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ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’ONU

À l’ONU, Nétanyahou défend Israël devant une salle clairsemée

Le premier ministre israélien a rejeté les accusations de génocide et de colonialisme visant son gouvernement, tandis que Mahmoud Abbas dénonçait une menace contre « la vie et l’existence » des Palestiniens. Des dizaines de délégations ont quitté la salle pendant le discours de Nétanyahou, alors que le président de l’Autorité palestinienne, privé de visa américain, s’exprimait en vidéo.

140 sources · 61 médias · 6 min

La confrontation diplomatique autour de Gaza et des territoires palestiniens s’est poursuivie à l’Assemblée générale de l’ONU, jeudi 24 septembre. Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, s’est exprimé dans une vidéo préenregistrée après le refus des États-Unis de lui accorder un visa. Il a dénoncé des « mesures punitives sans fondement légal » et affirmé que la politique israélienne à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est menaçait désormais « la vie et l’existence mêmes » du peuple palestinien. Il a appelé le Conseil de sécurité à intervenir « de manière urgente et responsable » et à préserver la solution à deux États.

Benyamin Nétanyahou lui a répondu depuis la tribune de l’ONU. Il a rejeté les accusations de génocide, qualifiées de « pire mensonge du siècle », contesté les accusations de colonialisme visant Israël et minimisé les violences de colons en Cisjordanie. Des dizaines de membres de délégations ont quitté la salle au début de son intervention, tandis que des manifestations se tenaient à l’extérieur du siège des Nations unies. La séquence a opposé deux récits : celui d’une politique israélienne qui menacerait la présence palestinienne, selon Abbas, et celui d’un Israël visé par une campagne internationale mensongère, selon Nétanyahou.

Abbas accuse Israël de pousser les Palestiniens à quitter leur terre

Dans son message vidéo, Mahmoud Abbas a présenté Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est comme un même front politique. « Ce qui se déroule à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est ne sont pas des incidents isolés, mais bien un projet colonial malveillant », a-t-il déclaré. Selon lui, cette politique vise à rendre la vie des Palestiniens plus difficile et à les pousser à quitter leur terre.

Le président de l’Autorité palestinienne a également accusé Israël de compromettre la solution à deux États et demandé une intervention internationale avant que les dirigeants israéliens n’effacent, selon ses termes, la présence palestinienne. Son intervention s’est déroulée à distance pour la deuxième année consécutive, après le refus américain de lui délivrer un visa. Il a contesté le bien-fondé de cette décision et réaffirmé que la saisine de la Cour pénale internationale constituait, pour les Palestiniens, une démarche pacifique.

L’erreur de Macron sur le Hamas fournit à Nétanyahou un angle de riposte

La France a dénoncé à l’ONU la situation humanitaire à Gaza et les violences commises en Cisjordanie. Emmanuel Macron a toutefois affirmé que le Hamas n’y avait « jamais sévi », une formulation factuellement erronée qui a immédiatement déclenché la réaction du gouvernement israélien.

Benyamin Nétanyahou a qualifié cette phrase d’« absurdité grotesque » et s’en est servi pour détourner l’attaque vers la politique française. Le premier ministre israélien a aussi minimisé les violences en Cisjordanie, les ramenant à une « poignée de jeunes délinquants » qui jetteraient des pierres et déterreraient des oliviers. Un décompte fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé fait état de plus de 1 100 Palestiniens tués en Cisjordanie depuis le 7 octobre 2023, combattants et civils, par l’armée ou des colons. Les chiffres israéliens recensent de leur côté près de 50 Israéliens tués dans cette région au cours de la même période, lors d’attaques palestiniennes ou d’opérations militaires israéliennes.

La Cnuced estime à 71,5 milliards de dollars les besoins de reconstruction à Gaza

La crise discutée à l’ONU ne se limite pas aux affrontements diplomatiques. Dans un rapport publié pendant l’Assemblée générale, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement décrit l’effondrement de l’économie de Gaza comme la crise économique la plus grave jamais enregistrée.

Le PIB par habitant y équivaut à 58 cents par jour, soit 83 % de moins qu’en 2022, tandis que les prix ont augmenté de 274 % sur la même période. Plus de 90 % de la population en âge de travailler est sans emploi. La production industrielle et agricole a reculé de 94 %, 92 % des établissements économiques ont été détruits et seulement 1,5 % des terres cultivables seraient actuellement exploitables et accessibles. La Cnuced estime à 71,5 milliards de dollars les besoins de reconstruction, un montant susceptible d’augmenter. Elle avertit aussi que la crise budgétaire palestinienne et la fragilité des banques pourraient provoquer un effondrement du système bancaire.

