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VISITE PAPALE EN FRANCE

À Metz, Léon XIV appelle l’Europe à faire des concessions pour la paix

Après quatre jours entre Paris, Lourdes et Metz, le pape Léon XIV a achevé son voyage en France par un appel au dialogue, au respect du droit international et à l’unité européenne. La rencontre avec sept victimes de violences sexuelles à Lourdes a aussi marqué la séquence, avant une nuance apportée par le pape dans l’avion du retour.

323 sources · 57 médias · 7 min

Léon XIV a achevé lundi 28 septembre à Metz une visite de quatre jours en France, commencée à Paris et poursuivie à Lourdes. Le pape a alterné messes, rencontres avec les fidèles, échanges politiques et séquences interreligieuses. Selon les chiffres communiqués par le Vatican, plus de 1,3 million de personnes sont venues à sa rencontre entre vendredi et dimanche, notamment lors de la messe célébrée place de la Concorde devant 800 000 personnes et des rassemblements de Lourdes.

À Metz, choisie pour son histoire frontalière, son régime concordataire et son lien avec Robert Schuman, Léon XIV a consacré sa dernière journée à la paix et à l’Europe. Devant Emmanuel Macron et des responsables religieux et politiques, il a dénoncé des relations entre États « de plus en plus barbares », le « mensonge et la tromperie », puis appelé les Européens à faire preuve de « courage dans la négociation » et à être prêts à « sacrifier certaines positions pour le bien supérieur de la paix ». Il n’a nommé ni l’Ukraine ni la Russie. Emmanuel Macron a appelé l’Europe à retrouver « le courage de ses fondateurs » et à ne pas céder au retour des nationalismes.

À Lourdes, le pape avait rencontré pendant près de deux heures sept victimes de violences sexuelles commises dans l’Église. Plusieurs ont dit avoir été profondément écoutées et rapporté que Léon XIV avait reconnu le caractère systémique de ces violences. Dans l’avion du retour, il a toutefois précisé qu’il préférait parler d’organisations de l’Église qui avaient parfois pu être abusives « en tant que système ». Le pape a aussi réaffirmé son opposition à l’aide à mourir, appelé à défendre la dignité des exilés, à encadrer l’intelligence artificielle et à maintenir le dialogue entre les religions.

Léon XIV demande des concessions pour la paix, les dirigeants européens restent prudents

À Metz, Léon XIV a voulu faire de l’Europe un instrument de paix alors que la guerre est revenue sur le continent. Dans son discours au centre des congrès Robert-Schuman, il a rendu hommage aux fondateurs de la construction européenne et dénoncé la spirale du « mensonge et de la tromperie » dans les relations internationales. Il a aussi mis en garde contre « l’illusion du réarmement » et demandé aux Européens d’accepter des concessions pour parvenir à la paix.

Le pape n’a cité aucun pays ni aucun dirigeant, alors que ses propos intervenaient dans le contexte de la guerre en Ukraine. Cette formulation générale a suscité des interrogations sur la portée concrète de son appel, notamment parce qu’elle associe la recherche du dialogue au sacrifice de certaines positions. Emmanuel Macron a prolongé le message en appelant l’Europe à « ne pas céder au retour des nationalismes qui divisent ».

La rencontre devait réunir les représentants des vingt-sept pays de l’Union européenne, mais peu de dirigeants étrangers ont finalement fait le déplacement. La journée s’est poursuivie par une messe dans la cathédrale Saint-Étienne, en présence du président français. Environ 35 000 fidèles se sont rassemblés dans l’édifice et aux abords du centre-ville, selon une estimation reprise par le Vatican, un nombre nettement inférieur aux foules de Paris et de Lourdes.

À Lourdes, les victimes saluent l’écoute de Léon XIV mais attendent des actes

La rencontre de Lourdes avec sept victimes de violences sexuelles dans l’Église a duré près de deux heures, à huis clos. Cinq des personnes reçues ont ensuite décrit une écoute profonde et une rencontre importante. Bertrand Virieux, victime du père Bernard Preynat et cofondateur de l’association La Parole libérée, a parlé d’une « sincérité » qu’il n’avait jamais ressentie auparavant. Jean-Marie Delbos, victime de Bétharram, a raconté être ressorti avec le sentiment d’avoir été écouté « d’égal à égal ».

Les participants ont rapporté que Léon XIV avait reconnu le caractère systémique des violences et qu’il avait conscience d’un problème toujours non réglé. Le pape a aussi demandé aux évêques français de poursuivre leur action contre ce « fléau », en maintenant la plus grande vigilance.

Dans l’avion du retour, Léon XIV a déclaré qu’il préférait parler d’organisations de l’Église ayant parfois commis des abus « en tant que système », plutôt que d’un caractère systémique des violences formulé sans autre nuance. Des associations de victimes ont souligné cette différence et demandé que l’écoute de Lourdes soit suivie d’actions concrètes et d’une plus grande transparence.

À Lourdes, la parole rapportée par les victimes a d’abord porté sur la reconnaissance d’un système. La précision donnée ensuite par le pape déplace la formulation vers certaines organisations. Le point commun reste l’engagement annoncé contre les abus ; la différence porte sur le périmètre de la responsabilité reconnue, ce qui explique l’attente exprimée par les victimes d’un passage aux actes.

Le Yak

À Paris, Léon XIV bénit une fillette polyhandicapée depuis sa papamobile

Lors de sa descente des Champs-Élysées en papamobile, Léon XIV s’est arrêté pour bénir Marie-Garance Noël, une fillette polyhandicapée de 10 ans, ancienne pupille de l’État et adoptée par Clotilde et Nicolas Noël. La rencontre n’était pas prévue. La photographie du geste est devenue l’une des images marquantes du voyage en France.

