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CRISE POLITIQUE EN ALLEMAGNE

La CDU disparaît d’un Parlement régional pour la première fois depuis 1945

La CDU a été éliminée du Parlement du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, tandis que l’AfD s’impose dans l’Est et que Die Linke arrive en tête à Berlin. Friedrich Merz reconnaît un « désastre », mais refuse de démissionner et veut maintenir sa coalition avec le SPD.

199 sources · 70 médias · 5 min

La CDU de Friedrich Merz a subi trois revers régionaux en septembre. Le 6 septembre, l’AfD a obtenu 44,8 % des voix en Saxe-Anhalt. Le 20 septembre, la CDU est passée sous la barre des 5 % dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et n’aura aucun élu au Parlement régional : depuis l’après-guerre, le parti n’avait jamais été exclu d’un Landtag. L’AfD y est arrivée en tête avec environ 38 % des voix.

À Berlin, Die Linke a obtenu près de 26 % des suffrages, contre environ 19 à 20 % pour la CDU ; l’AfD a progressé autour de 15 à 16 %. Friedrich Merz a qualifié la séquence de « désastre », tout en affirmant qu’il resterait président de la CDU et chancelier. Il veut maintenir sa coalition avec le SPD et poursuivre les réformes destinées à relancer une économie stagnante, alors que les défaites renforcent les critiques internes et les demandes de changement du partenaire social-démocrate. L’AfD est désormais créditée de près de 30 % dans les sondages nationaux cités dans la couverture, devant la CDU.

Dans le Mecklembourg, la CDU perd tout élu au Parlement régional

Le résultat du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale constitue le revers le plus concret pour la CDU : avec moins de 5 % des voix, elle ne disposera d’aucun élu au Parlement régional. L’AfD, qui a obtenu environ 38,2 %, y a plus que doublé son score selon les résultats cités dans la couverture électorale.

Cette victoire ne garantit pas à l’AfD la direction du Land. Dépourvue d’alliés, elle laisse une alliance de gauche en meilleure position pour former l’exécutif régional. Le scrutin confirme néanmoins son implantation dans l’Est allemand, après son succès en Saxe-Anhalt deux semaines plus tôt. À Weissenfels, en Saxe-Anhalt, le maire CDU Martin Papke a estimé que « 80 % du succès de l’extrême droite vient de son marketing extrêmement efficace ».

Les analyses consacrées à cette progression évoquent aussi la désindustrialisation, le sentiment de déclassement et les difficultés du modèle économique allemand. Ces facteurs ne résument pas le vote, mais donnent un cadre aux scores particulièrement élevés de l’AfD dans l’ex-Allemagne de l’Est.

Merz veut relancer la coalition malgré les réformes bloquées

Friedrich Merz a répondu à la débâcle par la continuité. Il veut maintenir la coalition avec le Parti social-démocrate et faire aboutir les réformes promises pour relancer l’économie. Il les présente comme « l’antidote contre le poison de l’autoritarisme », en référence à l’AfD.

Cette stratégie se heurte à l’état de la coalition. Les réformes traînent en raison de désaccords entre la CDU et le SPD, ainsi que de divergences au sein du camp conservateur. Lars Klingbeil, dirigeant du SPD et ministre des Finances, a déclaré : « Nous restons engagés dans cette coalition, mais on ne peut pas continuer comme ces derniers mois. Il faut des changements. » Il a aussi averti que « foncer tête baissée contre le mur » ne fonctionnerait pas.

Le chancelier doit donc convaincre son parti, son partenaire gouvernemental et des électeurs qui ne sont pas revenus vers la CDU malgré le durcissement de la politique migratoire mis en avant par Merz. Son maintien ne règle pas la question de l’inflexion à donner au gouvernement pour retrouver une adhésion électorale sans rompre l’équilibre de la coalition.

Merz présente les réformes comme le moyen de contenir l’autoritarisme, mais leur retard alimente la crise politique qu’il veut enrayer. Son pari consiste à obtenir rapidement des résultats avec une coalition dont les partenaires demandent déjà un changement de cap.

Le Yak

À Berlin, Die Linke passe devant la CDU, tandis que l’AfD progresse

Le revers de Berlin n’a pas le même visage que celui du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Dans la capitale, Die Linke est arrivée en tête avec environ 25 à 26 % des voix, devant la CDU, autour de 19 à 20 %. L’AfD a également progressé, avec un score situé entre 15 et 16 %.

La défaite prive la CDU de la première place dans une ville où elle espérait conserver une position dirigeante. Des discussions entre partis de gauche sont envisagées pour former le prochain exécutif, mais la composition de la majorité reste distincte de la victoire électorale de Die Linke.

