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ISRAËL ET GAZA

Israël renforce sa vigilance à l’approche des trois ans du 7-Octobre

À l’approche du troisième anniversaire des attaques du Hamas, l’armée israélienne a été appelée à se préparer à « tout scénario » dans la bande de Gaza. Le ministère de la Défense menace de faire « payer le prix fort » au Hamas et à la population de Gaza en cas de nouvelle attaque, tandis que les commémorations ravivent le traumatisme et les débats sur les responsabilités.

45 sources · 29 médias · 5 min

À la veille des commémorations du 7-Octobre, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a ordonné à l’armée d’augmenter son niveau de vigilance et de se tenir prête à « tout scénario possible » dans la bande de Gaza. Les autorités redoutent notamment des tentatives d’embuscade contre les postes militaires israéliens situés dans la zone. Le ministère a averti que, si les forces israéliennes subissaient des pertes, le Hamas et la population de Gaza en paieraient « le prix fort ».

Trois ans après les attaques du Hamas, la date reste un point de tension majeur en Israël. Elle renvoie au massacre de 2023, aux otages et aux défaillances sécuritaires qui ont permis l’attaque. Les cérémonies se déroulent dans une société toujours marquée par le traumatisme, tandis que la riposte menée par le gouvernement de Benyamin Nétanyahou et ses conséquences à Gaza alimentent un débat politique sur les responsabilités.

Trois ans après les attaques, survivants et familles continuent de faire vivre les récits du 7-Octobre

Trois ans après les attaques, les survivants, les familles endeuillées et les anciens otages continuent de vivre avec leurs souvenirs. Keith Siegel, retenu en otage pendant 484 jours, s’était répété les lieux où il avait été détenu, les dates de ses déplacements et les violences dont il avait été témoin afin de pouvoir les raconter après sa libération.

Cette mémoire individuelle rejoint une expérience collective. La rabbin et essayiste Delphine Horvilleur décrit une période de « sidération », durant laquelle la douleur israélienne empêchait d’abord d’écouter celle de l’autre. Dans ses sermons réunis sous le titre Sermons sous les décombres, elle revient sur les trois années de guerre et sur la rupture vécue par les familles et les communautés. Des livres et des témoignages consacrés aux victimes, aux otages et aux actes de courage prolongent ce travail de mémoire.

En Israël, la campagne législative remet en cause la responsabilité de Nétanyahou dans l’échec du 7-Octobre

Les commémorations occupent une place centrale dans la campagne pour les élections législatives du 27 octobre. Le scrutin se présente comme un référendum sur la responsabilité de Benyamin Nétanyahou dans l’échec qui a précédé l’attaque du Hamas.

Le Premier ministre est accusé par ses adversaires de rejeter la faute sur l’armée et les services de renseignement. Une enquête consacrée à sa conduite affirme qu’il avait été averti avant l’attaque et qu’il aurait refusé in extremis un accord avec le Hamas, ce qui aurait contribué à précipiter les événements. Ces accusations, portées par les journalistes Shlomi Eldar et Ruth Yuval, ne suffisent pas à établir à elles seules une responsabilité.

La question de l’enquête institutionnelle reste au centre des critiques. Alors que les Israéliens réclament une commission chargée d’établir les responsabilités, le gouvernement n’en a pas désigné après les attaques. L’armée, de son côté, a annoncé la conclusion de ses propres enquêtes et la nécessité d’en tirer des leçons.

La séquence anniversaire réunit deux temporalités politiques qui ne se recouvrent pas complètement : l’armée parle de tirer les leçons d’un échec passé, tandis que la campagne électorale cherche encore à attribuer les responsabilités. Les départs de responsables militaires n’ont donc pas clos la controverse sur la décision politique.

Le Yak

Après les défaillances du 7-Octobre, l’armée israélienne revoit son renseignement et sa chaîne de commandement

L’armée israélienne a engagé plusieurs changements après l’échec sécuritaire du 7-Octobre. Ils portent notamment sur le développement du renseignement humain, un apprentissage renforcé de la langue arabe et la mise en place d’une chaîne de commandement d’urgence.

