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ISRAËL ET GAZA

Trois ans après le 7-Octobre, les familles israéliennes demandent des comptes

À 6 h 29, des minutes de silence ont été observées sur les lieux attaqués par le Hamas, tandis que les familles réclament toujours des réponses sur les défaillances sécuritaires. L’anniversaire se déroule sur fond de traumatisme durable en Israël, de divisions politiques et de destructions massives à Gaza.

286 sources · 83 médias · 6 min

Israël a commémoré le troisième anniversaire de l’attaque du 7 octobre 2023, la journée la plus meurtrière de son histoire. Des proches de victimes se sont recueillis à l’aube sur les sites attaqués dans le sud du pays, notamment à Réïm, où se tenait le festival Nova, ainsi que dans les kibboutz de Be’eri, Nir Oz et Kfar Aza. Une minute de silence a été observée à 6 h 29, l’heure du début de l’assaut. L’attaque menée par des groupes armés dirigés par le Hamas a tué environ 1 200 personnes, selon les décomptes repris dans les commémorations, et 251 personnes ont été prises en otage.

Le souvenir de cette journée reste lié à la guerre déclenchée par Israël dans la bande de Gaza. Le ministère de la Santé du territoire, placé sous l’autorité du Hamas, fait état de plus de 74 200 morts ; l’ONU considère ces statistiques comme fiables. Trois ans après, les commémorations associent hommage aux victimes, témoignages de survivants et interrogations sur les conséquences de la guerre. En Israël, des familles demandent encore une enquête indépendante sur les défaillances qui ont permis l’attaque, tandis que le pays aborde ses premières élections législatives depuis le massacre dans un climat de deuil, de colère et de divisions politiques.

À Be’eri et à Réïm, le retour des habitants reste lié au souvenir du massacre

À Be’eri, une centaine d’habitants vivent de nouveau dans le kibboutz, qui en comptait environ un millier avant l’attaque. La plupart n’ont pas retrouvé leur logement et plusieurs quartiers restent marqués par les destructions. Yarden, un habitant revenu travailler dès le 10 octobre 2023, explique que cette activité lui permet de ne pas être réduit au statut de victime.

L’imprimerie du kibboutz, dont douze employés ont été tués, a repris son activité une semaine après le massacre. Yitzhak, 83 ans, y travaille toujours. Il a perdu sa femme et deux de ses petites-filles le 7 octobre. « Le travail c’est ce qui me sauve », témoigne-t-il. À Réïm, les familles des victimes du festival Nova se sont retrouvées à l’heure exacte du début de l’attaque. Le recueillement se déroule ainsi sur des lieux où le retour des habitants et la reconstruction matérielle restent liés au souvenir des morts.

Les familles demandent une enquête sur les alertes et les défaillances du 7-Octobre

Trois ans après l’attaque, la responsabilité de l’État reste au centre des commémorations. Des familles de victimes demandent une commission d’enquête indépendante pour établir pourquoi l’armée et les services de sécurité n’ont pas empêché l’assaut. Cathy Zohar, dont la fille Bar a été tuée au festival Nova, réclame des réponses sur ce qui s’est passé ce jour-là.

Des enquêtes journalistiques ont également fait état d’avertissements adressés à Benyamin Nétanyahou avant l’attaque. Ces alertes ne précisaient toutefois ni le moment ni l’ampleur de l’assaut, et le premier ministre conteste ces révélations. Il n’a pas accepté d’assumer personnellement la responsabilité de l’échec sécuritaire et refuse, à ce stade, une enquête d’État. Le sujet s’impose dans la campagne des élections législatives du 27 octobre, où des proches de victimes figurent sur les listes de plusieurs formations.

Les commémorations rapprochent deux temporalités que le gouvernement israélien maintient séparées : celle du deuil national et celle de la demande de comptes. Les familles qui réclament une enquête interviennent pourtant dans une campagne où le premier ministre cherche à préserver son image de garant de la sécurité.

Le Yak

Libérés, les anciens otages continuent de vivre avec le traumatisme

La fin de la captivité n’a pas clos l’épreuve pour les anciens otages. Omer Shem Tov, enlevé au festival Nova et détenu pendant 505 jours, raconte des souvenirs qui reviennent régulièrement et son désir de ne pas être défini uniquement par son passé d’otage. Luis Har, retenu pendant 129 jours, témoigne lui aussi des conséquences de sa captivité.

Aviva et Keith Siegel, libérés après avoir été détenus à Gaza, continuent de s’opposer à la guerre. Lorsque l’armée les a informés de la mort d’un ancien geôlier dans une frappe, Aviva a répondu qu’elle était contre la guerre. Ces témoignages introduisent dans les commémorations la voix de survivants qui associent la mémoire du 7-Octobre à un appel à la paix plutôt qu’à la poursuite des opérations militaires.

À Gaza, les frappes et les destructions se poursuivent malgré le cessez-le-feu annoncé

Au moment où Israël rend hommage aux victimes du 7-Octobre, de nouvelles frappes ont été rapportées dans la bande de Gaza malgré un cessez-le-feu annoncé en octobre 2025. Deux personnes ont encore été tuées dans une frappe le jour des commémorations, selon les éléments rapportés depuis le territoire.

