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Rassemblement national

Messages antisémites attribués à Bardella : Le Pen lui maintient sa confiance

Mediapart a publié de nouveaux éléments pour authentifier des messages antisémites attribués à Jordan Bardella en 2013. Le président du RN continue de nier en être l’auteur et annonce des plaintes, tandis que Marine Le Pen affirme lui conserver « totalement » sa confiance.

39 sources · 26 médias · 4 min

Jordan Bardella est accusé d’avoir écrit en 2013, sur Messenger, des messages antisémites révélés par Mediapart. Le président du Rassemblement national conteste formellement en être l’auteur, dénonce des « montages grossiers » et affirme que les captures d’écran peuvent être manipulées. Il a annoncé le dépôt d’une plainte pour faux et usage de faux, en complément d’une plainte pour diffamation.

Après une première publication de captures d’écran, Mediapart a diffusé de nouveaux éléments qu’il présente comme une authentification des échanges, notamment une extraction des messages par Meta sous contrôle d’huissier et des détails biographiques attribués à l’utilisateur du compte. Jordan Bardella maintient pourtant son démenti. Marine Le Pen lui a, de son côté, renouvelé « totalement » sa confiance. La crise place ainsi les deux dirigeants du RN face à une accusation que l’un rejette et que l’autre choisit de soutenir publiquement.

Mediapart détaille l’authentification des échanges, Bardella maintient son démenti

La contestation porte désormais autant sur l’identité de l’auteur que sur le contenu des messages. Mediapart affirme que les échanges ont été extraits par Meta, la maison mère de Facebook, sous contrôle d’huissier. Le site met également en avant plusieurs éléments biographiques présents dans les conversations : une mère née en Italie, une interview accordée au Parisien en 2013 et un échec au concours de Sciences Po.

Jordan Bardella rejette cette identification. Il affirme n’avoir jamais tenu les propos publiés et parle de « montages grossiers » et d’« obscures captures d’écran manipulables ». Sa défense reste inchangée après la publication des éléments supplémentaires. Il a chargé son avocat de déposer une plainte pour faux et usage de faux, en complément de celle déjà annoncée pour diffamation.

Les éléments présentés par Mediapart renforcent son accusation, mais leur interprétation reste contestée par l’intéressé, qui nie toujours être l’auteur des messages.

Le RN répond aux révélations par une offensive contre les médias

Après les révélations, le Rassemblement national a resserré sa communication autour de la défense de Jordan Bardella et de Marine Le Pen. Les relations entre les responsables du parti et les médias se sont tendues. La cheffe de file du RN a dénoncé une « barbouzerie » et promis de « démonter » des « manipulations bien lourdes et bien crasseuses ».

Marine Le Pen avait aussi invité Mediapart à « enfiler son costard en kevlar », une formule faisant référence aux gilets pare-balles. Laure Lavalette a ensuite défendu sa dirigeante, tout en minimisant cette expression et en prenant pour cible l’émission « Quotidien », critiquée pour son traitement de l’affaire.

La défense du RN porte donc aussi sur le traitement médiatique de l’affaire. Les accusations de manipulation occupent une place centrale dans sa réponse aux révélations.

60 % jugent les messages graves, 38 % estiment que Bardella doit partir

Le sondage YouGov publié par Le HuffPost montre un écart entre le jugement porté sur les messages et la sanction politique envisagée. Soixante pour cent des Français interrogés estiment graves les messages antisémites attribués à Jordan Bardella. Ils sont toutefois 38 % à penser qu’il devrait quitter la présidence du RN.

Ces chiffres ne signalent pas une demande majoritaire de départ. Ils montrent que la gravité attribuée aux propos ne se traduit pas automatiquement par une demande de démission. François-Xavier Bellamy a rappelé que l’antisémitisme ne pouvait pas être considéré comme une question marginale, tandis que d’autres réactions politiques ont porté sur le maintien de Bardella à la tête du RN.

Le sondage distingue deux niveaux que la crise tend à confondre : une majorité juge les propos graves, mais une minorité seulement réclame le départ de Bardella. La condamnation morale et la sanction politique ne produisent donc pas le même résultat.

Le Yak

Le soutien de Le Pen laisse ouvertes les tensions du tandem RN

L’affaire intervient alors que le RN cherche depuis plusieurs années à présenter une image renouvelée. Des analyses et des débats télévisés l’ont replacée dans la question de la dédiabolisation du parti, certains soulignant l’écart entre cette image et les accusations visant son président.

La crise touche aussi un tandem déjà traversé par des désaccords. Marine Le Pen et Jordan Bardella ont affiché des sensibilités différentes sur les retraites et l’interdiction du voile dans l’espace public. Des tensions ont également été rapportées entre leurs entourages, après l’éviction d’un proche de Bardella, le conseiller économique François Durvye, et la place accordée à Marion Maréchal dans le dispositif de campagne.

En maintenant sa confiance, Marine Le Pen protège publiquement le président du RN au moment où l’affaire atteint directement la promesse de normalisation du parti. Ce soutien ne fait pas disparaître les divergences déjà documentées au sein du tandem, mais il empêche, dans l’immédiat, l’ouverture publique d’une rupture.

Médianalyse du Yak

La couverture est fortement personnalisée autour du duel entre Jordan Bardella et Marine Le Pen : l’authenticité des messages, le démenti du président du RN et le maintien de la confiance de sa dirigeante dominent le récit. La dimension technique de l’authentification numérique apparaît, mais reste secondaire par rapport au conflit politique et aux formules de communication.

Deux cadrages coexistent. Les publications consacrées à l’enquête détaillent les traces numériques et les éléments biographiques censés identifier l’auteur du compte ; les analyses politiques replacent surtout l’affaire dans la dédiabolisation du RN et la solidité du tandem Le Pen-Bardella. Le sondage introduit un autre angle : la gravité reconnue par 60 % des répondants ne débouche que sur 38 % d’appels à la démission.

Article généré par le Yak

LES SOURCES26 médias · 39 sources

Le Monde 1 article

Le Figaro 1 article

Libération 1 article

Le Parisien 1 article

L’Humanité 1 article

Atlantico 1 article

HuffPost France 3 articles

20 Minutes 3 articles

Franceinfo 5 articles

BFMTV 6 articles

TV5MONDE 1 article

La Dépêche du Midi 1 article

Le Progrès 1 article

Le Dauphiné Libéré 1 article

Nice-Matin 1 article

L’Est Républicain 1 article

La Montagne 1 article

France Bleu 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

JSL 1 article

Le Temps 1 article

La Libre 1 article

La Dernière Heure 1 article

RTS 1 article

Die Zeit 1 article

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