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PROTECTION DES MINEURS EN LIGNE

La France relance son projet d’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

Après la censure du premier dispositif, le gouvernement a transmis à Bruxelles une nouvelle version qui cible certaines fonctionnalités jugées nocives ou addictives plutôt que les plateformes elles-mêmes. Paris veut encore obtenir une mise en œuvre avant le départ d’Emmanuel Macron de l’Élysée.

48 sources · 38 médias · 4 min

Un mois après la censure du précédent dispositif par le Conseil constitutionnel, la France a notifié à la Commission européenne une nouvelle version de son projet d’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Emmanuel Macron a demandé au gouvernement de trouver une « voie de passage » entre les exigences constitutionnelles françaises et le droit européen. « Nous irons au bout », a-t-il assuré.

Le premier texte avait été jugé contraire à la liberté d’expression et de communication des adolescents, l’atteinte étant considérée comme disproportionnée. Les Sages avaient toutefois reconnu l’exigence de protection de l’intérêt supérieur de l’enfant. La nouvelle mouture ne désigne donc plus directement les plateformes à interdire : elle cible certaines fonctionnalités jugées nocives ou addictives, comme le défilement infini, les notifications nocturnes ou le déclenchement automatique des vidéos.

Le projet prévoit aussi une autorisation des représentants légaux pour les adolescents de 13 à 15 ans. La notification à Bruxelles ouvre une nouvelle étape avant une éventuelle reprise de la procédure législative. Paris souhaite en parallèle faire de cette protection une norme européenne, alors que la Commission prépare ses propres propositions sur l’accès des mineurs aux plateformes.

Le gouvernement cible les mécanismes qui retiennent les jeunes utilisateurs

Le changement central du nouveau texte tient à son point d’entrée : au lieu de viser indistinctement les réseaux sociaux, le gouvernement veut s’attaquer à des mécanismes précis de conception des applications. Le défilement automatique des courtes vidéos, les recommandations algorithmiques, les notifications envoyées la nuit, les compteurs de « likes », de vues ou d’abonnés et les conversations avec des comptes inconnus figurent parmi les fonctionnalités évoquées.

Cette approche évite de nommer directement les plateformes, ce qui ne serait pas compatible avec les règles européennes dans la forme initialement envisagée par Paris. Elle conserve toutefois l’objectif politique de départ : empêcher les moins de 15 ans d’accéder aux services utilisant ces mécanismes, avec une possibilité d’autorisation parentale entre 13 et 15 ans.

Le psychiatre et spécialiste de l’addictologie Amine Benyamina estime que les systèmes de recommandation et de récompense activent le circuit de récompense et maintiennent les jeunes utilisateurs dans des « bulles algorithmiques ». Le débat porte donc désormais autant sur les paramètres techniques des plateformes que sur l’âge d’accès.

Entre Conseil constitutionnel et Bruxelles, le texte doit encore franchir deux obstacles

La nouvelle mouture cherche à répondre au reproche constitutionnel d’une interdiction trop générale, mais elle ouvre un autre débat sur la répartition des compétences en Europe. Pour Brunessen Bertrand, professeure de droit public à l’université de Rennes, une approche graduée par fonctionnalité, laissant une place à l’autorité parentale, peut corriger une partie du problème relevé par le Conseil constitutionnel.

La juriste souligne toutefois que la définition des fonctionnalités concernées relève déjà du Digital Services Act, le règlement européen sur les services numériques. Le texte français risque ainsi de chevaucher les travaux conduits par la Commission européenne. Selon cette analyse, la marge de manœuvre la plus nette des États membres pourrait se situer dans la fixation d’un âge de majorité numérique.

La notification du 14 septembre doit permettre à Paris de vérifier la compatibilité de sa proposition avec le droit européen avant d’engager la suite de la procédure. Emmanuel Macron a demandé à Ursula von der Leyen que cet examen soit mené rapidement et s’appuie sur le travail déjà réalisé sur la première version.

Le gouvernement tente de corriger la censure en ciblant les fonctionnalités plutôt que les plateformes, mais ce déplacement rapproche le texte français du champ déjà encadré par le droit européen. La nouvelle voie de passage dépend donc de deux validations distinctes : celle du juge constitutionnel sur la proportionnalité et celle de Bruxelles sur la compétence.

Le Yak

Macron porte à Bruxelles le combat français contre l’accès des moins de 15 ans

Après la décision du Conseil constitutionnel, Emmanuel Macron a déplacé une partie de la bataille à Bruxelles. Dans une lettre adressée à Ursula von der Leyen, il a demandé qu’un texte européen interdise l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans dans l’ensemble de l’Union, avec une éventuelle levée de l’interdiction pour les 13-15 ans sur décision parentale.

Cette stratégie répond aussi à un calendrier politique serré : le président souhaite qu’une interdiction soit opérationnelle en France avant son départ de l’Élysée en mai, alors que les débats budgétaires doivent déjà occuper une large part de l’agenda parlementaire. La notification de la nouvelle version est donc présentée par l’exécutif comme une étape urgente vers une reprise de l’examen législatif.

La Commission européenne prépare de son côté une initiative sur la protection des mineurs. Les propositions annoncées doivent porter sur les réseaux sociaux et les plateformes de partage de vidéos. Des documents consultés par Reuters évoquent aussi les agents conversationnels d’intelligence artificielle et les jeux en ligne. La présidente de la Commission doit présenter ses mesures le 16 septembre, au moment où la France cherche à faire reconnaître son propre dispositif.

Médianalyse du Yak

La couverture est fortement personnalisée autour d’Emmanuel Macron : ses formules « nous irons au bout », « ne rien lâcher » et « voie de passage » donnent à la séquence les traits d’un nouveau bras de fer présidentiel après la censure. Le traitement se déplace ensuite vers les fonctionnalités addictives et les contraintes du droit européen.

La procédure et la faisabilité juridique dominent — notification à Bruxelles, contrôle du Conseil constitutionnel et articulation avec le Digital Services Act — tandis que les alternatives éducatives restent en retrait. La critique présentant la lecture comme une réponse à l’éloignement des jeunes des livres n’apparaît que ponctuellement.

Article généré par le Yak

LES SOURCES38 médias · 48 sources

Le Monde 1 article

Le Figaro 1 article

Libération 3 articles

Le Parisien 2 articles

Le Nouvel Obs 1 article

L’Humanité 1 article

La Croix 1 article

HuffPost France 1 article

20 Minutes 2 articles

Franceinfo 1 article

France 24 1 article

Euronews FR 1 article

RMC 1 article

TV5MONDE 2 articles

Public Sénat 2 articles

La Dépêche du Midi 2 articles

Le Progrès 1 article

Le Dauphiné Libéré 1 article

Nice-Matin 3 articles

L’Est Républicain 1 article

L’Indépendant 2 articles

Midi Libre 1 article

France Bleu 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

L’Alsace 1 article

JSL 1 article

Le Bien Public 1 article

La Nouvelle République 1 article

Courrier International 1 article

RFI 1 article

La Dernière Heure 1 article

Agence Anadolu 1 article

The Hindu 1 article

Daily Maverick 1 article

De Tijd 1 article

The Irish Times 1 article

Le JDD 1 article

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