La confrontation à la tribune oppose des qualifications politiques et juridiques, mais le rapport de la Cnuced déplace la mesure de la crise vers des données matérielles : revenus, emploi, production et reconstruction. Le contraste est net entre la contestation du mot « génocide » par Nétanyahou et l’ampleur documentée des destructions économiques à Gaza.

Le Yak

À l’ONU, Nétanyahou adresse aussi son discours aux électeurs israéliens

La prise de parole de Benyamin Nétanyahou s’est déroulée alors qu’il mène une campagne difficile avant les élections législatives du 27 octobre. Son déplacement à New York a duré moins de vingt-quatre heures et ne prévoyait pas de rencontre avec le président américain Donald Trump.

À la tribune, le premier ministre a défendu l’action militaire israélienne, affirmé qu’Israël avait empêché un génocide et rappelé son rôle dans la lutte contre le programme nucléaire iranien. Il a aussi attaqué le maire de New York, Zohran Mamdani, qui l’accuse de génocide et que Nétanyahou accuse à son tour de soutenir le Hamas. Cette dimension de politique intérieure a conduit plusieurs publications à lire le discours comme un message destiné autant à sa base israélienne qu’aux délégations présentes à l’ONU.

Des délégations quittent la salle, plusieurs manifestants interpellés à New York

Le boycott du discours de Nétanyahou s’est déroulé dans la salle de l’Assemblée générale comme dans les rues de Manhattan. Des dizaines de représentants ont quitté leurs sièges au moment où le premier ministre israélien prenait la parole. Nétanyahou les a qualifiés de « lâches moraux » et les a invités à continuer de partir.

À l’extérieur, des manifestants ont demandé la fin du soutien militaire à Israël et dénoncé ce qu’ils qualifiaient de génocide à Gaza. La police new-yorkaise a interpellé plusieurs participants, dont l’actrice Susan Sarandon, lors de la dispersion d’un rassemblement organisé par Jewish Voice for Peace. Les autorités ont expliqué être intervenues contre une manifestation non déclarée qui bloquait un carrefour.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, l’image des délégations quittant la salle et les formules offensives de Nétanyahou dominent nettement. La séquence est fortement personnalisée autour du premier ministre israélien, de Mahmoud Abbas, d’Emmanuel Macron et du maire de New York, tandis que les mécanismes diplomatiques restent moins visibles.

La dimension économique de Gaza apparaît dans les publications consacrées au rapport de la Cnuced, mais reste en retrait derrière le duel verbal et les accusations de génocide. Les chiffres sur le PIB par habitant, l’emploi et la reconstruction donnent pourtant une autre mesure de la crise que les seules images de protestation.

Deux cadrages coexistent : une partie de la couverture insiste sur l’isolement international de Nétanyahou et sur la salle clairsemée, tandis que des publications proches du gouvernement israélien mettent davantage en avant sa défense de l’armée, la menace iranienne et les accusations de partialité contre l’ONU. Le même discours est ainsi présenté soit comme un signe de marginalisation, soit comme une tribune de riposte.

Article généré par le Yak

LES SOURCES61 médias · 140 sources

Le Monde 5 articles

Le Figaro 3 articles

Libération 3 articles

Le Parisien 1 article

Le Nouvel Obs 1 article

Le Point 1 article

L’Humanité 2 articles

HuffPost France 1 article

Franceinfo 6 articles

BFMTV 2 articles

BFM 4 articles

France 24 8 articles

TV5MONDE 5 articles

Ouest-France 1 article

Le Progrès 2 articles

Le Dauphiné Libéré 2 articles

L’Est Républicain 2 articles

Le Républicain Lorrain 2 articles

Vosges Matin 2 articles

L’Alsace 2 articles

JSL 2 articles

Le Bien Public 2 articles

La Nouvelle République 1 article

RFI 2 articles

La Libre 2 articles

La Dernière Heure 1 article

LaPresse 3 articles

Le Devoir 1 article

Agence Anadolu 5 articles

BBC News 2 articles

The Guardian 2 articles

The New York Times 6 articles

The Washington Post 2 articles

CBC News 2 articles

The Globe and Mail 3 articles

Al Jazeera English 5 articles

South China Morning Post 1 article

Channel NewsAsia 1 article

The Hindu 1 article

Folha de S.Paulo 3 articles

La Nación Argentina 2 articles

Daily Maverick 1 article

El País 2 articles

La Vanguardia 2 articles

Público 1 article

Die Zeit 2 articles

La Repubblica 2 articles

De Standaard 2 articles

de Volkskrant 4 articles

The Irish Times 2 articles

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Der Standard 1 article

Aftenposten 2 articles

Telex 1 article

Adevărul 1 article

Kathimerini 1 article

Vanguardia 1 article

El Tiempo 2 articles

The National 2 articles

The Times of Israel 5 articles

Dawn 1 article

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