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CRISE DES CARBURANTS

Le gazole atteint 2,41 euros, l’exécutif mise sur des aides ciblées

Le prix moyen du gazole a atteint un nouveau record en France, tandis que 17 % des stations manquaient d’au moins un carburant lundi. Réunis à Matignon, les ministres cherchent une réponse avant les annonces attendues mardi, sans baisse générale des taxes.

190 sources · 46 médias · 7 min

Le gazole a atteint 2,41 euros le litre en moyenne en France dimanche 20 septembre, un nouveau record. L’essence se situait entre 2,18 et 2,20 euros selon les relevés disponibles. Attribuée dans les éléments documentaires aux tensions liées à la guerre au Moyen-Orient, la hausse pèse sur les automobilistes et sur les professions qui dépendent de leurs déplacements.

Sous pression, le Premier ministre Sébastien Lecornu a organisé lundi deux réunions à Matignon : l’une sur les approvisionnements en pétrole et en gaz, l’autre sur l’accompagnement des Français à court et moyen terme. Le gouvernement doit présenter mardi à 17 heures de nouveaux dispositifs d’aide. La prolongation ou l’élargissement de l’aide destinée aux « grands rouleurs » fait partie des pistes, avec une mise en œuvre évoquée à partir du 1er octobre. Roland Lescure exclut en revanche une baisse généralisée des taxes sur les carburants.

La tension touche aussi l’accès au carburant. Roland Lescure a indiqué que 17 % des stations manquaient d’au moins un produit lundi matin, tout en affirmant que les stocks stratégiques permettaient d’écarter une difficulté générale d’approvisionnement dans les deux mois à venir. Des pêcheurs ont bloqué le port de Cannes pour réclamer un prix fixe du gazole, tandis que des automobilistes se sont dirigés vers certaines stations proposant des tarifs plafonnés. L’exécutif doit donc répondre à la fois à la hausse des prix, à des ruptures localisées et à une contestation qui touche plusieurs secteurs.

L’exécutif veut prolonger l’aide de 100 euros aux grands rouleurs

Le gouvernement envisage de prolonger ou d’élargir l’aide destinée aux travailleurs modestes qui utilisent régulièrement leur voiture. Le dispositif actuel, d’un montant de 100 euros, doit normalement prendre fin le 30 septembre. Selon les éléments présentés par le gouvernement, 1,5 million de personnes éligibles ne l’ont pas encore demandée. Une éventuelle prolongation pourrait être automatique pour celles qui en ont déjà bénéficié.

Les ministres veulent toutefois conserver des aides ciblées. Roland Lescure a annoncé de nouvelles mesures « très vraisemblablement » à partir du 1er octobre, sans retenir une baisse générale des taxes. Plusieurs responsables de la majorité défendent cette approche, jugée plus compatible avec les contraintes budgétaires. À gauche, le PCF et LFI estiment au contraire que ces dispositifs laissent des personnes de côté et réclament d’autres leviers, comme la baisse de la TVA, le blocage des prix ou une contribution accrue des grands groupes pétroliers.

La difficulté tient autant au montant de l’aide qu’à son accès. Élisabeth Borne a demandé un dispositif plus simple et plus facilement accessible, alors que les professions très dépendantes de la voiture réclament parfois une réponse durable plutôt qu’un soutien ponctuel.

17 % des stations manquent d’un carburant, sans pénurie générale selon le gouvernement

La hausse des prix s’accompagne de ruptures localisées. Roland Lescure a indiqué lundi que 17 % des stations-service manquaient d’au moins un carburant. D’autres relevés évoqués dans la couverture faisaient état de taux supérieurs à 20 % à un autre moment de la séquence. Les situations diffèrent selon les territoires : le Grand Est et certaines zones des Hauts-de-France sont davantage touchés, tandis que la Corse est présentée comme épargnée par les difficultés signalées.

Le ministre de l’Économie affirme pourtant que la France ne connaît pas, à ce stade, de problème général d’approvisionnement. Les stocks stratégiques sont jugés suffisants pour les deux prochains mois, avec une visibilité annoncée de six à huit semaines. Il prévient néanmoins qu’une prolongation du conflit au Moyen-Orient pourrait rendre la situation plus difficile.

Le plafonnement pratiqué par TotalEnergies ajoute une tension particulière. L’enseigne limite actuellement le prix de l’essence à 1,99 euro le litre et celui du gazole à 2,25 euros, alors que le gazole atteint 2,41 euros en moyenne. Le gouvernement indique que 91 % des stations en rupture d’au moins un carburant sont des stations TotalEnergies, et relie cette situation à l’affluence provoquée par les prix plafonnés. À Pirey, dans le Doubs, une station ravitaillée a ainsi attiré une file de plus de 500 mètres ; certains automobilistes ont attendu une heure et demie et les gendarmes ont dû réguler la circulation.

Le gouvernement distingue une difficulté d’accès localisée d’une pénurie nationale : les files d’attente et les ruptures existent, mais elles ne suffisent pas, selon les données avancées par l’exécutif, à conclure à un problème général d’approvisionnement. Les stocks peuvent donc être présentés comme suffisants à l’échelle nationale tandis que certaines stations doivent gérer une situation d’urgence.

Le Yak

À Cannes, les pêcheurs bloquent le port pour obtenir un gazole à prix fixe

Une quinzaine de pêcheurs ont bloqué les entrées et sorties du port de Cannes lundi matin. Ils réclament un prix fixe pour le gazole et affirment vouloir maintenir la pression sur le gouvernement. Le mouvement intervient après le blocage de plusieurs ports méditerranéens la semaine précédente, notamment à Sète, au Grau-du-Roi, à Port-Vendres, à Fos-sur-Mer et à Frontignan.

