THAÏLANDE
Bangkok placée en état de catastrophe après près de 300 millimètres de pluie
Les pluies tombées depuis jeudi ont submergé routes, canaux, habitations et commerces dans la capitale thaïlandaise. Les niveaux d’eau se sont stabilisés samedi, mais les autorités ont maintenu les mesures d’urgence alors que de nouvelles précipitations étaient attendues.
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Les autorités de Bangkok ont déclaré samedi l’état de catastrophe dans les 50 districts de la capitale, après près de 300 millimètres de pluie tombés depuis jeudi après-midi. Les précipitations ont submergé de nombreux axes routiers, fait déborder les canaux et entraîné des infiltrations dans des habitations, des commerces et des immeubles situés à proximité. L’est de la ville figure parmi les zones les plus touchées.
Le gouverneur de Bangkok, Chadchart Sittipunt, a indiqué que la situation s’était stabilisée dans l’après-midi. Les stations de pompage fonctionnaient à pleine capacité et évacuaient environ 1 200 mètres cubes d’eau par seconde, selon l’administration métropolitaine. La déclaration de catastrophe donne aux organisations locales des pouvoirs spéciaux pour intervenir en urgence, alors que de nouvelles pluies étaient encore attendues jusqu’à dimanche.
Bangkok ouvre des abris et prépare un million de sacs de sable
Les autorités de Bangkok ont préparé un million de sacs de sable à distribuer aux habitants et ouvert plusieurs abris temporaires dans des écoles. Quelque 980 personnes y étaient hébergées, tandis que 36 personnes alitées ont été transférées vers des hôpitaux, selon le gouverneur.
La municipalité a demandé à certains fonctionnaires de télétravailler et annoncé la fermeture des écoles lundi. Les patients dépendants d’un matériel médical vital ont été invités à envisager un séjour temporaire à l’hôpital. Les habitants ont également été encouragés à déplacer leurs véhicules vers des zones plus élevées. Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a écourté un déplacement à Londres pour rentrer en Thaïlande.
La stabilisation annoncée ne signifie pas encore un retour à la normale : elle repose sur le fonctionnement à pleine capacité des stations de pompage, tandis que des habitants restent hébergés, que des patients ont été déplacés et que de nouvelles pluies sont annoncées.
Dans les quartiers inondés de Bangkok, des habitants ferment leurs commerces
Dans plusieurs quartiers, l’eau a atteint les genoux, voire les cuisses, obligeant des habitants à se déplacer à pied dans les rues inondées. Près d’un canal, dans le centre de Bangkok, la vendeuse Somkid Pheuk-ngam, 67 ans, a déclaré : « L’eau n’arrête pas de monter. Il est difficile de sortir maintenant. Elle m’arrive à la taille. » Elle a fermé sa boutique depuis deux jours.
Dans le quartier d’Ari, le motocycliste Samruay Nakkamnueng a découvert au réveil que la rue devant son domicile était sous les eaux et s’est demandé si sa moto pourrait les traverser. À On Nut, des habitants remplissaient eux-mêmes des sacs de sable pour protéger leurs maisons et leurs commerces. Au moins 13 axes routiers importants étaient inondés, tandis que des employés municipaux tentaient de dégager les détritus susceptibles de bloquer les caniveaux.
Bangkok avait déjà reçu presque deux fois sa pluviométrie moyenne en septembre
La capitale thaïlandaise avait déjà enregistré 487 millimètres de pluie entre le 1er et le 25 septembre, contre près de 269 millimètres en moyenne sur la même période entre 1991 et 2020, selon les données du département de drainage et d’assainissement. Septembre correspond au pic de la saison des pluies, mais le mois a été plus humide que d’ordinaire.
La vulnérabilité de la ville tient aussi à sa géographie : Bangkok est construite sur d’anciens marécages et se trouve à environ 1,5 mètre au-dessus du niveau de la mer. Ses nombreux canaux, qui ont débordé pendant l’épisode, étaient décrits comme pleins par le gouverneur. Une zone de basse pression devait encore affecter l’est, le nord-est et le centre de la Thaïlande jusqu’à dimanche, avec des risques de crues soudaines, de ruissellements, de glissements de terrain et de débordements de rivières.
Médianalyse du Yak
La couverture privilégie les images de routes submergées, les canaux débordés et les témoignages d’habitants pris dans l’eau. Le chiffre de près de 300 millimètres et la déclaration de catastrophe dans les 50 districts sont largement repris, tandis que les dispositifs plus techniques — capacité de pompage, sacs de sable, hébergement et transferts vers les hôpitaux — restent davantage dans le détail des articles.
Deux cadrages coexistent : celui d’une ville paralysée par 48 heures de pluies continues, et celui d’une réponse administrative organisée autour des abris, des pompes et de la protection des personnes vulnérables. Les publications les plus développées ajoutent une lecture de fond sur la pluviométrie inhabituelle de septembre et la faible altitude de Bangkok.
Article généré par le Yak