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PRÉSIDENTIELLE 2027

Le RN chiffre à 140 milliards d’euros ses économies d’ici à 2032

Marine Le Pen, Jordan Bardella et le député Jean-Philippe Tanguy ont présenté un contre-budget prévoyant aussi 30 milliards d’euros de baisses d’impôts et un déficit public inférieur à 3 % du PIB en 2030. Les hypothèses de croissance et plusieurs mesures sont contestées.

44 sources · 24 médias · 5 min

Marine Le Pen a présenté mardi 6 octobre, avec Jordan Bardella et le député Jean-Philippe Tanguy, un contre-budget destiné à servir de trajectoire économique au RN pour la présidentielle de 2027. Le parti promet 140 milliards d’euros nets d’économies d’ici à 2032 par rapport à 2026, un équilibre primaire en dix-huit mois et un déficit public inférieur à 3 % du PIB en 2030. Il vise aussi une dette ramenée à 112 % du PIB et prévoit 30 milliards d’euros de baisses d’impôts sur le quinquennat.

Le projet prévoit notamment de réduire les dépenses liées à l’immigration, la contribution française au budget de l’Union européenne, les effectifs des collectivités locales et des agences de l’État, ainsi que les dépenses de la fonction publique. Il comprend aussi une réforme des retraites et une règle d’or budgétaire inscrite dans la Constitution après référendum. Marine Le Pen présente cette trajectoire comme une « rupture politique » destinée à éviter que la France ne coure « vers le défaut » de paiement.

Le chiffrage est contesté par des économistes et des responsables politiques. Les critiques portent sur des économies jugées surestimées, des dépenses sous-estimées et une prévision de croissance de 1,8 % considérée comme trop optimiste par le ministre de l’Économie Roland Lescure. Le contre-budget doit ainsi servir de démonstration de la capacité du RN à gouverner, tout en l’exposant à une nouvelle bataille sur la crédibilité économique de Marine Le Pen.

Retraites, immigration et collectivités : les économies avancées par le RN

Le RN veut chercher une partie de ses économies dans les politiques qui constituent ses priorités. Marine Le Pen évalue entre 15 et 20 milliards d’euros les économies à terme sur les retraites, tout en défendant un retour de l’âge légal à 62 ans, voire à 60 ans. Elle annonce aussi une réforme de la capitalisation individuelle et collective, avec la création d’un « véritable pilier de capitalisation ».

L’immigration et l’instauration d’une « priorité nationale » doivent rapporter, selon la candidate, 15 milliards d’euros la première année puis 29 milliards en année pleine. Le programme prévoit également une baisse de 8,9 milliards d’euros de la contribution nette de la France à l’Union européenne, ainsi que des économies dans la politique de la ville, les associations et l’aide au développement.

Le RN veut enfin réduire d’au moins 200 000 postes en cinq ans les effectifs des collectivités locales, des agences et d’autres organismes publics. Les collectivités devront participer à l’« effort radical » annoncé par Marine Le Pen. En parallèle, le parti promet des droits nouveaux et des dépenses supplémentaires pour l’outre-mer, la recherche et l’éducation, ainsi qu’une réforme de la politique écologique et énergétique.

La croissance de 1,8 % fragilise l’équilibre du contre-budget du RN

Le point le plus contesté du contre-budget concerne la possibilité de réaliser simultanément les économies annoncées, les baisses d’impôts et les nouvelles dépenses promises. Le RN table sur une croissance de 1,8 % au cours des cinq prochaines années et estime que les gains de croissance compenseraient l’effet récessif des coupes budgétaires.

Roland Lescure juge cette prévision supérieure à celles retenues par les économistes français et internationaux. Le ministre décrit les mesures du RN comme « incantatoires » et « totalement inapplicables », notamment en matière d’immigration et de budget européen. Il rappelle qu’une baisse de 9 milliards d’euros de la contribution française à l’Union européenne dépendrait de l’accord des 26 autres États membres.

Les critiques politiques portent aussi sur la cohérence d’ensemble du projet. Édouard Philippe a dénoncé un plan « qui ne tient pas la route », tandis que Paul Midy a parlé d’un programme d’aggravation des finances publiques. À gauche, Jean-Luc Mélenchon a accusé Marine Le Pen de vouloir imposer des coupes budgétaires et de la récession pour obtenir la confiance des marchés.

Le chiffre de 140 milliards d’euros ne correspond pas à un simple programme de coupes : il doit coexister avec 30 milliards de baisses d’impôts, 15 milliards de droits nouveaux et des dépenses supplémentaires annoncées dans plusieurs secteurs. La trajectoire dépend donc autant du rendement des économies que de la croissance retenue par le RN.

Le Yak

Le RN invoque les marchés pour défendre son contre-budget

Pendant la présentation du contre-budget, le RN a mis en avant une légère baisse du taux de référence à dix ans de la dette française. Jordan Bardella et d’autres responsables du parti ont présenté ce mouvement comme un signe d’accueil favorable des marchés au programme de Marine Le Pen.

Le lien de cause à effet n’est toutefois pas établi. Roland Lescure a affirmé que la baisse relevait d’un mouvement global concernant notamment la France et l’Italie. Le ministre a également contesté l’idée qu’une règle d’or inscrite dans la Constitution suffirait, à elle seule, à produire les économies annoncées.

La présentation s’est déroulée alors que Jordan Bardella était visé par des accusations d’antisémitisme liées à des écrits de jeunesse dont il nie être l’auteur. Interrogé sur cette affaire, le président du RN a déclaré : « Vous auriez adoré me voir poser le genou à terre, mais c’est très mal me connaître. » Marine Le Pen a maintenu son soutien à son numéro deux, appelé à devenir Premier ministre en cas de victoire.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, le chiffre de 140 milliards d’euros domine nettement. Il sert de repère commun aux articles politiques, économiques et généralistes, tandis que les mesures qui composent cette somme sont davantage détaillées dans les formats de décryptage.

Deux cadrages coexistent dans le traitement médiatique. Une partie de la couverture insiste sur la recherche de crédibilité budgétaire d’un parti appelé à démontrer sa capacité à gouverner ; une autre reprend les critiques de l’opposition, les hypothèses de croissance et les économies jugées imprécises. La séquence est aussi personnalisée autour du tandem Marine Le Pen-Jordan Bardella, la polémique visant ce dernier ayant perturbé la présentation économique.

Article généré par le Yak

LES SOURCES24 médias · 44 sources

Le Monde 1 article

Le Figaro 4 articles

Libération 2 articles

Le Parisien 4 articles

Le Nouvel Obs 1 article

La Croix 1 article

HuffPost France 1 article

20 Minutes 1 article

Franceinfo 2 articles

BFMTV 8 articles

France 24 1 article

TV5MONDE 4 articles

Public Sénat 1 article

La Dépêche du Midi 3 articles

Le Progrès 1 article

Le Dauphiné Libéré 1 article

L’Est Républicain 1 article

Midi Libre 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

L’Alsace 1 article

JSL 1 article

Le Bien Public 1 article

Financial Times 1 article

De Standaard 1 article

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