaîne de décision.
Emmanuel Grégoire a qualifié la mise à l’écart des salariées de « décision absurde, inique et inacceptable ». Les conclusions devaient être rendues sous sept jours. Ariel Weil, président de la société d’exploitation, a lui aussi promis que l’enquête établirait les responsabilités et a jugé l’éviction du personnel féminin « évidemment inacceptable ». Les salariés demandent qu’un cadre soit fixé afin qu’une telle situation ne se reproduise pas.
Le BAPS présente ses excuses mais nie avoir demandé d’écarter les femmes
Le mouvement Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha, ou BAPS, a présenté des excuses après la polémique, mais sa version ne recouvre pas entièrement celle de la société d’exploitation et des salariés. Dans un message diffusé par le BAPS de Paris, l’organisation affirme qu’à sa connaissance « à aucun moment l’accès à la tour Eiffel n’a été refusé à qui que ce soit » et indique ne pas avoir demandé de traitement différencié entre les femmes et les hommes.
La société d’exploitation a pourtant reconnu qu’une demande visant à limiter les interactions avec les femmes avait été formulée et acceptée. Présent dans 45 pays, le BAPS est décrit dans plusieurs publications comme un mouvement hindou conservateur et nationaliste, proche du Premier ministre indien Narendra Modi. Son implantation française a également été évoquée après l’inauguration, le 6 septembre à Bussy-Saint-Georges, d’un temple majeur présenté par l’organisation comme un emblème de la culture indienne et de l’hindouisme.
Le décalage porte moins sur l’accès général au monument que sur les conditions imposées au personnel : le BAPS nie avoir voulu interdire l’accès aux femmes, tandis que la société d’exploitation reconnaît une demande visant à réduire les interactions avec elles et que les salariés décrivent des postes vidés ou occupés par des hommes. Les enquêtes doivent donc établir comment une consigne liée à la visite a été transformée en mesure appliquée aux employées.
De la majorité au RN, les responsables politiques condamnent l’éviction des salariées
La mise à l’écart des salariées a suscité des réactions jusque dans la campagne présidentielle. La ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a déclaré : « En France, on ne demande pas aux femmes de s’effacer. Aucun dogme, aucune religion n’est supérieure aux lois de la République. » Gabriel Attal a estimé qu’aucune culture, croyance ou religion ne pouvait dicter aux femmes leur place. François Hollande, Valérie Pécresse et plusieurs responsables de gauche ont également condamné la décision.
Le Rassemblement national a dénoncé le même épisode. Marine Le Pen a affirmé que la France n’accepterait jamais que la présence des femmes soit « limitée », tandis que des députés du parti ont parlé d’une attaque contre leur liberté. Libération a toutefois replacé cette mobilisation dans le contexte des prises de position variables du RN sur la défense des droits des femmes.
Médianalyse du Yak
Dans la couverture observée, les femmes « invisibilisées », « cachées » ou « écartées » constituent l’image dominante. La grève et la fermeture d’un monument mondialement identifié ont renforcé la portée symbolique de l’épisode, tandis que les réactions politiques l’ont rapidement relié aux valeurs républicaines et à l’égalité entre les femmes et les hommes.
Deux cadrages coexistent autour du BAPS. Les publications généralistes reviennent sur son implantation, son conservatisme et ses liens avec l’Inde de Narendra Modi ; certaines unes et certains titres emploient des qualifications plus accusatoires, comme « secte ». Les excuses du mouvement et son démenti sur un traitement différencié restent souvent relégués après le récit de l’éviction.
La responsabilité concrète de la société d’exploitation est moins stabilisée que la condamnation de principe. La reconnaissance d’une demande de limitation des interactions, son acceptation et l’absence de responsable désigné ont déplacé une partie de l’attention vers les deux enquêtes et la chaîne de décision.
