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JUSTICE ET ULTRADROITE

Le Priol condamné à 26 ans de réclusion pour le meurtre d’Aramburú

Au terme de trois semaines de procès, la cour d’assises de Paris a condamné Loïk Le Priol à vingt-six ans de réclusion criminelle et Romain Bouvier à dix-neuf ans pour les tirs qui ont tué Federico Martín Aramburú. Les jurés ont écarté la préméditation, mais retenu l’intention homicide des deux hommes.

44 sources · 33 médias · 4 min

La cour d’assises de Paris a condamné Loïk Le Priol à vingt-six ans de réclusion criminelle et Romain Bouvier à dix-neuf ans au terme de trois semaines de procès. Les deux hommes étaient jugés pour les tirs qui ont tué Federico Martín Aramburú, ancien international argentin de rugby, à Paris le 19 mars 2022. Le Priol a été condamné pour meurtre ; Bouvier pour tentative de meurtre, après avoir lui aussi ouvert le feu sur l’ancien joueur.

La cour n’a pas retenu la préméditation, un point central des débats et de la défense. Elle a néanmoins considéré que l’intention homicide des deux accusés était établie. Les débats ont aussi replacé les faits dans le parcours de deux militants issus de la mouvance d’ultradroite liée au GUD, présentés durant l’audience comme fascinés par les armes et la violence.

La cour écarte la préméditation mais retient la volonté de tuer

La décision repose sur une distinction nette : les jurés n’ont pas retenu que le meurtre avait été préparé à l’avance, mais ils ont jugé établie la volonté de tuer. Après plus de neuf heures de délibéré, la cour a décrit « l’alchimie funeste » du duo formé par Loïk Le Priol et Romain Bouvier.

Le président a évoqué leur fascination commune pour les armes et la violence. Loïk Le Priol, qui a tiré les deux coups de feu mortels, a été condamné à vingt-six ans. Romain Bouvier, qui avait ouvert le feu le premier, a reçu dix-neuf ans pour tentative de meurtre. Les peines sont proches des réquisitions de l’accusation, qui demandait vingt-sept ans contre Le Priol et vingt ans contre Bouvier.

La cour a donc distingué l’absence de préparation préalable de la volonté homicide au moment des tirs. Cette distinction explique la combinaison d’une qualification moins sévère que celle d’assassinat et de peines très lourdes.

Le Yak

Dix tirs et la légitime défense au cœur du récit des accusés

Les deux hommes ont tiré dix fois, soit l’intégralité de leur chargeur, au cours de la séquence qui a coûté la vie à Federico Martín Aramburú. Durant le procès, ils ont soutenu qu’ils s’étaient crus en danger face au rugbyman et à son ami Shaun Hegarty, dans un contexte de bagarre et d’alcoolisation.

Ils ont parlé de peur, de panique et d’un « effet tunnel ». La défense de Loïk Le Priol a plaidé la légitime défense, en invoquant notamment un état de stress post-traumatique qui n’a pas été retenu par la cour. Les débats ont aussi rappelé que les deux hommes n’auraient pas dû se retrouver ensemble : ils avaient interdiction de se côtoyer après leur participation, en 2015, au tabassage du président du GUD dans un règlement de comptes au sein de l’ultradroite.

La veuve d’Aramburú demande une décision qui aide leurs trois enfants à grandir

À l’audience, la veuve de Federico Martín Aramburú a évoqué leurs trois enfants mineurs et demandé une décision qui puisse « aider à leur construction comme adultes ». Elle a décrit une douleur apparue le 19 mars 2022, « vivante, évolutive » et présente chaque jour.

Avant le verdict, Loïk Le Priol a déclaré : « J’espère qu’un jour, ils trouveront la force de me pardonner et également que je trouverai la force de me pardonner à moi-même. » Romain Bouvier a dit ne pas avoir les mots face à « la souffrance et à la dignité de la famille de M. Aramburú ».

Deux autres accusés ont également été condamnés à des peines de trois ans, assorties pour partie ou en totalité d’un sursis, pour leur aide après les faits, la dissimulation de preuves ou l’altération de la scène de crime.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, le verdict, les peines et la question de la préméditation dominent nettement. Le récit de l’enchaînement des tirs constitue le deuxième cadrage majeur. La dimension politique du dossier apparaît surtout à travers l’appartenance au GUD, les références à l’ultradroite et la fascination pour la violence.

Le traitement juxtapose deux portraits fortement contrastés : celui d’Aramburú, décrit par ses proches comme un homme joyeux et rassembleur, et celui de deux accusés associés aux armes, à la violence et à une idéologie d’extrême droite. La couverture argentine insiste en outre sur le lien du joueur avec le rugby et son pays, donnant au même verdict une portée judiciaire, sportive et internationale.

Article généré par le Yak

LES SOURCES33 médias · 44 sources

Le Monde 3 articles

Le Figaro 1 article

Libération 1 article

Le Parisien 2 articles

L’Humanité 2 articles

Valeurs Actuelles 1 article

La Croix 1 article

HuffPost France 1 article

20 Minutes 1 article

Actu.fr 1 article

Franceinfo 2 articles

BFMTV 2 articles

France 24 1 article

RMC 2 articles

TV5MONDE 2 articles

La Dépêche du Midi 1 article

Le Progrès 1 article

Le Dauphiné Libéré 1 article

L’Est Républicain 1 article

L’Indépendant 1 article

Midi Libre 1 article

France Bleu 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

L’Alsace 1 article

JSL 1 article

Le Bien Public 1 article

La Nouvelle République 1 article

RFI 1 article

Mediapart 2 articles

La Libre 1 article

La Nación Argentina 2 articles

Blast 2 articles

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