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CRISE DES CARBURANTS

Le diesel atteint des records dans l’Union européenne

Le gazole s’affiche à 2,23 euros le litre en moyenne dans l’Union européenne, tandis que plus de 10 % des stations françaises rencontrent des difficultés d’approvisionnement. Emmanuel Macron promet des stocks et n’exclut pas une baisse des taxes, alors que le projet américain de suspendre les exportations de diesel ajoute une nouvelle tension.

200 sources · 58 médias · 7 min

La flambée des carburants a franchi un nouveau seuil. Le prix moyen du diesel a atteint 2,23 euros le litre dans l’Union européenne, contre 2,16 euros une semaine plus tôt, avec des records enregistrés dans 19 pays. En France, le gazole se situe autour de 2,40 euros le litre en moyenne selon les données citées dans la séquence. Plus de 10 % des stations-service de France métropolitaine rencontrent par ailleurs des difficultés d’approvisionnement pour au moins un carburant.

La hausse touche les automobilistes, mais aussi les entreprises qui dépendent du diesel pour transporter des marchandises ou assurer des services. Le gouvernement a prolongé plusieurs dispositifs d’aide et relevé à 1 000 euros le plafond de la prime carburant versée par les employeurs. Les transporteurs routiers dénoncent toutefois une différence de traitement et menacent de se mobiliser.

Emmanuel Macron a assuré que la France faisait « tout » pour éviter les pénuries et qu’elle disposerait d’ici à la fin de l’année de « tout ce dont [elle aura] besoin en gaz, en diesel, en fioul ». Il a annoncé l’utilisation d’une partie des stocks pour détendre le marché et n’a pas exclu une baisse des taxes si les prix continuaient de s’envoler. L’Union européenne s’inquiète en parallèle du projet soutenu par Donald Trump de suspendre les exportations américaines de diesel, dont elle dépend fortement.

Macron mise sur les stocks avant d’envisager une baisse des taxes

Emmanuel Macron veut d’abord faire reculer les prix plutôt que réduire immédiatement la fiscalité sur les carburants. Lors de son interview télévisée, le président a annoncé que la France utiliserait une partie de ses stocks pour « détendre » le marché et a défendu une action diplomatique face aux tensions internationales.

Il n’a toutefois pas fermé la porte à une baisse des taxes. « S’il faut aller plus loin, on ne laisserait pas les prix s’envoler », a-t-il déclaré, tout en jugeant qu’un ajustement fiscal ne serait « pas la décision la plus vertueuse », les taxes servant à financer les dépenses de l’État. Il a également assuré que l’approvisionnement en diesel, en gaz et en fioul serait garanti d’ici à la fin de l’année.

Cette ligne place l’exécutif entre deux contraintes : répondre rapidement à une hausse qui frappe le pouvoir d’achat et préserver des recettes fiscales dans un contexte budgétaire tendu. La baisse généralisée des taxes, réclamée par 70 % des Français dans un sondage cité par BFMTV, est contestée par le gouvernement, qui met en avant des aides plus ciblées.

Les stations indépendantes subissent ruptures et baisse des ventes

La crise ne se limite pas au montant affiché sur les pompes. Des stations-service connaissent des ruptures, tandis que les files d’attente et les incivilités compliquent le travail des gérants. À Beaune, une station a été vidée en quelques heures, avec un débit atteignant 1 000 litres à l’heure.

Les stations indépendantes sont particulièrement exposées. Leur réseau professionnel estime que 200 à 300 points de vente risquent de voir leur trésorerie épuisée par la baisse prolongée des volumes. Certaines ne peuvent pas s’aligner sur les prix plafonnés par TotalEnergies. Les stations du groupe affichent un plafond de 1,99 euro pour le SP95-E10 et de 2,25 euros pour le gazole, contre environ 2,16 euros et 2,40 euros en moyenne en France dans les données citées.

