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ESPAGNE LOGEMENT ET CRISE POLITIQUE

Pedro Sánchez convoque des élections anticipées après le rejet de ses mesures sur le logement

Le premier ministre socialiste a dissous les Chambres et fixé les législatives au 29 novembre, plusieurs mois avant le calendrier prévu. Il espère obtenir une majorité progressiste élargie, alors que le Parti populaire le devance dans les sondages et pourrait devoir s’allier à Vox.

156 sources · 73 médias · 5 min

Pedro Sánchez a annoncé le 5 octobre la dissolution des Chambres et la convocation d’élections législatives anticipées le 29 novembre. Le scrutin était initialement prévu à la mi-2027. Le premier ministre socialiste justifie cette décision par la nécessité d’obtenir une « majorité bien plus large » pour faire adopter les réformes encore en suspens, après le rejet par le Congrès de deux décrets sur le logement.

Le vote a placé son gouvernement de coalition minoritaire dans une impasse. Les textes prévoyaient notamment la suspension jusqu’en 2030 des expulsions de personnes vulnérables, le renouvellement automatique des contrats de location et des mesures visant les fonds d’investissement accusés de contribuer à la hausse des loyers. Leur rejet est intervenu après plusieurs semaines de mobilisation pour le droit au logement.

Au pouvoir depuis 2018, Sánchez aborde la campagne dans une position fragilisée par des affaires touchant son entourage et par les critiques sur la gestion de la crise migratoire à Ceuta. Les sondages placent le Parti populaire devant les socialistes, sans lui attribuer de majorité absolue. Une victoire de la droite pourrait donc dépendre d’un accord avec Vox, troisième force politique du pays.

À Madrid, l’expulsion d’une femme de 87 ans alimente la mobilisation sur le logement

L’expulsion de Maricarmen Abascal, une Madrilène de 87 ans, a donné un visage à la crise du logement. Elle a dû quitter l’appartement où elle vivait depuis 70 ans après son rachat par une société d’investissement qui voulait augmenter son loyer de 275 %.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Madrid et dans plusieurs villes espagnoles après cet épisode. Depuis plus d’une semaine, des centaines de militants occupent la Puerta del Sol, au centre de la capitale, pour réclamer des réformes. Le rejet des décrets gouvernementaux a renforcé leur colère.

Alicia del Rio, porte-parole du syndicat des locataires de Madrid, a annoncé que le logement serait la question centrale de la campagne. « Cette vague d’indignation est irrésistible et nous n’allons pas nous arrêter », a-t-elle déclaré.

Le vote sur le logement produit un double effet politique : il expose l’absence de majorité de Sánchez tout en lui fournissant le thème de campagne sur lequel il peut opposer son projet progressiste à une possible coalition de droite et d’extrême droite. Le logement devient ainsi à la fois la cause immédiate de la dissolution et le terrain choisi pour défendre son bilan.

Le Yak

La dissolution des Cortes suspend plusieurs réformes du gouvernement

La convocation des élections interrompt une partie de l’agenda législatif. La réforme du financement des communautés autonomes, le statut des stagiaires et plusieurs textes sociaux ou culturels sont laissés en suspens par la dissolution des Cortes.

Le gouvernement cherche toutefois à faire adopter une partie de ses mesures sur le logement par la Diputación Permanente, l’organe qui assure la continuité du Congrès lorsque les chambres sont dissoutes. La composition de cette instance pourrait permettre de valider un décret, mais pas l’ensemble des textes rejetés en séance plénière.

Cette tentative prolonge le conflit ouvert par le vote du Congrès : Sánchez présente l’élection comme le moyen d’obtenir une majorité capable de gouverner, tandis que ses adversaires y voient la conséquence directe de l’échec de sa coalition minoritaire à faire voter ses textes.

Le Parti populaire mise sur une alternance avec Vox

Le chef du Parti populaire, Alberto Núñez Feijóo, réclamait depuis plusieurs mois des élections anticipées. Après l’annonce de Sánchez, il s’est réjoui que les Espagnols puissent « enfin » se prononcer et a présenté le scrutin comme un choix entre le gouvernement socialiste et une « reconstruction nationale ».

Les sondages disponibles placent le PP en tête, mais sans majorité absolue. Le parti conservateur pourrait donc avoir besoin des voix de Vox pour gouverner. L’extrême droite est actuellement la troisième force politique du pays et a déjà participé à plusieurs exécutifs régionaux.

