Yaktu

CISJORDANIE OCCUPÉE

Douze pays annoncent des restrictions contre les produits des colonies israéliennes

La France, le Royaume-Uni, le Canada et neuf autres États européens veulent limiter le commerce des biens issus des colonies en Cisjordanie. Londres accuse Israël de fermer les yeux sur les violences des colons, tandis que le gouvernement israélien riposte en fermant son consulat à Jérusalem.

111 sources · 64 médias · 4 min

La France, le Royaume-Uni, le Canada, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, l’Irlande, l’Islande, la Norvège, la Pologne, le Portugal et la Suède ont annoncé leur intention de restreindre le commerce des biens provenant des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée. Dans une déclaration commune, les douze pays dénoncent l’expansion des colonies et la hausse des violences commises par des colons contre les Palestiniens. Ils estiment que la politique du gouvernement israélien compromet la possibilité d’une solution à deux États.

Le Royaume-Uni a formulé la critique la plus virulente. Devant la Chambre des communes, son ministre des Affaires étrangères, Ed Miliband, a accusé le gouvernement israélien de fermer les yeux sur un « nettoyage ethnique » perpétré par des « colons terroristes ». Londres prévoit d’interdire les importations en provenance des colonies et de prendre des mesures contre les entreprises et les personnes qui participent à leur expansion. La France et le Canada ont également annoncé des mesures nationales, tandis que les neuf autres pays ont confirmé leur intention d’agir ou de soutenir des restrictions européennes.

Israël a rejeté ces critiques et concentré sa riposte sur le Royaume-Uni : fermeture du consulat britannique à Jérusalem et interdiction d’entrée sur son territoire pour douze personnalités britanniques, dont Jeremy Corbyn et plusieurs parlementaires. Les États-Unis ont condamné les tensions en Cisjordanie, mais exclu de prendre des sanctions comparables.

Londres vise aussi les services liés à l’expansion des colonies

Le Royaume-Uni ne limite pas son dispositif aux marchandises. Ed Miliband a annoncé des mesures contre les entreprises et les individus qui fournissent des services liés à l’expansion des colonies, notamment dans la construction, les infrastructures, le financement et l’immobilier. Londres veut également interdire au Royaume-Uni la publicité pour des biens immobiliers et des terrains situés dans les colonies.

Le ministre britannique a précisé que les échanges avec Israël à l’intérieur de la « Green Line » resteraient autorisés et a rejeté l’idée d’un boycott de l’ensemble des produits israéliens. Il a présenté ces mesures comme une réponse à la politique du gouvernement israélien et à l’expansion des colonies, et non à la population israélienne. Le dispositif britannique doit être mis en place dans un délai annoncé de six à neuf mois.

Israël ferme le consulat britannique à Jérusalem et interdit l’entrée à douze Britanniques

La riposte israélienne s’est concentrée sur le Royaume-Uni. Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a annoncé la fermeture du consulat britannique à Jérusalem et l’interdiction d’entrée en Israël de douze ressortissants britanniques accusés d’activités « antisémites » ou hostiles à Israël. Parmi eux figurent l’ancien chef du Labour Jeremy Corbyn et les cinq députés du Parti vert britannique.

Le président israélien Isaac Herzog avait averti que Londres se placerait du « mauvais côté de l’histoire » si elle mettait son projet à exécution. Un responsable des colons a qualifié les sanctions d’« antisémites et honteuses ». L’Autorité palestinienne, à l’inverse, a salué une « étape importante » vers une mise en cause des autorités israéliennes.

Des sanctions au poids commercial limité, mais à forte portée diplomatique

La portée économique immédiate des mesures reste limitée. Les échanges britanniques avec les territoires occupés sont estimés à 38 millions de livres par an, soit environ 44,2 millions d’euros. L’interdiction annoncée par Londres est donc principalement symbolique, même si elle vise aussi les services et les acteurs qui contribuent à l’expansion des colonies.

La déclaration des douze pays ne constitue pas partout une interdiction déjà appliquée : elle confirme une intention d’adopter des mesures nationales ou de soutenir des restrictions européennes, selon les procédures propres à chaque État. L’Irlande et l’Espagne ont déjà interdit les importations provenant des colonies, tandis que la France pousse pour une décision similaire à l’échelle de l’Union européenne. Les États-Unis ont exclu de rejoindre cette démarche.

