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PRIX À LA POMPE

Carburants : l’aide aux grands rouleurs portée à 5,5 millions de bénéficiaires potentiels

Face à des prix records, le gouvernement prolonge jusqu’à la fin de l’année l’aide de 100 euros destinée aux travailleurs modestes qui dépendent de leur voiture. Le dispositif, dont le coût est annoncé à 450 millions d’euros, reste ciblé, tandis que les secteurs exclus et l’opposition réclament une action directe sur les prix.

230 sources · 55 médias · 6 min

Le gouvernement a annoncé le 22 septembre la prolongation et l’élargissement de l’aide aux « grands rouleurs » jusqu’à la fin de l’année. Le dispositif, qui concernait jusque-là environ 3 millions de personnes, doit désormais être accessible à 5,5 millions de bénéficiaires potentiels. Le versement s’élève à 100 euros. Il vise les travailleurs aux revenus modestes qui parcourent au moins 15 kilomètres pour se rendre au travail, soit 30 kilomètres aller-retour, ou plus de 8 000 kilomètres par an dans le cadre de leur activité professionnelle. Le coût de cette nouvelle séquence est évalué à 450 millions d’euros.

La décision intervient alors que les prix ont atteint des niveaux records : le gazole s’est établi autour de 2,41 euros le litre en moyenne et le SP95-E10 autour de 2,18 euros. Le gouvernement privilégie les aides ciblées aux ménages et à certains secteurs plutôt qu’une baisse générale des taxes, en invoquant la situation des finances publiques. Les personnes ayant déjà perçu l’aide doivent recevoir automatiquement ce nouveau versement ; les nouveaux ayants droit doivent effectuer une démarche, avec des paiements annoncés à partir d’octobre.

Aide de 100 euros : plafonds de revenus, distances à parcourir et démarches

L’aide aux grands rouleurs est réservée aux ménages dont les revenus ne dépassent pas certains plafonds : 2 050 euros nets pour une personne seule, 4 070 euros pour un couple et 6 100 euros pour un couple avec deux enfants. Il faut aussi parcourir chaque jour au moins 30 kilomètres aller-retour pour travailler ou effectuer plus de 8 000 kilomètres annuels dans le cadre de son activité professionnelle.

Les personnes qui avaient déjà obtenu la première indemnité doivent bénéficier automatiquement du nouveau versement. Les nouveaux bénéficiaires doivent en revanche faire une demande. Près de la moitié des personnes éligibles à la première aide ne l’avaient pas encore réclamée à la mi-septembre. Sur les 1,4 milliard d’euros provisionnés pour les aides précédentes, environ 800 millions avaient été demandés, d’après le gouvernement. Le dispositif peut donc être élargi sans que sa facture totale augmente dans les mêmes proportions, une partie de l’enveloppe initiale n’ayant pas été consommée.

Routiers, auto-écoles et artisans restent à l’écart de la nouvelle aide

Les transporteurs routiers ne bénéficieront pas de la prolongation de l’aide aux grands rouleurs. La Fédération nationale des transporteurs routiers redoute une dégradation rapide des trésoreries et évoque de possibles actions de mobilisation. Le gouvernement estime que les entreprises peuvent répercuter la hausse du carburant sur leurs factures ; la FNTR juge cette solution difficilement applicable et parle d’une possible « hécatombe » dans le secteur.

Les auto-écoles et certains artisans se disent également oubliés. Les écoles de conduite menacent de relever leurs tarifs, tandis que la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment réclame des mesures inscrites dans la durée. Les secteurs bénéficiant d’un soutien spécifique sont les agriculteurs, avec une aide de 15 centimes par litre de gazole non routier, le BTP, avec 20 centimes par litre, et les pêcheurs. Pour ces derniers, une aide de 25 centimes par litre couvrant les achats de juin à août a été ouverte, pour un montant total annoncé de 18 millions d’euros.

La gauche veut encadrer les marges, le gouvernement mise sur le plafond de Total

La réponse gouvernementale a déplacé le débat vers les marges des raffineurs et des distributeurs. Jean-Luc Mélenchon et plusieurs responsables de gauche demandent de bloquer les marges de TotalEnergies ou de taxer davantage les profits du secteur. Raphaël Glucksmann accuse l’exécutif de ne pas vouloir « heurter » le groupe pétrolier.

Le gouvernement défend une autre ligne. Le ministre Serge Papin affirme ne pas vouloir « embêter Total » et souhaite que le groupe maintienne son plafonnement à 1,99 euro le litre pour l’essence et 2,25 euros pour le gazole. TotalEnergies estime que ce mécanisme lui a déjà coûté entre 250 et 300 millions d’euros. Le ministre de l’Industrie Sébastien Martin exclut pour sa part un plafonnement généralisé, au motif qu’il pourrait fragiliser les petites stations-service rurales. Roland Lescure dit privilégier une réponse européenne portant sur le raffinage plutôt qu’une taxe visant directement les producteurs. La porte-parole du gouvernement assure néanmoins que la France est prête à travailler avec ses partenaires européens sur une taxation des profits exceptionnels.

