MER ROUGE ET YÉMEN
Les houthistes prennent le contrôle de Bab Al-Mandab
Après leur offensive sur la côte yéménite de la mer Rouge, les rebelles contrôlent désormais le détroit stratégique et annoncent un blocus visant les navires saoudiens. Riyad promet de riposter, tandis que l’Égypte et le Qatar redoutent les effets d’une crise sur la navigation et le commerce mondial.
63 sources · 40 médias · 5 min
Les houthistes ont pris le contrôle du détroit de Bab Al-Mandab après une offensive éclair sur la côte yéménite de la mer Rouge. Ils se sont emparés notamment du port de Mokha et de l’île de Mayyun, qui surplombe le passage reliant la mer Rouge au golfe d’Aden et à l’océan Indien. Le mouvement contrôle désormais l’ensemble du littoral yéménite de la mer Rouge et a déclaré un blocus visant les navires saoudiens.
Cette avancée place l’Arabie saoudite dans une situation particulièrement difficile. Bab Al-Mandab est devenu une voie essentielle pour ses exportations de pétrole, alors que le trafic dans le détroit d’Ormuz est déjà perturbé. Les houthistes ont également lancé des attaques de missiles balistiques et de drones contre le sud du royaume. La coalition dirigée par Riyad a fait état de treize civils blessés et de dégâts sur des habitations et des véhicules. L’Arabie saoudite a promis de répondre avec « fermeté ».
La prise du détroit dépasse le seul théâtre yéménite. Une fermeture du passage menacerait une route maritime majeure entre l’Europe et l’Asie et accentuerait la pression sur les approvisionnements énergétiques. L’Égypte et l’Arabie saoudite appellent à garantir la liberté de navigation en mer Rouge, tandis que le Qatar juge une fermeture de Bab Al-Mandab « catastrophique pour le monde ».
Mokha, Mayyun et les îles Hanish renforcent le contrôle houthi sur la mer Rouge
L’avancée houthie ne s’est pas limitée au détroit. Après la prise de Mokha et de l’île de Mayyun, les rebelles ont aussi conquis les îles de Grande et Petite Hanish, au large de la côte yéménite. Ces positions renforcent leur capacité à menacer les navires qui empruntent la route de la mer Rouge.
La progression a été rapide face aux forces gouvernementales soutenues par Riyad. Leur défaite est attribuée, dans les analyses disponibles, à la discipline militaire des houthistes, mais aussi à la désunion persistante du camp adverse. Les accusations d’incompétence, de sabotage et de trahison se multiplient contre des commandants locaux et les alliés régionaux du gouvernement yéménite.
Fondé dans les années 1990 au nom de la défense de la communauté zaïdite, le mouvement s’est transformé sous la direction d’Abdel Malek Al-Houthi en une force politique et militaire qui contrôle déjà une grande partie du nord du pays. Son porte-parole militaire, Yahya Saree, est l’une des principales figures publiques du groupe.
Treize civils blessés en Arabie saoudite après des tirs houthistes
Les houthistes ont lancé une nouvelle série d’attaques contre le territoire saoudien avec des missiles balistiques et des drones. La coalition dirigée par Riyad a annoncé que treize civils avaient été blessés à Khamis Mushait, Abha et Taïf. Des dégâts ont été signalés sur sept maisons et deux véhicules.
Les rebelles ont revendiqué une attaque de grande ampleur contre la base aérienne King Khalid, à Khamis Mushait, menée avec des dizaines de missiles et de drones. Ils ont également affirmé que l’Arabie saoudite avait mené plus de cinquante frappes aériennes au Yémen. Les houthistes ont ensuite fait état de trois morts et de deux blessés dans ces bombardements, un bilan qui leur est attribué.
Les autorités saoudiennes ont diffusé des alertes dans plusieurs régions, dont La Mecque, Jeddah et Taïf, avant de les annuler rapidement. Riyad affirme vouloir protéger la souveraineté du royaume et prendre les mesures opérationnelles nécessaires pour dissuader les attaques. L’Iran dément de son côté toute implication directe dans la guerre au Yémen.
L’Égypte et l’Arabie saoudite veulent sécuriser Bab Al-Mandab et Ormuz
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi ont appelé à garantir « la liberté et la sécurité de la navigation » en mer Rouge. La déclaration est intervenue lors d’une rencontre au Caire consacrée à l’escalade régionale.
L’Égypte a réaffirmé son soutien à l’Arabie saoudite pour protéger sa sécurité et sa stabilité. Les deux pays ont également appelé à sécuriser les détroits de Bab Al-Mandab et d’Ormuz, dont les perturbations simultanées exposent les routes maritimes et énergétiques à une pression accrue.
Le Qatar a adopté un ton plus alarmiste tout en appelant au dialogue. Son ministère des affaires étrangères a averti qu’une fermeture de Bab Al-Mandab serait « catastrophique pour l’ensemble du monde » et a plaidé pour la diplomatie. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit par ailleurs se réunir pour examiner le blocus imposé par les houthistes.