Le résultat place la CDU face à deux concurrents différents : l’AfD dans l’Est et Die Linke à Berlin, tandis que l’AfD progresse aussi dans la capitale. Le chancelier a parlé de « forces destructives » pour désigner les deux mouvements, une formule qui souligne le recul du centre politique dans la séquence électorale.

La progression de l’AfD pèse sur la position européenne de l’Allemagne

La progression de l’AfD ne modifie pas seulement les équilibres régionaux allemands. Décrit dans la couverture comme antimigrants, prorusse et hostile à l’approfondissement européen, le parti arrive en tête des sondages nationaux cités par plusieurs publications, avec près de 30 % des intentions de vote, devant la CDU.

Cette dynamique inquiète les partenaires de Berlin. Les institutions européennes et plusieurs capitales redoutent qu’un gouvernement allemand affaibli se replie sur ses priorités nationales au moment où l’Union attend de l’Allemagne qu’elle pèse dans les dossiers communs. Le risque évoqué n’est pas une prise de pouvoir immédiate de l’AfD dans les Länder concernés : en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, le parti est arrivé en tête, mais ne dispose pas d’alliés pour former l’exécutif. Il tient à la pression croissante exercée sur la politique allemande et sur la capacité de Berlin à agir en Europe.

Le Kremlin a proposé sa propre lecture du scrutin. Son porte-parole Dmitri Peskov a relié la progression de l’AfD à la décision de l’Allemagne de ne plus acheter de gaz russe bon marché. Cette explication relève d’une déclaration politique russe et ne constitue pas, à elle seule, une démonstration de la cause du vote.

Médianalyse du Yak

La couverture est fortement personnalisée autour de Friedrich Merz : « survie politique », « siège éjectable », « crépuscule » et maintien au pouvoir reviennent plus souvent que le détail des mécanismes électoraux. Le chiffre le plus visible est celui de l’AfD dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, tandis que la formation des exécutifs régionaux reste davantage au second plan.

Deux cadrages coexistent. Une partie des publications insiste sur le séisme subi par la CDU et sur l’affrontement entre les extrêmes ; d’autres mettent l’accent sur la stagnation économique, la désindustrialisation, les difficultés de la coalition et les conséquences européennes. La première lecture domine les titres, alors que la seconde explique davantage pourquoi la défaite régionale devient un problème pour le gouvernement fédéral.

La séquence est aussi traitée comme un avertissement démocratique et européen. Les analyses consacrées à l’AfD, au maintien du pare-feu contre sa participation aux exécutifs et aux inquiétudes de Bruxelles élargissent progressivement le sujet : d’une défaite de la CDU, le traitement passe à une interrogation sur la stabilité du centre politique allemand.

Article généré par le Yak

LES SOURCES70 médias · 199 sources

Le Monde 8 articles

Le Figaro 8 articles

Libération 1 article

Le Point 1 article

L’Express 2 articles

L’Humanité 3 articles

La Croix 1 article

Atlantico 1 article

HuffPost France 1 article

20 Minutes 2 articles

Franceinfo 6 articles

BFMTV 4 articles

BFM 2 articles

France 24 8 articles

Euronews FR 2 articles

RMC 1 article

TV5MONDE 5 articles

Public Sénat 1 article

Ouest-France 3 articles

Le Progrès 1 article

Le Dauphiné Libéré 1 article

L’Est Républicain 1 article

La Montagne 1 article

DNA 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

L’Alsace 1 article

JSL 1 article

Le Bien Public 1 article

Courrier International 2 articles

RFI 3 articles

Le Temps 2 articles

La Libre 1 article

RTS 1 article

Radio-Canada 2 articles

LaPresse 1 article

Le Devoir 1 article

Agence Anadolu 2 articles

BBC News 3 articles

The Guardian 3 articles

Financial Times 6 articles

NPR 1 article

The Globe and Mail 2 articles

The Hindu 1 article

Folha de S.Paulo 2 articles

La Nación Argentina 1 article

Daily Maverick 1 article

El País 5 articles

La Vanguardia 1 article

Público 1 article

Die Zeit 18 articles

Frankfurter Allgemeine Zeitung 31 articles

La Repubblica 3 articles

De Standaard 2 articles

De Tijd 1 article

NRC 1 article

de Volkskrant 2 articles

The Irish Times 4 articles

Neue Zürcher Zeitung 2 articles

Der Standard 3 articles

Dagens Nyheter 1 article

Helsingin Sanomat 2 articles

Gazeta Wyborcza 3 articles

Telex 2 articles

Adevărul 4 articles

The Kyiv Independent 1 article

EUobserver 2 articles

The National 1 article

The Times of Israel 3 articles

The Korea Herald 1 article

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