SEINE-MARITIME
Un morceau de rail de 300 à 350 kilos retrouvé sur la voie après le déraillement d’un TER
Le train reliant Rouen à Caen a déraillé vendredi soir près de Cléon, faisant 44 blessés parmi 186 passagers. Une enquête judiciaire et une enquête technique doivent déterminer comment cet élément de voie s’est retrouvé sur la trajectoire du convoi.
35 sources · 27 médias · 3 min
Un TER reliant Rouen à Caen a déraillé vendredi 11 septembre vers 19 h 45, entre les gares de Tourville et d’Elbeuf-Saint-Aubin, à hauteur de Cléon, au sud de Rouen. Composé de deux rames, le train transportait 186 personnes. Quarante-quatre passagers ont été blessés, dont une jeune femme de 18 ans évacuée dans un premier temps dans un état grave. Deux jours après l’accident, elle restait hospitalisée, mais son pronostic vital n’était plus engagé et le risque d’une infirmité grave était écarté.
Un morceau de rail pesant entre 300 et 350 kilos a été retrouvé sur la voie et pourrait avoir provoqué le déraillement. Le conducteur a déclaré l’avoir aperçu avant de déclencher un freinage d’urgence. L’origine de sa présence reste inconnue. Le parquet de Rouen mène une enquête judiciaire et le Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre a ouvert une enquête technique pour établir les circonstances précises de l’accident. À ce stade, les autorités n’ont privilégié ni exclu aucune piste.
Le parquet refuse de conclure à un acte de malveillance
La découverte du rail sur la voie a rapidement alimenté l’hypothèse d’un acte volontaire. Une source policière l’avait présentée comme privilégiée, tandis que des responsables politiques avaient évoqué la possibilité d’un attentat. Le parquet de Rouen a toutefois appelé à ne pas tirer de conclusion hâtive.
« Rien ne permet d’évoquer un acte de malveillance », a déclaré le parquet pendant que les enquêteurs poursuivaient leurs investigations. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a lui aussi répété qu’« aucune piste » n’était exclue et qu’il fallait « rester extrêmement prudent ». Le conducteur a été entendu, comme les victimes, dont les auditions devaient être menées une à une. Deux personnes étaient encore hospitalisées au même moment.
La découverte du rail explique pourquoi la piste volontaire s’est imposée dans les premières heures, mais elle ne dit pas comment l’objet est arrivé sur la voie. Le fait matériel est établi ; son origine reste précisément l’objet des deux enquêtes.
Le BEA-TT enquête sur les causes matérielles du déraillement
À l’enquête judiciaire s’ajoute une expertise technique. Le ministre des Transports Philippe Tabarot a annoncé l’ouverture d’une procédure par le Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre, le BEA-TT, afin de « déterminer précisément les circonstances » du déraillement.
Créé en 2004, cet organisme conduit de manière indépendante des enquêtes sur les accidents ou incidents potentiellement graves. Il établit les circonstances, recherche les causes certaines ou probables et formule des recommandations pour prévenir de nouveaux accidents. Cette enquête doit donc reconstituer le déroulement matériel du déraillement, en complément de la procédure judiciaire consacrée aux éventuelles responsabilités.
La ligne Rouen-Caen reste coupée après l’accident
Le bilan humain s’est progressivement stabilisé, mais le choc reste vif chez les passagers. Une voyageuse blessée a raconté ses flashbacks et son incapacité à rester seule après l’accident. Un responsable de SUD-Rail a estimé que le train était passé « à côté d’une catastrophe très grave », alors que 44 personnes ont été blessées.
Les perturbations se prolongent sur le réseau. Les trains continuent de circuler avec des adaptations entre Caen et Elbeuf, mais la ligne reste impraticable entre Elbeuf et Rouen. La date du relevage du train accidenté n’était pas encore déterminée, ce qui maintenait la liaison Rouen-Caen sous forte contrainte.
Médianalyse du Yak
La couverture se concentre surtout sur le morceau de rail et sur la possibilité d’un acte de malveillance. Les références à l’attentat ou au sabotage ont circulé alors que le parquet et le ministère de l’Intérieur rappelaient qu’aucune piste n’était privilégiée. Le traitement oppose ainsi un élément spectaculaire, facilement identifiable, à l’incertitude maintenue par l’enquête.
Le bilan humain reste très visible, avec la reprise du chiffre de 44 blessés et la place accordée aux récits de passagers. L’enquête technique et les perturbations de la ligne apparaissent davantage au second plan. Certaines publications étrangères ont en outre présenté la piste du sabotage comme écartée, avec un cadrage plus affirmatif que celui des déclarations françaises disponibles.
Article généré par le Yak
LES SOURCES27 médias · 35 sources
Le Monde 1 article
Libération 1 article
Le Parisien 1 article
HuffPost France 1 article
20 Minutes 2 articles
Actu.fr 1 article
Franceinfo 4 articles
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