ÉTATS-UNIS
Trump annonce l’exclusion de CNN, MS NOW et Politico de la Maison-Blanche
Donald Trump accuse ces trois médias de diffuser des « fake news » et menace d’étendre la mesure à d’autres organes de presse. Son application concrète et sa conformité au premier amendement sont déjà contestées.
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Donald Trump a annoncé vendredi 18 septembre l’exclusion de CNN, de MS NOW — l’ancien MSNBC — et du média en ligne Politico de la Maison-Blanche. Dans un message publié sur Truth Social, le président américain les a accusés de relayer en permanence de « FAUSSES INFORMATIONS » et a prévenu que d’autres médias « propagateurs de fausses informations » pourraient subir le même sort.
Le président a revendiqué le droit de prendre cette mesure, affirmant que les trois médias avaient accumulé les mensonges et publiaient volontairement des informations négatives sur son administration. Il a cité Fox News et Breitbart en exemple. L’annonce intervient alors que Donald Trump fait face à des difficultés politiques liées au coût de la vie, à la hausse du prix des carburants et à la guerre en Iran. Les républicains risquent par ailleurs de perdre le contrôle de l’une, voire des deux chambres du Congrès lors des élections législatives du 3 novembre.
La Maison-Blanche n’a pas immédiatement précisé comment l’exclusion serait appliquée. Les journalistes disposent d’accréditations pour accéder aux espaces réservés à la presse, tandis que l’administration contrôle aussi la composition du groupe restreint autorisé à entrer dans le Bureau ovale ou à voyager dans l’avion présidentiel. Au moment de l’annonce, des journalistes de CNN et de Politico se trouvaient encore dans l’espace presse de la Maison-Blanche.
Les médias visés et les correspondants de la Maison-Blanche dénoncent une attaque contre la presse
CNN a qualifié l’exclusion annoncée de la Maison-Blanche d’« attaque illégale » et assuré soutenir le travail de son équipe sur place. Politico a promis de « défendre vigoureusement » ses droits. MS NOW n’a pas commenté immédiatement.
L’Association des correspondants à la Maison-Blanche a pris position aux côtés des journalistes visés. Sa présidente, Jacqui Heinrich, également journaliste à Fox News, a déclaré soutenir des confrères pris pour cible pour avoir fait leur travail. Pour Bruce Brown, président du Reporters Committee for Freedom of the Press, l’interdiction serait « tout simplement inconstitutionnelle » si elle était mise en œuvre et serait levée par la justice.
Le premier amendement de la Constitution américaine garantit la liberté de la presse. La contestation porte donc à la fois sur la décision présidentielle et sur le contrôle de l’accès aux espaces de travail des journalistes. L’annonce ne précisait pas quelles accréditations seraient retirées ni comment la mesure s’appliquerait au pool chargé de couvrir les déplacements et les apparitions présidentielles.
L’annonce est présentée comme immédiate, mais des journalistes de CNN et de Politico étaient encore présents dans les espaces réservés à la presse. Le décalage entre la décision proclamée et son application concrète dépend du contrôle des accréditations et du pool présidentiel, pas seulement d’une interdiction formulée sur un réseau social.
Après l’Associated Press, Trump élargit son affrontement avec les médias critiques
L’annonce de Donald Trump prolonge une série d’attaques contre des médias dont il juge la couverture défavorable, pendant son premier mandat comme depuis son retour au pouvoir début 2025. Le président les a visés devant les tribunaux, sur Truth Social ou lors d’échanges directs avec des journalistes.
La Maison-Blanche avait déjà écarté l’agence Associated Press du pool habituel couvrant les déplacements présidentiels après son refus d’adopter l’appellation « Golfe d’Amérique » pour le golfe du Mexique. Depuis le début du second mandat, l’administration a aussi ouvert ses portes à des animateurs et à des créateurs de contenu alignés sur l’idéologie du président. Donald Trump entretient ainsi une relation à double face avec les médias : il multiplie les échanges impromptus et recherche leur attention, tout en attaquant régulièrement les journalistes qui le critiquent.
La nouvelle mesure intervient dans un moment politiquement difficile pour le président. Les sondages cités dans la couverture annoncent un risque de perte du contrôle d’une, voire des deux chambres du Congrès par les républicains lors des élections de novembre. Les accusations de « fake news » visent trois médias précis, mais la menace d’autres exclusions élargit le conflit à l’ensemble des organes de presse jugés hostiles par la Maison-Blanche.
Médianalyse du Yak
Dans la couverture observée, le vocabulaire de l’affrontement domine : « guerre contre les médias », « escalade », « attaque contre le premier amendement » ou « bannissement ». La description technique des accréditations et du pool présidentiel reste plus en retrait, alors que ces mécanismes déterminent la portée réelle de la mesure.
La séquence est fortement personnalisée autour de Donald Trump et de ses accusations de « fake news ». Les publications insistent sur le caractère inédit ou spectaculaire de l’annonce, tandis que les exemples précis de reportages reprochés aux trois médias restent peu présents. Le conflit politique et constitutionnel est donc plus visible que le contenu des griefs présidentiels.
Article généré par le Yak