Les parents de l’enfant ont présenté cette bénédiction comme un signe adressé aux enfants fragiles, malades, malmenés ou délaissés. Sa mère a parlé d’un « moment suspendu » et d’un « miracle », au sens d’une rencontre imprévue qui a placé ces enfants sous le regard du public.

La scène s’est déroulée lors d’une étape parisienne dominée par les foules et les gestes de proximité. Après son passage sur les Champs-Élysées, le pape a célébré une messe place de la Concorde devant 800 000 personnes, selon les estimations reprises par plusieurs médias. L’image de Marie-Garance a donné un visage personnel au voyage, à côté des discours de Metz sur l’Europe et la guerre.

En France, Léon XIV réaffirme ses positions sur la fin de vie, la laïcité et l’IA

Le pape a profité de son séjour pour réaffirmer plusieurs positions de l’Église sur des sujets débattus en France. À Lourdes, devant des pèlerins malades et en situation de handicap, il a déclaré qu’il était impossible de considérer comme normal de donner la mort et rappelé son opposition à l’aide à mourir, adoptée en France deux mois plus tôt.

Léon XIV a également défendu une présence assumée des catholiques dans une société laïque. À Paris, son appel aux fidèles à partager leur foi dans la société a été accompagné de scènes de confession dans la rue, qui ont suscité des critiques politiques au nom de la séparation entre religion et espace public.

Dans ses échanges avec Emmanuel Macron et lors de la conférence de presse du vol retour, le pape a appelé à encadrer l’intelligence artificielle et mis en garde contre l’avènement d’un « paradis de machines ». À Metz, son discours sur l’Europe a enfin relié les racines chrétiennes du continent à une exigence d’ouverture aux autres et d’intégration des migrants.

À Metz, les responsables religieux signent un appel au dialogue et à la paix

Avant son discours sur l’Europe, Léon XIV a rencontré à Metz des représentants de l’islam, du judaïsme, du protestantisme, de l’orthodoxie et du bouddhisme. Il leur a déclaré qu’invoquer le nom de Dieu pour légitimer la violence ou l’oppression était une « profanation » et que le discours religieux devait « désarmer les cœurs et les mots ».

Les responsables religieux réunis autour de lui ont signé un « Appel de Metz », consacré au dialogue interreligieux, à la fraternité, à la réconciliation et à la paix. La rencontre a donné une dimension française à la dernière étape du voyage, dans un département où le régime concordataire maintient un statut particulier pour les cultes. En Alsace-Moselle, contrairement au reste du pays, la loi de 1905 ne s’applique pas : le droit local prévoit notamment le financement public des cultes reconnus et la rémunération des prêtres par l’État.

Cette séquence a associé la condamnation de toute violence religieuse à une pratique institutionnelle du dialogue entre responsables de confessions différentes.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, les foules et les images de proximité dominent la première lecture du voyage : la messe parisienne, la bénédiction de Marie-Garance, les processions de Lourdes et les bains de foule reviennent plus souvent que les mécanismes institutionnels évoqués à Metz. La séquence est ainsi fortement personnalisée autour des gestes du pape et de sa popularité.

Deux cadrages coexistent. Une partie de la couverture présente Léon XIV comme une voix internationale appelant l’Europe au dialogue et au désarmement ; une autre insiste sur ses positions concernant l’aide à mourir, la laïcité et les racines chrétiennes. La rencontre avec les victimes d’abus occupe une place singulière : elle est traitée à la fois comme un moment d’écoute et comme un test de crédibilité, en raison de la nuance apportée par le pape après les témoignages de Lourdes.

La dernière journée a aussi été racontée sous un angle moins favorable que les précédentes. Le discours de Metz a reçu une forte visibilité, mais la faible présence des dirigeants européens invités et l’estimation d’environ 35 000 fidèles ont rappelé l’écart entre la portée internationale recherchée et une mobilisation locale plus limitée que celle de Paris ou de Lourdes.

Article généré par le Yak

LES SOURCES57 médias · 323 sources

Le Monde 9 articles

Le Figaro 23 articles

Libération 7 articles

Le Parisien 13 articles

Le Nouvel Obs 3 articles

Le Point 1 article

L’Express 2 articles

L’Humanité 2 articles

Valeurs Actuelles 1 article

La Croix 27 articles

HuffPost France 3 articles

20 Minutes 5 articles

Actu.fr 1 article

Franceinfo 30 articles

BFMTV 22 articles

France 24 15 articles

Euronews FR 3 articles

RMC 14 articles

TV5MONDE 12 articles

Public Sénat 2 articles

Ouest-France 2 articles

La Dépêche du Midi 7 articles

Le Progrès 8 articles

Le Dauphiné Libéré 7 articles

Nice-Matin 4 articles

L’Est Républicain 11 articles

L’Indépendant 2 articles

Midi Libre 2 articles

La Montagne 2 articles

France Bleu 4 articles

DNA 3 articles

Le Républicain Lorrain 12 articles

Vosges Matin 11 articles

L’Alsace 4 articles

JSL 6 articles

Le Bien Public 7 articles

La Nouvelle République 2 articles

La Nouvelle République des Pyrénées 5 articles

Courrier International 1 article

RFI 2 articles

Le Temps 1 article

La Libre 3 articles

La Dernière Heure 1 article

RTS 1 article

LaPresse 4 articles

Le Devoir 1 article

Agence Anadolu 1 article

The Globe and Mail 2 articles

La Vanguardia 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 2 articles

De Standaard 1 article

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Der Standard 1 article

Dagens Nyheter 1 article

Vanguardia 1 article

El Tiempo 1 article

Le JDD 3 articles

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