À Vesseaux, en Ardèche, un gérant a fermé temporairement sa station après onze ans d’activité. Dans le Doubs, une autre gérante a décidé d’arrêter après une journée où ses cuves étaient vides et où les tensions avec les clients se multipliaient.

Transporteurs, taxis et auto-écoles jugent les aides insuffisantes

Les aides publiques ne couvrent pas toutes les professions exposées. Le gouvernement a renouvelé jusqu’en août le soutien aux transporteurs routiers, avec un dispositif pouvant atteindre 60 000 euros par mois pour les entreprises les plus en difficulté. Au total, 50 millions d’euros avaient déjà été versés à 10 000 transporteurs.

L’Organisation des transporteurs routiers européens estime cependant que le traitement réservé au secteur reste incompréhensible et consulte ses adhérents en vue de potentielles actions. Les auto-écoles figurent également parmi les professions qui se disent laissées de côté. Certaines ont augmenté leurs tarifs après une hausse de leurs dépenses de carburant, avec un surcoût annoncé de 260 euros par véhicule et par mois dans les Alpes-Maritimes.

À Metz, des chauffeurs de taxi exclus des aides passent à l’électrique lorsqu’ils le peuvent. D’autres envisagent d’arrêter leur activité. Les prestataires de santé à domicile alertent eux aussi sur un surcoût proche de 1,4 million d’euros, alors que leurs véhicules sont nécessaires aux interventions auprès des patients.

Le projet de suspendre les exportations américaines de diesel inquiète l’Europe

Donald Trump soutient l’idée de suspendre les exportations américaines de diesel pour faire baisser les prix aux États-Unis. La mesure pourrait durer 90 jours, dans un contexte politique marqué par l’approche des élections de mi-mandat. Elle inquiète directement l’Union européenne, qui reçoit des États-Unis la moitié de ses importations de diesel selon les éléments cités dans la séquence.

La Commission européenne a qualifié cette piste de « très mauvaise idée » et indiqué que des contacts de haut niveau étaient en cours avec Washington. Certains scénarios évoqués dans la couverture médiatique portent le prix du litre en France jusqu’à 3,90 euros, sans que ce niveau constitue une prévision établie.

Aux États-Unis, plus d’une trentaine d’organisations du secteur pétrolier et de chambres de commerce ont demandé à Donald Trump de renoncer à l’interdiction. Elles estiment qu’elle entraînerait une baisse de la production, des approvisionnements plus tendus et une hausse des coûts pour les ménages, les agriculteurs et les transporteurs. Un analyste cité par l’AFP avertit aussi qu’une réduction du raffinage du gazole pourrait diminuer en même temps la production d’essence et de kérosène.

La mesure envisagée par Donald Trump vise à augmenter l’offre disponible aux États-Unis en retenant le diesel produit sur place. Mais les industriels américains comme la Commission européenne décrivent le mécanisme inverse : moins d’exportations pourrait réduire la production des raffineries, tendre les approvisionnements et renchérir les prix des deux côtés de l’Atlantique.

Le Yak

Les marges des raffineurs alimentent le débat sur les prix

La hausse des prix a déplacé une partie du débat vers les marges des raffineurs. Une analyse citée par BFMTV estime que leur progression explique jusqu’à 13 centimes de la hausse d’un litre depuis février. Jean-Luc Mélenchon réclame leur blocage, tandis que Ségolène Royal accuse TotalEnergies d’une « forme de spéculation » et propose de ramener temporairement le prix de l’essence à 1,70 euro.

Ces propositions se heurtent à la formation européenne des prix et au fait qu’une grande partie du diesel consommé en France est importée. Le ministre chargé du sujet entend plutôt s’appuyer sur le plafonnement des prix négocié avec TotalEnergies. Le président du Medef, Patrick Martin, appelle de son côté à « arrêter le Total bashing » et estime que, sans le groupe français, la France ne serait peut-être pas servie en priorité.