Sánchez tente de transformer cette perspective en argument de campagne. Dans son allocution, il a opposé la poursuite de son projet progressiste à un recul sous une coalition de droite et d’extrême droite. Vox, de son côté, réclame notamment une « priorité nationale », la dérégulation et la « remigration ».

Sumar et Podemos accélèrent leur réorganisation avant le 29 novembre

L’élection anticipée oblige les forces de gauche à accélérer leur préparation. Sumar, partenaire minoritaire du gouvernement, travaille à un « Front large » pour présenter une candidature commune. Podemos réclame pour sa part des primaires ouvertes et a proposé un vote interne les 14 et 15 octobre.

Cette réorganisation intervient alors que la majorité de Sánchez est déjà fragilisée par la fragmentation de la gauche et la perte de cohésion de ses partenaires parlementaires. Les formations doivent enregistrer leurs coalitions avant le début de la campagne, prévu le 13 novembre, et les candidatures doivent être proclamées le 2 novembre.

À droite, Feijóo se prépare à une bataille qu’il présente comme décisive pour accéder à La Moncloa. L’élection ne départagera donc pas seulement Sánchez et le PP : elle déterminera aussi la capacité de chaque bloc à rassembler suffisamment de forces pour former un gouvernement.

Médianalyse du Yak

La couverture est fortement personnalisée autour de Pedro Sánchez : « pari », « va-tout », « coup de poker » ou « fuite en avant » reviennent pour décrire une décision qui engage directement sa survie politique. Cette personnalisation laisse souvent au second plan les dimensions techniques de la dissolution et du fonctionnement de la coalition.

L’expulsion de Maricarmen Abascal occupe une place importante par rapport aux mécanismes plus durables de la crise du logement. Son âge, la durée de son occupation du logement et la hausse annoncée du loyer donnent à la séquence une incarnation immédiatement lisible, tandis que les tensions entre encadrement des loyers et accroissement de l’offre apparaissent davantage dans les traitements économiques ou explicatifs.

Deux cadrages coexistent : une partie de la couverture présente l’élection comme un référendum sur le logement et la justice sociale ; une autre insiste sur le risque d’un gouvernement du PP soutenu par Vox. Le premier met en avant la mobilisation de la rue, le second l’arithmétique parlementaire et le déplacement possible de l’Espagne vers la droite.

Article généré par le Yak

LES SOURCES73 médias · 156 sources

Le Monde 2 articles

Le Figaro 1 article

Libération 2 articles

Le Parisien 1 article

Le Point 1 article

L’Express 1 article

La Croix 2 articles

HuffPost France 1 article

20 Minutes 1 article

Franceinfo 2 articles

BFMTV 6 articles

BFM 1 article

France 24 1 article

Euronews FR 3 articles

TV5MONDE 5 articles

La Dépêche du Midi 1 article

Le Progrès 1 article

L’Indépendant 1 article

Midi Libre 1 article

DNA 1 article

JSL 1 article

Courrier International 1 article

RFI 1 article

Mediapart 2 articles

Le Temps 2 articles

La Libre 2 articles

RTS 1 article

Radio-Canada 2 articles

LaPresse 1 article

Le Devoir 1 article

Agence Anadolu 1 article

BBC News 3 articles

The Guardian 2 articles

Financial Times 2 articles

The New York Times 3 articles

The Washington Post 1 article

NPR 1 article

CBC News 1 article

The Globe and Mail 2 articles

Al Jazeera English 3 articles

South China Morning Post 1 article

Channel NewsAsia 1 article

The Hindu 1 article

Folha de S.Paulo 1 article

La Nación Argentina 3 articles

Daily Maverick 1 article

El País 21 articles

La Vanguardia 21 articles

Público 3 articles

Die Zeit 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 3 articles

La Repubblica 1 article

De Standaard 1 article

De Tijd 4 articles

NRC 1 article

de Volkskrant 1 article

The Irish Times 2 articles

Neue Zürcher Zeitung 1 article

Der Standard 1 article

Politiken 2 articles

Dagens Nyheter 2 articles

Aftenposten 1 article

Helsingin Sanomat 1 article

Gazeta Wyborcza 2 articles

Hospodářské noviny 1 article

Adevărul 1 article

EUobserver 1 article

Vanguardia 1 article

El Tiempo 1 article

La Tercera 3 articles

The National 1 article

Alternatives Économiques 1 article

Conflits 1 article

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