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PRIX À LA POMPE

À Fos-sur-Mer, les pêcheurs bloquent un dépôt pétrolier contre la hausse du carburant

Le SP95-E10 atteint 2,15 euros le litre en moyenne et le gazole approche 2,35 euros. À Fos-sur-Mer, une cinquantaine de pêcheurs ont bloqué un dépôt pendant plusieurs heures avant d’être évacués. Le gouvernement écarte tout risque de pénurie, mais la colère s’étend.

108 sources · 32 médias · 5 min

Une cinquantaine de pêcheurs ont bloqué mardi matin la sortie d’un dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône, pour protester contre la hausse du carburant et la dégradation de leurs conditions de travail. Commencé vers 3 heures, le blocage a immobilisé une centaine de camions-citernes. Les forces de l’ordre sont intervenues peu avant 10 heures, permettant au dépôt de reprendre son activité. Un bref face-à-face a opposé les manifestants aux CRS et des palettes ont été incendiées sur place.

La mobilisation, portée par les comités régionaux des pêches d’Occitanie, de Provence-Alpes-Côte d’Azur et de Corse, des organisations de producteurs et des syndicats de marins, réclame des réponses sur les coûts d’exploitation, les contraintes administratives et réglementaires ainsi que le versement des aides. La ministre déléguée à la Mer et à la Pêche, Catherine Chabaud, a proposé de recevoir des représentants dans les prochains jours.

À la pompe, le litre de SP95-E10 s’établit à 2,15 euros en moyenne en France, un niveau supérieur au pic atteint en juin 2022. Le gazole se situe autour de 2,35 euros, proche de son record. La hausse est alimentée par la progression des cours du pétrole dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient et des tensions autour des détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb. Le gouvernement assure que l’approvisionnement reste assuré et qu’il n’existe pas de risque de pénurie.

À Sète et Port-Vendres, la mobilisation des pêcheurs s’étend sur le littoral

Le blocage de Fos-sur-Mer n’est pas une action isolée. La mobilisation avait commencé lundi à Sète et à Port-Vendres, avant de gagner Port-La Nouvelle. Les comités régionaux des pêches, les organisations de producteurs de Méditerranée et les syndicats de la profession ont annoncé un mouvement commun appelé à se poursuivre tant que des réponses concrètes ne seraient pas apportées.

Les pêcheurs dénoncent l’envolée du carburant, mais aussi une dégradation plus large de leurs conditions d’activité. Bernard Perez, président du comité régional des pêches d’Occitanie, évoque des règles qui changent fréquemment, un manque de visibilité et des aides versées trop tard. À Fos-sur-Mer, des banderoles dénonçaient également les contraintes européennes et l’attitude de l’État. La ministre Catherine Chabaud a dit avoir pris acte de ces revendications et proposé une rencontre dans les prochains jours.

Le plafonnement de TotalEnergies attire les automobilistes et irrite les distributeurs

La flambée des prix a déplacé une partie de la tension vers les stations-service. TotalEnergies plafonne actuellement ses tarifs à 1,99 euro le litre pour l’essence et à 2,25 euros pour le gazole. Ces prix attirent les automobilistes, mais provoquent des files d’attente et des ruptures ponctuelles dans certaines stations du groupe.

Les distributeurs concurrents dénoncent une concurrence déloyale. Dominique Schelcher, le patron de Système U, estime que les grandes surfaces ne peuvent pas s’aligner sur les tarifs d’un groupe qui produit et raffine lui-même son pétrole. La Fédération française des combustibles, carburants et chauffage a saisi l’Autorité de la concurrence pour abus de position dominante et concurrence déloyale. TotalEnergies affirme de son côté que ce plafonnement lui a déjà coûté entre 250 et 300 millions d’euros. Le groupe a gagné entre deux et trois points de part de marché, selon ses propres estimations.

Le plafonnement de TotalEnergies réduit la facture pour les clients qui trouvent du carburant, mais il concentre aussi la demande dans ses stations et renforce les difficultés dénoncées par les distributeurs concurrents. Le dispositif agit donc à la fois comme un amortisseur pour certains automobilistes et comme un facteur de déséquilibre commercial.

