FOOTBALL MONDIAL
La FFF retire son soutien à Gianni Infantino
La Fédération française de football ne soutiendra pas Gianni Infantino lors de l’élection à la présidence de la FIFA, prévue le 18 mars 2027. Philippe Diallo évoque une confiance « rompue » et veut contribuer à faire émerger une alternative.
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La Fédération française de football a décidé, à l’unanimité de son comité exécutif, de retirer son soutien à la candidature de Gianni Infantino à la présidence de la FIFA. Le président de la FFF, Philippe Diallo, justifie cette rupture par une perte de confiance envers le dirigeant, en poste depuis 2016 et candidat à sa réélection le 18 mars 2027.
« La confiance placée dans le président de la FIFA a été rompue », a déclaré Philippe Diallo. Il estime que la manière dont Gianni Infantino dirige le football mondial ne correspond plus à la vision défendue par la fédération française. La décision intervient après l’abandon d’un projet de société commerciale destinée à accueillir notamment des recettes liées à la Coupe du monde et ouverte à des investisseurs privés.
La FFF ne désigne pas encore de candidat alternatif. Elle veut consulter d’autres fédérations pour défendre un programme de gouvernance et faire émerger un profil capable de rassembler au-delà de l’Europe.
Le projet de société commerciale a accéléré la rupture avec Infantino
Fin juillet, Gianni Infantino avait annoncé la création d’une société commerciale destinée à accueillir les recettes de la Coupe du monde, avec l’ouverture de 20 % de son capital à des investisseurs privés. Élaboré sans concertation selon ses détracteurs, le projet a suscité une contestation sur la gouvernance de la FIFA avant d’être abandonné début août.
Pour Philippe Diallo, cette séquence ne résume pas à elle seule le désaccord. Le président de la FFF a aussi évoqué des événements ayant « touch[é] au cœur du sport » pendant et après la Coupe du monde 2026, en référence à l’affaire Folarin Balogun. Exclu lors d’un seizième de finale contre la Bosnie-Herzégovine, l’attaquant américain avait vu sa suspension automatique pour le tour suivant levée après une intervention de Donald Trump auprès de Gianni Infantino.
Le patron de la FFF considère que le président de la FIFA est devenu « un facteur de division » et qu’il a « nui gravement à l’image du football ».
La FFF veut faire émerger un candidat alternatif avant 2027
Après avoir retiré son appui à Gianni Infantino, la FFF veut chercher un programme et un candidat alternatifs. Philippe Diallo a annoncé une série de consultations avec d’autres fédérations, mais aussi avec des universitaires, des ONG telles que la Croix-Rouge et Kevin Lamour, ancien numéro trois français de la FIFA ayant quitté ses fonctions pendant la polémique.
« Notre mission c’est de faire émerger un programme alternatif et un candidat, et de le faire gagner », a déclaré le président de la FFF, sans avancer de nom. Jean-François Vilotte, directeur général de la fédération, a évoqué une réflexion sur « un bon mode de gouvernance ».
La France rejoint l’Italie, la Belgique, la Suède et l’Écosse parmi les fédérations ayant retiré leur soutien au président sortant. L’Angleterre a pris ses distances et lancé un audit. Les Pays-Bas souhaitent réunir les 200 fédérations mondiales autour d’un projet commun. Aleksander Ceferin, président de l’UEFA, a exclu de briguer la présidence tout en assurant qu’un candidat affronterait Gianni Infantino.
Pour être reconduit, le président de la FIFA devra obtenir la majorité simple des voix des 211 fédérations affiliées. Il reste, pour l’heure, le seul candidat déclaré et bénéficie du soutien unanime annoncé par la Confédération africaine.
La rupture française est à la fois politique et procédurale : elle vise des décisions précises prises par Gianni Infantino, mais elle ne s’accompagne pas encore d’un adversaire identifié. La contestation européenne doit donc transformer un désaccord sur la gouvernance en coalition électorale mondiale.
Médianalyse du Yak
La couverture observée fait de la rupture de confiance le cœur du récit, notamment à travers les formules de Philippe Diallo sur la « division » et l’« image du football ». Le retrait français est présenté comme un signal politique adressé à Gianni Infantino, davantage que comme une simple consigne de vote.
Le projet de société commerciale lié aux recettes de la Coupe du monde domine les explications de fond. La couverture internationale l’inscrit surtout dans une « fronde européenne », tandis que les publications françaises développent davantage les griefs formulés par Philippe Diallo et la recherche d’un candidat alternatif.
L’affaire Balogun reste un élément plus singulier de la séquence : moins présente dans les annonces brèves du retrait, elle occupe davantage de place dans les récits qui détaillent les griefs de la FFF et la proximité affichée entre Gianni Infantino et Donald Trump.
Article généré par le Yak