Le choix gouvernemental est cohérent sur un point : aider les personnes identifiées comme dépendantes de leur voiture plutôt que réduire la fiscalité pour tous. Mais ce ciblage rend immédiatement visibles les exclus, tandis que le plafonnement de Total ne couvre qu’une partie des stations et ne modifie pas le prix moyen national.

Le Yak

La hausse des carburants réduit les trajets et les dépenses des ménages

La hausse des carburants modifie les déplacements et les arbitrages des ménages. Des automobilistes renoncent à certaines sorties, espacent leurs visites à leurs proches ou privilégient les transports en commun lorsque ceux-ci existent. Le covoiturage et le télétravail progressent parmi les solutions recherchées pour réduire les kilomètres parcourus.

L’exposition est plus forte dans les territoires ruraux. Près de 90 % des actifs y utilisent leur voiture pour aller travailler, contre moins de 60 % dans les pôles urbains, avec des trajets en moyenne plus longs et des revenus plus faibles. Plus de 80 % des ménages de France métropolitaine possèdent au moins une voiture. Avec 100 euros, une voiture à essence consommant 7,7 litres aux 100 kilomètres parcourt moins de 600 kilomètres aux prix actuels, contre 785 kilomètres au début de l’année. Pour un véhicule diesel consommant 5,6 litres aux 100 kilomètres, la distance parcourue avec cette somme est passée d’environ 1 200 à moins de 750 kilomètres.

Baisse de TVA, subventions ou plafonnement : les réponses européennes divergent

La France n’est pas le seul pays confronté à la flambée des carburants, mais elle a choisi de ne pas réduire de manière générale les taxes à la pompe. D’autres gouvernements ont combiné baisse de TVA, subventions, plafonnement des prix ou encadrement des marges. L’Italie a abaissé ses taxes sur les carburants, tandis que le Japon a mobilisé des aides massives pour contenir les prix, au risque d’alourdir ses déficits.

La Slovaquie a décidé de limiter à 10 centimes par litre la marge maximale des distributeurs. La Croatie et la Slovénie ont également encadré les marges. En Autriche, une nouvelle baisse des prix de 12 centimes doit être appliquée pendant deux mois. Ces dispositifs ne produisent pas tous le même effet et certains suscitent des critiques sur leur coût ou leur capacité à atteindre durablement les consommateurs. En France, le gouvernement envisage plutôt d’inscrire dans le budget 2027 une règle prévoyant de restituer aux ménages les surplus de TVA liés à une hausse des prix. Cette mesure doit encore être adoptée par le Parlement.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, le montant de 100 euros et la formule « usine à gaz » dominent nettement. Les reportages à la pompe, les témoignages d’automobilistes et les files d’attente rendent immédiatement visible la perte de pouvoir d’achat, tandis que les mécanismes de financement et les arbitrages entre fiscalité, marges et finances publiques restent plus techniques et moins présents.

Deux cadrages coexistent. Les publications locales insistent sur les infirmiers, les artisans, les stations-service et les habitants des zones dépendantes de la voiture ; les publications nationales et économiques suivent davantage le débat sur Total, les marges, la TVA et les règles européennes. La séquence est ainsi présentée à la fois comme une difficulté quotidienne et comme un choix de politique publique entre aide ciblée et intervention directe sur les prix.

Article généré par le Yak

LES SOURCES55 médias · 230 sources

Le Monde 2 articles

Le Figaro 7 articles

Libération 4 articles

Le Parisien 9 articles

Le Nouvel Obs 3 articles

L’Express 1 article

L’Humanité 3 articles

Valeurs Actuelles 1 article

La Croix 1 article

Atlantico 1 article

HuffPost France 1 article

20 Minutes 4 articles

Franceinfo 31 articles

BFMTV 44 articles

Euronews FR 2 articles

RMC 16 articles

TV5MONDE 5 articles

Public Sénat 1 article

Ouest-France 2 articles

La Dépêche du Midi 2 articles

Le Progrès 6 articles

Le Dauphiné Libéré 5 articles

Nice-Matin 2 articles

L’Est Républicain 3 articles

L’Indépendant 1 article

Midi Libre 1 article

La Montagne 4 articles

France Bleu 4 articles

DNA 3 articles

Le Républicain Lorrain 5 articles

Vosges Matin 4 articles

L’Alsace 3 articles

JSL 3 articles

Le Bien Public 4 articles

La Nouvelle République 1 article

La 1ère 1 article

Courrier International 3 articles

La Libre 1 article

La Dernière Heure 2 articles

Agence Anadolu 4 articles

Financial Times 2 articles

The Globe and Mail 2 articles

El País 1 article

Die Zeit 4 articles

Frankfurter Allgemeine Zeitung 4 articles

De Standaard 5 articles

De Tijd 1 article

NRC 1 article

The Irish Times 1 article

Neue Zürcher Zeitung 2 articles

Der Standard 3 articles

Aftenposten 1 article

Helsingin Sanomat 1 article

Telex 1 article

Adevărul 1 article

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