La crise a aussi entraîné le départ de plusieurs responsables. Aharon Haliva, chef du renseignement militaire Aman, a démissionné en avril 2024 en raison des manquements de son service. D’autres responsables du renseignement et de l’armée ont ensuite quitté leurs fonctions, dont le chef d’état-major Herzi Halevi et le chef du commandement sud, Yaron Finkelman.

Ces réformes s’ajoutent aux enquêtes internes annoncées par l’armée. Elles ne remplacent pas le débat politique sur les responsabilités : le chef d’état-major reconnaît l’ampleur du désastre, tandis que Nétanyahou met en cause l’armée et les services de renseignement.

À Paris, une manifestation interdite ajoute une tension politique aux commémorations

La préfecture de police de Paris a interdit une manifestation appelée par le collectif Urgence Palestine le jour des commémorations du 7-Octobre. Le rassemblement devait dénoncer la situation à Gaza et réclamer le respect du cessez-le-feu. L’arrêté préfectoral invoque des « risques importants de troubles à l’ordre public ».

Le collectif a dénoncé une « censure politique » et annoncé un recours devant le tribunal administratif. La décision a placé la journée parisienne sous le signe d’un affrontement entre hommage aux victimes israéliennes, expression de la solidarité avec les Palestiniens et maintien de l’ordre.

D’autres initiatives ont marqué la séquence dans la capitale. Une allée du parc Monceau a été inaugurée en hommage à la famille Bibas. Le nom « Déluge d’Al-Aqsa », appellation utilisée par le Hamas pour désigner son opération du 7 octobre 2023, a par ailleurs été tagué sur la mairie du XIe arrondissement.

Livres et documentaires prolongent la bataille des récits autour du 7-Octobre

À l’approche de l’anniversaire, le 7-Octobre est aussi devenu le sujet de livres, de témoignages et de documentaires. Des ouvrages recueillent les récits de survivants, d’otages et de personnes qui ont porté secours lors de l’attaque. D’autres reviennent sur les responsabilités politiques et sécuritaires israéliennes.

Le documentaire Naza, consacré aux crimes commis à Gaza, a suscité des réactions jusque dans sa diffusion en Europe. Aux Pays-Bas, les réalisateurs ont demandé aux cinémas de ne pas le projeter, après des menaces visant l’équipe du film. La controverse fait coexister plusieurs récits autour de l’anniversaire : celui du massacre et des otages israéliens, celui du traumatisme durable et celui des conséquences de la guerre à Gaza.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, la menace d’une nouvelle attaque et la persistance du traumatisme dominent nettement. Les formules « tout scénario » et « prix fort » donnent à la séquence une forte dimension sécuritaire, tandis que les témoignages de survivants et d’anciens otages lui apportent une incarnation immédiate.

Les débats plus techniques sur le renseignement, les chaînes de commandement et la commission d’enquête restent davantage en retrait, alors qu’ils éclairent les responsabilités recherchées en Israël. Deux cadrages coexistent ainsi : l’anniversaire comme moment de mémoire et d’alerte, et l’anniversaire comme épreuve politique pour le gouvernement Nétanyahou.

La couverture française ajoute une ligne de tension centrée sur l’interdiction d’une manifestation à Paris et sur les hommages organisés dans la capitale. À l’international, les productions culturelles déplacent encore le regard vers la bataille des récits et les conséquences de la guerre à Gaza.

Article généré par le Yak

LES SOURCES29 médias · 45 sources

Le Monde 3 articles

Le Figaro 2 articles

Libération 2 articles

Le Parisien 4 articles

L’Humanité 1 article

La Croix 1 article

HuffPost France 1 article

Franceinfo 6 articles

BFM 2 articles

France 24 1 article

Le Temps 2 articles

La Libre 1 article

LaPresse 1 article

Le Devoir 1 article

Agence Anadolu 1 article

The Guardian 2 articles

Al Jazeera English 1 article

La Nación Argentina 2 articles

The Guardian Australia 1 article

El País 1 article

Público 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 1 article

La Repubblica 1 article

de Volkskrant 1 article

The Irish Times 1 article

Adevărul 1 article

La Tercera 1 article

Le Canard Enchaîné 1 article

Le JDD 1 article

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