Article généré par le Yak
LES SOURCES58 médias · 98 sources
Le Monde 2 articles
- La tour Eiffel a rouvert après une grève contre l’éviction du personnel féminin lors de la visite d’une délégation hindoue
- Tour Eiffel : le maire de Paris s’est rendu sur place pour apporter son « plein soutien » aux salariés, en grève la veille contre l’éviction du personnel féminin lors de la visite d’une délégation hindoue
Le Figaro 1 article
Libération 2 articles
Le Parisien 5 articles
- Femmes mises à l’écart à la tour Eiffel : mouvement spirituel ou « secte », ce qui se cache derrière le BAPS, l’organisation hindoue au cœur de la polémique
- La tour Eiffel a rouvert ce mardi, le mouvement hindou présente des excuses après l’éviction du personnel féminin
- Personnel féminin évincé à la tour Eiffel : « Évidemment inacceptable » réagit Ariel Weil, patron de la société d’exploitation
- « Absurde, inique » : Emmanuel Grégoire annonce l’ouverture de deux enquêtes après l’éviction du personnel féminin de la tour Eiffel
- « La confiance est rompue » : la tour Eiffel vacille après la visite de la délégation religieuse hindoue
Le Nouvel Obs 2 articles
L’Humanité 2 articles
Valeurs Actuelles 1 article
La Croix 1 article
HuffPost France 2 articles
20 Minutes 2 articles
Actu.fr 2 articles
Franceinfo 6 articles
- Le mouvement hindou Baps n'a pas demandé "un traitement différencié entre les femmes et les hommes", lors de la visite de sa délégation à la tour Eiffel
- Qui est BAPS, ce groupe hindou dont la visite de la tour Eiffel a provoqué une grève lundi ?
- Une décision "choquante et inacceptable" : le président de la Société d'exploitation de la tour Eiffel s'insurge de l'éviction du personnel féminin du monument lors d'une visite d'un groupe religieux
- Grève à la tour Eiffel : "On n'efface pas les femmes dans notre société française", réagit Sébastien Chenu, vice-président de l'Assemblée nationale et député RN
- Edouard Philippe dénonce une décision "absurde" après l'éviction de salariées de la tour Eiffel lors d'un événement hindou
- Tour Eiffel fermée : un groupe religieux au cœur du scandale
BFMTV 8 articles
- Tour Eiffel: qu'est-ce que le BAPS, l'organisation religieuse à l'origine de l'éviction de salariées?
- DIRECT. Tour Eiffel: Jérôme Guedj condamne une décision "insupportable" après la mise à l'écart de femmes lors d'une visite religieuse
- Éviction du personnel féminin de la tour Eiffel: Emmanuel Grégoire annonce deux enquêtes
- Éviction du personnel féminin de la tour Eiffel: Emmanuel Grégoire, maire PS de Paris, annonce l'ouverture de deux enquêtes
- Éviction du personnel féminin de la tour Eiffel: le maire de Paris annonce deux enquêtes après une décision "absurde et inique"
- Éviction du personnel féminin à la tour Eiffel: "Cette mise à l'écart est absolument insupportable", juge Jérôme Guedj, député PS et candidat à la primaire socialiste
- Le président de la Société d'exploitation de la Tour Eiffel juge "inacceptable" l'éviction du personnel féminin lors d'une visite d'un groupe religieux hindou et regrette du "zèle"
- "La liberté des femmes est lourdement attaquée", réagit Jean-Philippe Tanguy, député RN, après l'éviction du personnel féminin lors d'une visite de la tour Eiffel par un groupe religieux hindou
France 24 4 articles
- La Tour Eiffel évince le personnel féminin lors de la venue d'une délégation Hindoue
- Éviction du personnel féminin de la tour Eiffel : deux enquêtes ouvertes
- La tour Eiffel a rouvert mardi après une grève contre la discrimination envers le personnel féminin
- France : la Tour Eiffel rouvre après une grève contre la discrimination du personnel féminin
Euronews FR 1 article
RMC 4 articles
- Les femmes salariées écartées pour une visite à la Tour Eiffel: "Je suis scandalisé", s'insurge Sam Zirah
- Le parti-pris : "Les valeurs républicaines doivent s'appliquer partout, y compris sur la Tour Eiffel" - 08/09
- "Certaines ont dû se mettre dans des annexes": le choc à Tour Eiffel après la mise à l'écart des femmes pour une visite privée
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