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CARBURANTS EN FRANCE

Carburants : Bercy refuse toute aide générale malgré des prix records

Le SP95-E10 atteint 2,124 euros le litre en moyenne et le gazole 2,292 euros. Après avoir réuni les distributeurs, le gouvernement écarte une baisse générale des taxes et un plafonnement, au nom de l’état des finances publiques.

93 sources · 27 médias · 5 min

Les prix des carburants ont atteint de nouveaux sommets en France. Mercredi à 11 heures, le SP95-E10 se vendait en moyenne 2,124 euros le litre et le gazole 2,292 euros, hors Corse et outre-mer. Depuis la fin février, leurs prix ont augmenté respectivement de 23,5 % et 33,3 %.

Réunis à Bercy alors que le Brent a franchi 100 dollars le baril, les distributeurs n’ont obtenu aucune mesure agissant directement sur les tarifs à la pompe. Le gouvernement refuse une baisse générale de la fiscalité comme un plafonnement des prix, en invoquant l’état des finances publiques. Il privilégie des aides ciblées pour les ménages et les entreprises les plus exposés, pour un montant global de 1,4 milliard d’euros.

Bercy écarte le plafonnement, jugé susceptible d’organiser la pénurie

La réunion entre le ministère de l’Économie et les distributeurs s’est achevée sans mesure nouvelle sur les prix. Bercy estime qu’un plafonnement « organise la pénurie » et maintient son opposition à une baisse générale de la fiscalité.

Francis Pousse, président de la branche stations-service de Mobilians, met lui aussi en garde contre un prix imposé qui pourrait conduire des stations indépendantes à vendre à perte et à fermer. Il juge toutefois difficile de défendre une baisse des taxes alors que « on n’a plus de sous ».

Le gouvernement assure par ailleurs qu’il n’existe pas de risque d’approvisionnement des stations au niveau national. La consommation s’est déjà ajustée à la hausse des prix : Bercy l’évalue en baisse moyenne de 5,5 %.

Le raffinage sous tension renchérit l’essence et le gazole

Le franchissement des 100 dollars par le Brent n’explique qu’une partie de la hausse payée par les automobilistes. Le coût de transformation du pétrole brut en essence et en gazole pèse également sur le prix final.

Les capacités de raffinage sont sous tension, alors qu’une part importante de cette activité est habituellement réalisée au Moyen-Orient. Les marges de raffinage ont fortement augmenté et dépassent 300 euros la tonne, selon les données citées dans la séquence. Les frappes contre des raffineries russes et des stocks limités accentuent les tensions sur les produits raffinés.

Cette situation explique le décalage entre le niveau du baril et la hausse plus marquée observée sur certains carburants. Le président de Coopérative U, Dominique Schelcher, estime que les prix resteront « tendus » sans paix au Moyen-Orient.

Cinq millions de ménages consacrent plus d’un mois de revenus au carburant

La hausse frappe d’abord les foyers qui ne peuvent pas facilement se passer de leur voiture. Selon l’Insee, environ cinq millions de ménages consacrent plus d’un mois de revenus par an à l’achat de carburant.

La dépendance est particulièrement forte dans les zones rurales. Les ménages ruraux parcourent en moyenne 27 500 kilomètres par an. En 2021, 16,7 % d’entre eux consacraient déjà l’équivalent d’un mois de salaire au carburant, contre 10,6 % de l’ensemble des ménages français.

Face aux tarifs actuels, certains automobilistes réduisent leurs déplacements et leurs dépenses de loisirs. D’autres se tournent vers le covoiturage ou recherchent les stations les moins chères. Les entreprises sont également touchées : la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment alerte sur des hausses difficiles à absorber.

Le prix plafonné de TotalEnergies provoque des ruptures de stock

Alors que l’État refuse un plafonnement général, le dispositif tarifaire de TotalEnergies a provoqué un afflux dans plusieurs de ses stations. L’enseigne garantit un prix plafonné qui permet d’économiser jusqu’à 6,55 euros sur un plein, selon les cas rapportés.

Cette fréquentation a entraîné des ruptures de stock, notamment en Île-de-France et dans plusieurs régions de l’Ouest. Des stations proposant un prix inférieur au marché ont ainsi concentré une partie de la demande.

Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, plaide pour un plafonnement des prix. À gauche, La France insoumise propose de plafonner le sans-plomb à 1,70 euro le litre et de taxer les superprofits ; le Rassemblement national réclame une baisse des taxes.

Le refus d’un plafond généralisé repose notamment sur le risque de pénurie. La ruée vers les stations TotalEnergies proposant un prix plafonné donne un exemple concret de la manière dont un tarif plus bas peut concentrer la demande sur une partie du réseau, sans établir pour autant les effets d’une mesure nationale.

Le Yak

L’aide aux « grands rouleurs » attire deux à trois fois plus de demandes

Le gouvernement mise sur des aides ciblées plutôt que sur une mesure uniforme à la pompe. La prolongation de l’indemnité carburant destinée aux « grands rouleurs » a fait doubler, voire tripler, le nombre quotidien de demandes.

Un peu plus d’un million de travailleurs modestes ont reçu cette aide, sur trois millions de personnes éligibles. L’écart entre le nombre de bénéficiaires potentiels et les versements déjà effectués alimente les demandes de simplification du dispositif.

L’économiste Anne-Sophie Alsif défend également des aides ciblées pour les ménages les plus modestes. Elle appelle en parallèle à accélérer l’électrification des véhicules afin de réduire la dépendance aux énergies fossiles.

Médianalyse du Yak

La couverture se concentre d’abord sur le double choc des records à la pompe et du refus de Bercy d’abaisser les taxes ou de plafonner les prix. Les chiffres du litre et le seuil des 100 dollars pour le Brent servent de repères récurrents dans la séquence.

Deux cadrages coexistent nettement : les médias de proximité et les reportages privilégient la facture des automobilistes, les trajets contraints et la recherche de stations moins chères ; les contenus économiques détaillent davantage les marges de raffinage et le manque de capacités pour transformer le brut.

Le plafonnement constitue le principal point de confrontation politique et commerciale. Il est présenté à la fois comme une réponse immédiate réclamée par les oppositions et certains distributeurs, et comme une mesure susceptible de fragiliser les stations indépendantes ou de provoquer des tensions d’approvisionnement.

Article généré par le Yak

LES SOURCES27 médias · 93 sources

Le Monde 1 article

Le Figaro 1 article

Libération 2 articles

Le Parisien 5 articles

HuffPost France 3 articles

20 Minutes 1 article

Actu.fr 1 article

Franceinfo 14 articles

BFMTV 23 articles

RMC 11 articles

TV5MONDE 1 article

La Dépêche du Midi 1 article

Le Progrès 3 articles

Le Dauphiné Libéré 2 articles

Nice-Matin 3 articles

L’Indépendant 2 articles

Midi Libre 1 article

La Montagne 2 articles

France Bleu 3 articles

DNA 2 articles

Le Républicain Lorrain 2 articles

Vosges Matin 2 articles

JSL 2 articles

Le Bien Public 2 articles

Agence Anadolu 1 article

Folha de S.Paulo 1 article

Dawn 1 article

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