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COURSE MONDIALE À L’IA

Trump rejette tout ralentissement de la course à l’IA

Alors que Dario Amodei, Sam Altman et Elon Musk appellent à ralentir le développement des modèles les plus puissants pour mieux les tester et les sécuriser, Donald Trump dénonce une « conspiration malsaine » contre le secteur. L’ONU demande de son côté une action urgente.

196 sources · 65 médias · 6 min

La course à l’intelligence artificielle se heurte à une fracture entre les dirigeants du secteur et l’administration américaine. Dario Amodei, le patron d’Anthropic, appelle à ralentir le développement des modèles les plus avancés afin de mieux évaluer leurs capacités et leurs risques. Sam Altman, le dirigeant d’OpenAI, Elon Musk, le patron de xAI, ainsi que d’autres responsables du secteur soutiennent l’idée d’une décélération et de règles communes de sécurité.

Donald Trump rejette cette perspective. Le président américain estime que les Etats-Unis doivent conserver leur avance sur la Chine et martèle que « celui qui gagne l’IA gagne ». Il qualifie de « canular » l’hypothèse d’une technologie capable de détruire l’humanité et dénonce sur Truth Social une « CONSPIRATION MALSAINE » visant l’intelligence artificielle et les centres de données. Pour son administration et plusieurs responsables républicains, une régulation trop stricte risquerait d’étouffer l’innovation et de favoriser Pékin.

Le débat a désormais dépassé les entreprises américaines. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, demande aux Etats et aux développeurs d’agir face à des « risques sans précédent ». Une réunion du Conseil de sécurité consacrée à l’IA doit se tenir pendant l’Assemblée générale des Nations unies. La controverse oppose ainsi la sécurité des systèmes, la rivalité stratégique et les investissements massifs engagés dans le secteur.

Trump s’en prend aux patrons de l’IA et brandit la menace chinoise

Donald Trump a choisi l’affrontement avec les dirigeants de la Silicon Valley qui demandent une pause ou un ralentissement de la course à l’IA. Il s’en est pris directement à Dario Amodei, accusé de se présenter en « parfait petit ange », après que le patron d’Anthropic eut estimé qu’un groupe d’agents d’IA pourrait prendre le contrôle d’une grande partie d’internet dans les six à douze mois.

Le président américain affirme que son administration dispose déjà de pouvoirs réglementaires et pénaux suffisants pour sanctionner les entreprises. « Le seul contrôle ou “garde-fou” dont a besoin l’IA est un PRÉSIDENT FORT ET INTELLIGENT », a-t-il écrit. Il a aussi estimé que les inquiétudes sur la disparition de l’humanité relevaient du « canular ».

Cette position est relayée par le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, qui redoute qu’une intervention rapide du Congrès ne fasse perdre aux Etats-Unis la course technologique face à Pékin. Le débat divise toutefois les élus américains, y compris dans le camp républicain, tandis que des démocrates réclament des auditions et des mesures d’urgence.

Les laboratoires veulent renforcer les contrôles sans ralentir seuls

Dario Amodei propose une décélération coordonnée entre les principaux laboratoires pour consacrer davantage de temps aux tests, à la surveillance et à la prévention des risques. Anthropic, OpenAI et Google discutent aussi de la création d’une instance professionnelle de supervision. Anthropic et OpenAI ont annoncé l’arrivée d’observateurs indépendants chargés de vérifier en interne leurs travaux de sécurité.

La proposition se heurte toutefois à la concurrence entre les entreprises et aux centaines de milliards de dollars investis dans le secteur. Aucun acteur ne veut ralentir seul et laisser ses rivaux avancer. Amodei défend une coordination entre pays démocratiques, tout en appelant à limiter l’accès chinois aux puces américaines les plus avancées et à mieux protéger les technologies occidentales.

Cette démarche est contestée par des responsables du secteur. Le patron de Cohere, Aidan Gomez, y voit un comportement de « cartel ». D’autres critiques soupçonnent les grands laboratoires de chercher à faire inscrire dans la réglementation une position avantageuse pour les entreprises déjà installées. Le patron de Thales, Patrice Caine, répond que les solutions techniques ne suffisent pas et que la fixation des règles relève des gouvernements.

Les entreprises qui demandent du temps pour sécuriser leurs modèles défendent surtout une surveillance organisée avec le secteur, et non un arrêt de la course. Elles cherchent donc à faire coexister de nouveaux contrôles avec la poursuite des investissements et de l’avantage technologique.

Le Yak

Les valeurs des puces et des centres de données reculent face au risque de ralentissement

Les appels à ralentir la course ont immédiatement pesé sur les valeurs liées aux puces et aux centres de données. SoftBank a reculé de 10 % en Asie, tandis que les fabricants sud-coréens SK Hynix et Samsung Electronics ont perdu respectivement 6,35 % et 4,05 %. En Europe, ASML a baissé de 5,48 %, STMicroelectronics de 5,83 % et Soitec de 13,71 % dans les échanges rapportés à Paris.

