GUERRE EN UKRAINE
Trump signe une loi permettant jusqu’à 100 % de droits de douane contre les acheteurs d’énergie russe
Donald Trump a promulgué le 18 septembre une loi qui renforce l’arsenal américain contre Moscou. Le texte cible l’énergie russe et la « flotte fantôme », et permet au président d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % aux grands importateurs, dont la Chine et l’Inde.
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Donald Trump a promulgué vendredi 18 septembre la loi Graham, première action majeure du Congrès américain contre Moscou depuis son retour au pouvoir. Le texte renforce les sanctions liées à la guerre en Ukraine et cible particulièrement le secteur énergétique russe.
La loi vise aussi Vladimir Poutine et d’autres hauts responsables russes. Elle cible pour la première fois la « flotte fantôme » de pétroliers utilisée pour contourner les sanctions occidentales. Surtout, elle autorise le président américain à imposer des droits de douane allant jusqu’à 100 % aux cinq principaux acheteurs de pétrole et de gaz russes, parmi lesquels la Chine et l’Inde. Elle donne à la Maison Blanche ce pouvoir sans déclencher automatiquement ces tarifs.
Volodymyr Zelensky a salué sur X un « outil extrêmement puissant capable de mettre un terme à cette guerre terroriste et de pousser la Russie à faire la paix ». La promulgation intervient alors que les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner se sont récemment rendus à Kiev et à Moscou, dans le cadre d’une relance affichée du dialogue.
Pékin dénonce des sanctions américaines avant la rencontre Trump-Xi
La Chine a dénoncé samedi des mesures américaines « unilatérales », non autorisées par l’ONU et « sans fondement » en droit international. Le ministère chinois du Commerce a affirmé suivre les prochaines démarches de Washington et s’est réservé le droit de prendre les mesures nécessaires pour défendre les intérêts chinois et ceux de ses entreprises.
Pékin est directement concerné par le dispositif américain en tant qu’important acheteur de pétrole russe. La promulgation de la loi intervient une semaine avant une rencontre prévue entre Donald Trump et Xi Jinping à Washington.
L’Inde, autre grand importateur d’hydrocarbures russes, avait indiqué jeudi vouloir continuer à diversifier ses sources d’approvisionnement. New Delhi importe toujours du pétrole russe malgré les sanctions déjà en place, alors que Washington considère que ces achats contribuent au financement de la guerre menée par Moscou.
La mesure américaine ne fixe pas elle-même de droits de douane contre la Chine ou l’Inde : elle donne à Donald Trump la faculté de les imposer. Cette autorisation suffit toutefois à placer les deux grands acheteurs d’énergie russe au centre de la séquence diplomatique, à la veille du rendez-vous entre les présidents américain et chinois.
Washington autorise une vente potentielle de 2,68 milliards de dollars pour la défense aérienne ukrainienne
Les États-Unis ont également approuvé vendredi une possible vente à l’Ukraine de 2,68 milliards de dollars d’équipements et de services destinés à la défense aérienne. Le projet doit notamment inclure des missiles dérivés du S-300, des missiles GAM-67 et des radars antidrones.
Cette autorisation ne vaut pas livraison immédiate : elle ouvre la voie à une vente potentielle, qui serait financée par des fonds américains et européens. Elle intervient alors que Moscou intensifie ses attaques contre l’Ukraine.
Sur une ligne de front décrite comme largement figée, la Russie multiplie les frappes de missiles et de drones contre l’arrière ukrainien. Depuis l’été, ses bombardements se sont intensifiés, notamment grâce à sa capacité industrielle et à l’emploi de drones à réaction, tandis que les défenses antiaériennes ukrainiennes sont soumises à une forte pression.
Le renouvellement de près de 3 000 sanctions européennes bloqué par le débat sur deux oligarques
L’Union européenne doit renouveler avant le 21 septembre près de 3 000 mesures visant des personnes liées à l’effort de guerre russe. La décision exige l’unanimité des États membres.
Paris et Bratislava conditionnent leur accord au retrait de deux oligarques russes de la liste européenne, ce qui bloque les discussions. Des diplomates européens ont averti que, sans compromis dans les délais, ces mesures pourraient cesser de s’appliquer.
Cette négociation européenne intervient alors que Washington annonce son propre durcissement. Les deux séquences ne portent pas sur les mêmes dispositifs : la loi américaine ouvre la possibilité de frapper les acheteurs d’énergie russe, tandis que le débat européen concerne le renouvellement de sanctions existantes contre des personnes associées à la guerre.
Médianalyse du Yak
La couverture se concentre fortement sur le seuil de 100 % et sur les pays susceptibles d’être visés, surtout la Chine et l’Inde. Le dispositif est ainsi souvent présenté comme une pression indirecte sur Moscou par ses débouchés énergétiques, davantage que comme un simple nouveau train de sanctions contre la Russie.
Deux cadrages coexistent : une grande partie des publications relie la loi au soutien occidental à l’Ukraine, tandis que la presse asiatique insiste davantage sur l’exposition commerciale de Pékin et de New Delhi. The New York Times met de son côté en avant la latitude dont dispose Donald Trump pour déroger aux exigences du texte, une nuance moins visible dans les présentations centrées sur les tarifs à 100 %.
Plusieurs médias européens ont traité dans une même séquence le durcissement des sanctions et l’autorisation de vente de défense aérienne à Kiev. Ce rapprochement rend plus visible la combinaison d’une pression économique sur la Russie et d’un soutien militaire à l’Ukraine.
Article généré par le Yak