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PEINE CAPITALE AU TENNESSEE

Après deux doses de pentobarbital, Christa Pike reste en vie au Tennessee

Condamnée à mort pour un meurtre commis en 1995, l’Américaine de 50 ans respirait encore après l’administration de deux doses de pentobarbital. Hospitalisée dans un état critique, elle a conduit le Tennessee à suspendre les exécutions prévues dans l’État et à ouvrir une enquête.

147 sources · 63 médias · 5 min

L’exécution de Christa Pike a échoué mercredi 30 septembre dans le Tennessee. La condamnée à mort, âgée de 50 ans, a reçu deux doses de pentobarbital, mais respirait encore après la procédure. Des témoins ont rapporté qu’elle ronflait de manière audible et qu’elle avait regardé autour d’elle à plusieurs reprises. Elle a été transportée en ambulance vers un hôpital voisin. Ses avocats ont d’abord indiqué ne pas connaître son état, avant d’annoncer le lendemain qu’elle était toujours en vie et dans un état critique.

Le gouverneur républicain du Tennessee, Bill Lee, a suspendu les exécutions prévues dans l’État jusqu’à la fin de l’année et ordonné une enquête indépendante sur le déroulement de la procédure. Christa Pike devait être la première femme exécutée dans le Tennessee depuis plus de deux siècles. Condamnée à mort en 1996 pour le meurtre, commis en 1995, de Colleen Slemmer, une camarade de 19 ans, elle avait passé près de trente ans dans le couloir de la mort.

La Cour suprême des États-Unis avait autorisé l’exécution après qu’une cour d’appel fédérale eut accordé un sursis pour examiner un recours portant notamment sur les violences sexuelles subies par Christa Pike pendant son enfance et sur les circonstances atténuantes invoquées par sa défense. Cette autorisation juridique n’a pas empêché l’échec matériel du protocole d’injection.

La Cour suprême lève le sursis accordé à Christa Pike quelques heures avant l’exécution

La procédure avait été retardée de plusieurs heures par une succession de décisions judiciaires. Une cour d’appel fédérale avait suspendu l’exécution afin d’examiner un recours de la défense. Celui-ci demandait notamment que soient prises en compte les violences sexuelles subies par Christa Pike dans son enfance, ainsi que des troubles psychiques diagnostiqués tardivement.

Le Tennessee avait reconnu pour la première fois ces violences lors d’une audience en août, sans modifier sa position sur la condamnation. Le gouverneur Bill Lee avait également refusé de commuer la peine. Quelques heures avant l’exécution, la Cour suprême, à majorité conservatrice, a finalement autorisé l’État à poursuivre la procédure. Des juges dissidents ont estimé que cette décision empêchait la juridiction inférieure d’examiner correctement les arguments de la défense.

Christa Pike avait 18 ans au moment du meurtre de Colleen Slemmer. Ses deux complices, eux aussi adolescents, n’avaient pas été condamnés à mort : son petit ami, âgé de 17 ans, a reçu une peine de prison à vie, tandis qu’une autre jeune fille de 18 ans a obtenu une peine avec sursis en échange de son témoignage.

Les avocats de Christa Pike mettent en cause les veines, le produit et les secours

Les causes exactes de l’échec doivent être examinées par l’enquête ordonnée par le gouverneur. Les avocats de Christa Pike ont toutefois avancé plusieurs explications : des difficultés d’accès aux veines, des veines rompues, un pentobarbital dégradé et l’absence de soins médicaux d’urgence lorsque la procédure a mal tourné. Ils dénoncent aussi le secret entourant le protocole appliqué dans la prison.

Le pentobarbital est un barbiturique qui déprime le système nerveux central. Dans le cas de Christa Pike, deux doses ont été administrées sans provoquer le décès attendu. Des témoins ont déclaré qu’environ quarante minutes après l’injection, elle respirait encore et ronflait. Ses défenseurs ont ensuite demandé que sa peine soit commuée et qu’aucune nouvelle tentative d’exécution ne soit organisée.

Les données citées dans la couverture montrent que les difficultés ne sont pas limitées à ce cas. Selon le Death Penalty Information Center, au moins 64 exécutions américaines ont été ratées depuis 1977. Une étude citée par BFMTV estime que 7 % des exécutions par injection entre 1890 et 2010 ont échoué ou se sont mal déroulées, soit deux fois plus que pour les autres méthodes de mise à mort.

La Cour suprême a autorisé l’application de la peine, mais cette décision n’a pas garanti le bon déroulement du protocole médical. L’État doit maintenant enquêter sur un échec intervenu au moment même où il mettait en œuvre une décision de justice.