Les investisseurs redoutent une baisse des dépenses consacrées à l’entraînement des modèles, aux infrastructures et aux recrutements. Le secteur repose sur des accords de financement croisés entre grands groupes, fournisseurs de puces et laboratoires d’IA. Un ralentissement pourrait donc remettre en question le financement d’infrastructures déjà engagées.

La Banque des règlements internationaux a par ailleurs signalé une prudence croissante des investisseurs sur la rentabilité des futurs investissements dans l’IA, alors que la dette technologique augmente et que certaines opérations financières restent opaques. Le débat porte donc aussi sur la solidité financière d’un secteur dont les valorisations dépendent de dépenses et d’anticipations élevées.

L’ONU et Pékin réclament des garde-fous dans une rivalité de plus en plus stratégique

Volker Türk, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, appelle les Etats et les entreprises à agir « de toute urgence » pour encadrer les modèles d’IA de pointe. Il avertit que tous les droits humains sont concernés, notamment la vie privée, la santé, la sécurité et le fonctionnement des institutions démocratiques. La France annonce que l’IA sera au premier plan de l’agenda de l’Assemblée générale. Une réunion du Conseil de sécurité devrait aussi lui être consacrée.

Pékin rejette toutefois l’idée d’un ralentissement présenté comme une initiative américaine. Des responsables chinois accusent les Etats-Unis de chercher à préserver leur avance technologique et à entraver les modèles chinois ouverts. Dans le même temps, le ministre chinois de la Sécurité de l’Etat, Chen Yixin, décrit l’IA comme un nouveau champ de rivalité stratégique et alerte sur les risques qu’elle fait peser sur les infrastructures critiques et la sécurité nationale.

La Chine affirme aussi préparer des règles pour les agents autonomes, avec des mécanismes destinés à détecter, interrompre et corriger les comportements dangereux. Le débat international oppose ainsi la volonté de prévenir la perte de contrôle des systèmes avancés et la crainte que les règles de sécurité ne deviennent un instrument de compétition entre puissances.

Médianalyse du Yak

La couverture est fortement personnalisée autour du duel entre Donald Trump et Dario Amodei. La « conspiration malsaine », le « canular » et la promesse d’un président comme unique garde-fou occupent souvent le premier plan, devant les mécanismes précis de contrôle défendus par les entreprises.

Deux cadrages dominent. Le vocabulaire de l’apocalypse et de la perte de contrôle insiste sur le risque existentiel, tandis que les médias économiques se concentrent sur les actions, les puces, la dette et les centres de données. La controverse apparaît ainsi à la fois comme une alerte de sécurité et comme une menace pour un marché devenu sensible à toute remise en cause de ses anticipations.

La dimension internationale passe souvent par la rivalité entre Washington et Pékin. L’appel de l’ONU à protéger les droits humains et les initiatives chinoises de contrôle des agents autonomes élargissent pourtant le sujet : il ne porte pas seulement sur la vitesse de l’innovation américaine, mais aussi sur la possibilité de fixer des règles communes entre puissances concurrentes.

Article généré par le Yak

LES SOURCES65 médias · 196 sources

Le Monde 4 articles

Le Figaro 6 articles

Libération 1 article

Le Parisien 1 article

Le Nouvel Obs 1 article

L’Express 1 article

20 Minutes 1 article

Actu.fr 1 article

Franceinfo 2 articles

BFMTV 8 articles

BFM 1 article

France 24 3 articles

Euronews FR 2 articles

RMC 1 article

TV5MONDE 8 articles

La Dépêche du Midi 1 article

La Nouvelle République 1 article

Courrier International 2 articles

RFI 1 article

Le Temps 2 articles

La Libre 4 articles

RTS 1 article

Radio-Canada 2 articles

LaPresse 2 articles

Le Devoir 3 articles

Agence Anadolu 5 articles

BBC News 4 articles

The Guardian 2 articles

Financial Times 5 articles

The Washington Post 1 article

NPR 2 articles

The Globe and Mail 8 articles

Al Jazeera English 3 articles

South China Morning Post 5 articles

Channel NewsAsia 10 articles

The Hindu 3 articles

Folha de S.Paulo 6 articles

La Nación Argentina 8 articles

Daily Maverick 1 article

El País 3 articles

La Vanguardia 5 articles

Público 1 article

Die Zeit 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 1 article

De Standaard 6 articles

De Tijd 6 articles

NRC 2 articles

de Volkskrant 1 article

The Irish Times 3 articles

Neue Zürcher Zeitung 3 articles

Der Standard 2 articles

Dagens Nyheter 1 article

Aftenposten 5 articles

Helsingin Sanomat 1 article

Hospodářské noviny 2 articles

Telex 1 article

Adevărul 4 articles

Vanguardia 4 articles

El Tiempo 5 articles

La Tercera 6 articles

The National 3 articles

Dawn 3 articles

Alternatives Économiques 1 article

Sciences et Avenir 1 article

Le JDD 2 articles

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