JO D’HIVER ALPES 2030
Edgar Grospiron démissionne, le Cojop ouvre une période d’intérim
Le président du comité d’organisation des Jeux d’hiver 2030 a démissionné après dix-neuf mois de mandat, sur fond de tensions internes, de départs de cadres et de perte de confiance avec les parties prenantes. Une nouvelle gouvernance doit désormais être organisée.
41 sources · 29 médias · 4 min
Edgar Grospiron a quitté jeudi la présidence du comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver Alpes 2030. Sa démission a été actée lors d’un bureau exécutif réunissant les principales parties prenantes du projet : l’État, les comités olympique et paralympique et les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Nommé en février 2025 après le retrait de Martin Fourcade, l’ancien champion olympique de ski de bosses laisse une instance fragilisée par plusieurs mois de crise de gouvernance. Le Cojop présente son départ comme une « transition choisie, organisée et assumée », destinée à permettre à l’organisation d’entrer rapidement dans une phase opérationnelle. Edgar Grospiron estime pour sa part que « les conditions ne sont plus réunies » pour poursuivre sa mission.
Une assemblée générale extraordinaire doit organiser l’intérim avant la désignation d’une ou d’un nouveau président, alors que les Jeux doivent se tenir dans trois ans et demi.
Les départs de cadres et les désaccords ont isolé Edgar Grospiron
La crise s’est installée au fil des départs et des désaccords au sein du Cojop. En décembre, la directrice des opérations Anne Murac a démissionné. Le départ du numéro deux de l’instance, Cyril Linette, annoncé pendant les Jeux de Milan-Cortina, a ensuite marqué une rupture plus nette : il l’a justifié par des « désaccords insurmontables » avec Edgar Grospiron.
Plusieurs tentatives de stabilisation ont suivi : mission d’inspection générale, recommandations d’un ancien responsable de Paris 2024, intérim de l’ex-préfet Michel Cadot, puis arrivée du préfet Vincent Roberti comme directeur général. Elles n’ont pas mis fin aux tensions.
La gestion managériale du président et sa manière d’exercer le pouvoir étaient contestées par certains de ses détracteurs, qui lui reprochaient de décider sans suffisamment associer les autres acteurs. Le dernier bureau exécutif avant l’été a notamment buté sur deux nominations de cadres qu’Edgar Grospiron souhaitait soumettre au vote malgré les réserves exprimées sur les profils envisagés. Un audit sur le climat social, mené auprès de la centaine de salariés de l’instance, doit rendre ses conclusions.
L’intérim doit s’organiser tandis que les préparatifs des Jeux avancent
Le départ d’Edgar Grospiron ouvre une période d’intérim. L’assemblée générale extraordinaire annoncée pour lundi doit en fixer les modalités, en attendant la désignation d’un nouveau président. Le directeur général doit assurer la continuité de l’organisation pendant cette transition.
Le changement intervient alors que plusieurs jalons ont été franchis au début de l’été : les emblèmes ont été dévoilés, EDF a été annoncé comme premier sponsor premium et la carte des sites olympiques a été finalisée. Ces avancées n’ont toutefois pas suffi à rétablir la confiance autour de la présidence.
L’annonce d’un deuxième partenariat avec une grande entreprise française, qui devait intervenir à Lyon, a été reportée afin de la dissocier de la réunion consacrée à l’avenir d’Edgar Grospiron. Le partenariat lui-même n’a pas été remis en cause.
Les annonces de l’été ont fait avancer des dossiers visibles — emblèmes, sites et premiers partenariats — sans régler la difficulté centrale de l’instance : la capacité de ses dirigeants et de ses parties prenantes à travailler ensemble. Le remplacement du président relève donc d’abord d’une remise en ordre de la gouvernance.
Edgar Grospiron revendique son bilan et assume de « passer la main »
Dans un message publié sur LinkedIn après l’annonce de son départ, Edgar Grospiron a revendiqué le travail accompli en dix-neuf mois à la tête du Cojop et la « vision ambitieuse » donnée au projet. « Certains diront sans doute que c’est un échec ou un renoncement. Je préfère dire que j’ai atteint, dans le cadre qui était le mien, le point où il devenait plus juste de passer la main que de s’y accrocher », a-t-il écrit.
Il a reconnu des « obstacles », des « accrochages » et des « décisions difficiles à prendre », en rappelant le calendrier resserré de Jeux obtenus par la France en juillet 2024 après une candidature express.
Ancien champion olympique à Albertville en 1992, le Haut-Savoyard avait déjà travaillé dans l’univers olympique comme directeur général de la candidature d’Annecy aux Jeux d’hiver de 2018, avant de démissionner en invoquant un manque de moyens.
Médianalyse du Yak
La couverture est fortement personnalisée autour d’Edgar Grospiron. Les récits de « chute », de « dégringolade », d’« éviction » ou de président « écarté » sont beaucoup plus présents que les explications sur le fonctionnement institutionnel du Cojop ou sur le détail des dossiers olympiques.
Deux cadrages coexistent. Le vocabulaire officiel insiste sur une « transition choisie » et sur l’entrée dans une phase opérationnelle ; une grande partie des publications décrit au contraire une sortie imposée après une perte de confiance et des crises à répétition.
Les médias régionaux accordent davantage de place à la continuité du projet, à l’intérim et aux territoires concernés, comme La Clusaz. Les récits nationaux et internationaux privilégient surtout la succession des démissions, les tensions internes et le revers personnel de l’ancien champion.
Article généré par le Yak
LES SOURCES29 médias · 41 sources
Le Monde 1 article
Le Figaro 1 article
Libération 2 articles
Le Parisien 3 articles
L’Humanité 1 article
La Croix 1 article
HuffPost France 1 article
20 Minutes 1 article
Franceinfo 2 articles
France 24 1 article
TV5MONDE 2 articles
Ouest-France 1 article
La Dépêche du Midi 1 article
Le Progrès 3 articles
Le Dauphiné Libéré 3 articles
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