Yaktu

MER ROUGE ET GOLFE PERSIQUE

Les Houthis prennent pied à Bab el-Mandeb et mettent la route saoudienne sous pression

En prenant le contrôle de la côte yéménite de la mer Rouge et d’îles stratégiques, les rebelles menacent la principale route maritime de contournement d’Ormuz. Au même moment, l’Arabie saoudite a suspendu son oléoduc Est-Ouest après une attaque de drones attribuée à des groupes opérant depuis l’Irak.

102 sources · 52 médias · 5 min

Les rebelles houthis ont pris le contrôle de la côte yéménite bordant la mer Rouge ainsi que de plusieurs îles du détroit de Bab el-Mandeb, dont Perim, au terme d’une offensive éclair. Cette avancée leur donne une position sur le passage maritime qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden, puis au canal de Suez. Les Houthis affirment que la navigation reste sûre, à l’exception des navires liés à l’Arabie saoudite.

Pour Riyad, cette progression intervient alors que le détroit d’Ormuz est bloqué ou fortement entravé par l’Iran. Le royaume avait accru l’utilisation de son oléoduc Est-Ouest, qui relie les installations d’Abqaïq, près du Golfe, au port de Yanbu, sur la mer Rouge, pour exporter son pétrole sans passer par Ormuz. Après des frappes de drones attribuées à des appareils venus d’Irak, l’Arabie saoudite a temporairement fermé cette infrastructure, officiellement par précaution. Ses deux principales voies d’exportation sont désormais sous pression.

L’attaque contre l’oléoduc saoudien place Bagdad sous pression

L’oléoduc Est-Ouest a été touché dans les régions de Riyad et de Médine par plusieurs drones venus du territoire irakien, selon les autorités saoudiennes. Des images satellitaires ont montré un long panache de fumée et des anomalies thermiques au-dessus de l’infrastructure. L’attaque a fait plusieurs blessés et provoqué des dégâts que les équipes saoudiennes ont entrepris de réparer.

Le gouvernement irakien a confirmé que les drones avaient été lancés depuis son territoire. Il a ouvert une enquête, limogé le commandant chargé des opérations dans la province de Maysan, proche de la frontière iranienne, et fermé plusieurs postes-frontières. Riyad a condamné l’attaque, mais indiqué qu’il ne réagirait pas immédiatement afin de laisser Bagdad prendre les mesures nécessaires contre les responsables. Les frappes ont été attribuées à des milices irakiennes soutenues par l’Iran, sans que cette responsabilité soit établie de manière indépendante dans les éléments disponibles.

Trump refuse d’intervenir contre les Houthis malgré la demande de Riyad

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a demandé à Donald Trump d’intervenir contre les Houthis, selon des informations rapportées après l’offensive sur la côte yéménite. Le président américain a décliné cette demande. Il a déclaré que les rebelles l’avaient contacté pour lui dire qu’ils ne souhaitaient pas un affrontement direct avec les États-Unis.

Washington choisit ainsi de ne pas ouvrir un nouveau front militaire au Yémen, alors que les forces gouvernementales yéménites ont tenté de reprendre l’initiative autour de Mokha et sur les axes menant vers la côte. L’Arabie saoudite fait face à une offensive qui menace ses débouchés pétroliers, sans obtenir à ce stade l’intervention américaine qu’elle réclame.

Riyad est pris entre deux décisions qui réduisent ses marges de manœuvre : l’oléoduc censé contourner Ormuz est suspendu après une attaque, tandis que Washington refuse de neutraliser la force qui menace Bab el-Mandeb. La fermeture des deux détroits n’est pas établie dans les mêmes termes, mais la combinaison de ces pressions fragilise déjà la stratégie d’exportation saoudienne.

Le Yak

Le Brent repasse au-dessus de 100 dollars et les armateurs redoutent un détour par l’Afrique

La fermeture de l’oléoduc saoudien et la prise de contrôle de Bab el-Mandeb ont immédiatement inquiété les marchés. Le Brent a franchi à nouveau le seuil des 100 dollars et s’est établi autour de 104 dollars en fin de semaine. L’oléoduc Est-Ouest peut transporter jusqu’à 7 millions de barils par jour et a représenté récemment l’équivalent de 4 à 5 % de l’offre mondiale de pétrole, selon des estimations reprises dans la couverture économique.

