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PRÉSIDENTIELLE 2027

Bayrou détaille sa primaire du centre, mais peine à lui trouver des candidats

François Bayrou propose dix parrainages parlementaires avant la fin octobre, des débats pendant deux mois et un vote en janvier pour désigner début février un candidat commun, des sociaux-démocrates aux gaullistes. À gauche, la primaire social-démocrate est fragilisée par la suspension de Philippe Brun et les attaques contre Raphaël Glucksmann.

63 sources · 22 médias · 5 min

La bataille de la présidentielle de 2027 se joue déjà autour d’une question : comment départager les candidatures et éviter la dispersion des voix au premier tour. François Bayrou veut organiser une primaire ouverte du « grand fleuve central », réunissant les forces allant des sociaux-démocrates aux gaullistes. Il en a précisé le calendrier lors de la rentrée du MoDem : parrainage de dix parlementaires avant la fin octobre, deux mois de débats et de meetings, premier tour en janvier par internet, puis second tour quinze jours plus tard. Le candidat unique serait désigné début février.

Bayrou présente cette procédure comme un moyen d’éviter un second tour opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon. Mais les participants restent incertains : Édouard Philippe refuse une primaire, Gabriel Attal ne l’a pas formellement écartée et Thierry Breton a été la seule personnalité invitée à la rentrée du MoDem à sembler soutenir la proposition. À gauche, la primaire social-démocrate se prépare dans un climat tendu, tandis que Les Écologistes doivent encore décider s’ils maintiennent une candidature autonome. Chaque famille cherche ainsi une méthode de rassemblement sans renoncer à son propre positionnement.

Bayrou propose dix parrainages et un vote en ligne pour départager le centre

François Bayrou veut organiser la primaire du « grand fleuve central » avant l’entrée officielle dans la campagne présidentielle. Il propose de filtrer les candidatures par un parrainage de dix parlementaires avant la fin octobre, puis de consacrer deux mois aux débats télévisés et aux meetings. Le premier tour aurait lieu en janvier, probablement autour du 15, par internet, et le second quinze jours plus tard. Le candidat commun serait connu début février.

Le président du MoDem s’adresse notamment à Édouard Philippe et à Gabriel Attal. Au premier, qui refuse toute primaire, il demande ce qu’il aurait à craindre d’une désignation par les électeurs. Pour Bayrou, un candidat choisi par ce vote bénéficierait d’une légitimité supplémentaire. Il affirme qu’une candidature dispersée des forces situées entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ferait courir le risque d’un second tour entre les deux extrêmes.

Cette architecture reste toutefois en attente de participants. Bernard Cazeneuve, Jean-Louis Borloo, Xavier Bertrand et Thierry Breton figuraient parmi les personnalités conviées à la rentrée du MoDem. Thierry Breton a été le seul à sembler soutenir la proposition, tandis que Xavier Bertrand estime qu’une primaire est contraire à l’esprit actuel de la Ve République.

Bayrou a déjà fixé les règles et le calendrier de sa primaire, mais il n’a pas obtenu l’accord des principaux candidats qu’il veut réunir. La précision de la procédure contraste ainsi avec l’incertitude sur sa participation.

Le Yak

Philippe Brun réclame sa réintégration dans la primaire socialiste

Philippe Brun réclame sa réintégration dans la primaire de la gauche et au Parti socialiste, après avoir été suspendu à titre conservatoire à la suite d’accusations de violences formulées par une ancienne collaboratrice. Le député de l’Eure affirme que le bureau national du PS a été trompé et que rien ne justifie sa mise à l’écart.

La décision divise les candidats. Jérôme Guedj la juge « extrêmement violente » et estime que la direction socialiste est allée « vite en besogne ». Il s’étonne également qu’elle n’ait pas agi plus tôt, alors que des alertes auraient été évoquées dès le début de l’été. La réintégration de Philippe Brun n’est pas actée dans les éléments disponibles.

À Bram, Glucksmann reçoit l’appui de Carole Delga contre la ligne LFI

Raphaël Glucksmann a reçu le soutien de Carole Delga lors des Rencontres de la gauche organisées à Bram, dans l’Aude. Près de 2 500 personnes ont assisté à son discours dans le parc où se tenait le rendez-vous annuel de la présidente socialiste de la région Occitanie. Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel figuraient également parmi les candidats présents.

