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LOGEMENT EN ESPAGNE

À Madrid, l’expulsion de Maricarmen déclenche un campement pour le droit au logement

Expulsée à 87 ans de l’appartement où elle vivait depuis 70 ans, Maricarmen Abascal est devenue le symbole de la crise du logement en Espagne. Des centaines de manifestants occupent la Puerta del Sol et demandent au gouvernement de Pedro Sánchez de renforcer la protection des locataires.

45 sources · 24 médias · 5 min

Maricarmen Abascal, 87 ans, a été expulsée mercredi de l’appartement madrilène où elle vivait depuis 70 ans. D’après le syndicat du logement, une société immobilière a racheté le bien et porté le loyer à 2 650 euros, soit une hausse de 275 %. Les images de l’expulsion ont suscité une forte réaction en Espagne.

Après une manifestation ayant réuni plusieurs milliers de personnes samedi, des centaines de militants et de riverains ont installé leurs tentes sur la Puerta del Sol, au cœur de Madrid. Le campement réclame une meilleure protection des locataires et des restrictions sur les expulsions. Maricarmen, soignée à l’hôpital pour épuisement après son expulsion, a appelé les Espagnols à poursuivre la mobilisation.

Le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez prépare pour le prochain conseil des ministres un décret-loi surnommé « décret Maricarmen ». Le texte doit notamment prévoir le renouvellement automatique des contrats de location et de nouvelles restrictions aux expulsions. Son adoption reste incertaine au Parlement, où le gouvernement ne dispose pas de majorité.

Des tentes et des assemblées occupent la Puerta del Sol

La mobilisation ne s’est pas limitée à une manifestation. Sur la Puerta del Sol, les syndicats de locataires ont installé des tentes et organisé des ateliers de résistance pacifique, des débats et des assemblées. Des volontaires distribuent de l’eau et de la nourriture, collectent des dons et nettoient la place. Le campement rassemble plusieurs générations et entend rester en place « aussi longtemps que nécessaire ».

Les revendications dépassent le cas de Maricarmen. Les militants demandent des contrats de location à vie, un encadrement strict des hausses de loyers, des restrictions sur les locations touristiques et un investissement accru dans le logement public. Ils accusent les locations de courte durée et les fonds d’investissement de réduire l’offre destinée aux habitants et de faire monter les prix.

Déjà occupée en 2011 par les Indignés, la Puerta del Sol est devenue le lieu de cette nouvelle mobilisation. Le réalisateur Pedro Almodóvar est venu soutenir les manifestants et a demandé aux responsables politiques de trouver rapidement une solution.

Sánchez prépare un décret sur les expulsions, sans majorité assurée au Parlement

Pedro Sánchez a répondu à Maricarmen après la diffusion d’un message vidéo de l’octogénaire. Le premier ministre affirme travailler « d’arrache-pied » et « contre la montre » pour présenter un décret-loi sur le logement au conseil des ministres de mardi. Il demande aux groupes parlementaires qui soutiennent son gouvernement de fournir « un dernier effort » pour faire adopter le texte.

Le projet doit instaurer le renouvellement automatique des contrats de location et renforcer les restrictions aux expulsions. Le gouvernement le présente comme une réponse à l’urgence du logement, mais son passage au Parlement n’est pas assuré : une loi comparable a déjà été rejetée plus tôt dans l’année et la coalition au pouvoir ne dispose pas de majorité.

La crise ouvre aussi un affrontement politique à Madrid. Sánchez met en cause la gestion de la mairie et de la région, contrôlées par le Parti populaire, tandis que la mairie accuse le gouvernement central de négligence pour avoir laissé s’installer le campement. La police a indiqué ne pas intervenir en l’absence de troubles et n’a pas reçu, selon le délégué du gouvernement, de demande officielle d’évacuation.

Le calendrier gouvernemental est rapide, mais l’étape décisive reste parlementaire : le « décret Maricarmen » est, à ce stade, une promesse de réforme et non une protection déjà applicable.

Le Yak

La fin du bail de Maricarmen a été validée par la Cour suprême

L’expulsion de Maricarmen ne résulte pas seulement d’une hausse de loyer contestée par les militants. Une décision de la Cour suprême a validé la fin du bail, alors que plusieurs propriétaires avaient accepté pendant des années sa subrogation. Selon l’analyse consacrée au dossier, le contrat était également lié à un cadre juridique issu de la période franquiste.

Cette dimension juridique alimente le débat sur la protection des locataires âgés et sur la marge de manœuvre du législateur. Le gouvernement veut agir rapidement, mais les règles qu’il prépare devront composer avec la diversité des propriétaires et avec des positions politiques divergentes sur le marché locatif.

Le cas de Maricarmen réunit ainsi une situation individuelle, une décision de justice et une réforme encore soumise au vote parlementaire.

En Espagne, les loyers ont presque doublé en dix ans

Le cas de Maricarmen intervient dans un marché où les prix ont fortement progressé. En dix ans, le prix moyen du mètre carré à la location en Espagne a presque doublé, atteignant 15,1 euros en août selon le portail Idealista. À l’achat, il s’établit à 2 355 euros, soit une hausse de plus de 50 % sur la même période d’après les chiffres officiels.

Madrid concentre une partie de ces tensions. La capitale est présentée comme une place très recherchée pour l’immobilier de luxe, tandis que son parc de logements sociaux est si restreint que certains appartements sont attribués par loterie. Les militants accusent régulièrement les locations touristiques de courte durée et les fonds d’investissement de réduire l’offre disponible pour les habitants.

L’expulsion de Maricarmen s’inscrit ainsi dans une mobilisation plus large sur l’accès au logement et la place des locataires dans le marché immobilier.

Médianalyse du Yak

La couverture est fortement personnalisée autour de Maricarmen : son âge, ses 70 années dans le même logement et les images de son expulsion dominent le récit. Cette incarnation rend la crise immédiatement visible et explique la circulation de formules comme « Nous sommes tous Maricarmen ».

Le traitement se déplace ensuite vers la Puerta del Sol, les tentes et la référence aux Indignés de 2011. Les mécanismes plus techniques — le cadre juridique du bail, la diversité des propriétaires et les conditions d’adoption du décret — restent davantage présents dans les analyses que dans les récits les plus visibles de la mobilisation.

Article généré par le Yak

LES SOURCES24 médias · 45 sources

Le Monde 1 article

Le Figaro 1 article

Libération 1 article

Le Parisien 1 article

L’Humanité 1 article

HuffPost France 1 article

France 24 1 article

Euronews FR 2 articles

TV5MONDE 4 articles

Le Progrès 1 article

Le Dauphiné Libéré 1 article

L’Est Républicain 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

JSL 1 article

Courrier International 1 article

Financial Times 1 article

El País 10 articles

La Vanguardia 8 articles

Frankfurter Allgemeine Zeitung 2 articles

De Standaard 1 article

Der Standard 1 article

Politiken 1 article

Adevărul 1 article

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