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PISA 2025 : la France atteint son plus bas niveau historique

Les élèves français de 15 ans reculent fortement en lecture et en mathématiques, dans un mouvement qui touche aussi l’ensemble de l’OCDE. Le gouvernement veut faire du collège la priorité du prochain quinquennat, tandis que la campagne présidentielle s’empare déjà du sujet.

114 sources · 46 médias · 5 min

Les résultats de la France à l’enquête PISA 2025 sont les plus faibles mesurés depuis la création de l’évaluation internationale, en 2000. Entre 2022 et 2025, les élèves français de 15 ans ont perdu 18 points en compréhension de l’écrit et 16 points en mathématiques. En sciences, le recul est limité à quatre points. L’OCDE estime que vingt points correspondent environ à une année de scolarité. La France reste dans la moyenne de l’organisation, mais se situe entre la 27e et la 34e place selon la matière évaluée.

L’enquête a porté sur environ 6 500 élèves français, parmi plus de 760 000 adolescents dans 91 pays. Elle confirme une baisse qui ne se limite pas à la France : les moyennes de l’OCDE atteignent elles aussi leur plus bas niveau en lecture, en mathématiques et en sciences. En France, un tiers des élèves éprouve toutefois de grandes difficultés à comprendre un texte écrit, tandis que la proportion d’élèves très performants a été divisée par deux en dix ans, en mathématiques comme en compréhension de l’écrit.

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, juge le constat « préoccupant », mais « pas une surprise ». Il veut faire du collège le « grand chantier » du prochain quinquennat et prévoit notamment d’augmenter de 50 % en cinq ans les heures d’autonomie accordées aux établissements. Les résultats relancent le débat politique sur l’école, à quelques mois de l’élection présidentielle.

La baisse gagne les élèves favorisés et le soutien parental recule

La baisse française ne touche plus seulement les élèves les plus fragiles. Depuis 2015, l’écart entre les adolescents favorisés et défavorisés s’est réduit surtout parce que les premiers ont vu leurs résultats diminuer, tandis que ceux des élèves défavorisés sont restés stables. L’OCDE estime ainsi que les difficultés se sont généralisées parmi les élèves favorisés.

Le soutien familial est également en cause. Un tiers seulement des adolescents français déclarent échanger avec leurs parents au sujet de leurs difficultés scolaires. Le ministre attribue une partie du recul à la diminution de l’investissement parental et à l’usage des téléphones et des réseaux sociaux, qu’il a qualifiés d’« arme de destruction intellectuelle massive ».

Ces explications ne suffisent pas à résumer le phénomène. L’OCDE évoque aussi les effets durables du Covid-19, le rapport aux apprentissages et la place du numérique. Elle écarte en revanche l’immigration comme cause de la baisse générale : l’écart entre élèves issus de l’immigration et autres élèves est resté stable depuis 2015.

Le ministre veut augmenter de 50 % l’autonomie des collèges en cinq ans

Pour répondre au décrochage, Édouard Geffray veut agir sur le collège, qu’il considère comme le principal chantier du prochain quinquennat. Son projet prévoit une hausse de 50 % en cinq ans des heures d’autonomie accordées aux établissements, afin de renforcer le soutien aux élèves en difficulté et de diversifier les parcours proposés.

Le ministre souhaite aussi permettre aux enseignants de mettre en œuvre des pratiques pédagogiques jugées plus efficaces. Il fixe l’objectif de retrouver le haut du classement en 2033, si les réformes pédagogiques et l’autonomie des établissements sont menées conjointement.

Cette stratégie intervient alors que l’OCDE juge difficile d’évaluer l’effet des réformes françaises, en raison de leur nombre et de leurs changements successifs. Le syndicat SE-Unsa reproche au pouvoir politique d’attendre chaque nouvelle enquête pour chercher des responsables plutôt que des solutions.

Le gouvernement fixe une échéance à 2033 et promet davantage d’autonomie, mais l’OCDE souligne que la succession des réformes rend leurs effets difficiles à mesurer. La difficulté française tient donc autant au niveau atteint qu’à l’instabilité des politiques censées l’améliorer.

Le Yak

PISA 2025 devient un thème de campagne pour les prétendants à l’Élysée

Les résultats de PISA 2025 ont immédiatement alimenté la campagne présidentielle. Gabriel Attal promet de faire du relèvement du niveau, du respect de l’autorité des professeurs et du bien-être des élèves sa première priorité. Bruno Retailleau demande combien de classements « désastreux » seront nécessaires pour que l’Éducation nationale réagisse et défend la suppression du collège unique au profit de parcours adaptés.

