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MOBILISATION DANS LES LYCÉES

Dans les lycées, la mobilisation se poursuit malgré les premières annonces du gouvernement

Après 1 027 établissements concernés jeudi, 735 ont encore été perturbés vendredi 2 octobre, selon le ministère de l’Éducation. Près de 400 lycées ont fermé, tandis que les représentants lycéens appellent à poursuivre le mouvement faute de mesures jugées concrètes.

589 sources · 84 médias · 9 min

Parti le 17 septembre du lycée Saint-Exupéry de Créteil, le mouvement de contestation s’est étendu à l’ensemble du pays. Jeudi 1er octobre, 1 027 établissements ont été concernés, dont 222 blocages, selon le ministère de l’Intérieur. Vendredi, le ministère de l’Éducation a recensé 735 établissements perturbés, soit près de 30 % de moins que la veille. Près de 400 lycées ont fermé et de nombreux cours ont été organisés à distance.

Les élèves dénoncent les classes chargées, les professeurs non remplacés, les bâtiments dégradés, les emplois du temps trop lourds et les inégalités liées à l’orientation, notamment avec Parcoursup. La mobilisation a aussi été marquée par des incendies, des dégradations, des affrontements avec les forces de l’ordre et des agressions de personnels. Depuis le début du mouvement, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray fait état de 65 personnels blessés, dont 40 proviseurs, ainsi que de 170 élèves blessés. Le ministère de l’Intérieur a annoncé 1 747 interpellations vendredi et plus de 5 000 depuis le début de la semaine.

Pour tenter de reprendre le contrôle de la situation, Édouard Geffray a reçu syndicats, associations lycéennes, parents d’élèves et représentants de la vie lycéenne. Il a annoncé un plan d’action sur le remplacement des professeurs et l’ouverture d’un travail sur les rythmes scolaires et la démocratie scolaire. Les représentants lycéens, qui n’ont pas obtenu les mesures qu’ils réclamaient, ont appelé à poursuivre le mouvement mardi 6 octobre. L’exécutif maintient parallèlement une ligne de fermeté face aux violences, tandis que les accusations de récupération politique par La France insoumise alimentent un affrontement distinct autour du mouvement.

Classes chargées et professeurs absents : ce que les lycéens demandent

Les revendications sont nombreuses, mais elles se rejoignent autour d’une même demande : pouvoir étudier dans de meilleures conditions. Les lycéens citent le manque d’enseignants, les absences non remplacées, les classes parfois très chargées, les locaux vétustes ou mal équipés et des journées de cours jugées trop longues. Dans plusieurs établissements, ils évoquent aussi la cantine, le chauffage, la climatisation et l’état des sanitaires.

L’orientation constitue un autre point de tension. Des manifestants demandent la suppression ou la réforme de Parcoursup, qu’ils accusent de peser sur leur avenir sans leur donner suffisamment de visibilité. À Saint-Denis, des élèves et des enseignants alertent depuis des années sur la vétusté du lycée Paul-Éluard. À Drap, dans les Alpes-Maritimes, des lycéens ont dénoncé des classes à 33 degrés et des journées à rallonge. Dans le Puy-de-Dôme, des élèves résumaient leur position par une formule : « On nous demande de réussir, donnez-nous les moyens. »

La mobilisation s’est diffusée rapidement par les réseaux sociaux, avec un effet de relais d’un établissement à l’autre. La sociologue Valérie Becquet décrit un mouvement « parti du bas », accéléré par les hashtags, les vidéos et les groupes de discussion, plutôt qu’une mobilisation lancée par une seule organisation nationale. Cette origine éclatée explique la diversité des mots d’ordre. Le ministre de l’Éducation a reconnu que le mouvement ne reposait pas sur une revendication nationale unique.

À Belfort, un policier roué de coups après une interpellation

À Belfort, un commandant de police en civil a été projeté au sol puis roué de coups vendredi matin, aux abords du lycée Courbet. Il a perdu connaissance et a été hospitalisé. Une enquête pour tentative d’homicide volontaire a été ouverte. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent la scène, précédée d’une interpellation dans un cours d’eau. Le procureur a contesté certains éléments avancés à propos de cette intervention.

Cet épisode s’ajoute à une série d’incidents recensés depuis le début de la mobilisation : tirs de mortiers, incendies de poubelles, dégradations de lycées et de commerces, agressions de policiers, de proviseurs et d’autres personnels. À Nantes, le hall du lycée Nelson-Mandela a été détruit par un incendie jeudi 1er octobre. L’établissement, qui comptait 1 700 élèves, devait rester fermé jusqu’aux vacances de la Toussaint. À La Ciotat, un enseignant a été aspergé d’un liquide inflammable puis agressé en marge d’un blocus. À Marseille, une femme a été brûlée au visage par un aérosol transformé en lance-flammes artisanal.