Le Yak

Plein réduit et trajets supprimés : les automobilistes cherchent à limiter la facture

Pour de nombreux automobilistes, la hausse se traduit par des arbitrages quotidiens. Des conducteurs limitent leurs déplacements, renoncent à certains loisirs, recourent au covoiturage ou ne mettent que quelques dizaines d’euros dans leur réservoir. Dans les territoires ruraux, où la voiture reste nécessaire pour travailler et faire les courses, les stations les moins chères attirent une clientèle toujours plus nombreuse.

La différence de prix avec les pays voisins pousse aussi certains Français à franchir la frontière. Des automobilistes se rendent en Andorre, en Espagne ou au Luxembourg pour faire le plein. En Andorre, le gazole est donné à 1,66 euro le litre et le SP95 à 1,63 euro. Certains témoignages évoquent une économie de 30 à 40 euros par plein. Dans le même temps, la crainte de payer davantage conduit des clients à réduire leurs achats de carburant, sans qu’une pénurie nationale soit constatée.

Les candidats proposent chèques, baisse des taxes ou blocage des prix

La hausse des carburants s’installe dans la campagne présidentielle et place le gouvernement sous pression. Le ministre de l’Économie Roland Lescure ouvre la porte à de nouvelles aides ciblées, mais écarte une baisse générale des taxes. Il affirme que l’État ne bénéficie pas d’un « trésor caché » grâce à la flambée des prix et promet de continuer à accompagner les pêcheurs.

À droite, Bruno Retailleau propose de supprimer les certificats d’économies d’énergie, un dispositif qui oblige les fournisseurs à financer des actions de réduction de la consommation. Il estime que cette mesure permettrait de réduire le prix à la pompe de 15 à 17 centimes par litre. À gauche, Jean-Luc Mélenchon réclame un blocage des marges des raffineurs et un prix du litre à 1,70 euro. Marine Le Pen défend une baisse de la TVA sur l’énergie de 20 % à 5,5 %. D’autres responsables proposent un chèque pour les particuliers ou des mesures ciblées en faveur des professionnels.

Médianalyse du Yak

La couverture est dominée par deux images fortes : le dépôt pétrolier bloqué à Fos-sur-Mer et le litre d’essence à 2,15 euros, au-dessus du pic de 2022. Le vocabulaire de la colère, du blocage et de la pénurie redoutée donne à la séquence une tonalité de crise immédiate, alors même que les autorités et les distributeurs affirment que l’approvisionnement reste assuré.

Les publications locales et les reportages de terrain rendent surtout visibles les files d’attente, les pleins réduits et les arbitrages des ménages. Les traitements plus économiques déplacent l’attention vers les marges des raffineurs, le plafonnement de TotalEnergies et les tensions entre distributeurs. Le prix payé par les consommateurs domine ainsi la couverture, tandis que la structure des taxes et les mécanismes de formation du prix restent davantage en retrait.

La séquence est rapidement personnalisée par les prises de position politiques. Les propositions de Bruno Retailleau, de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen donnent une traduction électorale à la hausse des carburants, alors que la mobilisation des pêcheurs porte aussi sur les contraintes administratives et la viabilité de leur activité. Deux cadrages coexistent : une crise générale du pouvoir d’achat et un conflit professionnel propre au secteur de la pêche.

Article généré par le Yak

LES SOURCES32 médias · 108 sources

Le Monde 1 article

Le Figaro 2 articles

Le Parisien 4 articles

Le Nouvel Obs 1 article

L’Humanité 1 article

La Croix 1 article

HuffPost France 3 articles

20 Minutes 2 articles

Actu.fr 1 article

Franceinfo 16 articles

BFMTV 23 articles

France 24 3 articles

RMC 4 articles

TV5MONDE 3 articles

Public Sénat 1 article

La Dépêche du Midi 5 articles

Le Progrès 1 article

Le Dauphiné Libéré 2 articles

Nice-Matin 4 articles

L’Indépendant 5 articles

Midi Libre 3 articles

La Provence 1 article

La Montagne 8 articles

France Bleu 3 articles

DNA 1 article

L’Alsace 1 article

JSL 1 article

La Nouvelle République des Pyrénées 1 article

La Dernière Heure 3 articles

Agence Anadolu 1 article

El País 1 article

Adevărul 1 article

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