Édouard Philippe veut « remettre l’exigence au cœur du projet éducatif national ». Il propose davantage de liberté pour les établissements, le retour des devoirs sur table, la reconquête du mois de juin, ainsi qu’une évaluation et une transparence accrues sur les résultats des écoles.

D’autres responsables politiques ont parlé de « séisme », de « désastre » ou de « révolution culturelle ». Le débat porte désormais autant sur l’autorité et l’organisation du collège que sur la stabilité des politiques éducatives.

La chute française s’inscrit dans un recul mondial, sans la rendre moins préoccupante

La France n’est pas un cas isolé. Entre 2022 et 2025, la moyenne de l’OCDE a chuté de 14 points en lecture et de neuf points en mathématiques. La baisse est particulièrement marquée chez les élèves très performants dans plusieurs pays. Les écrans, les effets du Covid-19, une lecture plus rapide mais moins précise et le désengagement familial sont avancés parmi les facteurs possibles de ce recul général.

Les écarts entre pays restent toutefois importants. Singapour figure en tête en compréhension de l’écrit, tandis que la Chine domine en sciences et en mathématiques. Le Royaume-Uni progresse dans les trois domaines évalués, notamment grâce à l’autonomie des enseignants, à la formation continue et au soutien apporté aux établissements en difficulté. La Jordanie améliore également nettement ses résultats entre 2022 et 2025.

La France conserve donc une position moyenne dans l’OCDE, mais avec une trajectoire particulièrement préoccupante : entre 2012 et 2025, ses scores sont passés de 505 à 456 en lecture et de 484 à 458 en mathématiques.

Médianalyse du Yak

Le traitement médiatique est dominé par le vocabulaire de l’alerte : « chute », « séisme », « dégringolade », « désastre » ou « niveau au plus bas ». Cette dramatisation s’appuie sur un fait solide — les scores français sont historiquement faibles — mais relègue souvent au second plan un élément essentiel : la France reste dans la moyenne de l’OCDE.

Deux cadrages coexistent. Une partie de la couverture insiste sur les écrans, les réseaux sociaux et le recul de la lecture ; une autre met en avant les inégalités sociales, l’affaiblissement du soutien parental et l’instabilité des réformes. Les comparaisons avec Singapour, la Chine, le Royaume-Uni ou l’Estonie déplacent aussi le regard du « déclin français » vers une érosion mondiale, malgré quelques systèmes qui résistent ou progressent.

La séquence est rapidement personnalisée autour du gouvernement et des candidats à la présidentielle. Les propositions — autonomie des collèges, parcours adaptés, retour des devoirs sur table, formation des enseignants — occupent une place importante, tandis que les limites méthodologiques de PISA et la difficulté à attribuer la baisse à une cause unique restent moins visibles.

Article généré par le Yak

LES SOURCES46 médias · 114 sources

Le Monde 7 articles

Le Figaro 8 articles

Libération 5 articles

Le Parisien 5 articles

Le Nouvel Obs 1 article

L’Express 3 articles

L’Humanité 1 article

Valeurs Actuelles 2 articles

La Croix 6 articles

HuffPost France 2 articles

20 Minutes 2 articles

Franceinfo 3 articles

BFMTV 7 articles

France 24 2 articles

TV5MONDE 4 articles

Public Sénat 2 articles

La Dépêche du Midi 3 articles

Le Progrès 2 articles

Le Dauphiné Libéré 2 articles

Nice-Matin 2 articles

L’Est Républicain 1 article

L’Indépendant 1 article

Midi Libre 2 articles

La Montagne 1 article

France Bleu 2 articles

DNA 2 articles

Le Républicain Lorrain 2 articles

Vosges Matin 1 article

L’Alsace 1 article

JSL 2 articles

Le Bien Public 2 articles

La Nouvelle République 1 article

Le Temps 2 articles

La Libre 4 articles

La Dernière Heure 3 articles

RTS 2 articles

LaPresse 1 article

Agence Anadolu 3 articles

The Globe and Mail 1 article

Channel NewsAsia 1 article

Folha de S.Paulo 5 articles

La Nación Argentina 1 article

La Tercera 1 article

Numerama 1 article

Le Canard Enchaîné 1 article

Le JDD 1 article

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