La séquence vise à installer le dirigeant de Place publique auprès d’une gauche de territoire, rurale et opposée à La France insoumise. Pour cette « gauche cassoulet », Glucksmann représente la possibilité de reconstruire une social-démocratie entre LFI et les héritiers de la macronie. Son profil reste pourtant extérieur au PS : son parti est Place publique et sa candidature doit passer par la primaire social-démocrate organisée par les socialistes.

Ségolène Royal attaque ce positionnement. Elle reproche à l’eurodéputé son manque d’expérience et l’accuse de préparer une alliance avec le centre et la droite pour faire barrage à LFI. Elle défend une autre conception de la primaire : rassembler d’abord son camp au premier tour, puis élargir au second. Elle a résumé son jugement sur Glucksmann par la formule : « Vous ne mettez pas un stagiaire à la tête d’une entreprise. »

Les Écologistes voteront en décembre sur une candidature autonome

Les Écologistes doivent organiser en décembre un référendum sur le maintien ou non d’une candidature autonome à la présidentielle. La décision intervient alors que la stratégie du mouvement fait l’objet de doutes internes.

Un audit interne porte également un regard critique sur la sociologie du parti et relève des défaillances en matière de violences et de discriminations. Le vote ne portera donc pas seulement sur le choix d’un candidat : il doit aussi préciser la place des écologistes dans les discussions entre la gauche, le centre et les autres forces susceptibles de rechercher un accord.

Retailleau, Philippe et Attal se disputent la place de candidat de la droite

Bruno Retailleau, Édouard Philippe et Gabriel Attal sont engagés dans une compétition sans primaire officiellement organisée. Les trois hommes cherchent à s’imposer comme le candidat de leur espace politique. Les publications consacrées à cette « primaire sauvage » présentent l’issue comme une sélection de fait : un seul d’entre eux pourrait rester au premier tour.

Éric Ciotti tente de déplacer ce rapport de force. Le président de l’UDR, allié à Marine Le Pen, appelle Bruno Retailleau à rejoindre « une maison de droite forte ». Il estime que la démarche du président des Républicains ne peut pas le conduire à la victoire au second tour et redoute qu’il finisse par rejoindre Édouard Philippe sous la pression des appels au retrait.

Ciotti envisage une scission de la droite entre les élus qui iraient vers Édouard Philippe et ceux qui rejoindraient l’UDR. Louis Aliot affirme de son côté que les électorats pourraient se tourner naturellement vers le RN si Bruno Retailleau ne le faisait pas. La sélection du candidat passe donc aussi par les appels au retrait, les ralliements et la concurrence entre familles de droite.

Médianalyse du Yak

La couverture est fortement personnalisée autour de quelques formules : Bayrou et son « grand fleuve central », Royal et le « stagiaire » Glucksmann, ou encore l’appel de Ciotti à Retailleau. Ces déclarations donnent une visibilité immédiate aux affrontements de personnes.

Les aspects techniques restent davantage en retrait : règles de parrainage, vote par internet, calendrier de la primaire du centre, référendum des écologistes ou procédure de suspension au PS. Deux cadrages coexistent ainsi : celui des petites phrases et du rapport de force, très visible, et celui des mécanismes de sélection, qui déterminent concrètement les candidatures.

Article généré par le Yak

LES SOURCES22 médias · 63 sources

Le Monde 6 articles

Le Figaro 3 articles

Libération 3 articles

Le Parisien 3 articles

Le Nouvel Obs 1 article

HuffPost France 2 articles

20 Minutes 5 articles

Franceinfo 2 articles

BFMTV 16 articles

TV5MONDE 3 articles

Le Progrès 2 articles

Le Dauphiné Libéré 2 articles

Nice-Matin 1 article

La Provence 2 articles

La Montagne 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 2 articles

L’Alsace 1 article

JSL 2 articles

Le Bien Public 2 articles

Mediapart 2 articles

Le Temps 1 article

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