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YÉMEN ET ROUTES PÉTROLIÈRES

L’avancée des Houthis fragilise les routes pétrolières de la mer Rouge

Après une offensive éclair sur la côte yéménite de la mer Rouge, les rebelles houthis ont revendiqué de nouvelles attaques contre l’Arabie saoudite. Le royaume se retrouve exposé sur ses voies d’exportation, tandis que l’Iran nie toute implication directe.

109 sources · 42 médias · 4 min

Les Houthis ont renforcé leur emprise sur la côte yéménite de la mer Rouge et sur l’accès au détroit de Bab el-Mandeb, passage maritime situé entre la péninsule Arabique et la Corne de l’Afrique, sur la route reliant l’Europe à l’Asie. Leur offensive a permis la prise d’Al-Mokha, de l’île de Périm et de plusieurs îles de l’archipel Hanish, tandis que les forces progouvernementales yéménites se repliaient de certains secteurs. Le mouvement contrôle désormais de fait une large partie du littoral yéménite de la mer Rouge.

Les Houthis ont aussi revendiqué des attaques contre des installations militaires saoudiennes, notamment la base aérienne de King Khalid à Khamis Mushait, au moyen de missiles et de drones. Riyad a riposté par des frappes au Yémen, dont les Houthis ont dénombré 54 en 24 heures. La reprise des combats réactive un conflit déjà à l’origine d’une crise humanitaire majeure et ouvre un nouveau front dans la guerre régionale.

L’avancée des rebelles accroît la pression sur l’Arabie saoudite, à ses frontières comme sur ses routes d’exportation. Le royaume est également confronté à la fermeture temporaire de son oléoduc Est-Ouest après une attaque de drones. Téhéran, accusé de soutenir les Houthis, affirme que le mouvement agit de manière indépendante et nie intervenir dans les affaires yéménites.

L’oléoduc Est-Ouest saoudien ferme et fait bondir le Brent au-delà de 108 dollars

L’attaque contre l’oléoduc Est-Ouest prive temporairement l’Arabie saoudite de sa principale voie de contournement du détroit d’Ormuz. Cette conduite de 1 200 kilomètres achemine le brut vers le port de Yanbu, sur la mer Rouge, afin d’éviter le passage par Ormuz. Sa fermeture menace jusqu’à 4 % de l’offre mondiale de pétrole, selon des estimations.

L’arrêt intervient alors que Bab el-Mandeb est lui aussi devenu vulnérable et que la circulation maritime est perturbée à Ormuz. Des stocks disponibles à Yanbu pouvaient maintenir les exportations pendant cinq à sept jours. Le Brent a dépassé 108 dollars le baril après les attaques contre l’infrastructure saoudienne et des navires dans le Golfe. La durée des réparations reste déterminante pour l’ampleur de la perturbation des livraisons vers l’Europe et l’Asie.

La pression sur Riyad ne vient pas d’un seul point : Bab el-Mandeb menace la sortie maritime par l’ouest, la circulation est perturbée à Ormuz et l’oléoduc censé contourner ce détroit est à l’arrêt. Trois voies d’exportation sont ainsi fragilisées au même moment.

Le Yak

Près de 94 000 personnes déplacées par la reprise des combats au Yémen

La nouvelle offensive a provoqué un déplacement massif de civils. L’Organisation internationale pour les migrations a recensé près de 94 000 personnes déplacées, principalement dans les gouvernorats de Taëz et de Lahej. D’autres bilans font état de plus de 80 000 déplacés depuis le début du mois de septembre.

Les départs se concentrent aussi vers la côte opposée de Bab el-Mandeb. Plus de 2 000 personnes arrivées du Yémen ont atteint Djibouti au cours d’un seul week-end, après avoir traversé le détroit sur des embarcations de fortune. Des milliers d’autres ont fui vers Aden. La reprise des combats relance ainsi les déplacements à l’intérieur du pays et les traversées maritimes vers la Corne de l’Afrique.

L’Iran dément tout contrôle sur les Houthis, Riyad reporte une réunion sur Ormuz

L’Iran refuse d’endosser la responsabilité des avancées houthis au Yémen. Son porte-parole diplomatique a déclaré que les rebelles étaient « des acteurs totalement indépendants » et qu’ils prenaient leurs décisions en fonction de leurs propres intérêts. Téhéran nie également intervenir dans les affaires yéménites, alors que les Houthis sont régulièrement décrits comme des alliés de la République islamique.

Dans ce climat, une réunion prévue à Oman entre l’Iran et les pays du Golfe sur l’avenir du détroit d’Ormuz a été reportée à la demande de l’Arabie saoudite, selon la diplomatie iranienne. Riyad invoquait la situation au Yémen. Le report intervient au moment où le royaume cherche un soutien américain supplémentaire : le prince héritier Mohammed ben Salmane a reçu le chef du Commandement central américain pour discuter des développements régionaux.

À Taëz, les forces gouvernementales yéménites tentent de reprendre l’initiative

La progression houthie n’est pas uniforme sur tous les fronts. Les forces gouvernementales yéménites ont annoncé avoir repris certaines positions dans la région de Taëz, dans l’ouest du pays, après avoir repoussé une offensive rebelle. Elles ont affirmé qu’au moins une dizaine de combattants houthis avaient été tués par des frappes aériennes.

Cette contre-attaque intervient alors que les rebelles avancent vers des zones tenues par le gouvernement, notamment Taëz et Marib. Marib abrite le secteur pétrolier yéménite, tandis que Taëz occupe une position stratégique pour les déplacements à travers le pays. Les Houthis ont par ailleurs redéployé des forces après avoir subi de lourdes pertes dans certains secteurs.

Médianalyse du Yak

La couverture observée est dominée par la carte des routes du pétrole : Bab el-Mandeb, Ormuz et l’oléoduc Est-Ouest sont plus visibles que les combats eux-mêmes. Le franchissement des seuils de 100 puis de 108 dollars sert de repère récurrent pour raconter l’extension régionale de la crise.

Deux cadrages coexistent. Une partie des publications présente les Houthis comme un relais de Téhéran et insiste sur le gain stratégique iranien ; d’autres reprennent le démenti de Téhéran et décrivent les rebelles comme un acteur qui prend ses propres décisions. La dimension humanitaire, avec les dizaines de milliers de déplacés, apparaît nettement mais reste moins centrale que le risque pesant sur les approvisionnements.

Article généré par le Yak

LES SOURCES42 médias · 109 sources

Le Monde 2 articles

Le Figaro 6 articles

Libération 2 articles

Le Parisien 1 article

Le Nouvel Obs 1 article

Le Point 1 article

La Croix 2 articles

Franceinfo 3 articles

France 24 9 articles

Euronews FR 5 articles

TV5MONDE 2 articles

Courrier International 2 articles

RFI 2 articles

La Libre 1 article

Radio-Canada 2 articles

Le Devoir 2 articles

Agence Anadolu 3 articles

The Guardian 3 articles

Financial Times 3 articles

The New York Times 3 articles

CBC News 1 article

The Globe and Mail 3 articles

Al Jazeera English 12 articles

Channel NewsAsia 2 articles

The Hindu 6 articles

La Vanguardia 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 1 article

De Standaard 1 article

De Tijd 2 articles

de Volkskrant 2 articles

The Irish Times 1 article

Neue Zürcher Zeitung 2 articles

Der Standard 1 article

Politiken 1 article

Aftenposten 5 articles

Hospodářské noviny 3 articles

Adevărul 1 article

Vanguardia 1 article

The National 3 articles

The Times of Israel 1 article

Dawn 2 articles

Conflits 2 articles

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