Le débat porte donc sur la part prise par les marges dans la hausse et sur la capacité réelle de l’État à agir sur un marché européen. La proposition de baisse de la TVA de 20 % à 5,5 % défendue par le Rassemblement national est, elle, présentée comme contraire au droit européen.

Le covoiturage et les transports gratuits réduisent la facture des déplacements

La hausse du carburant modifie déjà certains déplacements. La plateforme Karos a enregistré plus de 306 000 covoiturages en trois semaines en septembre, soit 26,5 % de plus qu’à la même période l’année précédente. Des usagers expliquent que le partage des trajets permet de réduire fortement le coût du déplacement domicile-travail.

Le télétravail est également encouragé par le ministre du Travail. Dans le Valenciennois, les transports publics seront gratuits du 1er octobre au 31 décembre sur les réseaux desservant Valenciennes Métropole et La Porte du Hainaut, soit une expérimentation concernant environ 350 000 habitants. En Occitanie, la région a annoncé des aides supplémentaires au covoiturage et un éco-chèque mobilité.

D’autres automobilistes se tournent vers l’occasion électrique ou vers des mélanges à base d’huile de colza ou d’huile de friture. Les professionnels alertent cependant sur les risques pour les moteurs et sur le caractère illégal ou inadapté de certaines pratiques. L’huile alimentaire ne constitue donc pas une solution générale au renchérissement du diesel.

Médianalyse du Yak

La couverture est fortement personnalisée autour d’Emmanuel Macron et de Donald Trump : le premier est présenté comme celui qui doit amortir le choc en France, le second comme celui qui peut l’aggraver par une décision américaine. Les mécanismes plus durables restent davantage en retrait, notamment la dépendance européenne aux importations de diesel et la fragilité économique des stations indépendantes.

Les chiffres les plus visibles sont ceux de la pompe et des scénarios de pénurie, notamment le prix européen de 2,23 euros et l’hypothèse d’un litre à 3,90 euros en France. D’autres traitements insistent davantage sur les conséquences professionnelles : aides insuffisantes pour les taxis et les auto-écoles, surcoût des soins à domicile ou menace sur le réseau de stations. Deux cadrages coexistent ainsi : celui d’une crise immédiate et celui d’une dépendance durable, qui accélère la transformation des mobilités.

Article généré par le Yak

LES SOURCES58 médias · 200 sources

Le Monde 4 articles

Le Figaro 14 articles

Libération 1 article

Le Parisien 7 articles

Le Nouvel Obs 2 articles

L’Express 2 articles

L’Humanité 1 article

Valeurs Actuelles 1 article

La Croix 3 articles

Atlantico 1 article

HuffPost France 1 article

20 Minutes 5 articles

Actu.fr 1 article

Franceinfo 11 articles

BFMTV 29 articles

France 24 1 article

Euronews FR 2 articles

RMC 10 articles

TV5MONDE 2 articles

Public Sénat 2 articles

Ouest-France 4 articles

La Dépêche du Midi 2 articles

Le Progrès 7 articles

Le Dauphiné Libéré 3 articles

Nice-Matin 7 articles

L’Est Républicain 5 articles

L’Indépendant 5 articles

Midi Libre 6 articles

La Montagne 3 articles

France Bleu 4 articles

DNA 3 articles

Le Républicain Lorrain 5 articles

Vosges Matin 4 articles

L’Alsace 4 articles

JSL 4 articles

Le Bien Public 5 articles

La Nouvelle République 1 article

RFI 1 article

Mediapart 2 articles

Le Temps 1 article

La Libre 3 articles

La Dernière Heure 1 article

Agence Anadolu 1 article

The Guardian 2 articles

Financial Times 1 article

Al Jazeera English 1 article

Channel NewsAsia 1 article

Folha de S.Paulo 2 articles

Radio New Zealand 1 article

El País 2 articles

La Vanguardia 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 1 article

Der Standard 1 article

Aftenposten 1 article

Helsingin Sanomat 1 article

Adevărul 2 articles

Vanguardia 1 article

Dawn 1 article

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