Le Yak

Le Tennessee suspend ses exécutions jusqu’à la fin de l’année

Après l’hospitalisation de Christa Pike, Bill Lee a suspendu toutes les exécutions prévues dans le Tennessee pour le reste de l’année. Le gouverneur a justifié cette décision en affirmant que l’application d’une peine prononcée légalement devait être menée de manière efficace et a confié l’examen des circonstances à un tiers indépendant.

La décision ne constitue pas une renonciation à la peine capitale. Le gouverneur avait auparavant refusé la grâce de Christa Pike et a maintenu que la condamnation pouvait être exécutée. La suspension porte sur les mises à mort programmées dans l’État, tandis que le sort judiciaire de la condamnée reste ouvert après l’échec de la procédure.

Des experts mandatés par l’ONU avaient demandé avant l’exécution qu’elle soit suspendue et que la peine soit commuée. Après l’échec des injections, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a appelé le Tennessee à renoncer à une nouvelle tentative.

L’échec de l’exécution de Christa Pike ravive le débat sur l’injection létale

Robin Maher, directrice du Death Penalty Information Center, a décrit la procédure comme le pire échec d’exécution observé à l’époque moderne. Un précédent américain remonte à 2009 : un condamné avait survécu à plusieurs injections parce que ses veines étaient impossibles à atteindre. Il s’agissait du premier cas de survie à une exécution aux États-Unis depuis 1946.

Ces épisodes relancent la discussion sur les méthodes de mise à mort. L’injection létale est la méthode la plus utilisée aux États-Unis et représentait 88 % des exécutions dans les données citées par BFMTV. Elle est pourtant régulièrement associée à des problèmes d’accès veineux, de produits ou de déroulement du protocole. Le débat porte donc à la fois sur la fiabilité de la procédure et sur la possibilité de recommencer une exécution qui n’a pas abouti.

La séquence intervient alors que la peine capitale reste appliquée dans une partie du pays. Vingt-trois États américains l’ont abolie et trois autres — la Californie, l’Oregon et la Pennsylvanie — observent un moratoire décidé par leur gouverneur. Dix-huit femmes ont été exécutées aux États-Unis depuis le rétablissement de la peine capitale en 1976, soit un peu plus de 1 % du total recensé par le Death Penalty Information Center.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, la persistance de la respiration et du ronflement après les injections domine nettement. Cette scène concrète prend le dessus sur les explications relatives au produit, à l’accès aux veines et aux conditions médicales de la procédure. Les arguments judiciaires antérieurs — violences subies dans l’enfance, troubles psychiques et décisions contradictoires — restent davantage en retrait.

Après les premiers récits centrés sur l’hospitalisation et l’état critique de Christa Pike, l’attention se déplace vers les précédents d’exécutions ratées, les statistiques de l’injection létale et la possibilité d’une nouvelle tentative. La suspension décidée par le Tennessee relie ainsi le fait individuel à une discussion plus générale sur la fiabilité du dispositif.

Article généré par le Yak

LES SOURCES63 médias · 147 sources

Le Monde 2 articles

Le Figaro 3 articles

Libération 1 article

Le Parisien 2 articles

Le Point 1 article

La Croix 3 articles

HuffPost France 1 article

20 Minutes 4 articles

Franceinfo 6 articles

BFMTV 1 article

BFM 5 articles

France 24 4 articles

TV5MONDE 3 articles

La Dépêche du Midi 2 articles

Le Progrès 2 articles

Le Dauphiné Libéré 1 article

Nice-Matin 1 article

Midi Libre 1 article

La Montagne 1 article

Le Bien Public 1 article

Courrier International 1 article

RFI 2 articles

Le Temps 2 articles

La Libre 3 articles

La Dernière Heure 3 articles

RTS 1 article

Radio-Canada 5 articles

LaPresse 4 articles

Le Devoir 1 article

BBC News 5 articles

The Guardian 3 articles

CBC News 3 articles

The Globe and Mail 3 articles

Al Jazeera English 3 articles

South China Morning Post 1 article

Channel NewsAsia 1 article

The Hindu 2 articles

Folha de S.Paulo 3 articles

La Nación Argentina 6 articles

Daily Maverick 1 article

El País 2 articles

La Vanguardia 1 article

Público 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 4 articles

La Repubblica 2 articles

De Standaard 3 articles

NRC 2 articles

de Volkskrant 2 articles

The Irish Times 1 article

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Der Standard 2 articles

Politiken 2 articles

Dagens Nyheter 1 article

Aftenposten 2 articles

Helsingin Sanomat 2 articles

Gazeta Wyborcza 1 article

Hospodářské noviny 1 article

Telex 3 articles

Adevărul 1 article

Vanguardia 3 articles

El Tiempo 7 articles

La Tercera 4 articles

Dawn 1 article

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