L’incertitude concerne aussi les porte-conteneurs et les navires transportant des hydrocarbures. Entre 2023 et 2025, les attaques houthies avaient déjà poussé de nombreux bâtiments à contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance, rallongeant fortement les trajets. Le trafic par Bab el-Mandeb avait ensuite recommencé à progresser, jusqu’à une moyenne estimée à 7,1 millions de barils par jour depuis mars, contre 7,3 millions en 2022 et 2023. La nouvelle offensive menace ce retour fragile et renchérit les coûts supportés par les armateurs, les affréteurs et, à terme, les consommateurs.

L’offensive sur la côte yéménite pousse des dizaines de milliers de civils à fuir

L’offensive houthie sur la côte ouest du Yémen a provoqué un nouvel exode dans un pays déjà ravagé par la guerre. L’Organisation internationale pour les migrations a recensé environ 46 000 déplacés depuis le début de l’offensive, tandis qu’une autre estimation, portée à 76 000 personnes, couvre les déplacements enregistrés depuis juillet. Des villages ont été vidés et des familles se sont retrouvées près des lignes de front avec des réserves alimentaires en baisse.

La prise de Mokha et la progression vers Bab el-Mandeb déplacent le front dans les zones côtières et aggravent la pression sur les populations. Des combattants houthis interrogés après la conquête ont eux-mêmes décrit la faim et l’épuisement de leurs troupes.

Médianalyse du Yak

La couverture se concentre d’abord sur la carte des « routes du pétrole » : Bab el-Mandeb, Ormuz et l’oléoduc Est-Ouest sont souvent présentés comme les trois verrous d’une même crise. Ce cadrage rend immédiatement visible le risque énergétique et explique la place accordée au Brent, à la capacité du pipeline et aux détours maritimes.

Deux cadrages coexistent. Les publications économiques insistent sur le choc d’approvisionnement, les prix et la marine marchande ; les articles consacrés au Yémen replacent davantage l’offensive dans la guerre civile et documentent les déplacements de population. Dans les titres, la conquête de Bab el-Mandeb et la fermeture de l’oléoduc restent toutefois beaucoup plus visibles que la dimension humanitaire.

L’image d’un détroit déjà totalement fermé est nuancée par une autre ligne de lecture : les Houthis affirment garantir la navigation, sauf pour les navires saoudiens, tandis que les armateurs et les observateurs évoquent surtout une menace et une incertitude sur le trafic. La couverture décrit donc principalement une nouvelle capacité de pression, plutôt qu’un arrêt général et définitivement établi de la circulation.

Article généré par le Yak

LES SOURCES52 médias · 102 sources

Le Monde 4 articles

Le Figaro 2 articles

Libération 1 article

Le Parisien 1 article

Le Nouvel Obs 1 article

L’Express 1 article

L’Humanité 1 article

Atlantico 1 article

Franceinfo 3 articles

BFMTV 2 articles

France 24 4 articles

Euronews FR 2 articles

TV5MONDE 3 articles

Midi Libre 1 article

La Nouvelle République 1 article

Courrier International 1 article

Le Temps 5 articles

Radio-Canada 1 article

Agence Anadolu 4 articles

BBC News 1 article

The Guardian 3 articles

Financial Times 1 article

The New York Times 1 article

The Washington Post 1 article

NPR 1 article

CBC News 1 article

The Globe and Mail 1 article

Al Jazeera English 11 articles

Channel NewsAsia 2 articles

The Hindu 7 articles

Folha de S.Paulo 2 articles

El País 1 article

Público 1 article

Die Zeit 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 3 articles

De Standaard 1 article

De Tijd 1 article

de Volkskrant 2 articles

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Der Standard 1 article

Dagens Nyheter 1 article

Aftenposten 1 article

Helsingin Sanomat 1 article

Gazeta Wyborcza 1 article

Telex 1 article

Adevărul 2 articles

Vanguardia 1 article

La Tercera 1 article

The National 3 articles

The Times of Israel 4 articles

Dawn 1 article

Conflits 2 articles

Suivre

Retrouvez Yaktu ailleurs

Retrouvez les publications et les rendez-vous de Yaktu.

Soutenir le projet Yaktu

Soutenir Yaktu

Votre contribution aide à financer le fonctionnement, le développement éditorial et les outils de médianalyse de Yaktu, sans aucune influence sur les contenus publiés.

Soutenir Yaktu

Yaktu Pro

Yaktu Pro

Construire une veille régulière autour d’un secteur, d’une organisation ou d’un enjeu précis, avec la méthode de médianalyse Yaktu adaptée à vos besoins.

Découvrir Yaktu Pro