Le décalage est net entre la portée politique de l’annonce et son application immédiate : les douze pays affirment vouloir agir, mais la plupart doivent encore traduire cette intention dans des mesures nationales. Même au Royaume-Uni, où le dispositif est le plus détaillé, son entrée en vigueur est annoncée dans six à neuf mois.

Le Yak

Le projet E1 ravive la crainte d’une Cisjordanie coupée en deux

La décision des douze pays intervient alors qu’un projet de colonie baptisé E1 continue de concentrer les critiques. Un tribunal de Jérusalem a rejeté un recours contre la publication d’appels d’offres pour plus de 1 200 logements à l’est de Jérusalem, estimant qu’aucune modification physique irréversible n’était imminente.

Le projet prévoit plusieurs milliers de logements et pourrait isoler davantage Jérusalem-Est du reste de la Cisjordanie. Des organisations israéliennes de défense des droits ont soutenu qu’il risquait d’entraîner l’expulsion de centaines de Palestiniens. Elles ont estimé que la décision judiciaire permettait au gouvernement d’établir des faits sur le terrain difficiles à inverser.

Médianalyse du Yak

La couverture est dominée par le face-à-face diplomatique entre Londres et Israël : l’accusation britannique de « nettoyage ethnique », la fermeture du consulat et les interdictions d’entrée occupent davantage l’espace que le fonctionnement concret des restrictions commerciales.

Deux cadrages coexistent. Une partie des publications insiste sur le tournant politique et la défense de la solution à deux États ; d’autres ramènent la mesure à son effet économique limité, en soulignant notamment le montant réduit des échanges britanniques avec les territoires occupés.

Le vocabulaire de la confrontation est particulièrement visible dans les titres, avec les notions de riposte, de sanctions et de rupture. Les développements consacrés au projet E1 et aux mécanismes d’application donnent toutefois une lecture plus concrète et moins spectaculaire de la colonisation.

Article généré par le Yak

LES SOURCES64 médias · 111 sources

Le Monde 4 articles

Le Figaro 1 article

Libération 3 articles

Le Parisien 1 article

Le Nouvel Obs 1 article

L’Express 1 article

L’Humanité 2 articles

La Croix 1 article

HuffPost France 1 article

Franceinfo 4 articles

BFMTV 2 articles

BFM 2 articles

France 24 6 articles

Euronews FR 1 article

TV5MONDE 2 articles

Le Progrès 1 article

Le Dauphiné Libéré 1 article

L’Est Républicain 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

JSL 1 article

Le Bien Public 1 article

Courrier International 1 article

RFI 2 articles

Mediapart 1 article

La Libre 1 article

La Dernière Heure 2 articles

Le Devoir 1 article

Agence Anadolu 8 articles

BBC News 3 articles

The Guardian 4 articles

Financial Times 3 articles

The New York Times 2 articles

The Washington Post 1 article

NPR 1 article

CBC News 1 article

The Globe and Mail 1 article

Al Jazeera English 7 articles

South China Morning Post 1 article

Channel NewsAsia 1 article

The Hindu 1 article

Folha de S.Paulo 1 article

La Nación Argentina 1 article

Daily Maverick 1 article

El País 1 article

Die Zeit 2 articles

Frankfurter Allgemeine Zeitung 1 article

De Standaard 1 article

De Tijd 1 article

de Volkskrant 3 articles

The Irish Times 1 article

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Der Standard 1 article

Dagens Nyheter 1 article

Aftenposten 1 article

Helsingin Sanomat 1 article

Gazeta Wyborcza 1 article

EUobserver 1 article

El Tiempo 1 article

La Tercera 1 article

The National 4 articles

The Times of Israel 1 article

Dawn 2 articles

European Council on Foreign Relations 1 article

Suivre

Retrouvez Yaktu ailleurs

Retrouvez les publications et les rendez-vous de Yaktu.

Soutenir le projet Yaktu

Soutenir Yaktu

Votre contribution aide à financer le fonctionnement, le développement éditorial et les outils de médianalyse de Yaktu, sans aucune influence sur les contenus publiés.

Soutenir Yaktu

Yaktu Pro

Yaktu Pro

Construire une veille régulière autour d’un secteur, d’une organisation ou d’un enjeu précis, avec la méthode de médianalyse Yaktu adaptée à vos besoins.

Découvrir Yaktu Pro