Les représentants lycéens se sont désolidarisés de ces violences tout en appelant à poursuivre le mouvement. Plusieurs élèves rencontrés dans les rassemblements ont expliqué que les dégradations desservaient leurs revendications. À Créteil, où la mobilisation a commencé, des élèves ont appelé au calme. La coexistence, devant les mêmes établissements, de blocages pacifiques et d’actions violentes complique le maintien de l’ordre et brouille la lecture du mouvement.

Rassemblements interdits autour des lycées fermés, la réponse de l’État se durcit

Après la journée de jeudi, marquée par près de 2 000 interpellations et plus de 300 policiers et gendarmes blessés selon le ministre de l’Intérieur, les préfets ont interdit les rassemblements aux abords des lycées fermés. Les forces de l’ordre ont été déployées dans de nombreuses villes. La police défend un usage « nécessaire et proportionné » de la force face aux dégradations et aux attaques contre des policiers, des personnels et des élèves.

La gestion de rassemblements composés en grande partie de mineurs est devenue un sujet central. Des adolescents ont été blessés par des tirs de LBD, des grenades lacrymogènes ou des projectiles. À Tours, un lycéen de 16 ans a perdu l’usage d’un œil après une blessure jugée compatible avec l’impact d’un tir de LBD ; l’IGPN a été saisie. Des témoignages et des vidéos ont aussi conduit à l’ouverture d’enquêtes sur de possibles violences policières, notamment après des interventions à Paris, Aubervilliers et dans plusieurs villes de province.

Le débat oppose deux exigences : protéger les élèves, les personnels et les biens, tout en évitant qu’une intervention contre des mineurs ne provoque des blessures graves ou une nouvelle montée de la tension. Des syndicats, la Ligue des droits de l’homme et le Syndicat de la magistrature ont contesté une réponse jugée trop brutale. Les autorités insistent, elles, sur la présence d’individus extérieurs aux établissements et sur la nécessité de rétablir l’ordre.

Les annonces d’Édouard Geffray ne suffisent pas à suspendre la mobilisation

La réunion organisée vendredi au ministère de l’Éducation n’a pas permis de désamorcer la mobilisation. Édouard Geffray a annoncé un « plan d’action » destiné à accélérer le remplacement des professeurs, en particulier dans les classes de première et de terminale. Il a également promis un travail de fond sur les rythmes scolaires et lancé une plateforme de concertation sur la démocratie scolaire.

Les représentants lycéens ont jugé ces annonces insuffisantes. À la sortie de la rencontre, l’Union syndicale lycéenne a appelé à poursuivre les manifestations et à rejoindre la journée nationale prévue mardi 6 octobre. Une intersyndicale de l’Éducation nationale, comprenant notamment des syndicats du secondaire, a annoncé son soutien, y compris par la grève. Les organisations demandent des réponses sur les moyens humains, les bâtiments, les effectifs par classe, les emplois du temps et l’orientation.

Le gouvernement a aussi retiré du projet de budget 2027 les frais d’inscription envisagés en BTS et en classe préparatoire. Cette décision constitue un premier geste, mais elle ne répond pas à l’ensemble des revendications avancées devant les établissements. Le ministre de l’Éducation a donc ouvert un dialogue sans obtenir, à ce stade, la suspension du mouvement.

La réponse gouvernementale avance sur deux voies qui ne produisent pas le même effet : l’Éducation nationale ouvre des discussions et annonce des mesures à venir, tandis que l’Intérieur et la Justice renforcent les interdictions, les interpellations et la pression sur les familles. Les représentants lycéens ont précisément jugé que le premier volet ne comportait pas encore de décisions suffisamment concrètes pour interrompre le second.

Le Yak

Lycées fermés et cours à distance : une solution d’urgence difficile à tenir

Près de 400 lycées ont fermé vendredi pour des raisons de sécurité, avec un basculement partiel ou total des enseignements à distance. Dans plusieurs territoires, les autorités ont prolongé les fermetures au-delà du week-end : 28 établissements des Alpes-Maritimes devaient fonctionner en distanciel lundi, tandis que des lycées de la métropole nantaise et du Puy-de-Dôme avaient également prévu des cours à distance.

La mise en place s’est souvent faite dans l’urgence. Des enseignants ont expliqué que certains cours, conçus pour le présentiel, étaient difficiles à adapter en quelques heures. Dans un lycée niçois, des professeurs ont renoncé à la visioconférence ; ailleurs, les élèves se sont retrouvés avec des horaires fortement réduits ou de simples échanges sur une messagerie. Un proviseur observait que les élèves n’étaient pas particulièrement disposés à suivre des cours à distance le jour même du blocage.

