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LYCÉES EN MOBILISATION

Les blocus de lycées s’étendent au-delà de l’Île-de-France

Le mouvement perturbait lundi le fonctionnement de 180 établissements et avait conduit à 164 interpellations, selon le ministre de l’Intérieur. Les lycéens dénoncent le manque de moyens et l’absence de professeurs, tandis que l’exécutif accuse LFI d’attiser les tensions.

119 sources · 35 médias · 5 min

La mobilisation lycéenne s’est étendue lundi 28 septembre au-delà de l’Île-de-France, à la veille d’un appel national au blocage lancé par l’Union syndicale lycéenne. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé que 180 établissements étaient concernés et que 164 personnes avaient été interpellées. Des incidents ont été signalés aux abords de plusieurs lycées, avec des feux de poubelles, des jets de projectiles et des tirs de mortier d’artifice.

Les élèves mobilisés dénoncent les classes et les emplois du temps surchargés, l’absence de professeurs, le manque de personnels et l’état de certains établissements. Le gouvernement affirme que les forces de l’ordre interviendront en cas de violences ou de blocage total. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, accuse des élus de La France insoumise d’appeler à une « surenchère irresponsable » et à l’extension du mouvement. Jean-Luc Mélenchon dénonce, lui, une « répression » de la jeunesse. La mobilisation reste ainsi portée par des revendications scolaires, mais elle est désormais aussi prise dans un affrontement politique entre LFI et l’exécutif.

Des classes surchargées aux bâtiments dégradés, les lycéens détaillent leurs revendications

À l’origine des blocus, les lycéens mettent en avant des difficultés très concrètes. À Saint-Denis, des élèves du lycée Paul-Éluard dénoncent l’absence de professeurs, le manque de moyens et la dégradation des bâtiments. À Lagny, des élèves évoquent des fuites, des classes surchargées et des enseignants absents. Dans les Alpes-Maritimes, les revendications portent aussi sur les journées trop longues, la température dans les salles, Parcoursup, la cantine ou encore les équipements des internats.

À Lille, des élèves citent notamment le manque de personnel, le coût de la cantine, des salles trop chaudes en été et trop froides en hiver, ainsi que des problèmes dans les internats. À Lorgues, plus de 200 élèves ont bloqué leur lycée pour dénoncer des conditions de vie et d’études marquées, selon leurs témoignages, par la présence de nuisibles, l’absence d’eau chaude en hiver et des problèmes de restauration. Ces mobilisations locales donnent au mouvement un contenu commun, malgré des griefs qui varient d’un établissement à l’autre.

Des proviseurs, des policiers et des lycéens blessés lors des blocus

Les tensions ne se sont pas limitées aux entrées bloquées. À Aubervilliers, une proviseure a été blessée par un tir de mortier d’artifice. À Rueil-Malmaison, un proviseur a reçu un coup à la tête alors qu’il surveillait l’entrée de son établissement ; trois jours d’arrêt lui ont été prescrits. Le ministère de l’Éducation a également fait état de personnels blessés lors des mobilisations.

Un lycéen du Val-d’Oise a été blessé au visage après le tir d’un projectile par un policier. Une enquête a été confiée à l’Inspection générale de la Police nationale. Le bilan communiqué par le ministère de l’Intérieur fait état de douze membres des forces de l’ordre blessés, de huit personnels enseignants blessés, dont trois chefs d’établissement, et d’une douzaine de lycéens blessés. Dans les Alpes-Maritimes, dix interpellations et deux blessures légères ont été signalées. À Villeurbanne, une lycéenne a également été blessée lors d’échauffourées après des tirs de mortier dans un lycée.

Lecornu accuse LFI d’attiser les blocages, Mélenchon dénonce une « répression »

Le conflit politique s’est noué autour de la présence d’élus insoumis auprès des lycéens et de leurs appels à étendre les blocages. Sébastien Lecornu a dénoncé une « surenchère irresponsable » de La France insoumise. Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a évoqué des violences commises par des personnes extérieures et une récupération politique du mouvement.