La ministre déléguée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, s’est rendue à Sète pour échanger avec la profession. Elle a indiqué que les pêcheurs pourraient bénéficier, à partir du 1er octobre, d’un prêt à taux zéro et les a invités à se rapprocher de la Banque publique d’investissement. Cette réponse ne règle pas la revendication principale d’un prix stabilisé à la pompe.

Le mouvement reçoit le soutien du maire de Cannes, David Lisnard. Les pêcheurs réclament des mesures directement adaptées à leurs coûts d’activité. Leur mobilisation rejoint les difficultés signalées par les transporteurs, les artisans et les infirmiers libéraux.

La hausse du carburant contraint infirmiers et artisans à réduire leurs déplacements

La hausse du carburant ne concerne pas seulement les trajets domicile-travail. Les infirmiers libéraux demandent une revalorisation pérenne de leurs indemnités de déplacement, indexée sur le prix à la pompe, ainsi qu’un accès prioritaire aux stations-service. Certains parcourent plusieurs centaines de kilomètres par jour et évaluent leur surcoût mensuel à plusieurs centaines d’euros.

Les artisans et les transporteurs signalent eux aussi une pression croissante sur leur trésorerie. Dans le secteur du bâtiment, un artisan dit devoir refuser des chantiers trop éloignés. Des entreprises puisent dans leurs réserves ou leurs fonds personnels, tandis que certains transporteurs commencent à reporter la hausse de leurs coûts sur leurs clients.

Le monde associatif est également touché. Emmaüs France alerte sur des surcoûts susceptibles de fragiliser des structures déjà en difficulté. Du côté des particuliers, les témoignages font état de trajets supprimés, de loisirs abandonnés et de déplacements transfrontaliers pour profiter de prix plus bas en Espagne, en Belgique ou en Andorre. La hausse du carburant modifie ainsi les déplacements professionnels, les services de proximité et les dépenses quotidiennes.

Baisse des taxes, blocage des prix ou taxe sur les profits : les leviers sont contestés

La réponse du gouvernement ouvre un débat sur les moyens de faire baisser directement le prix à la pompe. L’exécutif privilégie des aides ciblées et refuse, à ce stade, une baisse générale des taxes. Gabriel Attal juge une telle mesure « pas possible, ni souhaitable » et défend un accompagnement destiné aux personnes les plus exposées.

LFI demande au contraire un blocage des prix et invoque le précédent de 1990, après la guerre du Golfe. Le président des industries pétrolières avertit qu’un plafonnement pourrait provoquer une pénurie. D’autres responsables politiques réclament une baisse de la TVA, la suspension des certificats d’économie d’énergie ou une taxe sur les profits exceptionnels des groupes pétroliers. Les calculs publiés sur les effets de ces mesures divergent selon les dispositifs retenus.

Les pratiques européennes alimentent la comparaison. L’Espagne applique une baisse de 20 centimes sur le litre de diesel, tandis que l’Allemagne a réduit le niveau de son accise et étudie un mécanisme de plafonnement. En France, Emmanuel Macron a demandé à la Commission européenne d’assouplir temporairement certaines normes afin d’augmenter la production des raffineries de 5 à 20 % selon les installations. Cette piste agit sur l’offre potentielle, mais ne constitue pas encore une baisse immédiate du prix payé par les automobilistes.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, la séquence est d’abord racontée par le prix record du gazole, les files d’attente et les blocages de pêcheurs. Ces scènes concrètes donnent une visibilité immédiate à la crise, tandis que les mécanismes plus techniques — niveau des stocks, normes de raffinage, fiscalité ou certificats d’économie d’énergie — restent davantage traités dans des formats de décryptage.

Deux cadrages coexistent. Les médias nationaux mettent surtout en avant les arbitrages de Matignon et la contrainte budgétaire ; les publications locales rendent visibles les stations en rupture, les automobilistes qui franchissent une frontière et les entreprises qui réduisent leurs déplacements. La crise apparaît ainsi à la fois comme un problème de politique publique et comme une série de décisions quotidiennes prises pour continuer à travailler ou se déplacer.

Article généré par le Yak

LES SOURCES46 médias · 190 sources

Le Monde 2 articles

Le Figaro 7 articles

Libération 5 articles

Le Parisien 8 articles

Le Nouvel Obs 1 article

L’Humanité 3 articles

La Croix 3 articles

Atlantico 1 article

HuffPost France 3 articles

20 Minutes 2 articles

Actu.fr 5 articles

Franceinfo 26 articles

BFMTV 30 articles

France 24 5 articles

Euronews FR 2 articles

RMC 7 articles

TV5MONDE 1 article

Public Sénat 1 article

La Dépêche du Midi 5 articles

Le Progrès 4 articles

Le Dauphiné Libéré 2 articles

Nice-Matin 4 articles

L’Est Républicain 3 articles

L’Indépendant 2 articles

Midi Libre 3 articles

La Montagne 5 articles

France Bleu 13 articles

Le Républicain Lorrain 3 articles

Vosges Matin 3 articles

L’Alsace 2 articles

JSL 5 articles

Le Bien Public 3 articles

La Nouvelle République 1 article

RFI 1 article

La Libre 2 articles

La Dernière Heure 3 articles

Agence Anadolu 3 articles

La Repubblica 1 article

De Standaard 1 article

De Tijd 2 articles

Helsingin Sanomat 1 article

Hospodářské noviny 2 articles

Telex 1 article

Adevărul 1 article

EUobserver 1 article

Le JDD 1 article

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