Des patients psychiatriques attendent parfois plusieurs jours sur des brancards, dans des couloirs ou sur le sol, sans conditions garantissant leur dignité et leur intimité. Dans des recommandations publiées en urgence au Journal officiel, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté relève des « dysfonctionnements graves » dans quinze services d’urgence à Paris et en proche banlieue.
Ses équipes ont constaté des rétentions de patients sans respect des procédures prévues pour les hospitalisations sans consentement, ainsi que des isolements et des contentions sans cadre légal. Des mineurs sont aussi hospitalisés avec des adultes faute de pédopsychiatres.
Au premier semestre 2026, 3 957 patients orientés vers la psychiatrie ont connu une attente prolongée aux urgences en Île-de-France, soit 31,8 % de plus qu’en 2025. La durée moyenne a dépassé 39 heures au deuxième trimestre, contre 29 heures au début de 2025. L’AP-HP reconnaît une situation de « grande tension » et souligne le manque de lits psychiatriques disponibles dans la région.