Plus de huit bâtiments sur dix ont été endommagés ou détruits, d’après une estimation reprise dans la couverture. Des familles vivent sous des tentes ou dans des immeubles fragilisés, tandis que les moyens nécessaires à la reconstruction manquent. À Gaza, des milliers de corps restent enfouis sous les décombres ; seuls trois médecins légistes travaillent pour l’ensemble du territoire, selon le témoignage d’un médecin légiste. Le 7-Octobre est ainsi commémoré dans deux espaces où les morts, les disparus et les destructions continuent de peser sur la vie quotidienne.

En France, la commémoration du 7-Octobre ravive les tensions politiques et de rue

Jean-Noël Barrot s’est rendu en Israël pour rendre hommage aux victimes à Tel-Aviv, Be’eri, Nir Oz et Réïm. Le ministre a rappelé que 51 ressortissants français avaient été tués dans l’attaque. Emmanuel Macron a écrit que la France n’oubliait « ni les noms, ni les visages » des victimes et a promis de combattre l’antisémitisme et le terrorisme « partout et toujours ».

En France, le président du Crif estime que le 7-Octobre a marqué un « avant et un après » pour les juifs français. Le ministère de l’Intérieur a recensé 1 320 actes antisémites en 2025, soit 53 % de l’ensemble des faits antireligieux. Dans le même temps, le tribunal administratif de Paris a suspendu l’interdiction d’un rassemblement propalestinien prévu le 7 octobre, considérant que la date pouvait choquer sans caractériser à elle seule une menace de trouble à l’ordre public. Une manifestation similaire a été interdite près de Lyon. À Carcassonne, l’inauguration d’une stèle par le maire RN s’est tenue sans la gauche municipale et a été accompagnée d’une contre-manifestation dénonçant une instrumentalisation politique de la mémoire.

Médianalyse du Yak

Dans la couverture observée, les cérémonies, les témoignages d’anciens otages et les scènes de recueillement donnent un visage immédiat au traumatisme israélien. Les questions sur les alertes reçues avant l’attaque, l’absence d’enquête indépendante et les mécanismes de décision apparaissent ensuite, souvent rattachées à la campagne électorale.

Deux cadrages coexistent nettement. Une partie des publications centre l’anniversaire sur les victimes israéliennes, l’antisémitisme et la sécurité ; d’autres placent au premier plan le bilan de la guerre à Gaza, les destructions et la catastrophe humanitaire. Les médias internationaux accordent davantage de place à cette mise en parallèle, tandis que les publications françaises traitent aussi les conséquences politiques et militantes de la date en France.

La couverture personnalise régulièrement l’anniversaire autour de Benyamin Nétanyahou, présenté comme faisant l’objet d’un jugement politique. En revanche, les trajectoires ordinaires de reconstruction — retour dans les kibboutz, reprise du travail, accompagnement psychologique des survivants — restent traitées dans des récits distincts plutôt que dans le récit politique dominant.

Article généré par le Yak

LES SOURCES83 médias · 286 sources

Le Monde 8 articles

Le Figaro 9 articles

Libération 4 articles

Le Parisien 5 articles

Le Nouvel Obs 1 article

L’Humanité 1 article

La Croix 3 articles

Atlantico 1 article

HuffPost France 3 articles

20 Minutes 2 articles

Actu.fr 2 articles

Franceinfo 17 articles

BFMTV 4 articles

BFM 9 articles

France 24 23 articles

Euronews FR 4 articles

RMC 1 article

TV5MONDE 9 articles

Public Sénat 1 article

La Dépêche du Midi 5 articles

Le Progrès 3 articles

Le Dauphiné Libéré 1 article

Nice-Matin 2 articles

L’Est Républicain 2 articles

L’Indépendant 3 articles

Midi Libre 3 articles

La Provence 1 article

DNA 1 article

Le Républicain Lorrain 4 articles

Vosges Matin 3 articles

L’Alsace 3 articles

JSL 4 articles

Le Bien Public 1 article

La Nouvelle République 2 articles

Courrier International 4 articles

RFI 5 articles

Le Temps 2 articles

La Libre 3 articles

La Dernière Heure 1 article

RTS 2 articles

Radio-Canada 3 articles

LaPresse 2 articles

Le Devoir 1 article

L'actualité 1 article

Agence Anadolu 2 articles

BBC News 4 articles

The Guardian 2 articles

Financial Times 1 article

The New York Times 1 article

The Washington Post 2 articles

NPR 3 articles

CBC News 2 articles

The Globe and Mail 6 articles

Al Jazeera English 15 articles

South China Morning Post 2 articles

Channel NewsAsia 1 article

The Hindu 1 article

Folha de S.Paulo 7 articles

La Nación Argentina 4 articles

El País 3 articles

La Vanguardia 2 articles

Die Zeit 4 articles

Frankfurter Allgemeine Zeitung 6 articles

De Standaard 2 articles

NRC 2 articles

de Volkskrant 1 article

The Irish Times 5 articles

Neue Zürcher Zeitung 5 articles

Der Standard 4 articles

Politiken 2 articles

Dagens Nyheter 2 articles

Aftenposten 2 articles

Hospodářské noviny 1 article

Telex 1 article

Adevărul 3 articles

Vanguardia 4 articles

El Tiempo 2 articles

La Tercera 1 article

The National 3 articles

Dawn 1 article

Reporterre 1 article

Conflits 2 articles

Le JDD 5 articles

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