Jean-Luc Mélenchon a répondu que le gouvernement avait « ordonné la répression » des lycéens et a appelé les élus et militants insoumis à s’interposer. À Saint-Denis, le maire LFI Bally Bagayoko s’est rendu devant le lycée Paul-Éluard et a défendu la légitimité des revendications. L’Union syndicale lycéenne, qui appelle au blocage national, rejette de son côté l’idée d’une instrumentalisation et demande aux élèves de rester pacifiques. Le gouvernement promet une intervention en cas de violences ou de blocage total, tandis que les élus LFI demandent aux autorités de venir échanger directement avec les mobilisés.

Deux réalités ne se confondent pas : des revendications scolaires documentées dans de nombreux établissements, et des violences qui ont conduit le gouvernement à durcir son discours et son dispositif. L’affrontement entre LFI et l’exécutif ne tranche ni la question des conditions d’étude ni celle des responsabilités dans chaque incident ; il déplace toutefois l’attention vers la confrontation politique.

Le Yak

À Marseille, Lille, Grenoble et Nice, les blocages gagnent de nouveaux lycées

Le mouvement s’est diffusé lundi dans plusieurs villes françaises, notamment à Marseille, Lille, Grenoble, Lyon, Sedan et dans les Alpes-Maritimes. À Grenoble, l’entrée du lycée Emmanuel-Mounier a été bloquée. Dans la métropole de Lyon, des tensions ont éclaté au lycée Frédéric-Faÿs de Villeurbanne. À Nice et à Cagnes-sur-Mer, des feux, des fumigènes et des jets de projectiles ont perturbé plusieurs établissements.

Dans les Alpes-Maritimes, dix lycées ont vu leur fonctionnement perturbé, principalement à Nice, Grasse, Cagnes-sur-Mer et Menton. La préfecture a fait état d’incidents et de dix interpellations, tout en indiquant que la situation s’était généralement déroulée dans le calme. Le président de l’Union syndicale lycéenne, Ryad Rani, explique que la mobilisation s’est rapidement organisée grâce aux réseaux sociaux, notamment TikTok. L’organisation a appelé à poursuivre le mouvement mardi 29 septembre, en l’inscrivant dans une « convergence des luttes » avec la journée de mobilisation de la fonction publique.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, les chiffres des interpellations, les tirs de mortier, les blessés et le face-à-face entre LFI et le gouvernement dominent nettement. Le vocabulaire de la confrontation — « violences urbaines », « répression », « surenchère », « instrumentalisation » — revient dans une grande partie du traitement national.

Les publications locales donnent davantage de place aux motifs matériels de la mobilisation : classes trop chargées, professeurs absents, bâtiments dégradés, cantines ou internats. Ces éléments restent moins visibles dans les séquences nationales centrées sur l’ordre public, alors qu’ils expliquent la présence des élèves devant les établissements.

Deux cadrages coexistent dans la couverture des interventions policières. Le gouvernement insiste sur les dégradations, les agressions et la présence supposée de personnes extérieures ; des enseignants, des avocats et des organisations syndicales mettent en avant les lycéens blessés et dénoncent des interventions sans discernement. La circulation d’images de heurts rend cette opposition particulièrement visible.

Article généré par le Yak

LES SOURCES35 médias · 119 sources

Le Monde 2 articles

Le Figaro 3 articles

Libération 3 articles

Le Parisien 11 articles

Le Nouvel Obs 2 articles

L’Humanité 3 articles

Valeurs Actuelles 1 article

La Croix 1 article

HuffPost France 2 articles

20 Minutes 2 articles

Actu.fr 2 articles

Franceinfo 7 articles

BFMTV 28 articles

RMC 8 articles

TV5MONDE 1 article

Ouest-France 1 article

La Dépêche du Midi 2 articles

Le Progrès 2 articles

Le Dauphiné Libéré 2 articles

Nice-Matin 11 articles

L’Est Républicain 1 article

Midi Libre 4 articles

La Provence 2 articles

La Montagne 2 articles

France Bleu 2 articles

DNA 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

L’Alsace 1 article

JSL 1 article

Le Bien Public 1 article

La 1ère 1 article

Agence Anadolu 3 articles

Blast 1 article

Le JDD 3 articles

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