La menace sur Bab Al-Mandab fait monter le pétrole et fragilise les échanges
La montée des tensions entre Riyad et les houthistes a contribué à faire monter les cours du pétrole. Le baril de Brent a dépassé 107 dollars après les frappes contre l’Arabie saoudite, un pays qui compte parmi les principaux exportateurs mondiaux de brut et dont les infrastructures sont déjà au centre des inquiétudes.
Bab Al-Mandab n’est pas seulement une route pour les hydrocarbures. Le détroit relie la Méditerranée et le canal de Suez aux marchés asiatiques et voit passer du pétrole, des véhicules et des produits manufacturés. Un blocage obligerait les navires à éviter ce passage stratégique et menacerait les échanges entre l’Europe et l’Asie.
La pression s’exerce aussi sur les voies de contournement saoudiennes. L’oléoduc Est-Ouest, utilisé pour éviter le détroit d’Ormuz, est présenté comme vulnérable à des attaques de groupes alliés de l’Iran en Irak. Riyad se retrouve ainsi exposé à l’est comme à l’ouest, tandis que les acteurs humanitaires alertent sur les difficultés croissantes d’acheminer nourriture et aide dans une région déjà déstabilisée.
La prise de Bab Al-Mandab transforme une offensive yéménite en pression régionale : elle menace à la fois les exportations saoudiennes, les routes commerciales entre l’Europe et l’Asie et les voies de contournement de Riyad. La riposte militaire annoncée par l’Arabie saoudite ne supprime donc pas la vulnérabilité créée par cette accumulation de points de passage exposés.
Médianalyse du Yak
Dans la couverture observée, la dimension géopolitique et maritime domine nettement : les houthistes sont présentés comme les nouveaux maîtres d’un passage stratégique, tandis que l’Arabie saoudite apparaît au centre d’un rapport de force régional. Un vocabulaire de la menace revient fréquemment, autour des « routes du pétrole », du « blocus » et de la « catastrophe ».
Deux cadrages coexistent. Les publications généralistes et internationales insistent sur les missiles, les alertes visant les villes saoudiennes et la riposte de Riyad ; les publications économiques mettent davantage l’accent sur le pétrole, le canal de Suez et les échanges entre l’Europe et l’Asie. La crise humanitaire yéménite, pourtant mentionnée dans plusieurs articles, reste plus souvent en arrière-plan que le risque de choc énergétique mondial.
La séquence est fortement personnalisée autour de Mohammed ben Salmane, d’Abdel Fattah Al-Sissi et d’Abdel Malek Al-Houthi. Cette personnalisation rend le rapport de force lisible, mais laisse moins de place aux divisions du camp gouvernemental yéménite et aux difficultés locales qui ont favorisé l’avancée rebelle.
Article généré par le Yak
LES SOURCES40 médias · 63 sources
Le Monde 2 articles
Le Figaro 6 articles
- Face aux attaques houthies, l’Arabie saoudite se retrouve «seule dans un environnement hostile», malgré ses multiples alliances régionales
- Guerre en Iran : pourquoi les tensions autour du détroit de Bab al-Mandab font craindre un choc économique mondial
- « La détresse saoudienne peut accroître le besoin d’Israël » : face aux houthistes, l’Arabie saoudite se tourne discrètement vers l’État hébreu
- Nouvelles alliances, armements améliorés… Comment les houthistes sont parvenus à humilier l’Arabie saoudite
- Bab al-Mandab, Ormuz, oléoduc saoudien… Les «routes du pétrole» menacées par l’avancée des Houthis
- Le Qatar avertit qu'une fermeture du détroit de Bab el-Mandeb serait «catastrophique»
Le Parisien 1 article
L’Express 1 article
L’Humanité 1 article
La Croix 1 article
Atlantico 1 article
BFMTV 1 article
BFM 1 article
France 24 2 articles
Euronews FR 1 article
TV5MONDE 1 article
Courrier International 2 articles
RFI 1 article
Mediapart 1 article
Le Temps 1 article
La Libre 2 articles
Radio-Canada 1 article
LaPresse 1 article
Le Devoir 1 article
Agence Anadolu 1 article
The Guardian 2 articles
Financial Times 1 article
The New York Times 1 article
The Washington Post 2 articles
The Globe and Mail 2 articles
Al Jazeera English 4 articles
Channel NewsAsia 1 article
The Hindu 3 articles
El País 1 article
Público 1 article
de Volkskrant 2 articles
The Irish Times 1 article
Der Standard 1 article
Gazeta Wyborcza 1 article
The National 6 articles
- Yemen warns Bab Al Mandeb is at risk of becoming a ‘blackmail card’
- Houthi gains test Trump’s limits on US military involvement and ties with Saudi Arabia
- Saudi Arabia and Egypt press for Red Sea security as Crown Prince visits Cairo
- US expects change in Red Sea security situation 'soon'
- Saudi-Houthi attacks intensify, TotalEnergies seeks Iraq-Syria pipeline stake and Widow’s Bay wins 14 Emmys
- Iran war latest: US expects a change in the Red Sea security situation 'soon', says Trump adviser