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SÉNAT ET RAPPORTS DE FORCE

La droite et le centre jouent leur majorité aux sénatoriales

Les grands électeurs renouvellent dimanche 27 septembre 178 des 348 sièges du Sénat. La droite et le centre cherchent à préserver leur majorité, tandis que le RN espère obtenir assez d’élus pour former un groupe et que la gauche tente de limiter ses pertes.

38 sources · 17 médias · 5 min

Dimanche 27 septembre, 93 469 grands électeurs éliront 178 sénateurs pour un mandat de six ans. Ce collège est composé majoritairement d’élus locaux, notamment issus des petites communes ; il est aussi plus masculin et plus âgé que la population générale. Selon le nombre de sièges à pourvoir dans chaque département, le vote se déroule à la proportionnelle ou au scrutin majoritaire à deux tours.

Le scrutin intervient dans un Sénat renouvelé pour moitié, où la droite et le centre disposent encore d’une position dominante. Ils cherchent à la conserver malgré les divisions locales et la multiplication des listes. Le Rassemblement national espère faire élire plusieurs sénateurs et atteindre le seuil nécessaire à la constitution d’un groupe. La gauche, divisée entre socialistes, écologistes et insoumis, tente de préserver ses positions.

Au-delà des résultats départementaux, l’élection déterminera la composition politique de la chambre haute et la répartition de ses postes à responsabilité. Les équilibres issus du vote pèseront dans les relations entre le Sénat, l’Assemblée nationale et le prochain président de la République. Les sénatoriales sont présentées comme le dernier scrutin national avant la présidentielle de 2027.

93 469 grands électeurs, un collège dominé par les petites communes

Le vote sénatorial ne repose pas sur le suffrage universel direct. Les 93 469 grands électeurs appelés aux urnes sont principalement des élus locaux, avec une forte présence des représentants des petites communes. Le collège est plutôt masculin et âgé, ce qui donne aux territoires ruraux un poids important dans la désignation des sénateurs.

Dans les départements qui élisent au moins trois sénateurs, les sièges sont attribués à la proportionnelle. Dans les autres, le scrutin se déroule au scrutin majoritaire à deux tours. Cette différence explique la variété des configurations locales : l’Aisne compte six listes pour trois sièges, la Gironde neuf listes pour six sièges et l’Aube huit candidats pour deux sièges.

Neuf listes dans les Bouches-du-Rhône pour huit sièges à pourvoir

Les Bouches-du-Rhône concentrent l’une des batailles les plus disputées du scrutin. Les 3 695 grands électeurs du département doivent élire huit sénateurs, avec neuf listes en présence.

À droite et au centre, quatre listes s’affrontent sur fond de désaccords entre les cadres nationaux des Républicains. Les candidats se répartissent entre partisans d’une alliance avec la majorité présidentielle, défenseurs des maires et tenants d’une ligne plus autonome. La gauche est notamment divisée autour de la Métropole Aix-Marseille-Provence. À l’extrême droite, la concurrence entre listes ajoute à l’incertitude. Dans les communes, la campagne a donné lieu à des affrontements directs : à Gardanne, la candidature du maire Hervé Granier a même animé une séance du conseil municipal.

Le RN vise dix élus pour former un groupe au Sénat

Le Rassemblement national espère obtenir au moins dix élus, seuil présenté comme nécessaire pour constituer un groupe au Sénat. Une entrée collective donnerait au parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella une visibilité nouvelle dans la chambre haute, à quelques mois de la présidentielle de 2027.

Plusieurs candidatures donnent une dimension nationale à cette stratégie. Dans la Sarthe, Marie-Caroline Le Pen, sœur aînée de Marine Le Pen, mène une liste après son échec aux législatives. En parallèle, une enquête de L’Humanité a recensé, parmi les 156 candidats RN, une douzaine de profils présentés comme problématiques en raison de liens avec des groupes néonazis, d’un passé négationniste, de positions anti-IVG ou de propos racistes. Ces éléments relèvent du signalement effectué par le journal et ne constituent pas un bilan judiciaire global des candidatures.

En Corse, les nationalistes veulent peser sur le texte sur l’autonomie

En Corse, les élections sénatoriales dépassent le seul renouvellement des sièges. Les nationalistes espèrent obtenir une représentation suffisante pour influencer l’examen du texte constitutionnel consacré au statut de l’île, prévu fin octobre à la Chambre haute.

Le scrutin donne ainsi à la délégation corse un enjeu institutionnel immédiat : les élus qui sortiront des urnes pourraient intervenir dans un débat portant directement sur l’autonomie. Une élection fondée sur des équilibres locaux se trouve ainsi liée à une procédure constitutionnelle attendue au Sénat.

Gérard Larcher vise un sixième mandat à la présidence du Sénat

Le renouvellement de la moitié du Sénat ne concerne pas seulement la composition des groupes. Les présidences de commission, le poste de rapporteur général du budget et d’autres responsabilités internes seront également redistribués après le scrutin.

Gérard Larcher brigue un sixième mandat à la présidence du Sénat. Il s’inquiète de l’arrivée possible d’un groupe RN et de l’hypothèse d’une victoire de Marine Le Pen à la présidentielle. Le scrutin déterminera donc à la fois le rapport de force entre formations et les conditions de fonctionnement d’une institution devenue un acteur important des équilibres politiques depuis les quinquennats d’Emmanuel Macron.

Le même vote produit deux effets distincts : il repose sur des rapports de force très locaux, souvent liés aux maires et aux listes départementales, mais peut modifier la direction du Sénat et sa capacité à peser après 2027. La campagne est donc territoriale dans ses mécanismes et nationale dans ses conséquences institutionnelles.

Le Yak

Médianalyse du Yak

La couverture observée se concentre d’abord sur la poussée attendue du RN, les divisions de la droite et la perspective de 2027. Les candidatures de personnalités nationales, comme Bruno Retailleau, Marie-Caroline Le Pen ou Gabriel Amard, renforcent cette personnalisation.

Un cadrage plus technique insiste sur le collège des grands électeurs, les règles différentes selon les départements et le rôle du Sénat. Les publications locales rendent davantage visibles les tractations municipales et les listes en concurrence. La représentation des territoires ruraux et la composition démographique du collège restent moins présentes dans la couverture généraliste.

Deux lectures coexistent : une élection locale faite de négociations entre élus, et un test national avant la présidentielle. La première explique le vote département par département ; la seconde domine les titres consacrés aux rapports de force entre LR, centre, RN et gauche.

Article généré par le Yak

LES SOURCES17 médias · 38 sources

Le Monde 4 articles

Le Figaro 4 articles

Libération 2 articles

L’Humanité 1 article

Valeurs Actuelles 1 article

La Croix 1 article

Actu.fr 1 article

Franceinfo 1 article

BFMTV 10 articles

Public Sénat 3 articles

La Dépêche du Midi 2 articles

Le Progrès 1 article

Nice-Matin 1 article

Midi Libre 1 article

La Provence 2 articles

Le Bien Public 1 article

Mediacités 2 articles

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