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CRISE DU LOGEMENT EN ESPAGNE

En Espagne, des dizaines de milliers de personnes manifestent pour le droit au logement

À Madrid et dans de nombreuses villes, les cortèges réclament des loyers abordables et une meilleure protection des locataires. Le rejet de deux textes au Parlement met le gouvernement de Pedro Sánchez sous pression et relance l’hypothèse d’élections anticipées.

62 sources · 41 médias · 4 min

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Madrid et dans plusieurs villes espagnoles pour réclamer le droit au logement. À Madrid, les autorités ont compté environ 70 000 participants, tandis que le syndicat des locataires en a revendiqué 500 000. Les cortèges demandaient notamment des loyers abordables, une protection renforcée contre les expulsions et des mesures contre la hausse des prix.

La mobilisation est intervenue au lendemain du rejet par le Parlement de deux textes présentés par le gouvernement de Pedro Sánchez. Les mesures portaient notamment sur la suspension jusqu’en 2030 des expulsions de personnes vulnérables, le renouvellement automatique de certains baux et des dispositions visant les fonds d’investissement dits « vautours ». Ce revers parlementaire a renforcé la pression sur le gouvernement minoritaire et relancé les spéculations sur des élections législatives anticipées, alors que la législature doit théoriquement aller jusqu’en 2027.

À Madrid, l’expulsion d’une femme de 87 ans est devenue le symbole de la crise

L’expulsion de Maricarmen Abascal, une Madrilène de 87 ans, est devenue le symbole de la crise du logement et le point de départ de la mobilisation actuelle. Elle vivait depuis environ sept décennies dans son appartement lorsqu’une société immobilière qui l’avait acquis a voulu augmenter son loyer de 275 %.

À Madrid, les manifestants ont relié cette affaire à leur propre situation. Depuis 2015, le prix des loyers y a presque doublé, tandis que les salaires n’ont augmenté que de 30 %, d’après les données reprises dans la couverture de la mobilisation. Adhara Freile, une jardinière de 41 ans, craint de devoir quitter avec son compagnon leur appartement d’une pièce lorsque leur bail arrivera à échéance l’année prochaine. Marcos Sainz, libraire de 26 ans, raconte être passé d’une colocation à 900 euros à un deux-pièces à 1 000 euros. « Je me sens privilégié parce que je peux me le permettre », a-t-il déclaré, tout en disant vouloir continuer à manifester jusqu’à une régulation du marché.

Un autre manifestant, Javier, explique vivre dans un appartement de 90 mètres carrés avec trois autres personnes et consacrer la moitié de son salaire à une petite chambre. Ces témoignages donnent un contenu concret aux revendications sur l’accès à un logement décent et stable.

Le rejet des textes sur le logement fragilise le gouvernement de Sánchez

Le rejet des deux textes a infligé un revers politique direct à Pedro Sánchez. Son gouvernement ne dispose pas d’une majorité parlementaire suffisante pour faire adopter ses mesures d’urgence. Le vote portait sur des dispositifs destinés à protéger les locataires, notamment la suspension des expulsions de personnes vulnérables, le renouvellement automatique des contrats et des mesures contre les fonds d’investissement accusés de réduire l’offre destinée aux habitants.

Le Premier ministre s’est donné quelques jours pour décider s’il convoquerait ou non des élections anticipées. La législature est prévue pour s’achever en 2027. Le chef de l’opposition de droite, Alberto Núñez Feijóo, l’a appelé à mettre fin à ses hésitations et à convoquer le scrutin, estimant que le pays « n’en peut plus ». Le ministre des Droits sociaux, Pablo Bustinduy, a pour sa part présenté les prochaines élections, si elles ont lieu, comme un « référendum sur le logement ».

La question du logement déborde ainsi le débat sur les loyers et les expulsions : elle met à l’épreuve la capacité du gouvernement minoritaire à faire voter ses réponses et fournit à l’opposition un nouvel argument pour réclamer un retour aux urnes.

Le rejet parlementaire a amplifié la crise politique, mais il n’a pas créé la mobilisation : les manifestations étaient déjà programmées après l’expulsion de Maricarmen Abascal. Le vote a donc surtout fourni un déclencheur politique à une contestation née d’une situation concrète de logement.

Le Yak

Le Syndicat des locataires appelle à prolonger la mobilisation par une « grève générale »

À Madrid, les cortèges ont convergé derrière une banderole appelant à la « grève générale ». Le Syndicat des locataires veut prolonger la mobilisation au-delà de cette journée de manifestations, organisées dans plus de cinquante villes ou annoncées comme telles dans les différents appels.

Valeria Racu, porte-parole du syndicat à l’origine du mouvement, a affirmé que « huit jours de pouvoir populaire » pouvaient faire davantage que « huit ans de gouvernement progressiste ». Elle a aussi déclaré que « la vraie politique » revenait dans la rue. Ces formules visent directement le gouvernement de Pedro Sánchez et affirment que la mobilisation entend peser quelle que soit l’issue politique de la crise.

L’appel à la grève a suscité une contestation sur sa nature même. Antonio Garamendi, président de la Confédération espagnole des organisations patronales, l’a jugé illégal au motif qu’il ne s’agirait pas d’un conflit du travail. Il a indiqué qu’il saisirait les tribunaux s’il était effectivement lancé. Le mouvement ne porte donc plus seulement sur les mesures rejetées, mais aussi sur la capacité du Syndicat des locataires à imposer un rapport de force durable.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, l’ampleur visuelle des cortèges domine nettement. L’écart entre les estimations — 70 000 participants selon les autorités contre 500 000 selon le syndicat des locataires — et la personnalisation autour de Maricarmen Abascal renforcent ce cadrage concret et immédiatement identifiable.

Le rejet des textes et l’hypothèse d’élections anticipées occupent également une place importante. Les causes plus structurelles de la crise, comme la réduction de l’offre résidentielle attribuée aux plateformes touristiques et aux fonds d’investissement, restent davantage en retrait que les images de foule, les témoignages de locataires et le conflit politique.

Article généré par le Yak

LES SOURCES41 médias · 62 sources

Le Monde 3 articles

Le Figaro 1 article

Libération 1 article

Le Parisien 1 article

L’Express 1 article

L’Humanité 1 article

La Croix 1 article

HuffPost France 1 article

20 Minutes 1 article

Franceinfo 2 articles

BFM 1 article

France 24 3 articles

Euronews FR 3 articles

TV5MONDE 4 articles

Ouest-France 1 article

La Dépêche du Midi 1 article

JSL 1 article

RFI 1 article

Mediapart 1 article

RTS 1 article

Radio-Canada 2 articles

Agence Anadolu 1 article

BBC News 2 articles

The Guardian 1 article

Al Jazeera English 1 article

Channel NewsAsia 1 article

The Hindu 2 articles

Folha de S.Paulo 1 article

La Nación Argentina 1 article

El País 4 articles

La Vanguardia 6 articles

Frankfurter Allgemeine Zeitung 1 article

La Repubblica 1 article

De Standaard 1 article

De Tijd 1 article

NRC 1 article

Der Standard 1 article

Politiken 1 article

Aftenposten 1 article

El Tiempo 1 article

La Tercera 1 article

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