À Nantes, le lycée Nelson-Mandela devait rester fermé plusieurs semaines après l’incendie de son hall, les cours étant assurés à distance. La fermeture protège les élèves et les personnels, mais elle déplace la perturbation vers les familles et les enseignants. Elle ne répond pas aux griefs portant sur les absences de professeurs, l’état des bâtiments ou l’organisation des journées de cours.

Responsabilité des parents : le gouvernement veut faire payer les dégradations

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a demandé aux procureurs d’engager la responsabilité civile des parents lorsque leurs enfants mineurs sont impliqués dans des dégradations. Il veut ainsi faire « payer les réparations » des dégâts commis en marge des blocages. Depuis le début du mouvement, environ 2 000 personnes ont été placées en garde à vue, dont 90 % de mineurs, selon le ministre.

La facture annoncée par les collectivités se chiffre déjà à plusieurs millions d’euros. La région Auvergne-Rhône-Alpes a avancé une estimation comprise entre 25 et 30 millions d’euros. En Île-de-France, les dégâts dans les lycées ont été évalués à 7 millions d’euros par la présidente de région Valérie Pécresse. En Occitanie, la facture dépassait 3 millions d’euros selon la région, dont près de la moitié en Haute-Garonne. Ces montants restent des estimations locales et provisoires.

La responsabilité des parents n’est pas automatique. Les dégradations doivent être précisément attribuées à leurs auteurs et le lien avec les responsables légaux doit être établi. La FCPE a contesté l’idée d’en faire la réponse principale, estimant que les revendications des lycéens devaient aussi être traitées. Les organisations et les collectivités s’accordent toutefois sur la nécessité de distinguer les élèves mobilisés pacifiquement des auteurs de violences.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, les images d’incendies, d’affrontements, de blessés et d’interpellations occupent une place très supérieure à celle des revendications techniques sur les remplacements, les effectifs ou les bâtiments. Plusieurs élèves et syndicats soulignent eux-mêmes que cette hiérarchie fait passer le fond du mouvement au second plan.

Deux cadrages coexistent. Une partie des publications décrit un mouvement spontané, né de problèmes locaux et amplifié par les réseaux sociaux ; une autre le présente surtout comme une mobilisation récupérée ou encouragée par LFI et l’ultragauche. La responsabilité politique de La France insoumise est beaucoup commentée, mais elle reste une accusation contestée, distincte des faits établis sur l’origine multiple des blocages.

La séquence est fortement personnalisée autour d’Édouard Geffray, de Gérald Darmanin, de Jean-Luc Mélenchon et de figures lycéennes comme Ryad Rani. Cette personnalisation rend le conflit plus lisible, mais réduit parfois la diversité des situations locales. Les reportages de terrain montrent aussi des rassemblements calmes, des élèves opposés aux casseurs et des établissements où le dialogue se poursuit.

Article généré par le Yak

LES SOURCES84 médias · 589 sources

Le Monde 11 articles

Le Figaro 20 articles

Libération 11 articles

Le Parisien 30 articles

Le Nouvel Obs 7 articles

L’Express 2 articles

L’Humanité 23 articles

La Croix 5 articles

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Franceinfo 35 articles

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France 24 13 articles

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RMC 24 articles

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La Dépêche du Midi 24 articles

Le Progrès 10 articles

Le Dauphiné Libéré 12 articles

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L’Indépendant 5 articles

Midi Libre 9 articles

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Le Républicain Lorrain 7 articles

Vosges Matin 7 articles

L’Alsace 6 articles

JSL 11 articles

Le Bien Public 11 articles

La Nouvelle République 6 articles

La 1ère 2 articles

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Le Temps 1 article

La Libre 3 articles

La Dernière Heure 1 article

RTS 2 articles

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LaPresse 1 article

Le Devoir 1 article

Agence Anadolu 10 articles

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The Guardian 2 articles

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The New York Times 1 article

CBC News 1 article

Al Jazeera English 2 articles

South China Morning Post 1 article

Folha de S.Paulo 1 article

Daily Maverick 1 article

El País 1 article

La Vanguardia 2 articles

Público 2 articles

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Frankfurter Allgemeine Zeitung 2 articles

De Standaard 2 articles

De Tijd 2 articles

NRC 1 article

de Volkskrant 2 articles

The Irish Times 1 article

Neue Zürcher Zeitung 2 articles

Der Standard 1 article

Aftenposten 1 article

Helsingin Sanomat 1 article

Gazeta Wyborcza 1 article

Telex 2 articles

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El Tiempo 1 article

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